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INTERNATIONAL
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L’Islande sur rampe delancement pour rejoindre l’Unioneuropéenne ? 
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ISRAËL/ESPAGNE
ISRAËL/ESPAGNE
La justice espagnole contreIsraël : la paille et la poutre. 
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
« Bad Bank » ou structure dedéfaisance : une solution pour sortir de la crise ? 
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DROITS HUMAINS
DROITS HUMAINS
Les réfugiés irakiens vendentleurs rations alimentaires. 
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Europe/Chine
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Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ............................ ChinePage 5 .................................... ChinePage 6 ..............................ÉconomiePage 7 .................... Droits humainsPage 8 ................... Petites annoncesPage 9 ...................... Édition spécialePage 10 .................... Édition spécialePage 11 .................... Édition spécialePage 12 .................... Édition spécialePage 13 .................... Édition spécialePage 14 .................... Édition spécialePage 15 .................... Édition spécialePage 16 .................... Édition spéciale
Somalie
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Économie
 
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L’opération Plomb durci visant àaffaiblir le Hamas s’est soldée,au terme de 22 jours de bom-bardements et de combats (du27 décembre au 17 janvier), par 1.330 morts palestiniens, dont437 enfants âgés de moins deseize ans et 5.450 blessés, selonle dernier bilan des servicesmédicaux du Hamas.
PARMI
les blessés, on compterait 1.890enfants, 110 femmes et 123 person-nes âgées. Quatorze médecins et quatre journalistes auraient péri dans le conflit,a indiqué le chef des services d’urgenceà Gaza, Mouawiya Hassanein. Du côtéisraélien, le bilan est beaucoup moinslourd : selon les chiffres officiels, dix mili-taires et trois civils auraient trouvé la mortdurant l’opération militaire.Le dernier soldat israélien s’est retiréde la bande de Gaza durant la dernièresemaine de janvier, laissant derrière luides villes dévastées par les bombarde-ments, une population en colère, des quar-tiers déserts que les Gazaouis ont quittésparce qu’ils ne sont plus habitables, deshommes et des femmes plongés dans lamisère et la douleur qui s’insurgent dansles rues contre un sort aussi funeste.La déclaration d’un cessez-le-feu uni-latéral le 17 janvier, désignant le refus del’État hébreu de négocier avec le Hamasdans le cadre des tractations égyptien-nes, n’assure pas pour autant l’instaura-tion de la paix dans la bande de Gaza, car le Hamas, bien qu’ayant déclaré son pro-pre cessez-le-feu, exige toujours la levéedu blocus imposé sur le territoire avantd’accepter l’établissement d’une éven-tuelle trêve formelle.Autrement dit, il se réserve toujoursle droit de recourir à de nouveaux tirs deroquettes. Selon Gideon Lévy, journalisteisraélien, dans un article publié dans lequotidien
Haaretz 
le 23 janvier 2009,
« lesreprésentants du ministère de la Défenseestiment que le Hamas détient toujours unmillier de roquettes »
.À Gaza, le porte-parole du Hamas,Fawzi Barhoum, a affirmé à l’AFP quece retrait
« ne suffit pas et ne résout pasla crise. Nous exigeons la levée totale du blocus et la réouverture de tous les pointsde passage pour que notre peuple puissevivre en paix et en sécurité »
.
