• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
Maria Nowak, pionnière dumicrocrédit en Europe. 
Page 7 
SOCIÉTÉ
SOCIÉTÉ
Comment améliorer l’insertiondes personnes à mobilitéréduite ? 
Page 14
ART DE VIVRE
ART DE VIVRE
APRIL, chevalier des logicielslibres. 
Page 15 
CULTURE
CULTURE
Retour sur le succès de laDivine Performing Arts à Paris. 
Page 16 
International
 p. 2
Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ............................ ChinePage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ................... Droits humainsPage 9 .................. Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 ................................ Petites annoncesPage 12 ................................................ VoyagePage 13 ................................ Santé et bien-êtrePage 14 ........................ SociétéPage 15 ................. Art de vivrePage 16 ........................ Culture
Zimbabwe
 p. 2
P. 9
Nouveau regard
NégaWatts etréchauffementclimatiqueLe cinémaau tempsdu passé
P. 15 
Art de vivre
International
 
 p. 2
P. 10 
Environnement
Les Îles Maldivesmenacées
Radio France Internationale met fin à la diffusion de ses émissions en chinois en ondes moyennes (en direction de l’Ile-de-France) etenvisagerait de couper les ondes courtes (en direction de la Chine) pour ne plus être disponible que sur Internet. Véritable vecteur d’in-formation en Chine où la liberté d’expression n’existe pas, la radio en ondes courtes reste le seul moyen d’information non censurée.Michel Wu, ancien rédacteur en chef à RFI et chef du service en mandarin, et Marie Chen, représentante en France de la radio Soundof Hope, radio libre qui émet en ondes courtes en Chine, répondent aux questions de
La Grande Époque.Lire la suite page 4
Getty Images
La radio en ondes courtes,seul média non censuré en Chine
Probable tentatived’assassinatcontre MorganTsvangirai
Argentine et Chilicontre la couronneanglaise
Chine
 
 p. 5 
Les députés canadiensse mobilisent pour lalibération de l’avocatchinois Gao Zhisheng
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
Epoch Times
 
Paris Genève Bruxelles Londres Berlin New York Dublin Lima Taipei Tokyo...
 
1 700 000 exemplaires
 ÉDITION 151
1 – 15 MARS 2009
• BIMENSUEL
COUP FUMANT OU COUP D’ÉPÉE DANSL’EAU ?
La Syrie serait-elle cette pièce maîtressemanquant à la paix au Moyen-Orient ? Cetélément qui, si jamais amadoué, permet-trait de casser le fameux « axe du mal »tel que décrété par l’administration amé-ricaine précédente ? Barack Obama etson équipe n’ont pas caché leur intentiond’adopter une position modérée face àTéhéran et Damas, dans une plus grandestratégie visant à réconcilier les États-Unis avec le monde musulman. Alors queWashington possède peu de leviers pourfaire plier l’Iran sur la question de son pro-gramme nucléaire, il semble qu’elle aquelques jetons pour négocier un rappro-chement avec la Syrie.Mais encore plus important, Damasmontre de l’intérêt pour un tel dénoue-ment.Les contacts diplomatiques entre repré-sentants américains et syriens n’ont cesséde s’intensifier dernièrement et ils auraientmême, discrètement, débuté avant l’entréeen fonction de la nouvelle administration.Les plus notables récemment ont étéceux réalisés entre le sénateur démo-crate John Kerry, ex-candidat à la MaisonBlanche et président du Comité des Affai-res étrangères du Sénat américain, et leprésident syrien Bashar Assad. Les deuxhommes se sont rencontrés le 21 févrierdernier à Damas.
« Tandis que nous ne sommes certai-nement pas d’accord sur certaines ques-tions, ce que j’ai entendu et ce que je vaisramener avec moi – ce que j’espère quenous pourrions mettre en place pour entirer avantage – c’est la possibilité d’unevraie coopération sur nombre de différen-tes questions en commençant immédiate-ment, en commençant bientôt »
, a déclaréJohn Kerry, selon AP.Avant Kerry, bon nombre d’émissai-res américains ont visité Damas. Le jour-nal émirati
The National 
fait état, durant lescinq dernières semaines et en excluant lavisite de Kerry, de trois délégations améri-caines en Syrie.
