• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
SYRIE
SYRIE
Printemps en demi-teinte pourDamas : l’attitude d’Obamareste ferme. 
Page 2
GUATEMALA
GUATEMALA
Le président Colom accuséd’assassinat mafieux. 
Page 3
CHINE/TAIWAN
CHINE/TAIWAN
Les accords d’entre-aide judiciaire entre Taiwan et laChine sont contestés. 
Page 5 
ENVIRONNEMENT
ENVIRONNEMENT
Les filets perdus piègent la faunemarine. 
Page 10
Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ................ InternationalPage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ................... Droits humainsPage 9 .................. Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 ................................. Petites annoncesPage 12 .............................................. Outre-merPage 13 ................................................... SociétéPage 14 ...... Santé et bien-êtrePage 15 ................. Art de vivrePage 16 ......................... Culture
P. 9
Nouveau regard
Jazz sous lespommiersDe la psychanalyseaux super héros
P. 16 
Culture
P. 10 
Tourisme
Vivre uneexpérience uniqueen Guyane
Économie
P. 7 
International
P. 2
Chine
P. 4
Quelles sont nos attitudes parrapport à ce monde peu connuqu’est l’espionnage ? Suscite-t-il un intérêt de par son mys-tère, souvent projeté au grandécran avec de bonnes doses deromantisme et un brin d’exagé-ration ? Ou bien juge-t-on quec’est complètement banal, ordi-naire et si largement pratiquéqu’il ne vaut même pas la peinede s’offusquer lorsque certainscas sont exposés au grand jour ? Après tout, tout le mondeespionne, n’est-ce pas ?
« L’espionnage étranger prend de l’am- pleur et une forme de plus en plussophistiquée grâce aux nouvelles tech-nologies. L’ingérence étrangère dansles affaires intérieures des pays sévit elle aussi plus que jamais »
, affirme ledirecteur du Service Canadien de Ren-seignement de Sécurité (SCRS), JimJudd.Par désir d’informer ou d’influencer,de nombreux services secrets occiden-taux ont, ces dernières années, aviséque la Chine et la Russie espionnaientavec autant, sinon plus, d’enthousiasmequ’avant la chute du rideau de fer.Alors que ces deux géants forgésdans le communisme sont entrés dansl’économie internationale compétitive,un intérêt pour les renseignementséconomiques et industriels s’est grefféà l’intérêt traditionnel pour les domai-nes de la politique, du militaire et dela diplomatie. Le marché chinois parti-culièrement, qui attire les entrepreneursqui rêvent de profit grâce à une main-d’oeuvre bon marché, peut se transfor-mer en une véritable toile d’araignéequi permettra à la Chine de s’appro-prier la technologie occidentale qui luifait défaut.Ces opérations intérieures s’accom-plissent en toute facilité grâce à l’utilisa-tion des
 joint ventures
avec des firmesétrangères qui obligent un transfert detechnologie. Les ressources de l’État enmatière de cueillette de renseignementspeuvent aussi être utilisées pour percerles secrets d’entreprise ainsi que la vieintime et professionnelle des membresde direction.Jim Judd a déclaré, en 2007, que prèsde 50 % des ressources de son agenceétaient dédiées à contrer l’espionnagedu régime chinois. Cette déclarationest survenue un an après que le minis-tre des Affaires étrangères de l’époqueet actuel ministre de la Défense, PeterMcKay, a signalé l’intention du gouver-nement conservateur de s’attaquer àl’espionnage de la Chine, plus particu-lièrement l’espionnage économique.En 2005, alors qu’il était dans l’op-position, Stephen Harper avait critiquéle gouvernement libéral de ne pas êtreassez actif quant à cette question.
Lire la suite page 4
Les nouveaux champions de l’espionnage
Les pays européens ne sont pasprêts à jouer la transparencecomme les États-Unis. Ils saventque ces tests sont nécessaires etferont le travail mais optent pour ladiscrétion, ce qui limitera la portéede l’exercice.