« Nousavons, dès le début, dit clairement que lafin de l’agression, la levée du blocus et laréouverture des passages doivent précé-der toute discussion sur les autres sujets,y compris une trêve »
, a-t-il ajouté.L’opération militaire d’Israël laissera deprofondes séquelles chez la populationgazaouie dont le sentiment national pro-fondément blessé risque de réveiller lesextrémismes les plus radicaux. L’imaged’Israël est affectée sur le plan interna-tional et on peut se demander si sa victoiremilitaire ne va pas entraîner un durcisse-ment du Hamas qui contrôle toujours cetteétroite bande de terre et qui est parvenu àmarginaliser l’Autorité palestinienne, con-sidérablement affaiblie et délégitimée ausein de la population.D’après Bertrand Badie, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris,dans une interview accordée au journal
LeMonde
le 22 janvier 2009, «
force est d’ad-mettre que le Hamas est sorti plutôt conso-lidé de cette guerre. Il n’a pas été éliminé,il n’a pas été désarmé ; il est aujourd’hui  plus courtisé, y compris par Mahmoud  Abbas, qu’il ne l’était autrefois ; chacunsait qu’il était au centre même de ce con-flit et qu’il devra donc être un partenaire du  jeu post-conflit ».Lire la suite page 3
Gaza à l’heure du bilanLe régime chinois cherche à infiltrer lesmédias occidentaux
MARTIN HAYHOW/AFP 
Un rapport spécial du ministère des Affaires étrangères chinois incite le Parti communiste chinois à concentrer son attention sur les grandsmédias occidentaux. Premier exemple cité comme « à suivre », l’acquisition du journal anglais
Evening Standard
par un ancien agent du KGB Lebedev.
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Du nouveausur l’affaireEutelsat
D’après un communiqué depresse publié par ThomasMann, président du groupe Tibetau Parlement européen, unreprésentant allemand d’Eutelsat –qui demande à garder l’anonymat – a admis que l’affaire avaitété politiquement motivée etimpliquait l’intervention directe dugouvernement français.
Les islamistes« modérés »prennent lepouvoir 
Thomson :menace decessation depaiement
Édition spécialePage 9 à 16 
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
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Epoch Times
 
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1 700 000 exemplaires
 
ÉDITION 149
1 – 15 FÉVRIER 2009
• BIMENSUEL
 
Samedi 31 janvier, les tribunauxislamiques ont marqué leur grand retour en Somalie avecl’élection à la présidence dupays du cheikh Sharif Ahmed,ancien numéro deux des tribu-naux islamiques qui avaient prisle pouvoir et rétabli la
charia
en2006, avant d’être chassés à lafin de la même année par lestroupes éthiopiennes.
 
Alors quecelles-ci viennent de se retirer,le Parlement somalien a doncchoisi un islamiste dit modérépour sortir le pays de l’état deguerre. Acclamé à Mogadisciocomme un nouvel espoir, Sha-rif Ahmed va devoir établir ungouvernement effectif dans unpays qui n’en a pas eu depuis1991, et trouver une solution àla famine.
SHARIF
Ahmed, le chef de l’Alliancepour une nouvelle libération de la Soma-lie (ARS) a obtenu 293 voix sur 430 ausecond tour de scrutin, devançant lar-gement les 14 autres candidats dont lepréféré de l’Occident, l’actuel Premier ministre Nur Hassan Hussein. Ce dernier avait été l’artisan de l’union entre l’ARSet le gouvernement fédéral de transitionen permettant que, le 9 juin à Djibouti,les deux camps formalisent une ententequi s’est traduite par un accord de paixsigné le 19 août. Cet accord prévoyait – sous condition d’un retrait des trou-pes éthiopiennes, qui étaient resté sta-tionnées à Mogadiscio depuis fin 2006pour empêcher le retour des extrémistesmusulmans – la construction d’une paixdurable entre les modérés de l’Union desTribunaux islamiques et le « gouverne-ment de transition ».
LE NOUVEAU PRÉSIDENT SOMA-LIEN
Le cheikh Sharif Ahmed était lenuméro 1 des Tribunaux islamiqueslorsqu’ils ont pris le pouvoir en Somalieen 2006. Il était par ailleurs un proched’Aden Hashi Farah, de son vivant lea-der du groupe terroriste Al-Shabab con-sidéré par Washington comme le brasarmé d’Al Qaida dans la région. Réfu-gié au Kenya après la fuite des tribunauxislamiques fin 2006, il a fait son grandretour en fondant sur une ligne modéréel’ARS – dont l’objectif principal a été ledépart des troupes éthiopiennes – et ens’imposant comme l’interlocuteur majeur du processus de paix somalien.Son élection a été largement aidéepar le fait que le Parlement somalien,réuni à Djibouti, a été presque doubléau mois de janvier pour incorporer 200membres de l’ARS, soit près de la moi-tié des députés.Juriste formé en Libye, enseignant engéographie, Sharif Ahmed espère main-tenant pouvoir convaincre une partied’Al-Shabab de poser les armes.