Lire la suite page 3
Tenter de sortir la Syrie de l’isolement
La Colombielâche sesparamilitaires…au compte-gouttes
 
1 – 15 MARS 2009
 
LaGrandeÉpoque
2International
www.lagrandeepoque.com
La Colombie lâche ses paramilitaires… au compte-gouttes
Le 3 mars, Hebert Veloza Gar-cia, un des plus redoutés desanciens paramilitaires colom-biens, a été extradé vers lesÉtats-Unis pour trafic de dro-gue. D’après le
Los AngelesTimes
, Veloza est arrivé à New-York où il doit être jugé. Lesgroupes de défense des droitshumains craignent pourtant qu’iln’ait de ce fait pas à dévoilerles crimes dont il a été l’instiga-teur en Colombie.
DEVANT
la justice colombienne, Velozaa reconnu avoir commandité des massa-cres, personnellement tué plus de 100personnes et participé à des milliers decrimes – en particulier l’extorsion et l’ex-pulsion forcée de fermiers. Le procureurNubia Chaves précise que 480 meur-tres exécutés sur son ordre sont recon-nus par Veloza – 2.500, affirme le
Herald Tribune
. Des centaines de guérilleros degauche auraient également été tués auNord de la Colombie par les commandosde Veloza Garcia, avant qu’il soit cap-turé en 2007.C’est pour cette raison que six asso-ciations de défense des droits del’homme avaient demandé à la justiceaméricaine de retarder l’extradition duchef militaire, afin d’avoir le temps defaire la lumière sur l’ensemble des cri-mes dont est accusé Veloza. Capturéen avril 2007, celui-ci faisait en effetpartie des chefs paramilitaires coopé-rant le plus avec la justice pour bénéfi-cier de la loi « Justice et Paix » qui offrela clémence de la justice en échanged’une aide au démantèlement des grou-pes d’extrême droite ou d’extrême gau-che. Une clémence qu’il ne rencontrerapas aux États-Unis, raison pour laquelle,dans les six mois de délai de son extradi-tion, celui-ci a collaboré très activementavec le tribunal spécial sur les crimesdes paramilitairesD’après la BBC,
« les victimes pen-sent qu’il est extradé parce qu’il en sait trop sur l’identité de ceux qui ont tra-vaillé avec les paramilitaires. »
Le Géne-ral Rito Alejo del Rio par exemple, déjàarrêté pour meurtre, est cité par Velozacomme ayant été un de ses complices ;or le général a longtemps entretenu desliens étroits avec le Président colombienAlvaro Uribe.En moins d’une année ce sont 17chefs paramilitaires colombiens qui ontété extradés vers les États-Unis, à cha-que fois en raison de leur activité dans letrafic de drogue.
« Il n’y avait pas de raison pour uneextradition en urgence comme celle-ci »,
 commente Ivan Cepeda, porte-paroledu Mouvement Nationale des Victimesde Crimes d’État, cité par l’AssociatedPress :
« Nous ne demandions pas qu’il ne soit pas extradé, mais seulement quecela soit retardé pour qu’il puisse tout avouer. »
Le
Time
est critique sur ce systèmed’extradition, qu’il juge inefficace : carsi les États-Unis affirment que la pro-duction de cocaïne a chuté de 680 ton-nes en 2002 à 535 tonnes en 2007, lesNations-Unis croient au contraire quesur la même période elle est passéede 580 tonnes à 630 tonnes. Le journalregrette par exemple le coût de chaqueextradition pour les contribuables amé-ricains (transport et hébergement detémoins, frais de traductions…), maisreconnaît cependant que le système al’avantage d’éviter la manipulation de la justice colombienne, illustrée par le casd’un procureur arrêté en 2008 pour avoircollaboré avec un baron de la drogue.La Cour suprême colombienne apourtant, fin février, fait prendre un tour-nant inattendu aux pratiques d’extradi-tion en refusant celle des leaders desFARC impliqués dans la prise d’otagede la franco-colombienne Ingrid Betan-court. Elle refuse ainsi la compétenceaméricaine pour des crimes commis enColombie et non liés au trafic de dro-gue.