Les banqueseuropéennespasserontdes «
tests derésistance
»d’ici septembre
Damas espérait sans doute quel’ouverture d’un processus depacification de ses relations avecIsraël et la fin de l’administrationBush permettrait l’ouverture d’unenouvelle page dans les relationsavec Washington. Mais BarackObama, qui depuis son investiturefait des tentatives de « nouvelledonne » avec certains pays – l’Iranet Cuba ont été les exemples lesplus marquants – ne semble paspressé de généraliser le modèle,et avance à pas comptés dans sesrelations avec la Syrie.
Printemps endemi-teinte
D’après un sondage réalisé auprèsde plus de 12.000 Chinois, lesmédecins en Chine sont perçus parla population comme respectantle moins l’éthique professionnelledans le but de faire plus de profit.
 Ralph Orlowski/Getty Images
Energie solaire : décollage tardif du marché français
En dépit de la crise économique, le marché de l’énergie solaire est en forte croissance en France.
Page 7 
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
Epoch Times
 
Paris Genève Bruxelles Londres Berlin New York Dublin Lima Taipei Tokyo...
 
1 700 000 exemplaires
 ÉDITION 156
16 – 31 MAI 2009
• BIMENSUEL
Les médecins,transgresseursde l’éthique
 
Suite de la première page
La Syrie peut-être considérée commecentrale dans l’approche américaine auMoyen-Orient du fait qu’elle est partieprenante dans les principales questionspréoccupant Washington : le Liban, lafrontière nord irakienne, les négociationsavec Israël et le Hamas, et l’Iran.« Etat-voyou » de l’administration Bush,la Syrie est depuis 2004 soumise à dessanctions économiques permises par uneloi proposée en 2003 par le sénateur répu-blicain Eliot Engel : interdiction pour lescompagnies aériennes syriennes d’opé-rer aux Etats-Unis, liste noire de ressortis-sants et entreprises syriennes, interdictiondes exportations américaines vers la Syrie – à l’exception de la nourriture et des médi-caments. Ces mesures, initiées pour sanc-tionner le soutien de Damas au Hezbollah,au Hamas et son laisser-aller vis-à-vis desopérations d’Al Qaida sur son territoire,sont associées à l’époque honnie du pré-cédent gouvernement américain.Or l’approche des relations internationa-les des Etats-Unis a radicalement changé.Imad Moustapha, l’ambassadeur syrien àWashington, indiquait au Middle East Ins-titute au début du mois se réjouir gran-dement des changements de l’attitudeaméricaine vis-à-vis de la Syrie :
« Main-tenant, au lieu de nous pointer du doigt, ilsnous disent comment nous pouvons tra-vailler ensemble et aborder tel ou tel pro-blème. »
 C’était sans doute une satisfaction unpeu trop rapide, et un peu trop manifes-tée, de voir les Etats-Unis « corriger leurserreurs » vis-à-vis d’une Syrie qui se voitdevenue interlocuteur incontournable duProche-Orient. Les cercles du pouvoirsyrien semblent convaincus de l’arrivéedu printemps d’Assad : le président syrienBachar-al-assad croit aujourd’hui pouvoirmonnayer cher une éventuelle distancia-tion de Téhéran, faire valoir que sa volontéde négocier – ou pas – une paix avecIsraël pourrait être un élément déclen-cheur d’une stabilisation proche-orientale.Sans oublier de rappeler que son brasarmé libanais, le Hezbollah, est en bonnepasse pour prendre le pouvoir lors des pro-chaines élections législatives.Malgré tout cela et malgré le besoind’une implication syrienne dans la régu-lation du flux de combattants étrangers serendant en Irak, les sanctions américainescontre la Syrie sont maintenues par le Pré-sident Obama. L’annonce a été faite le 8mai, soit trois jours après que Bachar-al-assad et son homologue iranien MahmoudAhmadinejad aient réaffirmé à Damas leurvolonté de soutenir la « résistance pales-tinienne » et de s’allier pour empêcher ladomination de grandes puissances dansla région.Les sanctions diplomatiques et financiè-res sont donc reconduites pour un an. Pasl’ombre d’un changement de ton par rap-port à l’époque Bush. Et, ce qui a choqué àDamas, pas la moindre mentions de « dia-logue », ni de « progrès », pas d’espoirexprimé d’une amélioration des relationsau moment de l’annonce de la reconduc-tion des sanctions.Pour un proche de Damas s’exprimantauprès du site SyriaComment, l’attitudeaméricaine est inexplicable :
« Obamaavait une occasion de protéger ses troupesen Irak sans délai, et de vraiment changer la dynamique des relations entre Etats-Unis et Syrie en envoyant immédiatement un ambassadeur à Damas pour commen-cer des échanges d’informations.[…] Bien-tôt les négociations ne seront plus de miseet nous allons retomber dans la fosse de la politique de Bush vis-à-vis de la Syrie ».
