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CHINE
CHINE
Les médias d’État chinoisadmettent une recrudescencedes manifestations.
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
Les mécanismes de la crise : lescandale Madoff. 
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SANTÉ
SANTÉ
La médecine par les plantesdans la prévention de la grippe. 
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RENCONTRES
RENCONTRES
Malongo, l’art du café bien fait. 
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Salvador 
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Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ............................ ChinePage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ................... Droits humainsPage 9 .................. Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 ................................ Petites annoncesPage 12 ............................... Santé et bien-êtrePage 13 ................................................ SociétéPage 14 ................ Art de vivrePage 15 ................ RencontresPage 16 ........................ Culture
Nicaragua
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Nouveau regard
Apprendreà vivre libreMisère etbonheur aucinéma
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Mauritanie
Économie
 
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Le tournant de l’Afrique du Sud en 2009
APRÈS
une année 2008 marquée par un remaniement complet de la tête del’ANC (Congrès National Africain), lesélections générales prévues en avrildevraient voir émerger, pour la pre-mière fois depuis 15 ans, une vérita-ble opposition. Le parti de Jacob Zumal’a bien compris et a lancé avec pugna-cité, samedi 10 janvier, sa campagneélectorale. Son adversaire de toujours,l’ancien président Thabo Mbeki dontl’absence à ce congrès de l’ANC aété fort remarquée, pourrait lui trouver dans ces élections l’occasion de renaî-tre de ses cendres. À la mi-décembre,ses proches ont créé un nouveau partile CoPe (Congrès du Peuple), déjà cré-dité de 15 % des voix. Les élections dumois d’avril doivent être un tournantpour l’Afrique du Sud, avec des implica-tions à prévoir à l’échelle du continent –et notamment dans la politique vis-à-visdu Zimbabwe voisin.Annoncé de longue date et souhaitépar la plupart des observateurs, l’égrè-nement de l’ANC a commencé au moisde décembre. Avec la création du CoPe(Congrès du Peuple) dirigé par MosiuoaLekota, l’ancien ministre de la Défensedu président sortant Thabo Mbeki,l’unité artificielle de l’ANC est enfin bri-sée.Le congrès fondateur du CoPe a eulieu le 16 décembre à Bloemfontein, villede naissance de l’ANC en 1912, commepour symboliser une renaissance de«
l’union sacrée
» dont la raison d’êtrea été pendant près d’un siècle la luttecontre l’apartheid. Car depuis sonaccession au pouvoir en 1994, le partide Nelson Mandela a peiné à faire faceaux défis sociaux du pays, alors que ledébat démocratique restait étouffé par l’omniprésence d’un ANC rassemblantde l’extrême-gauche jusqu’aux libérauxet fonctionnant en vase clos.Il aura fallu la lutte interne entreThabo Mbeki, président d’Afrique duSud de 1999 à 2008 et Jacob Zuma –qui l’a remplacé à la tête de l’ANC lorsdu congrès de Polokwane en décem-bre 2007, pour accélérer la créationd’un réel pluralisme politique en Afri-que du Sud.Le 20 septembre 2008, l’ANC ralliéeà Jacob Zuma a publiquement humiliéThabo Mbeki en le forçant à démission-ner de la présidence du pays suite auxrévélations d’un juge chargé des pour-suites pour corruption contre Zuma, sur qui le camp Mbeki aurait exercé despressions politiques pour arriver à unecondamnation de Zuma.Près d’un tiers du gouvernement aalors suivi Mbeki en démissionnant demême, dont le ministre des Finances,Trevor Manuel, considéré comme leresponsable de la croissance écono-mique du pays, ce qui a fait anticiper lapartition annoncée de l’ANC.
Lire la suite page 2 
Danone-Wahaha :le litige devantun tribunald’arbitrage deStockholm
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Environnement
Un sanctuairemarind’exception
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
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Epoch Times
 
Paris Genève Bruxelles Londres Berlin New York Dublin Lima Taipei Tokyo...