« Le risque que je vois dans cettedécision est qu’elle met en danger le processus des extraditions, qui a étévital dans la lutte contre le trafic de dro-gue »
, comment le vice-ministre de laJustice Rafael Nietosaid dans une inter-view avec le Christian Science Monitor.
 « C’est une interprétation restrictive [dela loi sur les extraditions] qui a mon avisest en faveur des délinquants. »
Pour le
Miami Herald 
qui ne décolèrepas, la décision contredit une jurispru-dence de 2004 qui avait autorisé l’extra-dition de Ricardo Palmera, alias SimonTrinidad, responsable de l’enlèvementde trois Américains et sans aucune acti-vité connue liée à la drogue.L’Ambassadeur américain WilliamBrownfield est lui-même perplexe :
« Même si nous acceptons cette déci-sion, nous devons remarquer que la justice colombienne est arrivée à uneconclusion différente plusieurs fois dansle passé face à des faits similaires »,
a-t-il commenté devant la presse colom-bienne.Veloza était Commandant dans l’Uniondes Forces d’Autodéfense de Colombie(AUC), un des principaux groupes para-militaires constitués dans les années 80pour lutter contre la guérilla communistedes FARC. Epaulés par des trafiquantsde drogues et de riches propriétaires quiles payaient pour leur soutien. Les mili-ces sont devenues des armées privéesresponsables de la mort de milliers depersonnes, et ont opéré elles-mêmes letrafic de drogue. Depuis 2002, le gouver-nement d’Alvaro Uribe a extradé plus de800 suspects aux États-Unis, essentiel-lement pour trafic de drogue.
A
URÉLIEN
G
IRARD
MAURICIO DUENAS/AFP/Getty Images
Le lourd passé des paramilitaires colombiens. Démantèlement d’arsenal fin 2007.
Zimbabwe : probable tentatived’assassinat contre Morgan Tsvangirai
Au Zimbabwe, les proches duPremier ministre Morgan Tsvan-girai disent avoir rencontré le chef de l’opposition. Celui-ci est con-vaincu que l’accident de voiturequi a coûté la vie à son épousele 6 mars était une tentative d’as-sassinat contre lui. Ce qui rap-pelle une vieille manie de RobertMugabe et pose donc de sérieu-ses questions sur la stabilité dugouvernement d’union tout justecréé.
POUR
des analystes interrogés par CNN,l’accident est suspicieux, à peine un moisaprès que le MDC (Mouvement pour unChangement Démocratique), le parti deMorgan Tsvangirai, ait réussi à trouver unaccord avec le Président Mugabe sur lagouvernance du pays.
« J’ai des doutessur les accidents de la route au Zimbabwequi impliquent des personnalités de l’oppo-sition »
, indique Tom McDonald, ambassa-deur américain au Zimbabwe entre 1997 et2001. «
Le Président Mugabe a un passif d’accidents de voitures étranges dans les-quels des personnalité proéminentes meu-rent – c’est un peu son mode opératoire pour éliminer les personnes non appré-ciées. »
 L’Ambassadeur McDonald cite commeexemple la mort du ministre de la DéfenseMoven Mahachi en 2001, du ministre del’Emploi Border Gezi en 1999 et d’ElliotManyika, en 2008.