« Les insurgés se sont battus pour obtenir le retrait des Ethiopiens et lesEthiopiens sont partis. Il n’y plus de rai-son de se battre et de tuer encore desSomaliens »
, déclare-t-il, cité par Reu-ters.
« Nous sommes prêts à parler avec eux s’ils ont un programme politique, et nous sommes aussi disposés à parler religion avec eux ».
LA VERSION 2 DES TRIBUNAUXISLAMIQUES
La question de la capacité réelle desmembres de l’ARS à garder une lignedite modérée reste à illustrer dans leur exercice du pouvoir, puisque l’électionde Sharif Ahmed fait revenir la Somalie àla situation de mi-2006, à savoir l’époqueoù les tribunaux islamiques prônaient lerétablissement du sultanat somalien his-torique et l’application la plus stricte de laloi islamique – la
charia
.Dans ce qui pourrait être un premier accroc, les tribunaux islamiques ont,dès le départ des troupes éthiopiennes,repris le contrôle de tous les points stra-tégiques de Mogadiscio… sans asso-cier les forces de sécurité somaliennescomme l’accord de paix de Djibouti leprévoit.De plus, différence notable aujourd’hui,l’ARS, qui s’est constituée en septembre2007 à Asmara en Érythrée, n’est plusqu’un des protagonistes : une autre par-tie de l’Union des Tribunaux Islamiquess’est, elle, radicalisée lorsque les diri-geants de l’Union des Tribunaux Islami-ques se sont réfugiés en Erythrée ou auKenya fin 2006 : les militants d’Al-Sha-bab, repliés au Sud de la Somalie, ontville par ville reconquis du territoire. Le23 août 2008, ils reprenaient le contrôle,après trois jours de combats à l’armelourde, de la ville portuaire de Kismayo,la troisième plus grande ville de Somalie,au Sud du pays. Depuis le 27 décembre,ils sont à l’assaut des villes de Dhusa-mareb et Guricel, au centre du pays,où les combats ont entraîné la fuite deprès de 90 % de la population, soit envi-ron 50.000 personnes. Beaucoup d’en-tre elles avaient déjà été déplacées par des combats à Mogadiscio. «
La majo-rité des déplacés sont dispersés dansles villages environnant et ont désespé-rément besoin d’un toit, d’eau, de nour-riture. La situation des déplacés récentsest aggravée par l’absence d’accès àl’aide humanitaire dans la région de Gal-gaduud due à la détérioration de la sécu-rité »
, souligne un communiqué de MarkBowden, coordonnateur humanitaire desNations Unies pour la Somalie. La régionde Galgaduud affronte de plus une gravesécheresse alors qu’elle accueille quel-que 130.000 déplacés venus de Moga-discio.Le 24 janvier, dans Mogadiscio même,au moins 14 civils ont été tués dansl’explosion d’une voiture piégée, suiviede combats entre forces de la Missionde l’Union africaine en Somalie (AMI-SOM) et insurgés islamistes qui ont faitcinq morts civils de plus. Le kamikazeavait foncé avec une camionnette char-gée d’explosifs sur un bus de transportspublics, au moment de se faire contrôler à un barrage au Sud de Mogadiscio. Etle 29 janvier, les troupes d’Al Shabab sesont rendues maîtres de Baidoa, siègedu Parlement, à 250 kilomètres à l’Ouestde Mogadiscio.
LE RETRAIT ÉTHIOPIEN ET LERELAIS ONUSIEN
Après de longues hésitations, lesEtats-Unis ont donc finalement décidéde proposer le 12 janvier aux NationsUnies un projet de résolution deman-dant le déploiement en Somalie d’uneforce de l’ONU. Le 16 janvier, en suivantla proposition américaine, le Conseil desécurité a renouvelé pour six mois lemandat de l’AMISOM suite à quoi, «
sousréserve d’une nouvelle décision d’ici au 1
er 
juin 2009
», une opération de main-tien de la paix des Nations Unies pren-dra le relais des troupes africaines qui,comme au Darfour, sont peu profession-nelles, mal équipées et en nombre insuf-fisant (2.800 hommes contre les 8.000initialement prévus).Le Conseil de sécurité demande déjàaux parties somaliennes et aux autresparties prenantes de
« respecter les principes de l’Accord de paix de Dji-bouti, de mettre fin aux hostilités, et degarantir sans retard le libre accès del’assistance humanitaire à la populationsomalienne ».