 
1 700 000 exemplaires
 
ÉDITION 148
16 – 31 JANVIER 2009
• BIMENSUEL
Première au Parlement européen :une résolution pour la liberté de lapresse en Chine
Le Parlement européen demande à Eutelsat de reprendre la diffusion de NTDTV en Chine.Page 4
 Zhang Yue/La Grande Époque
L’ex-guérilladu FMLN auxportes dupouvoir 
Bons comptesentre amis
 
LA ZONE
frontalière Est de la Républiquedu Congo, dans la zone partagée avec leRwanda et l’Ouganda, passe d’une menaceà l’autre. Après plusieurs années de terreur par les factions tutsie du général rebelleLaurent Nkunda, ce sont aujourd’hui lesrebelles ougandais de l’Armée de Résis-tance du Seigneur qui perpétuent des mas-sacres dans les populations civiles.Le Congrès National de la Défense duPeuple (CNDP) a annoncé samedi 17 jan-vier par la voix de Bosco Ntaganda la fin deses combats contre l’armée régulière con-golaise. L’annonce, faite en l’absence deLaurent Nkunda, pose la question de laposition de celui-ci dans le CNDP. A-t-il étérenversé ? Une nouvelle partie de ses trou-pes fait-elle dissidence ?Dans le premier cas, c’est la fin d’uneguerre dont les victimes ont été essentiel-lement civiles : plus de 250.000 habitantsdu Nord-Kivu ont été déplacés en 2008comme conséquence des combats entreles troupes du CNDP et l’armée régulièrecongolaise. Dans le second, le cessez-le feu annoncé ajoute une pression forteà Laurent Nkunda pour accepter un arrêtgénéral des combats dans cette lutte qu’ilprésente comme une défense des popula-tions tutsie congolaises persécutées par lesmilices hutus du Interahamwe.Point extrêmement positif, la rencontrequi a conduit à l’annonce du cessez-le-feu à Goma a, d’après la BBC, eu lieu enprésence du commandant en chef de l’ar-mée rwandaise. Le Rwanda étant depuisdes années le principal soutien logistiqueet financier de Laurent Nkunda (le chaosau Nord-Kivu permettant à la fois un pillagedes ressources naturelles congolaises etune poursuite de la volonté d’éradicationdes responsables du génocide rwandaisde 1994), la trêve pourrait être solide.
PLUS DE 600 CIVILS MASSACRÉSPAR LA LRA
Mais avec un feu éteint un autre s’al-lume : les attaques perpétrées récemmentpar les rebelles ougandais de l’Armée deRésistance du Seigneur (LRA) ont provo-qué la mort de plus de 600 personnes, l’en-lèvement de plus 400 autres, ainsi que ledéplacement de plus de 104.000 person-nes, indiquent les Nation unies. Les mem-bres du Conseil de sécurité ont exprimé
« leur grave préoccupation devant l’am- pleur de ces atrocités et ont souligné queles responsables doivent être traduits en justice »
.En septembre 2008, alors même quedepuis deux ans il négociait un accord depaix avec le gouvernement ougandais, lechef du LRA, Joseph Kony, a ordonnél’attaque de civils comme moyen de pres-sion pour obtenir la levée du mandat d’ar-rêt de la Cour Pénale Internationale contrelui. Les forces armées congolaises, souda-naises et ougandaises ont lancé une opé-ration militaire conjointe contre la LRA le14 décembre dernier qui s’est soldée par un échec : si les bases de ravitaillementde la LRA ont été coupées, Joseph Konya pu s’échapper et ses troupes se retrou-vent aujourd’hui dans leur position d’excel-lence : la guérilla dans la jungle.Lors d’un exposé devant le Conseil,le Secrétaire général adjoint des Nationsunies aux affaires humanitaires, John Hol-mes, estime que
« le refus répété par laLRA de signer l’Accord de paix final est  profondément décevant et inquiétant »
.Le Haut Commissariat des Nations Uniespour les réfugiés (UNHCR) a, lui, indiquéqu’une équipe conjointe des Nations uniesavait réussi à se rendre au nord-est de laRDC dans le village de Duru, qui a été lethéâtre d’attaques successives menéespar la LRA.
« L’équipe du HCR a été cho-quée par la condition physique de ces vil-lageois, dont beaucoup d’entre eux sont vêtus de haillons et paraissent affamés et faibles après avoir passé des nuits dansla brousse en plein air sans couverture »
,a dit le porte-parole du HCR Ron Edmondlors d’un point de presse à Genève.