« Donc, quand j’entends que Tsvangiraa eu un accident, je m’interroge »
, ajoute M.Mc Donald.Officiellement, alors que les Tsvangi-rai rentraient chez eux depuis Harare le 6mars, le conducteur d’un camion sur l’autrevoie s’est endormi au volant, a dévié etpercuté de plein fouet la voiture du Pre-mier ministre. Susan Tsvangirai, épousede l’homme politique et mère de ses sixenfants, a été tuée alors que lui-mêmen’était que légèrement blessé.Le camion en question étant un véhiculede l’agence américaine USAID, certainsmédias croient déjà pouvoir remettre encause l’hypothèse d’une tentative d’assas-sinat, sans trouver surprenant que dans cesurprenant accident, il est assez frappantque le véhicule impliqué soit précisémentcelui qui va permettre au ZANU-PF, le partide Robert Mugabe, de nier toute responsa-bilité dans une nouvelle tentative d’élimina-tion de Morgan Tsvangirai.Autre signe parlant, après 24 heu-res d’observation à l’hôpital
 Avenues Cli-nic
et après avoir reçu la visite de RobertMugabe, Tsvangirai s’est envolé samedi 7mars pour le Bostwana. Il doit officiellementy subir des examens complémentaires ; àmoins que ce départ soit surtout néces-saire pour le préserver d’un autre accidentde la route.Deux jours avant l’accident, MorganTsvangirai alertait les députés sur le faitque la détention de prisonniers politiquesaffectait le retour des investisseurs étran-gers dans le pays. Le vice-ministre del’Agriculture, Roy Bennett, un fermier blancnommé par Tsvangirai, a été arrêté le jourde sa prestation de serment, le 13 février,et accusé de terrorisme. Le FMI, qui réa-lise à partir du 8 mars sa première missiondepuis 2006, jugera sur pièces si la situa-tion permet aujourd’hui de reconstruire leZimbabwe, ancien « grenier à grain » del’Afrique et aujourd’hui pays dévasté par ladésastreuse politique de Robert Mugabe.
A
.
G
.
L’insécurité routière selon Robert Mugabe.
 DESMOND KWANDE/AFP/Getty Images
LES PARLEMENTAIRES
argentins et chi-liens ne sont toujours pas d’accord entreeux sur la propriété d’une zone de l’An-tarctique potentiellement riche en pétroleet qu’ils se disputent depuis des années.Ils sont par contre sur une ligne parfaite-ment homogène pour ce qui est de rejeterles revendications de la Grande-Bretagnesur ces mêmes territoires.Afin de le faire savoir, le 7 mars, ungroupe de politiciens argentins et chilienss’est rendu sur le continent glacé aveccomme objectif affiché de donner un peude piquant à une déclaration par laquelleils entendent influer sur le sujet.Le Royaume-Uni a en effet, en 2007,revendiqué plus de 500.000 kilomè-tres carrés de fond océanique supposériche en hydrocarbures, et attend courantdu mois de mai un positionnement desNations-Unies sur le sujet.Alors qu’au Nord, Canada et États-Unisse disputent la propriété des voies mariti-mes qu’ouvrent la fonte des glaces auxpôles, au Sud les revendications de sou-veraineté sur l’Antarctique refont donc sur-face, après soixante années de
statu quo
.Là aussi, c’est la fonte des glaces liée auréchauffement climatique, et plus que toutl’épuisement des grandes réserves d’hy-drocarbures qui stimule des convoitisesdiverses sur ces régions encore inexploi-tées.Pourtant, le traité de l’Antarctique, signéen 1959 et implémenté en 1961, fait ducontinent une réserve interdite à toute acti-vité militaire et à toute revendication terri-toriale.La faille du traité, même s’il a été signépar 46 pays dont la Grande-Bretagne, estsa définition de l’Antarctique : le continentest défini comme l’ensemble des terres etglaces en dessous du 60
e
degré de latitudesud, sans qu’aucune mention soit faite duplateau continental polaire.Or ce plateau continental, c’est-à-direl’ensemble de la surface immergée del’Antarctique, est l’endroit sur lequel pour-raient s’implanter de futures plateformes
offshore.
Une dizaine de nations (dont la France,l’Espagne, la Russie, l’Australie et le Bré-sil) revendiquent aujourd’hui des parties del’Antarctique – et donc un contrôle sur leseaux territoriales correspondantes. La lar-geur de ces eaux territoriales étant appe-lée à passer de 370 km aujourd’hui à610 km comme conséquence de la nou-velle convention sur la Loi maritime desNations-Unies, ce sont des potentielsgigantesques d’exploration minière pourles différentes nations candidates.Pour revenir au Chili, à l’Argentine et à laGrande-Bretagne, la situation est d’autantplus difficile que les revendications conflic-tuelles entre les pays datent de 1943 et ontdéjà mené, en 1982, à une guerre entreArgentine et Grande-Bretagne autour dela possession de l’archipel des Malouines.De quoi anticiper un refroidissement desrelations avec la couronne britannique.