Avec un ton dont la fermeté est inha-bituelle dans les communiqués généra-lement lisses de l’agence, le Conseil desécurité informe de l’
« intention de pren-dre des mesures à l’encontre de ceux qui cherchent à empêcher ou bloquer tout processus politique pacifique, qui menacent par la force les participantsau processus politique, ou qui compro-mettent la stabilité en Somalie ou dansla région »
.Cette opération de maintien de la paix,demandée sans succès par feu le gou-vernement de transition somalien, devraà Mogadiscio et dans ses environs facili-ter l’assistance humanitaire, contrôler lerespect de l’arrêt des hostilités ou assu-rer la sécurité et la liberté de mouvementdu personnel de l’ONU.Il aura donc fallu au Conseil de sécu-rité la perspective proche d’un retour aupouvoir des tribunaux islamiques pour prendre sa décision et risquer une répé-tition du fiasco de la seconde phase del’opération « Restore Hope » en 1993.Incapables de réconcilier les différentsgroupes en lutte en pleine guerre civilesomalienne, les Casques bleus et lesmilitaires américains avaient été la cibled’attaques de plus en plus fréquentes,répliquant de façon massive et inefficacepour finalement devoir se retirer en 1995sur un constat d’échec complet.Depuis 1991, la Somalie n’a pasconnu de gouvernement national effectif.Après dix-huit ans de conflit armé inces-sant, ce qui était initialement une luttepolitique s’est égrené en séparatismesdivers (sécession du Nord, le Somalilandet du Nord-Est, le Puntland) pour finir enune lutte de tribus, n’ayant pour objectifsque le maintien de pouvoirs locaux.Environ un million de Somaliens ont fuiMogadiscio depuis février 2007, lorsquedes combats ont éclaté entre les soldatsdu gouvernement fédéral de transitionsoutenu par les troupes éthiopiennes etles insurgés. Environ 3 millions de Soma-liens sur les 10 millions de la populationvivent hors de leur pays, dont par exem-ple 230.000 réfugiés dans les camps sur-peuplés de Dadaab au Kenya.
A
URÉLIEN
G
IRARD
1 – 15 FÉVRIER 2009
 
LaGrandeÉpoque
2nternatona
 
I
ww.lagrandeepoque.com
 ALI MUSA ABDI/AFP/Getty ImagesSTR/AFP/Getty Images
Les islamistes « modérés » prennent le pouvoir en Somalie
Cheikh Sharif Ahmed, le nouveau  président somalien.La vie quotidienne à Mogadiscio.Les islamistes dits modérés remplacent l’armée éthiopienne à Mogadiscio.
 ABDIRASHID ABDULLE/AFP/Getty Images
L’Islande sur la rampe de lancement pour rejoindre l’Union européenne ?
D’APRÈS
la BBC qui cite le Commis-saire européen à l’élargissement OlliRehn, l’Islande pourrait, si elle le sou-haite, rejoindre l’Union européenned’ici à 2011, ce qui aiderait le petitÉtat nordique à sortir du marasmeéconomique dans lequel la crise finan-cière internationale l’a plongé. OlliRehn considérerait qu’une candida-ture rapide pourrait conduire à uneadhésion effective en même tempsque la Croatie, en 2011, du fait qu’unegrande partie de sa législation est déjàadaptée à la législation européenne.Le système bancaire islandais s’estécroulé au mois d’octobre, forçant legouvernement islandais à demander un financement d’urgence de prèsde 10 milliards de dollars au FondsMonétaire International et à ses voi-sins européens.Le président Olafur Ragnar Grims-son a demandé aux sociaux-démo-crates et à l’opposition écologiste deformer un nouveau gouvernementpour remplacer le Premier ministreGeir Haarde, poussé à la démissionlundi 26 janvier suite à trois mois demanifestations de mécontentementpopulaire.Ce remaniement pourrait augurer d’une attitude plus eurosceptique, enparticulier du fait du camp des Vertsislandais qui s’est jusqu’à mainte-nant opposé à la notion des quotasde pêche européens. Il faudra par ailleurs, de toute façon, que l’île aitstabilisé son système financier avantd’envisager toute adhésion… et voir le Traité européen de Lisbonne rati-fié. Celui-ci est à l’heure actuellesuspendu au vote référendaire desélecteurs irlandais, prévu en septem-bre cette année.