Pour le président Obama, qui l’a faitsavoir dans une lettre au Congrès, Damassoutient toujours le terrorisme, n’a pasabandonné sa volonté de développerdes armes de destruction massive et agitcomme un frein à la stabilisation de l’Irak.Le porte-parole du Département d’Etataméricain explique que les sanctions
« illustrent le fait que nous avons encorede très sérieuses inquiétudes quant aucomportement syrien et à ses activités de par le monde ».« Nous allons avoir une approche gra-duelle, sceptique et précautionneuse desdeux côtés »,
pense Peter Harling, duthink-tank International Crisis Group.Pourtant, le climat des relations entreDamas et Washington a déjà profondé-ment changé. Le secrétaire d’Etat adjointau Proche-Orient Jeffrey Feltman et leconseiller de la Maison Blanche pour leMoyen-Orient Daniel Shapiro, se sont déjàrendus deux fois en deux mois à Damaspour assurer le gouvernement syrien dela volonté de la nouvelle administrationaméricaine de renouer le dialogue. L’am-bassadeur de Syrie aux Etats-Unis a demême été officiellement invité au Départe-ment d’Etat. Le message semble donc êtreque les Etats-Unis attendent des manifes-tations concrètes d’un changement d’atti-tude de la Syrie, et en particulier le contrôlede sa frontière avec l’Irak pour empêcherl’infiltration de djihadistes.Washington n’a pas tardé à donner unpremier exemple de sa volonté de fer-meté : le 14 mai un dirigeant d’Al Qaidabasé en Syrie a été mis sur liste noire parle trésor américain : Abu Khalaf, désignécomme terroriste, voit tous ses avoirs surle sol américain gelés, est interdit bancairemondial et officiellement poursuivi. Facilita-teur du transit de combattants en Irak, AbuKhalaf assure la logistique du passage desbombes humaines qui, en 2007, traver-saient la frontière irako-syrienne au rythmede 100 par mois. Déjà en octobre 2008, lesEtats-Unis avaient agi en lançant une opé-ration commando à l’Est du pays, qui avaitconduit à l’assassinat de neuf membresd’Al Qaida dont Abu Ghadiya, prédéces-seur d’Abu Khalaf dans l’organisation destransits de combattants vers l’Irak.Puis, le 16 mai, trois membres d’une cel-lule syrienne d’Al Qaida suspectés de fairepasser des armes ont été arrêtés par lesforces américaines dans le Nord de l’Irak,près de Mossoul.
« Nous continueronsd’appliquer de façon agressive les obli-gations internationales de viser les terro-ristes liés à Al Qaida, comme Abu Khalaf,qui menacent la sécurité des forces de laCoalition et la stabilité en Irak »,
commenteStuart Levey, sous-secrétaire du Trésor encharge des questions de terrorisme et derenseignement financier, cité par le
Lon-gWar Journal 
.
