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CHINE
CHINE
Le Canada vient en aide à un journaliste chinois. 
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
Un code éthique pour lestraders ? 
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ENVIRONNEMENT
ENVIRONNEMENT
La communauté internationalemet à l’honneur les zoneshumides de la planète. 
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SANTÉ
SANTÉ
Musique relaxante ouinnovation contre le stress. 
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International
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Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ............................ ChinePage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ................... Droits humainsPage 9 .................. Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 ................................ Petites annoncesPage 12 ............................... Santé et bien-êtrePage 13 ................................................ SociétéPage 14 ................ Art de vivrePage 15 .................. RencontrePage 16 ........................ Culture
International
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Nouveau regard
Igor Bely,le héros duPacifiqueBerri, unevie departage
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Art de vivre
Économie
 
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Art de vivre
Des lanternesqui portentbonheur 
SOHAN
Lal charge une nouvelle car-casse sur sa charrette bancale. Il seremet à peine d’une mauvaise grippe.Le mois de décembre est le pire. Lesoleil du Thar écrase les journées,mais les nuits sont sèches et glacées.Chaque mois, l’équarrisseur transporteplus d’une quinzaine de cadavres devaches jusqu’au cimetière. Quelquesmètres derrière le stade où se tientchaque année la plus grande foire aubétail du pays, s’entassent des dizai-nes de squelettes blanchis, d’où émer-gent d’improbables boules de plastiquede plus de 20 kg.Gao Mata, la mère des vaches,est le pilier de la civilisation hindoue.Elle a été la première des monnaiesd’échange et reste le plus indispensa-ble des biens domestiques. La vacheest sacrée, bénie et déifiée au plushaut point. Ainsi Krishna, huitièmeréincarnation de Vishnou, apparaîtsous la forme d’un simple gardien devaches avant de dicter la Bhagavad-Gîtâ, un des textes fondateurs de l’hin-douisme. Chaque partie du corps del’animal abrite une déité. Les cornessont dédiées à Brahmâ, dieu créateur,la langue à l’illumination, et les intes-tins… à l’homme.Durant les premières années de savie, une vache produit lait et veaux. Elleest alors l’objet de toutes les attentionspar son propriétaire, qui la traite commeun membre de la famille. La vraie des-tinée d’une vache sacrée commenceplutôt à la fin de sa vie de reproduc-trice. En effet, bien que devenue inu-tile et encombrante, la religion interditqu’elle puisse être abattue. Elle estdonc généralement abandonnée dansla rue. Cependant, loin d’être laisséeseule à elle-même, elle est en fait con-fiée aux bons soins de la communauté.Par exemple, lors de la préparation durepas, chaque famille est tenue de don-ner le premier 
chapati 
(galette de blé) àun animal, souvent une vache errante.De même, si elle tombe malade, leshabitants d’un quartier pourront semobiliser pour payer les soins.Pourtant, à Pushkar, une des villesles plus sacrées du pays, la situationest un peu différente. En effet, selonla tradition, les plus riches des pèlerinsdoivent offrir une vache aux prêtres.Ces derniers en gardent cependantrarement la responsabilité, et les ani-maux viennent alors grossir le troupeauqui hante déjà les rues. Trop sacréespour être tuées, il est extrêmementcher de les entretenir. Ainsi, malgrétoute la bonne volonté de ses habi-tants, Pushkar ne peut subvenir auxbesoins des centaines de vaches quienvahissent ses rues.
Lire la suite page 3
Inde : la vache sacrée résiste mal à la modernité
L’avocat Gao Zhisheng témoignede ses 50 jours de torture
Pour avoir dénoncé la situation des droits de l’homme dans son pays, le célèbre avocat chinois Gao Zhisheng est dans le collimateur du régime. Surveillance intensive, menaces et attaques contre sa famille, tentatives d’assassinat, arrestations, détentions. Il témoigneen détail des 50 jours de torture suite à son arrestation en septembre 2007. Arrêté à nouveau le 6 février 2009, on est sans nouvellesdepuis. À travers le monde les bonnes volontés se mobilisent pour sa libération. Page 4
 La Grande Époque
RussieÉtats-Unis :dialogue par Kirghizistaninterposé
Madagascar 
 
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Que s’est-il passé ?
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
Epoch Times
 
Paris Genève Bruxelles Londres Berlin New York Dublin Lima Taipei Tokyo...