« Noussommes de plus en plus inquiets quant à lasituation humanitaire et aux attaques con-tinues menées par la LRA contre la popu-lation civile dans la Province Orientale dela RDC ».
La LRA, mouvement qui a émergédeux ans après le début de la guerre civileougandaise, en 1988, souhaite établir unnouveau gouvernement ougandais
« basésur les dix commandements de la Bible »
 (sic). L’essentiel de ses troupes seraitconstitué d’enfants-soldats.
A
URÉLIEN
G
IRARD
Source : l’ONU
16 – 31 JANVIER 2009
 
LaGrandeÉpoque
2nternatona
 
I
ww.lagrandeepoque.com
Le tournant de l’Afrique du Sud en 2009
Suite de la première page
VIRAGE À GAUCHE DE L’ANC, COPESOUS COULEUR MBEKI
Le CoPe, qui dit compter déjà près de400.000 adhérents, est crédité de prèsde 15 % des suffrages pour les électionsd’avril. Son programme politique, qui n’apas encore été dévoilé mais qu’on anti-cipe de centre-droit dans la lignée de laprésidence Mbeki, s’appuie déjà sur un dis-cours focalisé sur la corruption supposée deJacob Zuma. Le parti envisagerait d’ailleursune coalition avec d’autres partis d’opposi-tion, notamment l’Alliance démocratique quipèse environ 10 % des suffrages, regroupeles anciens partis progressistes et a la faveur des électeurs blancs.Les membres du CoPe incluent desdéçus de l’ANC et de sa logique de clan :Nomonde Mahajana, une déléguée duNord-Ouest citée par le
Mail&Guardian
,explique : «
Nous sommes fatigués del’ANC. Nous voulons du changement et dela protection. L’ANC ne fait qu’accumuler del’argent sans nous protéger 
». Esme Moetsi,une conseiller municipal de Kimberley, indi-que au même journal avoir rejoint le CoPeparce que « l
’ANC travaille pour l’ANC et pas pour les Sud-Africains
».Le ralliement au nouveau parti d’un desgrands icônes de la lutte anti-apartheid,Allan Boesak, a créé une grande émotion aumois de décembre, et inquiète les dirigeantsde l’ANC. «
Nos espoirs n’ont pas reçu deréponse, nos rêves ont été piétinés, notreaspiration à la justice n’a pas été satisfaite.Nous n’avons toujours pas un pays unifié.Nos idéaux ont été remplacés par la désil-lusion. Le CoPe doit être la nouvelle vision pour que l’Afrique du Sud construise unemaison pour tous
».Autre icône – décédée le 1
er 
janvier – l’an-cienne élue progressiste sud-africaine HelenSuzman, qui dénonça pendant des annéesle régime d’apartheid depuis la chambre desdéputés, rejoignait déjà ce constat en 2007quand elle estimait dans un entretien avecl’AFP que «
ce qui l’a remplacé [l’apartheid] n’est pas très satisfaisant 
» : «
Les hôpitaux sont une honte
», «
le système éducatif est choquant 
», «
la criminalité trop élevée
».Pour ce qui est du fonctionnement du Par-lement, même en plein apartheid, disait-ellealors, «
j’ai toujours eu la possibilité d’ex- primer mes opinions
». «
Aujourd’hui, c’est beaucoup plus difficile, le rôle de l’opposi-tion n’est pas reconnu. Les questions res-tent sans réponse, elles sont déclaréesinvalides...
».La pression est forte sur le CoPe dontles meetings sont systématiquement per-turbés par des membres de l’ANC et dontle Congrès fondateur a eu lieu en plein dansune manifestation organisée par l’ANC, et àlaquelle participait Jacob Zuma lui-même.Celui-ci n’a pas obtenu le positionnementespéré de la part de Nelson Mandela, quidans sa lettre au Congrès de l’ANC indi-que :
« J’ai choisi et ai fait savoir publique-ment que je ne m’impliquerai pas dans cesquestions politiques. C’est à la nouvellegénération de prendre les rênes et les res- ponsabilités ; la nôtre a fait aussi bien qu’ellele pouvait en son temps ».
Zuma a, lors de ce Congrès, impulsé unvirage politique marqué à l’ANC.