A
URÉLIEN
G
IRARD
 
LE 4 DÉCEMBRE
2008, le tribunal espagnolde l’Audience nationale dénommait « rébel-lion » le soulèvement militaire franquiste de1936, mais évitait de qualifier les trois ansde guerre civile, 36 ans de dictature et lescentaines de milliers de morts et disparusqui s’ensuivirent en Espagne. Le 29 jan-vier 2009, un juge du même tribunal a qua-lifié de « crime contre l’humanité », ouvrantà Madrid une enquête contre ses respon-sables présumés, un bombardement israé-lien qui fit en 2002 à Gaza 15 morts et 150blessés.La parabole de l’Evangile selon Luc –«
Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil 
? » – reste donc d’actualité.Il est vrai que trois semaines continues deplus récents bombardements israéliens sur Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009 enreprésailles aux roquettes du Hamas, tuè-rent plus de mille Palestiniens, en blessèrentdes milliers d’autres et favorisèrent proba-blement au sein de l’Audience nationale ledéséquilibre entre ses deux appréciationssusmentionnées.La législation espagnole octroie à cetteinstance pénale une compétence univer-selle en matière de crimes contre l’huma-nité, quelle que soit la nationalité de leursauteurs. Des dirigeants anciens ou actuelsdu Chili, d’Argentine, du Guatemala, du Sal-vador, de Chine, du Rwanda et maintenantd’Israël ont été ou sont encore dans le colli-mateur de ce tribunal qui a fait la gloire, uni-verselle aussi, du juge d’instruction Baltasar Garzon.Las d’entendre l’Amérique latine sedemander si l’Espagne se soumettrait un jour à l’universalité de sa propre justice, le juge Garzon secouait son pays en ouvranten octobre dernier une instruction sans pré-cédent sur 114.266 disparitions forcées qu’ilimputait aux premiers dignitaires du fran-quisme, dont Franco en personne, et qu’ilqualifiait de crimes imprescriptibles contrel’humanité.Aux magistrats et à la presse conserva-trice qui lui reprochaient de poursuivre desmorts, enterrés comme Franco depuis plu-sieurs dizaines d’années, Baltasar Garzonrépliquait que «
déclarer éteinte, pour causede décès, la responsabilité des principaux chefs [de la répression franquiste] n’est  pas la même chose que leur octroyer l’im- punité, le pardon et l’oubli judiciaire
». Sou-tenu explicitement par le Comité des droitsde l’homme des Nations Unies, le juge récla-mait l’abrogation de l’amnistie qui effaça en1977, deux ans après la mort de Franco,tous les crimes et délits politiques perpé-trés en Espagne. Cette revendication étaitplus que symbolique, car son aboutisse-ment aurait enfin obligé l’Etat à indemni-ser dignement les descendants de milliersde disparus du franquisme, déterrés peu àpeu à mesure que sont localisées des fos-ses communes.Mais le 5 décembre dernier, l’instructiondu juge Garzon était définitivement paraly-sée par ses pairs. Réunis en séance plé-nière, comme un tribunal au sein du tribunal,les magistrats de l’Audience nationale qua-lifiaient le soulèvement franquiste de 1936contre la République de «
rébellion
», délitqui n’est pas du ressort de l’Audience natio-nale ni donc, à fortiori, du juge Garzon.Sur 17 magistrats de l’Audience natio-nale, à peine trois ont soutenu en vain lapertinence de poursuivre au sein de cetteinstance les crimes du franquisme en tantque crimes contre l’humanité. Parmi euxne figure pas Fernando Andreu. Or c’est lui, juge d’instruction de la 4
e