Le point clé d’une paixentre Syrie et Israël
Sur l’agenda 2009, les États-Unis sou-haitent se positionner dans les négo-ciations de paix entre Syrie et Israël. Ilsdoivent y peser de tout leur poids principa-lement pour garantir un retour du plateaudu Golan, syrien mais occupé par l’étathébreu depuis 1967. Celui-ci, non-actémais évoqué en 2008, est remis en causepar le nouveau gouvernement israélien. LePremier ministre israélien Benjamin Neta-nyahu a ainsi en effet soufflé le froid surles perspectives de paix en déclarantdébut mai ne pas envisager un retrait duGolan – lequel offre d’après lui à l’étathébreu un avantage stratégique en casde conflit armé avec Damas.George Mitchell, l’envoyé américainpour la paix au Moyen-Orient, a récem-ment incorporé à son équipe un expertdes relations israélo-syriennes pour queles négociations, amorcées en mai 2008sous égide turque, n’avortent pas. Qua-tre rencontres ont déjà eu lieu sur lesujet qui, à l’automne dernier, faisaientespérer la signature d’un accord de paix – la reconnaissance d’Israël contre larestitution du Golan.Toutes les discussions ont été inter-rompues au moment de l’offensiveisraélienne sur Gaza en début d’année – la Syrie soutenant le Hamas. Maisle président Bachar-Al-Assad a récem-ment indiqué être prêt à reprendre lesdiscussions, proposition que la nou-velle équipe dirigeant israélienne con-sidère avec suspicion. Le ministre adjointdes Affaires étrangères israélien, DannyAyalon, déclare ainsi à
Israel News
:
« [Bachar-al-assad] ne veut pas la paix, parce qu’elle impliquerait normalisation et ouverture, et que ceci pourrait provoquer lachute de son régime. On ne peut espérer la paix et en même temps armer le Hezbol-lah, le Hamas et le Djihad islamique. »
C’est un peu la logique déjà trop vue du
« un pas en avant, deux pas en arrière.»
Ehud Olmert, sur le départ il est vrai, avaitouvert la porte à la création d’un étatpalestinien dans les limites des frontièresde 1967 – soit la proposition de la LigueArabe, qui aurait conduit à une reconnais-sance officielle d’Israël par tout le mondearabe sunnite. Le nouveau Premier Minis-tre israélien Benjamin Netanyahu n’est passur cette ligne, et la différence d’apprécia-tion de la qualité de sa rencontre avec leroi de Jordanie Abdallah II, le 14 mai àAqaba, l’illustre :
« Je voulais que mes premières rencon-tres durant mon premier mois en tant quePremier ministre soit avec nos partenaires pour la paix, l’Egypte et la Jordanie, avant d’aller voir notre plus grand ami, les Etats-Unis, pour renforcer et étendre ce cercle »
,semble se réjouir Netanyahu, cité par le
Jerusalem Post 
.
« Je suis heureux de pouvoir aller à Washington après ces dis-cussions à trois entre Israël, Egypte et Jor-danie – et je pense que cela nous aideradans le futur. »
Mais Amman ne sort pas entièrementravi de cette première rencontre. Le com-muniqué du roi Abdallah rappelle que lacréation d’un état palestinien et la fin descolonies israéliennes sont des conditionspréalables à toute paix durable dans larégion. De même pour le blocus de Gaza,et
« autres mesures unilatérales à Jérusa-lem qui menacent les lieux saints et tentent de vider la ville de ses habitants arabesmusulmans et chrétiens ».
Le contexte est donc globalement plutôtdéfavorable à des avancées du processusde paix. Dans les relations avec la Syrie, lasolution politique passera-t-elle par l’intérêtéconomique ? Le président turc AbdallagGul semble le croire et a proposé, samedi17 mai, une « coopération économique illi-mitée » à la Syrie, qui pourrait agir commeun levier dans les négociations. Car sil’économie syrienne s’est considérable-ment modernisée durant les dix derniè-res années, l’isolement du pays contraintle pays à dépendre des investissementset transferts de technologie iraniens. Alorsque ses réserves de pétrole s’épuisent, lesinfrastructures syriennes sont insuffisan-tes à garantir le développement économi-que du pays. C’est peut-être à ce niveauque de meilleures relations avec les Etats-Unis (et avec l’Europe qui a gelé en 2005les accords commerciaux en négociation)deviennent cruciales à Damas. C’est doncpeut-être par cet argument de la moder-nisation économique chère au présidentsyrien que des options sont à chercher.Le travail continue : Associated Pressrévélait samedi 17 mai que Georges Mit-chell et son équipe avaient fait des deman-des de visa pour une possible prochainevisite en Syrie. Si sa visite se confirme, ceserait la plus importante visite d’un repré-sentant américain à Damas depuis le prisede fonction de Barack Obama.