A
.
G
.
TORSTEN BLACKWOOD/AFP/Getty Images
Un futur paradis blanc pour l’or noir. Vous avez dit cercle vicieux ?
Argentine et Chili contre la couronne anglaise
 
Suite de la première page
Puis, le 26 février, l’ambassadeursyrien à Washington, Imad Moustapha,s’est entretenu avec un haut responsa-ble du Département d’État américain,Jeffrey Feltman, en charge du Proche-Orient.
« Nous croyons que cette rencontreouvre des possibilités pour la Syrie et lesÉtats-Unis de s’engager sérieusement au niveau diplomatique et politique et dediscuter de tous les domaines de préoc-cupation mutuelle »
, a déclaré M. Mous-tapha à la presse suite à la rencontre.La secrétaire d’État, Hillary Clinton,qui était sur le point d’entamer une tour-née au Moyen-Orient, a cependant indi-qué qu’il ne fallait pas conclure qu’unréchauffement des relations entre lesdeux pays était imminent. Les États-Unisont retiré leur ambassadeur à Damas en2005, après l’assassinat de l’ancien Pre-mier ministre libanais Rafik Hariri, danslequel la Syrie fait figure de principalsuspect.
OBSTACLES
L’intérêt des États-Unis de voir la Syriechanger son fusil d’épaule est important.Mais, comme l’appareil diplomatique deWashington le signale, il y a certainesquestions sur lesquelles il ne semble yavoir aucun point d’entente possible.La Syrie a un impact direct sur lasécurité régionale dans ses relationsavec le Liban, l’Iran, l’Irak, la Palestineet, bien entendu, Israël.Le Liban est, pour Damas, une ques-tion nationale. Jusqu’au printemps 2005,la Syrie avait depuis 30 ans des milliersde troupes positionnées au Liban.Même après le retrait, elle a conservéune influence politique significative, etles partis politiques libanais sont encoresouvent définis comme étant pro-syriensou anti-syriens. À défaut de pouvoir êtremaître du Liban, la Syrie compte sur unealliance stratégique avec ce pays vis-à-vis d’Israël et dans le domaine écono-mique.Cette influence syrienne sur la vie poli-tique libanaise est un irritant pour l’Occi-dent, alors qu’autant l’Union européenne(UE) que les États-Unis souhaiteraientvoir un Liban leur étant favorable.Mais le problème est encore plus pro-fond et porte un nom : Hezbollah. L’or-ganisation radicale chiite est qualifiéede terroriste par l’UE et Washingtonmais, pour Damas, il s’agit d’un mou-vement légitime de résistance à Israël.Pour la Syrie, rompre avec le Hezbollahserait d’abandonner à la fois un allié poli-tique au Liban et une force militaire dedissuasion ayant fait ses preuves con-tre Israël.
« Le Hezbollah ne représente un dan-ger pour personne »
, a déclaré le pré-sident Assad en janvier dernier dansune entrevue avec l’hebdomadaire alle-mand
Der Spiegel 
. Il assure égalementque le
« Hezbollah est une organisationindépendante qui fait aujourd’hui partiedu gouvernement [libanais]. Et le Libanest une nation indépendante dont nousacceptons la souveraineté. »
Il est d’ailleurs impossible de par-ler de la relation Syrie-Hezbollah sansparler de l’Iran. La Syrie est largementvue comme un point de transit pour lesarmes que Téhéran fournit au Hezbol-lah. Rompre cette ligne d’approvision-nement serait dramatique pour le grouperadical chiite évoluant dans un pays par-tageant des frontières avec un seul autrepays, soit Israël.Mais comment détourner Damasde Téhéran, ou du moins affaiblir leuralliance stratégique ? Le retrait améri-cain d’Irak pourrait certes faire retom-ber les tensions et rendre une positionsyrienne agressive moins nécessaire.Une Syrie plus ouverte à l’Occi-dent pourrait représenter un atout pourapprocher l’Iran quant à son programmenucléaire.En ce qui a trait à l’Irak, les États-Unisont déjà accusé la Syrie d’être un pointde passage pour les combattants se ren-dant dans ce pays pour affronter les for-ces américaines. Avec le retrait annoncépar Obama et une situation sur le terrainqui a progressé significativement depuistrois ans, obtenir certaines garantiessyriennes pourrait aider à stabiliserdavantage l’Irak.La question palestinienne ne peut évi-demment pas être évitée non plus. Legroupe radical sunnite Hamas, qui con-trôle la bande de Gaza et qui a fait faceà une offensive israélienne en janvierdernier, reçoit un appui considérable dela Syrie. Son chef, Khaled Meshaal, estd’ailleurs basé à Damas.
