1 – 15 MARS 2009
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LaGrandeÉpoque
2International
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La Colombie lâche ses paramilitaires… au compte-gouttes
Le 3 mars, Hebert Veloza Gar-cia, un des plus redoutés desanciens paramilitaires colom-biens, a été extradé vers lesÉtats-Unis pour trafic de dro-gue. D’après le
Los AngelesTimes
, Veloza est arrivé à New-York où il doit être jugé. Lesgroupes de défense des droitshumains craignent pourtant qu’iln’ait de ce fait pas à dévoilerles crimes dont il a été l’instiga-teur en Colombie.
DEVANT
la justice colombienne, Velozaa reconnu avoir commandité des massa-cres, personnellement tué plus de 100personnes et participé à des milliers decrimes – en particulier l’extorsion et l’ex-pulsion forcée de fermiers. Le procureurNubia Chaves précise que 480 meur-tres exécutés sur son ordre sont recon-nus par Veloza – 2.500, affirme le
Herald Tribune
. Des centaines de guérilleros degauche auraient également été tués auNord de la Colombie par les commandosde Veloza Garcia, avant qu’il soit cap-turé en 2007.C’est pour cette raison que six asso-ciations de défense des droits del’homme avaient demandé à la justiceaméricaine de retarder l’extradition duchef militaire, afin d’avoir le temps defaire la lumière sur l’ensemble des cri-mes dont est accusé Veloza. Capturéen avril 2007, celui-ci faisait en effetpartie des chefs paramilitaires coopé-rant le plus avec la justice pour bénéfi-cier de la loi « Justice et Paix » qui offrela clémence de la justice en échanged’une aide au démantèlement des grou-pes d’extrême droite ou d’extrême gau-che. Une clémence qu’il ne rencontrerapas aux États-Unis, raison pour laquelle,dans les six mois de délai de son extradi-tion, celui-ci a collaboré très activementavec le tribunal spécial sur les crimesdes paramilitairesD’après la BBC,
« les victimes pen-sent qu’il est extradé parce qu’il en sait trop sur l’identité de ceux qui ont tra-vaillé avec les paramilitaires. »
Le Géne-ral Rito Alejo del Rio par exemple, déjàarrêté pour meurtre, est cité par Velozacomme ayant été un de ses complices ;or le général a longtemps entretenu desliens étroits avec le Président colombienAlvaro Uribe.En moins d’une année ce sont 17chefs paramilitaires colombiens qui ontété extradés vers les États-Unis, à cha-que fois en raison de leur activité dans letrafic de drogue.
« Il n’y avait pas de raison pour uneextradition en urgence comme celle-ci »,
commente Ivan Cepeda, porte-paroledu Mouvement Nationale des Victimesde Crimes d’État, cité par l’AssociatedPress :
« Nous ne demandions pas qu’il ne soit pas extradé, mais seulement quecela soit retardé pour qu’il puisse tout avouer. »
Le
Time
est critique sur ce systèmed’extradition, qu’il juge inefficace : carsi les États-Unis affirment que la pro-duction de cocaïne a chuté de 680 ton-nes en 2002 à 535 tonnes en 2007, lesNations-Unis croient au contraire quesur la même période elle est passéede 580 tonnes à 630 tonnes. Le journalregrette par exemple le coût de chaqueextradition pour les contribuables amé-ricains (transport et hébergement detémoins, frais de traductions…), maisreconnaît cependant que le système al’avantage d’éviter la manipulation de la justice colombienne, illustrée par le casd’un procureur arrêté en 2008 pour avoircollaboré avec un baron de la drogue.La Cour suprême colombienne apourtant, fin février, fait prendre un tour-nant inattendu aux pratiques d’extradi-tion en refusant celle des leaders desFARC impliqués dans la prise d’otagede la franco-colombienne Ingrid Betan-court. Elle refuse ainsi la compétenceaméricaine pour des crimes commis enColombie et non liés au trafic de dro-gue.
« Le risque que je vois dans cettedécision est qu’elle met en danger le processus des extraditions, qui a étévital dans la lutte contre le trafic de dro-gue »
, comment le vice-ministre de laJustice Rafael Nietosaid dans une inter-view avec le Christian Science Monitor.