A
URÉLIEN
G
IRARD
16 – 31 MAI 2009
 
LaGrandeÉpoque
2International
www.lagrandeepoque.com
 
 
OFFRE EXCEPTIONNELLE
 
 pour les lecteurs de La Grande Époque
solde 15- 30 %
 
Printemps en demi-teinte
Offre de dialogue mais fermeté de l’administration Obama
« [Damas] soutient le terrorisme,recherchedes armes dedestructionmassive, poursuit des programmesde constructionde missiles et empêche les effortsaméricains et internationaux destabilisation et dereconstruction del’Irak. »
 Barack Obama
Le président turc Abdullah Gul (d) conduit son homologue syrien Bachar-al-assad (g), pas à pas, vers la paix au Proche-Orient.
 LOUAI BESHARA/AFP/Getty Images
L’attrait du voisin iranien :comment éloigner Damas deTéhéran ?
 LOUAI BESHARA/AFP/Getty Images
SYRIE
CERN MEYRIN
(terminus bus 56-CERN)
entrée B - bâtiment 500 - amphithéâtreMARDI 2 JUIN 2009 – 20h 30La CAMPANELLA
(chœur à 4 voix mixtes)
 Au programme :
Chants populaires :
Brel, Bourvil….chants négros, yiddisch, latino,….
MARDI 26 MAI 2009 – 20h 30Francisca Osorio Doren
soprano
György Kukorelly
 piano
 Au programme :
PUCCINI - CANTELOUBE - BRITTENDEBUSSY BIZET - MOZART
Entrée libre - collecte
Nos concerts sur notre site :www.concerts-cern.com
et sur les sites :
www.whys.org etwww.agendadegeneve.ch
 
Q
u’un chef d’Etat, en l’occurrence le roiJuan Carlos d’Espagne, et un hymnenational soient hués divise logiquementl’opinion. Mais que la télévision publi-que nationale espagnole (TVE) censured'abord cette réalité avant d'en présenter une version manipulée, comme le 13 mailors de la finale de la Coupe d'Espagne defootball entre l'Athletic de Bilbao et le FCBarcelone, ne résout apparemment rien,bien au contraire.Le moment était très attendu, mais per-sonne n'a pu le voir en direct sur TVE. Latélévision nationale établissait en effetsoudain une connexion avec Bilbao (Paysbasque) et Barcelone (Catalogne), pour y« mesurer l'ambiance », au moment pré-cis où résonnait à Valence, au stade Mes-talla, les premiers accords de l'hymnenational, la Marche royale, couverts par une formidable vague de huées et de sif-flets.Le gigantesque camouflet visait tantl'hymne que le roi Juan Carlos et lareine Sofia, debout dans la tribune d'hon-neur. Peu avant, la police avait retiré uneénorme toile rouge déployée du haut dupremier étage des gradins du stade. Elleclamait en lettres blanches «
We arenations of Europe. Good-bye Spain
».L'hymne symbole de la nation et le cou-ple royal, conspué dès son entrée dans latribune sans que TVE n'en rende compte,étaient ainsi insultés par une multitude denationalistes et indépendantistes basqueset catalans, supporteurs de leur club res-pectif nettement majoritaires parmi lesquelque 50.000 spectateurs venus assis-ter en terrain neutre, au soir du 13 mai àValence, à la finale de la Coupe d'Espa-gne, dite Coupe du roi. Le FC Barcelone laremporta sur le score de 4 buts à 1.TVE ne diffusa qu'en différé, à la mi-temps, des images du stade au momentoù y retentissait l'hymne national. La direc-tion de la télévision publique s'excusait de« l'erreur humaine » ayant empêché deles transmettre en direct. Mais dans laversion diffusée après plus de 45 minu-tes de retard, l'hymne national résonnaitde façon cristalline, comme si n'avaient jamais existé les huées attestées notam-ment par le reportage de la radio privéeCadena Ser, la plus écoutée d'Espagne.Dans le tumulte, un reporter de cette radioestimait en direct que l'hymne nationalétait alors «
le plus sifflé de l'histoire
».