LE PLATEAU DU GOLAN
Certains estiment qu’une restitutiondu plateau du Golan à la Syrie, capturépar Israël en 1967, règlerait une grandepartie des maux du Proche-Orient ettransformerait totalement la dynamiquerégionale.Selon Bashar Al-Assad lui-même, laclé de la paix se trouve là.
« Nous, lesSyriens, voyons ça ainsi : nous ne recon-naissons pas Israël et Israël est encorenotre ennemi – il occupe une partie denotre territoire, le plateau du Golan. Si les Israéliens se retirent du Golan, nousallons les reconnaître. D’abord la paix,ensuite la reconnaissance, et non pas lecontraire »
, a-t-il affirmé au
Der Spiegel 
.Des discussions à cet égard ont étéengagées entre Israël et la Syrie au coursdes derniers mois, surtout par l’entremisede la Turquie. La Syrie veut le Golan eten retour Israël veut que Damas cesseson appui aux organisations qui luttentcontre lui. S’ensuivrait une normalisationdes relations et des ententes de sécu-rité visant à écarter l’armée syrienne dela frontière, note un analyste du jour-nal
Haaretz
. Ce dernier poursuit cepen-dant en notant que la formule est simple,mais qu’elle n’a jamais été appliquée.
« Cette formule semble simple, en com- paraison des négociations complexesavec les Palestiniens »
, écrit Aluf Been.
« De plus, il n’y a pas de questions reli-gieuses émotionnelles tendues avecle Golan, contrairement à la situationavec les Palestiniens, avec des ques-tions épineuses comme Jérusalem,les réfugiés et les colonies juives qui ont été construites sur des sites bibli-ques en Cisjordanie. Le bénéfice stra-tégique d’une accommodation avec laSyrie semble aussi évident : amener ce pays du « camp de la résistance »vers le groupe des pays modérés dansla région qui une fois pour toutes effa-cerait le danger d’une « grande guerre »entre Israël et ses voisins et qui offrirait à la Syrie une opportunité de modernisa-tion et de développement économique », poursuit-il. « Néanmoins, tous cesefforts d’accord n’ont jamais abouti. »
On se demande actuellement si l’arri-vée au pouvoir de Netanyahu et de ladroite en Israël constituera un obsta-cle à ces pourparlers, même s’ils nevont habituellement nulle part. Cer-tains craignent l’adoption d’une posi-tion israélienne plus belliqueuse, alorsque d’autres font remarquer que lesdernières guerres ont été menéespar un gouvernement centriste.Bashar Al-Assad a déjà une opinion deNetanyahu, jugeant qu’il n’a pas été un« homme fort » alors qu’il était premierministre de 1996 à 1999.
« En ce qui atrait au prochain gouvernement israélien,nous ne perdrons pas espoir. Toutefois,la tendance semble être que chaquegénération successive en Israël est plusradicalisée [que la précédente]. Peut-êtreque la suivante ne sera pas intéressée àfaire la paix du tout, mais juste à combat-tre »,
laisse-t-il entendre au
Der Spiegel 
.Ainsi, pour Assad, la question de la paixrepose entièrement sur les épaules d’Is-raël, aux prises au jour le jour avec unemenace non conventionnelle.