« C’est une interprétation restrictive [dela loi sur les extraditions] qui a mon avisest en faveur des délinquants. »
Pour le
Miami Herald
qui ne décolèrepas, la décision contredit une jurispru-dence de 2004 qui avait autorisé l’extra-dition de Ricardo Palmera, alias SimonTrinidad, responsable de l’enlèvementde trois Américains et sans aucune acti-vité connue liée à la drogue.L’Ambassadeur américain WilliamBrownfield est lui-même perplexe :
« Même si nous acceptons cette déci-sion, nous devons remarquer que la justice colombienne est arrivée à uneconclusion différente plusieurs fois dansle passé face à des faits similaires »,
a-t-il commenté devant la presse colom-bienne.Veloza était Commandant dans l’Uniondes Forces d’Autodéfense de Colombie(AUC), un des principaux groupes para-militaires constitués dans les années 80pour lutter contre la guérilla communistedes FARC. Epaulés par des trafiquantsde drogues et de riches propriétaires quiles payaient pour leur soutien. Les mili-ces sont devenues des armées privéesresponsables de la mort de milliers depersonnes, et ont opéré elles-mêmes letrafic de drogue. Depuis 2002, le gouver-nement d’Alvaro Uribe a extradé plus de800 suspects aux États-Unis, essentiel-lement pour trafic de drogue.
A
URÉLIEN
G
IRARD
MAURICIO DUENAS/AFP/Getty Images
Le lourd passé des paramilitaires colombiens. Démantèlement d’arsenal fin 2007.
Zimbabwe : probable tentatived’assassinat contre Morgan Tsvangirai
Au Zimbabwe, les proches duPremier ministre Morgan Tsvan-girai disent avoir rencontré le chef de l’opposition. Celui-ci est con-vaincu que l’accident de voiturequi a coûté la vie à son épousele 6 mars était une tentative d’as-sassinat contre lui. Ce qui rap-pelle une vieille manie de RobertMugabe et pose donc de sérieu-ses questions sur la stabilité dugouvernement d’union tout justecréé.
POUR
des analystes interrogés par CNN,l’accident est suspicieux, à peine un moisaprès que le MDC (Mouvement pour unChangement Démocratique), le parti deMorgan Tsvangirai, ait réussi à trouver unaccord avec le Président Mugabe sur lagouvernance du pays.
« J’ai des doutessur les accidents de la route au Zimbabwequi impliquent des personnalités de l’oppo-sition »
, indique Tom McDonald, ambassa-deur américain au Zimbabwe entre 1997 et2001. «
Le Président Mugabe a un passif d’accidents de voitures étranges dans les-quels des personnalité proéminentes meu-rent – c’est un peu son mode opératoire pour éliminer les personnes non appré-ciées. »
L’Ambassadeur McDonald cite commeexemple la mort du ministre de la DéfenseMoven Mahachi en 2001, du ministre del’Emploi Border Gezi en 1999 et d’ElliotManyika, en 2008.
« Donc, quand j’entends que Tsvangirai a eu un accident, je m’interroge »
, ajoute M.Mc Donald.Officiellement, alors que les Tsvangi-rai rentraient chez eux depuis Harare le 6mars, le conducteur d’un camion sur l’autrevoie s’est endormi au volant, a dévié etpercuté de plein fouet la voiture du Pre-mier ministre. Susan Tsvangirai, épousede l’homme politique et mère de ses sixenfants, a été tuée alors que lui-mêmen’était que légèrement blessé.Le camion en question étant un véhiculede l’agence américaine USAID, certainsmédias croient déjà pouvoir remettre encause l’hypothèse d’une tentative d’assas-sinat, sans trouver surprenant que dans cesurprenant accident, il est assez frappantque le véhicule impliqué soit précisémentcelui qui va permettre au ZANU-PF, le partide Robert Mugabe, de nier toute responsa-bilité dans une nouvelle tentative d’élimina-tion de Morgan Tsvangirai.Autre signe parlant, après 24 heu-res d’observation à l’hôpital
Avenues Cli-nic
et après avoir reçu la visite de RobertMugabe, Tsvangirai s’est envolé samedi 7mars pour le Bostwana. Il doit officiellementy subir des examens complémentaires ; àmoins que ce départ soit surtout néces-saire pour le préserver d’un autre accidentde la route.Deux jours avant l’accident, MorganTsvangirai alertait les députés sur le faitque la détention de prisonniers politiquesaffectait le retour des investisseurs étran-gers dans le pays. Le vice-ministre del’Agriculture, Roy Bennett, un fermier blancnommé par Tsvangirai, a été arrêté le jourde sa prestation de serment, le 13 février,et accusé de terrorisme. Le FMI, qui réa-lise à partir du 8 mars sa première missiondepuis 2006, jugera sur pièces si la situa-tion permet aujourd’hui de reconstruire leZimbabwe, ancien « grenier à grain » del’Afrique et aujourd’hui pays dévasté par ladésastreuse politique de Robert Mugabe.