 
1 700 000 exemplaires
 
ÉDITION 150
16 – 28 FÉVRIER 2009
• BIMENSUEL
La Thaïlande etles RohingyasDiscoursprotectionnistede la France
 
16 – 28 FÉVRIER 2009
 
LaGrandeÉpoque
2nternatona
 
I
ww.lagrandeepoque.com
La Russie accueille le nou-veau président américain BarackObama avec un message d’uneclarté limpide : en convaincant leKirghizistan de fermer la base deManas par laquelle transitaientles forces et les matériels del’OTAN en route vers l’Afghanis-tan, elle se positionne comme uninterlocuteur indispensable de lastratégie américaine dans le Sudasiatique et exclut tout assouplis-sement des relations bilatéralessans geste d’ouverture fort de lapart de l’administration Obama.
LE PRÉSIDENT
kirghiz KourmanbekBakiev a donc annoncé, lundi 3 février,la fermeture définitive de la base militaireaméricaine de Manas, située sur son ter-ritoire à une trentaine de kilomètres deBichkek, la capitale. La décision aurait pupasser de façon plus discrète si M. Bakievn’avait pas choisi de faire cette annoncedepuis Moscou, en pleine visite officielle.Ce choix de communication ne peut êtrecompris que comme un message diplo-matique limpide, adressé aux États-Unisnon par le Kirghizistan lui-même mais par la Russie.Le lendemain en effet, Russie, Armé-nie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizis-tan, Ouzbékistan et Tadjikistan ont décidéde créer une force militaire commune de15.000 hommes, la KSOR, ainsi qu’unfonds spécial « anti-crise » de 10 milliardsd’euros. Moscou affirme donc son inten-tion de cristalliser autour de lui un nouveaubloc centre-asiatique, résurrection par-tielle du bloc soviétique pour peser dans labalance contre les États-Unis et l’Europe.Le président Bakiev est reparti de Mos-cou avec dans ses poches un discourssec à l’encontre de Washington, et l’effa-cement de sa dette vis-à-vis de la Russieagrémenté d’un nouveau prêt de deux mil-liards de dollars et de promesses d’inves-tissement en production d’énergie.Pour mieux affirmer la situation, Dmi-tri Rogozine, représentant de la Russie àl’OTAN, a déclaré sur la chaîne de télé-vision russe Vesti, citation reprise par le journal français
Le Monde
:
« Les autori-tés kirghizes sont en droit de penser quela base de Manas sera plus utile à la forcerapide qu’à des troupes étrangères qui nerespectent pas la souveraineté du pays ».
En d’autres termes, l’Alliance AtlantiqueNord (OTAN) remplacée par l’alliancemilitaire des ex-pays soviétiques de l’Or-ganisation du Traité de sécurité collec-tive (OTSC).
L’INDISPENSABLE POINT D’AN-CRAGE EN ASIE CENTRALE
La base de Manas était la seule basemilitaire américaine en Asie Centrale. Elleavait été ouverte fin 2001 comme soutien àl’opération « Liberté immuable » en Afgha-nistan et permettait des transports mili-taires aussi bien qu’humanitaires – sansaucun frein ni contrôle. Elle était épau-lée jusqu’en 2005 par une autre base enOuzbékistan, fermée suite à un conten-tieux du pays avec les États-Unis.D’après les informations de la BBC,près de 15.000 soldats américains transi-tent chaque mois par cette base, et plusd’un millier y résident de façon semi-per-manente. C’est également le lien de sta-tionnement des avions de ravitaillementaériens qui fournissent en kérosène lesavions de combat américains.Le manque de ce point d’ancrage pro-che de l’Afghanistan va être d’autant plussaillant que le président américain BarackObama prévoit de renforcer les efforts dela coalition dans le pays, et pourrait jusqu’àdoubler le nombre de soldats sur place. Ilsseraient alors 30.000.À l’heure actuelle, les ravitaillementsaméricains en Afghanistan transitent pour les trois-quart par le Pakistan, empruntantles voies routières depuis la ville portuairede Karachi – une route qui est devenue lacible des talibans dans toute sa partie lelong de la frontière pakistano-afghane, etqu’il est indispensable de renforcer par unitinéraire-bis.