MENACE CONVENTIONNELLE
Si les menaces non conventionnel-les viennent des groupes opposés àl’existence d’Israël, les menaces con-ventionnelles, elles, ne proviennent passeulement de l’Iran. Selon l’institut derenseignement privé de défense Jane’s,la Syrie construirait une usine d’armeschimiques adjacente à un site de lance-ment de missiles
Scud 
.
« En tant que proliférateur de longuedate d’armes chimiques, la Syrie sem-ble développer sa capacité de produc-tion »
, écrit Jane’s le 12 février dernier.L’institut se base sur des images satel-lites qui montrent l’emplacement exactdu site.Jane’s indique que cela ne signifiepas que la Syrie se prépare à une offen-sive, mais plutôt qu’elle veut augmenterses capacités de défense et de répliqueadvenant une attaque d’Israël. En sep-tembre 2007, un raid de l’aviation israé-lienne avait détruit un site suspect enSyrie, dédié au nucléaire selon Tel-Avivet Washington et construit avec l’aidede la Corée du Nord. La Syrie affirmequ’il s’agissait d’une installation mili-taire normale.Peu après le bombardement du sitenucléaire suspect, la Syrie a niveléle site et a entrepris la constructiond’une installation semblable à celle quiavait été détruite, rapporte le
New York Times
. La structure serait maintenant unsite de lancement de missiles.
UN BEAU RÊVE
Les États-Unis à eux seuls risquentde gaspiller beaucoup d’efforts diplo-matiques s’ils font cavalier seul en ten-tant de sortir la Syrie de leur isolement.Qu’ont-ils à offrir ? Ils peuvent jouer leLiban, en déclarant en coulisses quela Syrie conserve pleinement sa zoned’influence. Ils peuvent jouer la carteéconomique, en promettant aide etinvestissements. Quoi d’autre ?
CONVERGENCE D’INTÉRÊTS
Avant d’en arriver là, Bashar Assaddevra tempérer ses propos, lui quiassure que les tactiques terroristes duHamas sont « définitivement » justi-fiées. Car après tout, appuyer des grou-pes islamistes qui opèrent à quelqueskilomètres de chez soi, tout en répri-mant ceux qui agissent dans son pays,est une stratégie peu durable.C’est à ce niveau que les intérêtsaméricains et syriens peuvent conver-ger. Les États-Unis préfèrent de loin unrégime autoritaire laïque à un régimeautoritaire islamique.En octobre 2008, un raid américainen Syrie avait déclenché une tempêtediplomatique et la colère des Syriens.Cette attaque audacieuse menée pardes commandos visait le terroriste ira-kien Abu Ghadiya. Alors que la Syrie aprotesté ouvertement, le
Times Online
 indique qu’elle était complice dans l’af-faire.
« Abu Ghadiya était craint desSyriens en tant qu’agent de l’islam fon-damentaliste qui était hostile au régimelaïque de Damas. Ce serait convenablesi la Syrie ou les États-Unis pouvaient l’éliminer »
, écrit le
Times
.La base d’une alliance est souvent unennemi commun.
A
NTOINE
L
ATOUR
LaGrandeÉpoque
1 – 15 MARS 2009
 
3
3International
www.lagrandeepoque.com
CERN MEYRIN
(terminus bus 56-CERN)
entrée B - bâtiment 500 - amphithéâtreMARDI 17 MARS 2009 – 20h 30Le duo « SINTONIA »clavecin à quatre mains
avec
Catia Rocci
et 
Maria Clotilde Sieni
 Au programme :
W. A. MOZARTMARDI 24 MARS 2009 – 20h 30Paola FURETTA
violoncelle solo Au programme :
Max Reger – Hans Werner HenzeJanet Beat – Paul Hindemith
Entrée libre – collecte
Nos concerts sur notre site :www.concerts-cern.com
et sur les sites :
www.whys.org etwww.agendadegeneve.ch
Tenter de sortir la Syrie de son isolement
Un berger druze et ses chiens sur le plateau du Golan.
Uriel Sinai/Getty Images
John Kerry à Damas.
 LOUAI BESHARA/AFP/Getty Images
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...