L’ANC vireà gauche
titrait le
Mail&Guardian
dimanche11 janvier. Il satisfait ainsi toute l’aile gauchedu Parti, en particulier le congrès des syndi-cats sud-africain et les communistes qui l’ontporté à la tête de l’ANC fin 2007 : mouve-ment vers une éducation gratuite, lutte con-tre la corruption, renforcement du rôle del’État dans l’économie et investissementspublics pour aider à la création d’emplois :«
La création d’emplois décents sera aucentre de toutes nos mesures économiques.Nous mettrons en place un système com- plet de mesures industrielles sous contrôlede l’État, qui guideront les investissements publics et privés pour soutenir la créationd’emplois et une plus grande transformationéconomique
»
.
 
LES DIFFICULTÉS À VENIR
L’éclatement annoncé de l’ANC a donc eulieu, et ouvre de nouvelles voies à l’Afriquedu Sud. Dans sa lettre au Congrès de l’ANC,Nelson Mandela indique :
« Les principalesdifficultés pour notre pays restent la con-solidation et l’approfondissement de notredémocratie et l’amélioration fondamentalede la vie de tous les Sud-Africains ».
Pour le CoPe, tout l’objectif est de réussir à obte-nir avec ses alliés une minorité de blocageau Parlement, soit 1/3 des sièges, afin quele débat démocratique puisse – enfin – réel-lement avoir lieu.Car de toute façon, l’enjeu ne peut être laprésidence : il est largement anticipé qu’enavril, le nouveau Parlement nommera JacobZuma président de la République sud-afri-caine – sauf si, hypothèse improbable, l’op-position est devenue assez forte pour s’yopposer, auquel cas un maintien en fonc-tion du consensuel Kgalema Motlanthe estenvisageable.Le nouveau Gouvernement devra alorstrouver les solutions à la bombe à retarde-ment sociale sud-africain : le pays a beauêtre la première économie du continentafricain, le chômage y sévit au point que,début 2008, des dizaines d’immigrés zim-babwéens accusés de voler les emplois desSud-Africains ont été lynchés par la popula-tion. La redistribution des terres cultivablesdétenues par des fermiers blancs prendplus de temps que prévu – elle est censéeatteindre 30 % des terres d’ici 2014 – et aug-mente la tension entre populations blancheset noires.Enfin, fortement critiquée pour sa politiqueafricaine perçue comme impérialiste et pour son soutien au régime de Robert Mugabeau Zimbabwe, l’Afrique du Sud est atten-due avec vigilance sur son futur style et safuture vision. Jacob Zuma, dont la fille vientd’épouser un des ténors de l’opposition zim-babwéenne, a déjà donné quelques signesd’un futur changement de ton en s’enga-geant lors du Congrès de l’ANC à
« trou-ver une solution »
à la fois pour la crise auZimbabwe et celles au Soudan et Somalie.Il devra par contre compter avec ses alliésd’extrême-gauche qui ont eux refusé derencontrer le leader de l’opposition zimba-bwéenne Morgan Tsvangirai, possiblementdu fait d’une vieille sympathie envers unRobert Mugabe pourfendeur des États-Uniset allié historique de la Russie communiste.Avant cela, arriver jusqu’aux élections : le12 janvier, la Cour suprême d’appel sud-afri-caine a réactivé les poursuites pour corrup-tion à l’encontre de Jacob Zuma, poursuitesqui avaient été invalidées en septembre der-nier pour vice de forme.
A
URÉLIEN
G
IRARD
« Nos espoirs n’ont pas reçu de réponse, nosrêves ont été piétinés, notre aspiration à la justicen’a pas été satisfaite. Nous n’avons toujours pasun pays unifié. Nos idéaux ont été remplacés par la désillusion. »
Allan Boesak, icône de la lutte anti-apartheid
Zuma superstar de 2009.