VERS UNE NOUVELLE RELATIONÉTATS-UNIS - RUSSIE
Pour Moscou, la situation est une occa-sion idéale pour remettre à plat l’équilibredes relations russo-américaines, dans lecontexte tendu de l’expansion – ou de l’ex-pansionnisme – de l’OTAN qui envisagel’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine.La Russie vit cette tendance voulue par l’administration Bush comme une remiseen cause majeure des équilibres établis àla fin de la Guerre Froide – Les États-Uniss’étant alors engagés à ce que l’OTAN nes’étende pas vers l’Est. Le bouclier anti-missiles américain déployé en Pologne etRépublique Tchèque est une autre pommede discorde entre les deux anciens enne-mis. Les Russes n’ont de leur côté pashésité à vendre des armes à l’Iran et auVenezuela, à envahir la Géorgie, à s’im-planter durablement dans les provincessécessionnistes d’Abkhazie et Ossétie duSud, et enfin à fermer le robinet du gazvers l’Europe en plein hiver.L’arrivée d’une administration améri-caine qui se veut ouverte au dialogue etaffiche déjà une vision du monde moinsunipolaire que la précédente ne peutqu’améliorer la situation. Premier écho,la déclaration du ministre des Affairesétrangères russe Sergueï Lavrov, cité par l’agence de presse RIA Novosti le samedi7 février, qui montre l’amorce de ce pro-cessus de possible détente : «
Il y a quel-ques jours, la partie américaine nous ademandé de contribuer à la réalisationde l’entente Russie-OTAN de 2008 sur le transit de cargaisons non militaires dela Force Internationale d’Assistance à laSécurité en Afghanistan (ISAF) via le terri-toire russe. Nous avons rapidement donnéune réponse positive ».
Le transit libre de matériel vers l’Afgha-nistan est donc remplacé par un transitdépendant de la qualité des relations entreMoscou et Washington. Samedi 7 février aussi, le secrétaire général de l’OTAN adonné le ton de l’Alliance en indiquant :
« Il y a deux partenariats à consolider, il s’agit des relations entre la Russie et l’Oc-cident et entre les États-Unis et l’Europe ».
 Idée sur laquelle le vice-président améri-cain Joe Biden est revenue à Munich lemême jour en faisant le pari de l’optimismeet en indiquant que la nouvelle administra-tion américaine
« explorerait les nombreux domaines dans lesquels nous pourrions et devrions travailler ensemble avec la Rus-sie
».Ceci pourrait être une nouvelle donnerusso-américaine. Sergueï Lavrov a habi-lement surfé sur la vague des décla-rations d’intention en proposant denégocier un traité de remplacement auTraité de Réduction des Armes Stratégi-ques (START) qui expirera en décembreet avait été, à partir de 1991, l’ossaturede la désescalade militaire entre les deuxblocs de la Guerre Froide.Signe que le dialogue a sa place, bien-que le Comité pour la Défense du Parle-ment kirghize ait entériné la décision defermeture le 9 février, le Parlement lui-même a retardé son vote. D’après BakytBeshimov, leader de l’opposition sociale-démocrate kirghize cité par Radio FreeEurope, le vote pourrait être repousséau mois d’avril afin de laisser aux États-Unis et à la Russie le temps de poser les bases d’un nouveau
modus vivendi 
.Plus prosaïquement, d’autres arguent queBichkek attend tout simplement que l’aidepromise par Moscou ait été virée sur lescomptes en banque nationaux.L’angélisme n’est pas de mise et il nefait guerre de doute que les États-Unischerchent activement d’autres moyensde faire transiter les convois militaires ouhumanitaires vers l’Afghanistan. Le Tadji-kistan s’est dit ouvert à proposer un pointd’ancrage pour des convois commerciauxou humanitaires, et un réchauffementdes relations avec l’Ouzbekistan – bienqu’improbable – reste une option pour ladiplomatie américaine. Sont aussi men-tionnées comme possibilités le Kazakhs-tan qui entretient de bonnes relationsavec Washington ou – option coûteuse –certains pays du Golfe comme le Koweit.Dernière possibilité qui revient de manièreinsistante dans les rumeurs, mais seraitnettement moins en faveur d’un assou-plissement des relations avec Moscou,une implantation en Géorgie – les autori-tés géorgiennes la démentent vigoureuse-ment, pour l’instant.
A
URÉLIEN
G
IRARD
La base américaine de Manas.