A
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G
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L’insécurité routière selon Robert Mugabe.
DESMOND KWANDE/AFP/Getty Images
LES PARLEMENTAIRES
argentins et chi-liens ne sont toujours pas d’accord entreeux sur la propriété d’une zone de l’An-tarctique potentiellement riche en pétroleet qu’ils se disputent depuis des années.Ils sont par contre sur une ligne parfaite-ment homogène pour ce qui est de rejeterles revendications de la Grande-Bretagnesur ces mêmes territoires.Afin de le faire savoir, le 7 mars, ungroupe de politiciens argentins et chilienss’est rendu sur le continent glacé aveccomme objectif affiché de donner un peude piquant à une déclaration par laquelleils entendent influer sur le sujet.Le Royaume-Uni a en effet, en 2007,revendiqué plus de 500.000 kilomè-tres carrés de fond océanique supposériche en hydrocarbures, et attend courantdu mois de mai un positionnement desNations-Unies sur le sujet.Alors qu’au Nord, Canada et États-Unisse disputent la propriété des voies mariti-mes qu’ouvrent la fonte des glaces auxpôles, au Sud les revendications de sou-veraineté sur l’Antarctique refont donc sur-face, après soixante années de
statu quo
.Là aussi, c’est la fonte des glaces liée auréchauffement climatique, et plus que toutl’épuisement des grandes réserves d’hy-drocarbures qui stimule des convoitisesdiverses sur ces régions encore inexploi-tées.Pourtant, le traité de l’Antarctique, signéen 1959 et implémenté en 1961, fait ducontinent une réserve interdite à toute acti-vité militaire et à toute revendication terri-toriale.La faille du traité, même s’il a été signépar 46 pays dont la Grande-Bretagne, estsa définition de l’Antarctique : le continentest défini comme l’ensemble des terres etglaces en dessous du 60
e
degré de latitudesud, sans qu’aucune mention soit faite duplateau continental polaire.Or ce plateau continental, c’est-à-direl’ensemble de la surface immergée del’Antarctique, est l’endroit sur lequel pour-raient s’implanter de futures plateformes
offshore.
Une dizaine de nations (dont la France,l’Espagne, la Russie, l’Australie et le Bré-sil) revendiquent aujourd’hui des parties del’Antarctique – et donc un contrôle sur leseaux territoriales correspondantes. La lar-geur de ces eaux territoriales étant appe-lée à passer de 370 km aujourd’hui à610 km comme conséquence de la nou-velle convention sur la Loi maritime desNations-Unies, ce sont des potentielsgigantesques d’exploration minière pourles différentes nations candidates.Pour revenir au Chili, à l’Argentine et à laGrande-Bretagne, la situation est d’autantplus difficile que les revendications conflic-tuelles entre les pays datent de 1943 et ontdéjà mené, en 1982, à une guerre entreArgentine et Grande-Bretagne autour dela possession de l’archipel des Malouines.De quoi anticiper un refroidissement desrelations avec la couronne britannique.
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TORSTEN BLACKWOOD/AFP/Getty Images
Un futur paradis blanc pour l’or noir. Vous avez dit cercle vicieux ?
Argentine et Chili contre la couronne anglaise
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