STR/AFP/Getty Images
Un feu après l’autre dans l’Est congolais
 
LaGrandeÉpoque
16 – 31 JANVIER 2009
 
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3International
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Salvador : l’ex-guérilla du FMLN aux portes du pouvoir 
POUR
la première fois depuis la fin, en1992, de la guerre civile du Salvador,le Front Farabundo Marti de Libérationnationale (FMLN), parti issu de l’ex-gué-rilla d’extrême gauche du même nom, estle favori tant des élections législatives etmunicipales (le 18 janvier) que de la pré-sidentielle (15 mars). La confirmation par les urnes de ce double pronostic mettraitfin à 20 ans de pouvoir de l’Alliance répu-blicaine nationaliste (ARENA, droite). Cetéventuel renversement historique devraitbeaucoup à la popularité du candidat duFMLN à la présidence, l’ancien journa-liste de télévision Mauricio Funes. Con-verti officiellement à la politique voici àpeine moins de deux ans, son auréole aépaulé la campagne des candidats de sonparti à l’Assemblée législative (Parlementmonocaméral de 84 députés) et aux 262mairies du pays. Les 20 représentants duSalvador au Parlement centraméricainseront élus simultanément. Le résultat deces scrutins auxquels sont convoqués cedimanche 4,2 millions des 6,8 millions deSalvadoriens sera considéré comme unsondage grandeur nature avant l’élection,en mars, du président du plus petit Étatd’Amérique centrale.Douze ans de guerre civile, de 1980 à1992, firent aux Salvador 75.000 morts,8.000 disparus et 12.000 invalides. Lapaix fut signée le 16 janvier 1992 au Mexi-que par le FMLN et le gouvernement sal-vadorien dominé par l’ARENA, parti liéoriginellement à des groupes armés clan-destins d’extrême droite (escadrons dela mort de Roberto d’Aubuisson) forméspour combattre la guérilla. L’objectif deréconciliation proclamé alors n’empêchepas le Salvador d’être aujourd’hui l’unedes nations les plus violentes d’Amériquelatine avec un taux annuel d’homicides, 55par tranche de 100.000 habitants, nourripar les
maras
(bandes de délinquants),l’abondance d’armes, l’impunité judiciaireet surtout une pauvreté frappant 48 % dela population.La diffusion des résultats de sonda-ges est interdite au Salvador durant les15 jours précédant une élection. Le der-nier sondage, publié le 29 décembre2008 et élaboré par l’Universidad Tecno-lógica (UTEC), octroyait au FMLN 40,6 %des intentions de vote aux législatives et38,4 % aux municipales, contre respecti-vement 26,2 % et 26,7 % à l’ARENA.Les autres partis en lice sont créditésde moins de 5 % des voix. Il s’agit de deuxpartis de droite, Parti de conciliation natio-nale (PCN) et Parti démocrate chrétien(PDC), et de deux sociaux-démocrates,Changement démocratique (CD) et Frontdémocratique révolutionnaire (FDR).L’ARENA contrôle actuellement 147mairies et le FMLN 52, dont celle très con-voitée de la capitale, San Salvador. L’As-semblée législative compte 34 députés del’ARENA, 32 du FMLN, 10 du PCN, 6 duPDC et 2 du CD.Quant aux sondages concernant l’élec-tion présidentielle de mars, celui diffusé le15 décembre dernier par l’université cen-traméricaine donnait à Mauricio Funes44,2 % des intentions de vote, soit uneavance de 16,2 points sur son concur-rent de l’ARENA, l’ex-directeur généralde la Police nationale civile, Rodrigo Avila(28 %). Les analystes n’excluent pas unevictoire du candidat du FMLN à la majo-rité absolue dès le premier tour de la pré-sidentielle.
MODÉRATION DU FMLN : RÉELLEOU TACTIQUE ?
Outre la popularité liée à ses 20 annéesde journalisme télévisé, Mauricio Funesutilise comme arme électorale une modé-ration idéologique, réelle ou tactique, quigomme l’image communiste du FMLN.Ponctué du slogan
Le changement au Salvador pour vivre mieux 
, le « Pro-gramme de gouvernement 2009-2014 »présenté par l’ex-guérilla et son candi-dat à la présidence ignore totalement, aulong de ses 106 pages, non seulement lemot « communisme », mais aussi ceux de« socialisme », « nationalisation », « boli-varien », « révolution », « lutte des clas-ses », etc.Comme n’importe quel candidat prési-dentiel latino-américain, de gauche ou dedroite, Mauricio Funes promet la lutte con-tre la pauvreté, la corruption, l’inflation etla délinquance, l’amélioration des servicesde santé et d’éducation, ainsi que le res-pect de l’écologie et des droits fondamen-taux. Face à la crise financière mondiale,il offre sa collaboration aux institutionsmonétaires internationales vilipendéesau Venezuela et dans d’autres pays de larégion gouvernés par la gauche radicale.Mais l’un des commandants histori-ques de la guérilla salvadorienne, Joa-quin Villalobos, qui abandonna le FMLNen 1995 au profit de la social-démocratie,affirme dans un article d’opinion publié le15 janvier par le quotidien nicaraguayen
La Prensa
que l’élection à la présidencedu Salvador de Mauricio Funes signifieraitl’avènement d’un gouvernement contrôlépar le Parti communiste, qui domineraitplus que jamais le FMLN.