VYACHESLAV OSELEDKO/AFP/Getty Images
Russie/États-Unis : dialogue par Kirghizistan interposé
UN SYMBOLE
de la dictature en Argentine, l’an-cienne École navale de génie mécanique (ESMA),a été transformé en Centre international pour lapromotion des droits de l’homme, inauguré ven-dredi à Buenos Aires par le directeur général del’Organisation des Nations Unies pour l’éducation,la science et la culture (UNESCO), Koïchiro Mat-suura.Cette inauguration clôture la campagne decommémoration par l’UNESCO du 60
e
anniver-saire de la Déclaration universelle des droits del’homme.La création du centre avait été approu-vée en octobre 2008 par le Conseil exécutif del’UNESCO. Pendant la dictature militaire argen-tine (1976-1983), l’ESMA a abrité le plus grandcentre clandestin de détention et d’extermina-tion de civils. Selon les organisations de défensedes droits de l’homme, l’École navale a vu passer quelque 5.000 détenus-disparus, dont 90 % ontété assassinés. D’autres crimes – tortures et volsde bébés – y ont été commis.En 2004, cet ensemble de bâtiments et parcsqui occupent 17 hectares au centre de la capi-tale argentine est devenu un espace dédié à lamémoire des 30.000 disparus victimes du dernier gouvernement militaire. Le Centre internationaldevrait ouvrir ses portes en 2010, à l’occasion descommémorations du bicentenaire de la Républi-que d’Argentine.Parmi les objectifs du nouveau Centre, qui fonc-tionnera sous les auspices de l’UNESCO, figurentla promotion des systèmes démocratiques, la con-solidation des droits de l’homme et la primauté desvaleurs de vie, de liberté et de dignité humaine.À partir du Centre, on encouragera aussil’échange d’informations et d’expériences entreorganisations gouvernementales et non gouver-nementales, en mettant l’accent sur la coopé-ration Sud-Sud. On y organisera des ateliers etconférences internationales, ainsi que des activi-tés culturelles et universitaires, destinées à infor-mer les acteurs sociaux et à leur faire prendreconscience de l’existence et de l’importance desdroits de l’homme.
Centre de Nouvelles de l’ONU 
Un symbole de la dictature en Argentinedevient un centre des droits de l’homme
LE PROGRAMME
des NationsUnies pour l’environnement (PNUE)vient de publier un atlas du Kenya,qui montre l’impact des transforma-tions de la nature et de l’environ-nement sur le pays au cours destrente dernières années.Cet ouvrage de 168 pages, réa-lisé à la demande du gouvernementkenyan et financé par la Norvège,contient des douzaines de photosprises grâce à des satellites. Il con-clut que la réalisation des objectifsdu Kenya en matière de développe-ment pour 2030 dépendra de plusen plus de la manière dont le paysutilisera ses ressources naturelles.La plus grande partie des res-sources économiques du Kenyasubit une pression grandissante.De la diminution des plantations dethés à la disparition de lacs, de ladiminution croissante de la couver-ture forestière à la prolifération deszones de reproduction des mous-tiques, la dégradation environne-mentale joue un rôle important dansles opportunités de développementprésentes et futures du Kenya.L’ouvrage
Kenya : L’atlas denotre environnement en mutation
 a été lancé par le ministre de l’En-vironnement kenyan, John Michuki,et le directeur exécutif du PNUE,Achim Steiner, dans la perspectivede la 25
e
session du Conseil d’ad-ministration du PNUE et du Forumministériel mondial sur l’environ-nement qui se tiennent à Nairobi(Kenya), du 16 au 20 février.
« L’atlas du Kenya montre ladiversité et la fragilité des ressour-ces naturelles du pays qui sont aucœur du développement socio-économique du pays. Il soulignecertains succès en matière de ges-tion de l’environnement à travers le pays, mais montre aussi les problè-mes comme la déforestation, l’éro-sion des sols et la dégradation descôtes »
, a dit M. Steiner.Selon lui,
« l’atlas prouve que lesinvestissements dans les infrastruc-tures dites ‘vertes’ dans le cadred’une économie ‘verte’ peuvent  permettre d’atteindre les objectifsdu millénaire du développement »
.
« L’atlas est là pour le gouver-nement et tous les Kenyans qui veulent voir un changement trans-formationnel et un chemin hors dela pauvreté vers la prospérité enréalisant durablement le vrai poten-tiel de développement du pays »
, a-t-il ajouté.