salle de l’Audiencenationale, qui vient d’ouvrir à Madrid, le 29 janvier, une enquête pour «
crimes contrel’humanité
» visant sept personnalités israé-liennes.Il s’agit de l’ex-ministre de la Défense Ben- jamin Ben-Eliezer, actuellement ministre desInfrastructures, ainsi que six hauts respon-sables militaires : Dan Haloutz, comman-dant des forces aériennes israéliennes aumoment des faits, le général Doron Almog,le président du Conseil national de sécu-rité Giora Eiland, le secrétaire militaire duministre de la Défense, Michael Herzog, lechef d’état-major des Forces armées MosheYaalon et le directeur du Service général desécurité, Avi Dichter.Le juge Fernando Andreu a jugé receva-ble une plainte du Centre palestinien pour les droits de l’homme sur le bombardement,le 22 juillet 2002 à Gaza, qui tua Salah Che-hadeh, dirigeant du Hamas que le magistratqualifie «
d’organisation terroriste
», et 14civils palestiniens, «
en majorité des enfantset des bébés
». Quelque 150 Palestiniensavaient également été blessés lors de l’ex-plosion de la bombe d’une tonne larguéepar un F-16 israélien sur la maison de SalahChehadeh, dans le quartier densément peu-plé d’Al Daraj.Le magistrat a pris sa décision en vertudu principe de juridiction universelle recon-nue par l’Espagne à l’Audience nationaleen matière de crimes contre l’humanité, degénocide et de terrorisme. Dans une «
actionqu’on devine clairement disproportionnée et excessive
», affirme le juge Andreu dans sonprocès-verbal, Israël ne pouvait ignorer «
lesconséquences possibles
» du lancementd’une bombe de «
grande puissance
» sur une zone habitée. Il y aurait donc indice decrime contre l’humanité.Le ministre israélien de la Défense EhudBarak a réagi en affirmant qu’il «
fera tout 
»pour obtenir l’annulation de cette enquête«
délirante
». Selon le ministre, «
celui qui qualifie de crime contre l’humanité la liqui-dation d’un terroriste vit dans un monde àl’envers
». Cette colère reflète l’émoi média-tique, politique et diplomatique percep-tible en Israël. Un refroidissement planesur ses relations avec l’Espagne, dont leministre socialiste des Relations extérieu-res, le pro-palestinien Miguel Angel Mora-tinos, invoque l’indépendance de la justice.L’Audience nationale citera bientôt à compa-raître à Madrid les personnalités israéliennesimpliquées. Si elles s’y refusent un mandatd’arrêt international pourrait être lancé con-tre elles et sortir d’Israël les exposerait à ladétention.Visant des faits remontant à 2002, l’en-quête du juge Fernando Andreu est oppor-tunément ouverte, à dessein ou non, onze jours seulement après la fin d’une longueoffensive, meurtrière et controversée, del’armée israélienne dans la bande de Gaza.Pendant trois semaines, ces opérations mili-taires ont fait «
6.600 morts et blessés, dont  plus du tiers étaient des femmes et desenfants
», indique le secrétaire général desNations Unies, Ban Ki-moon, soucieux devoir «
les coupables
» poursuivis.A cet égard, l’Audience nationale vientd’ouvrir une alternative à ceux qui redoutentl’incompétence ponctuelle de la Cour pénaleinternationale (CPI), au statut de laquelle niIsraël ni l’Autorité palestinienne n’ont sous-crit. Mais la légitimité morale et même la sim-ple décence de toute action pénale visant deprésumés ou évidents crimes contre l’hu-manité peuvent-elles encore être assurées,depuis la mésaventure du juge Garzon, par la justice d’une Espagne incapable d’assu-mer les siens ?