« Le pire serait d’aboutir à la situation du Nicaragua »,
 prétend Villalobos.Sur le même registre, une campa-gne audio-visuelle orchestrée par l’an-tenne salvadorienne de Fuerza Solidaria(Force Solidaire), organisation vénézué-lienne hostile au socialisme du présidentChavez, a mis en garde les Salvado-riens contre ce qu’elle appelle la tactiquede fausse modération de Mauricio Funeset du FMLN. Avec l’aide de militants del’ARENA, cette campagne a souligné lesliens entre le FMLN et Hugo Chavez et arappelé que le président vénézuélien etses homologues de la gauche dite boli-varienne au pouvoir actuellement en Boli-vie (Evo Morales), en Equateur (RafaelCorrea) et au Nicaragua (Daniel Ortega)avaient tous affiché, selon Fuerza Solida-ria, une relative modération pour se faireélire, instaurant ensuite progressivementun populisme autoritaire.La tension politique propre à la campa-gne électorale s’est exacerbée après l’as-sassinat, le 9 janvier dans le départementoriental de Morazan, de deux activistes duFMLN par des inconnus fortement arméset vêtus de noir comme les forces spécia-les de police.À la mi-décembre, des fonctionnairesdu Conseil de sécurité nationale dénon-çaient, photos à l’appui, l’existence d’aumoins 40 groupes armés illégaux s’entraî-nant dans 5 régions du Salvador que con-trôlaient le FMLN pendant la guerre civile.Le chef de la mission d’observation élec-torale de l’Union européenne, le socialisteespagnol Luis Yanez-Barnuevo, a assi-milé cette information à une manoeuvreélectorale. [Autrement dit à une tentatived’intoxication visant à favoriser l’ARENAaux élections ; ndlr]. Le gouvernementsalvadorien d’Elias Antonio Saca, l’actuelchef de l’État, a toutefois annoncé qu’ilenverrait des preuves à l’Organisation desÉtats américains et aux Nations unies.
LatinReporters.com
Mauricio Funes, candidat de l’ancienne guérilla du FMLN à l’élection présidentielle du 15 mars 2009 au Salvador.
 Jose CABEZAS/AFP/Getty Images
Nicaragua : bons comptes entre amis
Le vendredi 16 janvier, la Cour Suprême du Nicaragua a inva-lidé la condamnation à 20 ansde prison pour corruption de l’an-cien président Arnoldo Aleman,qui a été reconnu coupable en2003 d’avoir détourné des millionsde dollars de fonds publics pen-dant son mandat, de 1997 à 2002.Un évident coup de balai judi-ciaire commandité par le présidentDaniel Ortega pour débloquer leParlement nicaraguayen, paralysédepuis le mois de novembre par les partisans d’Aleman.