Centre de Nouvelles de l’ONU 
Un atlas pour comprendre lesdéfis économiques du Kenya
 
Accusée d’avoir torturé puisabandonné en pleine mer descentaines de
boat people
Rohin-gyas en provenance de Birma-nie, la Thaïlande commence àreconnaître du bout des lèvres laréalité des faits qui lui sont repro-chés depuis le début de l’année.En pleine lutte contre les musul-mans du sud de la Thaïlande,est-ce une islamophobie officiellequi émerge et dont on été victi-mes les musulmans Rohingyasfuyant la Birmanie ? L’arméedément mais les cicatrices et lestémoignages des survivants par-lent.
IL AURA
fallu un scandale pour sensibili-ser à une situation largement méconnue :la fuite hors de Birmanie et à destinationde la Malaisie de milliers de musulmansbirmans sur des embarcations de fortune.Le phénomène existe depuis les années90 mais a pris une tournure médiatiqueparticulière quand près de cinq cent
boat  people
abandonnés en pleine mer par lesautorités thaïlandaises ont pu aborder ;vivants, sur les îles indiennes d’Andamanet sur l’île indonésienne d’Aceh. C’étaitdébut janvier.Depuis cette date, la presse interna-tionale publie les témoignages de survi-vants, qui révèlent avoir été arrêtés findécembre par l’armée de Thaïlande alorsqu’ils en traversaient les eaux territoria-les pour s’échapper de Birmanie. D’abordincarcérés sur l’île de Koh Sai Daeng,412 Rohingyas ont ainsi été placés le 18décembre sur une simple barque et remor-qués jusque dans les eaux internationa-les, les mains attachées dans le dos. Ilsont été abandonnés en pleine mer où ilsont dérivé pendant 13 jours avant que lesgardes-côtes indiens secourent 107 survi-vants parmi eux, en état de déshydrata-tion sévère.Quelques jours après, des pêcheursindonésiens ont trouvé un bateau en boissans moteur dérivant au large d’Aceh avecà bord 198 réfugiés birmans. Ceux-là ontpassé 21 jours debout en pleine mer car la place était insuffisante pour s’asseoir, etportent encore les traces des coups reçuslors de leur passage en Thaïlande.L’armée thaïlandaise a depuis refuséaux observateurs de l’ONU l’accès aux126 Rohingyas supposément en cen-tre de rétention, ce qui fait craindre qu’ilsaient subi le même sort que les deux pré-cédents groupes.Depuis la fin décembre, ce sont au totalprès de 500 réfugiés à la dérive que lesgarde-côtes indiens ont secouru, alors queplusieurs centaines sont probablementmorts en pleine mer.Cité par le quotidien britannique
TheTelegraph
, Ranjit Narayan, de la policeindienne, explique :
« Ils disent avoir étécapturés en mer par des gens de l’ar-mée thailandaise avec des uniformes dela marine. Après leur capture ils ont étéemmené sur une île le long de la côtethaïlandaise, y ont été tabassés avant d’être mis sur des bateaux et emmenésen pleine mer ».« Ceux qui ont résisté ont été jetésà la mer par les soldats thai, ils étaient au moins quatre, pieds et poings liés »,
 raconte Mohammad, un survivant de 22ans, à la BBC.
« Ils nous ont laissés avec 10 kg de riz et un peu d’eau en pleine mer.Le second jour il n’y avait plus rien et len-tement nous avons perdu la force de bou-ger ».
Le 5 février, le ministre des Affai-res étrangères thaïlandais a demandéau public de ne pas croire les articlesde médias indiquant que les Rohingyasétaient traités de façon inhumaine enThaïlande. Mais le 12 février, le Premier ministre Abhisit Vejjajiva n’a pu qu’admet-tre les faits. Dans une interview avec CNN,il a ainsi déclaré :
« Les responsabilités nesont pas parfaitement claires. Toutes lesautorités disent que ce n’est pas leur façond’agir, mais j’ai des raisons de croire pour-tant que des choses se sont produites, et si je peux trouver des preuves de qui préci-sément a fait cela, je les tiendrai certaine-ment pour responsables ».
Pour autant, aucun changement n’està attendre dans la politique migratoire dela Thaïlande. Dans le
Bangkok Post 
, lePremier ministre martèle ainsi :
« Ceux qui ont accusé la Thaïlande essaient defaire pression sur le gouvernement thai  pour changer le statut des Rohingyas »,
insistant sur le fait que ceux-ci sont desmigrants économiques et non pas desréfugiés. Un argumentaire initialementrepris par le gouvernement indonésien,qui a finalement, le 7 février, accepté dereconsidérer les choses et d’offrir le statutde réfugié aux survivants du bateau fan-tôme d’Aceh.