C
HRISTIAN
G
ALLOY
L
atin ReportersSuite de la première page
Une vision qui peut être contreditepar les tensions perçues au sein du lea-dership de l’organisation et par son inca-pacité d’opposer une résistance effectiveà Tsahal.Selon Gideon Lévy, dont le titre expli-cite de l’article laisse présager la suite (
Laguerre de Gaza s’est soldée par un échec cuisant pour Israël 
), les objectifs de l’opé-ration Plomb durci n’ont pas été atteints.En premier lieu parce que les destruc-tions et le bilan des pertes humaines ontprofondément dégradé l’image d’Israëldans le monde : «
Les actions d’Israël ont  porté un coup sérieux à l’appui de l’opinion publique à l’État d’Israël. Bien que cela nese traduise pas toujours dans la situationdiplomatique immédiate, l’onde de choc vanous arriver un jour. Le monde entier a vules images. Elles ont choqué tous les êtreshumains qui les ont regardées, même si elles ont laissé froids la plupart des Israé-liens. Ce qu’ils en concluent, c’est qu’Is-raël est un pays violent et dangereux,dépourvu de toute modération et faisant fi ouvertement des résolutions du Con-seil de sécurité des Nations Unies, tout enne respectant aucunement le droit interna-tional. Des enquêtes sont en cours.
»En second lieu, la prévention de la con-trebande d’armes qui circule via les tun-nels qui relient l’Égypte et la bande deGaza, même si la plupart de ces canauxde ravitaillement ont été bombardés,n’aura pas, selon lui, les effets escomp-tés car «
le chef du service de sécurité duShin Bet [service de sécurité israélien] aestimé que la contrebande reprendra dansles deux mois
», en dépit des efforts dela communauté internationale résolue àempêcher l’approvisionnement clandes-tin d’armes dans la région par une sur-veillance accrue.À la perplexité qui entoure cette vic-toire militaire vient s’ajouter la possibi-lité que des chefs d’unités engagés dansl’offensive soient accusés de «
crimes deguerre
», après des témoignages d’«
atro-cités
» perpétrées sur des civils. À ce sujet,une source militaire a révélé que le gou-vernement israélien refusait la publicationde l’identité de ces militaires impliqués,de peur qu’ils soient appelés à comparaî-tre devant le tribunal international. L’ONUmène son enquête et s’apprête à dési-gner une personnalité pour mener à bienune «
mission d’établissement des faits
»visant à dénoncer les violations des droitsde l’homme commises à Gaza.Dans ces conditions peu prometteu-ses, ouvrant la voie au renforcement desextrémismes, il faut espérer que l’arrivéede Barack Obama et la nomination deGeorge Mitchell comme émissaire amé-ricain pour le Proche-Orient, auront desretombées positives et relanceront le pro-cessus de paix, en cherchant à régler leconflit de la manière la plus équitable pos-sible.Au cours de sa conversation télépho-nique avec Mahmoud Abbas la semainedernière, le président Obama a expriméson soutien à l’égard de la populationpalestinienne et a voulu indiquer au chef de l’Autorité palestinienne qu’il n’enten-dait pas faire comme son prédécesseur,George W. Bush, à savoir négliger le dos-sier israélo-palestinien pour ne se préoc-cuper que de l’Irak ou de l’Afghanistan. Ilsouhaite remettre au centre des préoccu-pations politiques américaines les ques-tions relatives au conflit israélo-arabe :«
Je déploierai tous les efforts pour parve-nir le plus rapidement possible à l’instau-ration d’une paix durable dans la région
»,aurait déclaré Obama à Abbas lors de leur conversation téléphonique.
S
TÉPHANIE
K
RUG
Collaboration spéciale
LaGrandeÉpoque
1 – 15 FÉVRIER 2009
 
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3International
www.lagrandeepoque.com
CONCERTS - CLUB CERNLe concert prévule mardi 17 février 2009est
annulé
CERN MEYRIN
(terminus bus 56-CERN)
entrée B - bâtiment 500amphithéâtreMARDI 10 FEVRIER 2009 20h 30Pascal SALOMON
 piano Au programme :
BeethovenBrahms – Ravel Debussy
 Entrée libre - collecte
Nos concerts sur notre site :www.concerts-cern.com
et sur les sites :
www.whys.org
 
et www.agendadegeneve.ch
Gaza à l’heure du bilan
OLIVIER LABAN-MATTEI/AFP/Getty Images
Du sable et un bloc de parpaing : la tombe d’un proche.
Justice espagnole contre Israël : la paille et la poutre
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