ARNOLDO
Aleman a réalisé l’exploit dese voir classé parmi les dix personnalitéspolitiques les plus corrompues de tous lestemps par l’association Transparency Inter-national. Ce « titre de gloire » acquis durantses années de présidence efface les effortsmajeurs d’amélioration des infrastructuresnicaraguayennes et la croissance économi-que qui ont marqué son mandat.Dans cet âge d’or déjà le dirigeant del’Alliance Libérale – une union sacrée deslibéraux incluant son propre parti, le PartiConstitutionnel Libéral (PLC) – et son« opposant » sandiniste Daniel Ortegatrouvaient des façons de s’entendre : Ale-man achetait la paix parlementaire – ourespectait l’équilibre des forces donné par le résultat des urnes, selon le point de vue – en nommant des sandinistes à des fonc-tions honorifiques diverses. En 2002 encore,lorsque le successeur d’Aleman au pouvoir,Enrique Bolanos – son ancien vice-prési-dent – avait pris la tête d’une véritable opé-ration « mains propres » et mettait en causeplusieurs ministres de son propre parti, lespartisans d’Ortega et d’Aleman se liguaientpour faire face, étrange union de libéraux etde socialistes.Puis, en 2007, le Gouvernement de DanielOrtega a fait voter une nouvelle loi – d’appli-cation rétroactive – qui limitait à 5 ans au lieude 20 la condamnation maximale pour cor-ruption. Cette loi a signé
de facto
la « libéra-tion » d’Arnoldo Aleman ; « libération » entreguillemets puisque depuis sa luxueuse villaoù il était en résidence surveillée mais totale-ment libre de ses mouvements, Aleman res-tait le leader de l’opposition nicaraguayennelibérale. Mais la nouvelle loi ne blanchissaitpas l’ancien président, virginité indispensa-ble à une éventuelle nouvelle candidatureprésidentielle.C’est cette absolution qu’Arnoldo Alemanvient d’obtenir. Il a pu pour cela s’appuyer avec confiance sur le blocage parlemen-taire provoqué depuis début novembre par le résultat controversé des élections muni-cipales nicaraguayennes du 9 novembre :Le budget 2009 n’a même pas encore puêtre voté, le nombre de députés présentsétant insuffisant pour convoquer une ses-sion législative.Dans la ville de Jinotega par exemple,l’ex-sandiniste Jaime Salguera accuse leConseil Électoral d’avoir 
« fait disparaîtredes votes, donnant la victoire au candidat d’Ortega »
. Cité par le journal
La Prensa
,Salguera indique que le candidat du PartiConstitutionnel Libéral (PLC) menait par 2.000 voix d’avance alors que 98 % desbulletins avaient été comptés. La fraude ainversé le résultat final, donnant la mairie ausandiniste. Le Conseil Électoral
« a mépriséla volonté populaire, comme dans une dicta-ture totale »,
tempête l’ancien allié de DanielOrtega.
LA LUTTE CONTRE LES FRAUDES
Les fraudes sont multiples, documentéeset outrageusement visibles. Pour rajouter dupiment à la situation, les sandinistes auraientmenacé de mort des députés du PLC, àl’exemple de Wilfredo Navarro et GuillermoOsorno, cités par le site abc.es le 5 décem-bre dernier.Mais, malgré la situation toujours tendueautour des élections municipales, le blan-chiment d’Aleman malgré les 58 millionsde dollars disparus des caisses de l’État aimmédiatement provoqué un retour au tra-vail des parlementaires du PLC.
« Après sept années de justice atten-due, d’humiliations, de violations des droitshumains aux mains du FSLN (le parti san-diniste), justice a finalement été faite »,
écritun Aleman en auto-béatification à la pressecentraméricaine.Réélu de façon inattendue en 2006 avec38 % des suffrages grâce à une modifica-tion de la loi électorale abaissant le pourcen-tage à atteindre pour être élu au premier tour de l’élection présidentielle, Daniel Ortegase trouve donc aujourd’hui en posture dif-ficile : hausse du chômage et de l’inflation,détérioration des relations avec l’Europe etles États-Unis du fait du rapprochement duNicaragua avec la Russie et l’Iran, rupturedes relations diplomatiques avec la Géorgiecomme conséquence de la reconnaissancede l’indépendance de l’Abkhasie et de l’Os-sétie du Sud… et retour aux affaires de sonprincipal adversaire.Après les élections municipales denovembre à travers lesquels Ortega a tentéde reprendre la main sur un Nicaragua oùsa popularité est en berne, États-Unis etEurope ont suspendu leur aide au pays, soitune perte respectivement de 64 millions dedollars et 40 millions d’euros. La Hollande afait de même en supprimant son aide de 12millions d’euros.Enrique Saenz, député ex-sandiniste,ricane de l’effet boomerang des électionsde novembre.
« Maintenant ils sont encore plus mal qu’avant »
, confie-t-il au journalcostaricain
Nica Times
.
« Aussi peu de légi-timité qu’ils aient eu avant les élections, ellea maintenant coulé. »
A
URÉLIEN
G
IRARD
 Arnoldo Aleman fin 2007.
MIGUEL ALVAREZ/AFP/Getty Images
Daniel Ortega en plein trou d’air.
MIGUEL ALVAREZ/AFP/Getty Images
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