LE CONTEXTE POLITIQUETHAÏLANDAIS
Le commandement de l’ISOC (com-mandement des opérations de sécuritéintérieure thaïlandaises) est d’ores et déjàpointé du doigt comme principal respon-sable. Le groupe militaire, utilisé durantla Guerre Froide comme force d’interven-tion rapide, est revenu sur le devant de lascène en 2006 après le coup d’État mili-taire ayant précipité la chute du Premier ministre Thaksin Shinawatra.Responsable de la sécurité de la côteoccidentale thaïlandaise et au cœur de lalutte contre les séparatistes musulmansdu Sud du pays, l’ISOC considère depuislongtemps que certains de réfugiés rohin-gyas viennent en réalité grossir les troupesdes séparatistes.Le conflit armé au Sud du pays, qui acommencé il y a 5 ans, a fait plus de 3.500victimes, les six dernières ayant perdu lavie dans un attentat et des échanges decoups de feu le 12 février. Les attaquesdes islamistes visent souvent des écoleset des enseignants que les séparatistesmusulmans considèrent comme un moyenutilisé par Bangkok pour imposer le boudd-hisme dans un Sud majoritairement musul-man malais.Le colonel Manat Kongpan, chef del’ISOC dans la province de Ranong, auSud du pays, est aujourd’hui le principalsuspect dans l’abandon – ou la tentativede faire disparaître – les Rohingyas. Déjàtenu pour responsable de la mort de 28musulmans lors du siège de la mosquéeKrue Se dans la ville de Pattani en 2004,il dément toute implication dans les colon-nes du
Bangkok Post 
daté du 14 février :
« Cette question est devenue un scandale parce que la presse veut diffamer l’arméeet vilifier la Thaïlande. Toutes ces histoi-res sur le fait que nous frappons les Rohin-gyas sont fabriquées et ont été diffuséestrès rapidement ; je jure que les militairesthais ou la marine ou même les villageoisn’ont jamais torturé ou maltraité les Rohin-gyas. Les Thais ont une haute moralité ».
LES PARIAS BIRMANS
Parakorn Priyakorn, du Centre Islami-que de Thaïlande, parle d’une
« atmos- phère de suspicion »
à l’égard de tous lesmusulmans. Cité par 
 Al Jazeera
, il indi-que :
« Le simple fait qu’un groupe demusulmans vienne dans ce pays, sur leur chemin vers une vie meilleure, ne signifie pas qu’ils vont combattre le gouvernement thaïlandais. Je comprends que nous ne puissions accueillir tant de migrants, maisnous devons aussi considérer la questiondes droits humains ».
La Birmanie maintient, elle, que lesRohingyas ne sont pas ses citoyens. Leconsul général birman à Hong Kong asympathiquement expliqué au journal
South China Morning Post 
que les Rohin-gyas sont
« laids comme des ogres »
etque leur peau
« brunâtre »
n’a rien à voir avec la
« douceur et la lumière »
de cellede la majorité ethnique birmane.Historiquement liés au Bengale musul-man – l’actuel Bangladesh – les Rohin-gyas focalisent les haines du nationalismehomogénéisateur de la junte birmane. Lespréjugés à leur encontre datent de l’ins-tallation dans l’Arakan, la partie Nord-occidentale de la Birmanie, de migrantsbengalis perçus au XIX
e
siècle comme desauxiliaires de la colonisation britannique.« Roms d’Asie », les Rohingyas sontdevenus l’ennemi intérieur birman entre-tenu par le pouvoir pour dévier les regardset les mécontentements. Au début desannées 90, près de 300.000 d’entre euxont dû se réfugier au Bangladesh pour fuir la répression. Si la plupart a depuispu regagner la Birmanie, ils y restent sansnationalité, victimes quotidiennes de laNasaka, une milice de la junte birmane quitue et torture en toute impunité.
A
URÉLIEN
G
IRARD
Suite de la première page
Alors, depuis une dizaine d’années,le plastique est devenu partie intégrantedu régime alimentaire des bovins.