Directeur des sports deTVE destitué
TVE semble donc, quoiqu'elle le nie« catégoriquement », avoir recouru à lacensure, puis à la manipulation. Le dis-cours de démocratisation des médiaspublics tenu par le gouvernement socia-liste de José Luis Rodriguez Zapateros'en trouve déforcé. Même des Espa-gnols royalistes estiment ce retour à uneméthode franquiste plus grave que l'af-front infligé au roi Juan Carlos.L'accusation de censure est formu-lée par des associations de téléspecta-teurs et par des médias aussi différentsque l'influent quotidien de centre gau-che
El Pais
et son concurrent de centredroit
El Mundo
. L'ampleur de l'indignationmédiatique, renforcée par les commentai-res virulents de milliers d'internautes, criti-ques à la fois de la censure et de l'outragenationaliste, a débouché le 14 mai sur ladestitution de Julian Reyes, directeur dessports de TVE. Faire sauter ce fusible suf-fira-t-il à endiguer un scandale qui frappetant la crédibilité des médias publics espa-gnols que le crédit d'une institution royalesurprotégée ?
« Les sifflets avec lesquels des dizai-nes de milliers de supporteurs de l'Athletic[de Bilbao] et du Barça [le FC Barcelone] ont accueilli hier au stade Mestalla le roi et l'hymne national... révèlent un problèmede fond qu'on ne résout évidemment pasen l'occultant »,
écrit l'éditorialiste d'
El Mundo
. Selon lui,
« il est clair qu'existele danger [d'une fracture de l'Espagne] et qu'il faudra l'affronter ».
 Avant la finale, le président du FC Bar-celone, Joan Laporta, l'avait présentéecomme un match entre équipes de deux« pays » [la Catalogne et le Pays bas-que, ndlr].
Latin Reporters
Par écrit et sur une vidéo, par-lant face à la caméra, RodrigoRosenberg, avocat renommé de47 ans abattu le 10 mai à coupsde feu à Ciudad de Guatemala,pressentait son assassinat eten accusait anticipativement leprésident de la République, lesocial-démocrate Alvaro Colom,sa femme Sandra de Colom etplusieurs proches collaborateursdu chef de l'Etat. L'émoi média-tique et politique est considéra-ble.
«
Bonjour. Mon nom est RodrigoRosenberg Marzano. Lamentable-ment, si en ce moment vous voyezou lisez ce message, c'est parce que j'ai été assassiné par le président AlvaroColom, avec l'aide de Gustavo Alejos
 [secrétaire privé de la présidence, ndlr]
et de Gregorio Valdez »
[l'un des respon-sables du financement de la campagneélectorale qui porta en 2007 Alvaro Colomà la présidence du Guatemala, ndlr].Cette phrase explosive est la premièrede la vidéo accusatrice de 18 minutesenregistrée le 6 mai par Rodrigo Rosen-berg, quatre jours avant son assassinat.La distribution de la vidéo à l'initiative deproches de la victime débutait lundi 11mai lors de son enterrement. Quelquesheures plus tard, elle atterrissait sur lesite Internet de plusieurs journaux gua-témaltèques.Le porte-parole de la présidence, Fer-nando Barillas, démentait aussitôt l'accu-sation, l'attribuant à une
« conspiration »
 pour déstabiliser le pays. Alvaro Colomlui-même, premier président de gauchedepuis 1954 au Guatemala, adressait lesoir un message télévisé à la nation, lapriant de ne pas suivre
« des gens qui, demanière malintentionnée, génèrent desfaits pour créer l'ingouvernabilité ».