« Lesgens utilisent de plus en plus de sacs plastique pour jeter leurs ordures ména-gères, y compris les restes de fruits et de légumes. Quand une vache sent un résidu organique, elle est incapabled’ouvrir le sac et l’avale en entier »
, expli-que le docteur Jadeja au magazine indien
The Week 
.L’Inde est en effet l’un des pays d’Asiequi connaît la plus forte croissance enconsommation de plastique. Avec plu-sieurs millions de tonnes de déchetsproduits chaque année, le système tradi-tionnel de récupération et de recyclage nesuffit plus aujourd’hui à traiter les emballa-ges non dégradables. Pushkar, par exem-ple, ne possède pas de poubelles. Le seulessai de la municipalité n’a pas duré long-temps, puisque les bacs ont été détruits,témoigne Devipal, un instituteur de laville.
« Ce n’est tout simplement pas dansles habitudes, les gens n’en comprennent  pas l’utilité »
, explique-t-il. Les déchetssont donc jetés dans les rues et ramas-sés à la pelle par une équipe de canton-niers qui les évacuent dans les dépotoirsen périphérie.À 32 ans, Ajay est l’un des deux vété-rinaires officiels du gouvernement àPushkar. Sa journée commence invaria-blement par une tournée des fermes voi-sines. Aujourd’hui, il faufile habilement samoto entre les
rickshaw 
et les piétons quiencombrent les rues commerçantes de lavieille ville.Nous nous rendons chez Ratan Singh,dont la vache est malade depuis plusieurs jours. Lorsque nous arrivons, l’animal estd’une maigreur inquiétante et ne parvientplus à tenir sur ses pattes. Elle a vêlé il y atrois jours, mais reste incapable de récu-pérer.
« Elle ne mange rien »
, explique lefermier, dont l’animal gambade d’habi-tude librement dans les rues du quartier.Ajay palpe l’animal, puis installe une per-fusion et lui injecte quelques doses d’an-tibiotiques et de vitamines, sans trop ycroire. Elle va probablement mourir dansquelques jours, me confie-t-il. La bête deRatan Singh est victime d’une nouvellepathologie qui s’est développée à mesureque le polyéthylène a envahi le pays :l’étouffement stomacal au plastique.À Koutch, dans l’ouest de l’Inde, unvétérinaire a extrait 45 kilogrammes desacs de l’estomac d’une vache. Il y a éga-lement trouvé du tissu, des noix de coco,du câble électrique et une hélice. Unreportage photo de Manmohan Sharmasur cette opération (la ruminotomie) apermis de faire éclater le scandale augrand jour, il y a presque dix ans. Déjà enavril 2000, à Lucknow, au nord du pays,le journal
The Times of India
rapportaitque jusqu’à 100 bêtes mourraient quo-tidiennement de cette affliction. Selon ledocteur Jadeja, même les vaches domes-tiques absorbent souvent des déchets lelong des routes lorsqu’elles se rendentaux aires de pâturage.
« Aujourd’hui, c’est le lait qui est con-taminé par le polyéthylène »
, clameManeka Gandhi, l’une des activistes pour les droits des animaux les plus réputés dupays, dans
India Today.
Plusieurs régions ont lancé de vas-tes campagnes d’interdiction des sacsplastique, destinées à contrôler le fluxdes déchets, avec un succès relative-ment mitigé. Au faible taux d’éducation dupays se superpose une trop rapide crois-sance qui a bouleversé les modes de con-sommation et de distribution en quelquesannées seulement. La notion même dedéchets, non dégradables, et potentielle-ment dangereux, nécessite l’apparition denouveaux concepts au sein de la popu-lation.
« L’idée que le lait, synonyme debonne santé, puisse nuire ; l’idée que lavache, symbole de prospérité, puisse êtredangereuse, semble tout simplement gro-tesque et inimaginable pour la plupart desIndiens »
, précise-t-on dans
India Today.
Paradoxalement le buffle, animal nonsacré, ne souffre pas de ces problèmes.Les bufflesses coûtent moins cher et pro-duisent un lait plus gras et en plus grandequantité. Les propriétaires ne peuvent toutsimplement pas les laisser courir dans lesrues, car ces dernières ne retrouveraientpas leur chemin...
V
ALERIAN
M
ATAZAUD
Collaboration spéciale
 
LaGrandeÉpoque
16 – 28 FÉVRIER 2009
 
3
3International
www.lagrandeepoque.com
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(terminus bus 56-CERN)
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La Thaïlande et les Rohingyas
Inde : la vache sacrée résiste mal à la modernité
CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP/Getty Images
Une vache cherchant sa nourriture parmi les ordures.
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