Le chef de l'Etat a offert
« l'appui incon-ditionnel »
de son gouvernement pour identifier 
« les véritables responsables dece crime ».
Il a sollicité la participation àl'enquête de la Commission internationalecontre l'impunité au Guatemala (CICIG).Opérant sous la responsabilité d'un com-missionnaire désigné par le secrétairegénéral de l'ONU, la CICIG aide les auto-rités guatémaltèques dans la lutte contreles corps clandestins de sécurité et con-tre les groupes criminels qui menacent leslibertés fondamentales.
« La raison de ma mort est unique-ment et exclusivement d'avoir été jus-qu'au dernier moment l'avocat de Khalil Musa et de sa fille Marjorie Musa, qui furent lâchement assassinés par le pré-sident Alvaro Colom, avec le consente-ment préalable de sa femme Sandra deColom et avec l'aide de Gregorio Val-dez et Gustavo Alejos »,
assène enguise d'explication Rodrigo Rosenbergdans son message écrit et filmé. L'in-fortuné avocat impute ainsi au chef del'Etat deux autres crimes perpétrés quel-ques jours avant son propre assassinat.Il affirme dans son double message pos-thume que Khalil Musa, qui était membredu conseil de direction de la Banque dedéveloppement rural (Banrural), entitésemi-publique, fut assassiné pour se refu-ser à couvrir 
« les affaires illégales et mil-lionnaires qui se négocient chaque jour àBanrural »
. Ces affaires, ajoute RodrigoRosenberg, comprennent
« le blanchi-ment d'argent, le détournement de fonds publics pour des programmes inexis-tants de la femme du président, Sandrade Colom, et le financement d'entrepri-ses utilisées comme écran par le narco-trafic ».
Juriste réputé dans le monde acadé-mique et assesseur de plusieurs socié-tés, Rodrigo Rosenberg faisait du vélodimanche matin à proximité de sa rési-dence dans un quartier privilégié de lacapitale du Guatemala lorsqu'il fut abattupar des inconnus circulant à bord de deuxvéhicules.L'éditorialiste du quotidien guatémaltè-que
Prensa Libre
estimait le 12 mai quece crime politico-mafieux
« a créé la crise politique la plus grave de l'actuelle démo-cratie, car jamais auparavant un président de la République élu librement n'avait étédésigné comme étant impliqué de façondirecte ou indirecte dans un assassinat,ainsi que son épouse, l'un des princi- paux collaborateurs du chef de l'Etat et des personnalités de Banrural, institu-tion bancaire utilisée pour de nombreu-ses transactions du gouvernement ».
Le renoncement au moins temporaired'Alvaro Colom à la présidence, afin degarantir la neutralité de l'enquête, estréclamé par le général retraité Otto PerezMolina, candidat de droite à la présiden-tielle de 2007 (47 % des voix au secondtour) pour le Parti Patriote.
Latin Reporters
LaGrandeÉpoque
16 – 31 MAI 2009
 
3
3International
www.lagrandeepoque.com
 www.lagrandeepoque.com
Plus d’articles sur
Paris Genève Londres New York BerlinLima Dublin Taipei Montréal Genève...
 
 
Inscrivez-vous gratuitementen vous connectant sur le sitewww.lagrandeepoque.com
Le président Colom accusé d’assassinat mafieux
Banderoles : « Assassin, va en prison » pendant une manifestation à Guatemala City contre le président Colom.
 EITAN ABRAMOVICH/AFP/Getty Images
« Si en ce moment vous voyez oulisez ce message,c'est parce que j'ai été assassiné par le président  Alvaro Colom. »
Rodrigo Rosenberg
GUATEMALA
Le roi d’Espagne hué : la télévision publique censure et manipule
Pep Guardolia : Choc de la victoire ou honte du début de match ?
 LLUIS GENE/AFP/Getty Images
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...