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Cuba remet un pied dans l'Organisation des États américains
La décision est historique etmarquera l'ère Obama. Envigueur depuis près d'un demi-siècle, l'exclusion de Cuba del'Organisation des États améri-cains (OEA) a été révoquée le3 juin par acclamations des 34pays, dont les États-Unis, decette organisation continentale.Elle tenait au niveau des chefsde la diplomatie sa 39
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Assem-blée générale à San PedroSula, au nord du Honduras. Lalevée de l'exclusion ne signi-fie pas la réintégration automa-tique de Cuba, qui devrait enprendre l'initiative alors que leprésident Raul Castro et sonfrère Fidel se sont plusieurs foisprononcés contre le retour deleur île au sein de l'OEA.
L
a résolution adoptée par l'As-semblée générale déclare « sanseffet » celle qui avait exclu Cubaen 1962, lorsqu'en pleine guerre froidel'OEA jugeait le régime communiste deFidel Castro incompatible avec le sys-tème interaméricain. La révocation decette exclusion était réclamée par laquasi totalité des pays d'Amérique latine.Même si elle ne débouchera pas néces-sairement sur une réintégration, elle estsaluée comme un succès diplomatiqueque revendiquent tant les États-Unis quele président Hugo Chavez du Venezuelaet ses alliés régionaux de la gauche radi-cale. Selon ces derniers, l'OEA a réparéune « infamie historique » et le retour ounon de Cuba en son sein ne semble quesecondaire par rapport à cette victoire.La levée de l'exclusion reflète aussiet peut-être surtout le renouveau de lapolitique continentale de Washingtonsous la présidence de Barack Obama.A San Pedro Sula, le secrétaire d'Étatadjoint américain pour l'Amérique latine,Thomas Shannon, a estimé que l'appuides États-Unis à cette décision et lesmesures prises depuis mars (levée derestrictions aux voyages et transfertsd'argent d'Américano-Cubains, dialo-gue sur l'immigration) constituent «
le plus grand changement
» de la politiquede Washington à l'égard de La Havanedepuis 40 ans.A Caracas, le président vénézuélienHugo Chavez a qualifié de «
grand triom- phe de la gauche bolivarienne
» l'annu-lation de l'exclusion de Cuba. Mais selonlui,
« ce n'est pas suffisant, c'est seule-ment le point de départ d'une nouvelleère, car l'OEA est toujours là, avec sesmécanismes et l'impérialisme intacts »
.Aussi, selon le président Chavez, fau-drait-il créer «
une organisation de payslatino-américains et des Caraïbes
».S'il a utilisé l'OEA pour obtenir ce qu'ilpense être une victoire diplomatique,Hugo Chavez n'en a pas moins pourl'organisation continentale un mépriségal à celui qu'affiche Cuba. Dans ses
Réflexions
qu'il livre à un rythme sou-tenu aux médias cubains, Fidel Castrotraitait le 2 juin l'OEA de «
complice detous les crimes commis contre Cuba
» etd'instrument «
d'agressions politiques et économiques
» contre l'Amérique latine.Sur le même ton, il écrivait déjà en avrildernier que «
cela nous offense lors-qu'on suppose que nous [les Cubains] souhaiterions réintégrer l'OEA. Le trainest passé depuis longtemps... Un jour,de nombreux pays demanderont pardonde lui avoir appartenu
». Il faudra toute-fois observer la réaction de Fidel et RaulCastro à la résolution historique adoptéeà San Pedro Sula.
Cuba comme outil ou pré-texte ?
Donc si, contrairement à l'opinionexprimée ces derniers mois par le prési-dent Raul Castro et son frère Fidel, Cubaestimait tout de même utile de réintégrerl'OEA, elle devrait prendre l'initiative dedemander l'ouverture d'un «
processusde dialogue
» en vue de cette réintégra-tion. Ainsi, non seulement cette dernièren'est pas automatique, mais elle devraiten outre satisfaire aux «
pratiques,objectifs et principes de l'OEA
».Dans un communiqué diffusé àWashington par le département d'État,sa titulaire, Hillary Clinton, a interprétéclairement la résolution en affirmantque «
Cuba peut revenir à l'OEA dansle futur si l'OEA décide que sa participa-tion satisfait aux objectifs et principes del'organisation, y compris la démocratie et les droits de l'homme
».Que la résolution soit néanmoinsapplaudie aussi par les pays de la gau-che radicale – Venezuela, Bolivie, Nica-ragua, Équateur, Honduras – s'expliquesans doute, outre les calculs diplomati-ques, par le paragraphe où sont citéségalement «
l'autodétermination, la non-intervention, le développement
», quipeuvent être interprétés comme des rap-pels à l'ordre adressés aux États-Unis.D'autre part, même les mots «
démo-cratie
» et «
droits de l’homme
», chersà Washington, sont en Amérique latinel'objet de définitions contradictoires enfonction de la priorité octroyée soit auxlibertés individuelles, soit, comme Cubaet ses alliés, aux droits collectifs écono-miques et sociaux.À noter le coup de chapeau de la réso-lution à l'esprit de dialogue qui marqua,en avril au V
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Sommet des Amériques, lapremière rencontre du président BarackObama avec l'ensemble de ses pairs ducontinent. Cependant, «
il serait naïf decroire que les bonnes intentions d'un président des États-Unis pourraient jus-tifier l'existence de l'OEA
», écrivait FidelCastro le 2 juin. L'ex-Lider Maximo, tou- jours premier secrétaire du Parti commu-niste cubain, rêve à voix haute, commeHugo Chavez, d'une nouvelle organisa-tion continentale, une éventuelle Orga-nisation des États latino-américains, uneOEA sans les États-Unis ni le Canada.Dans l'immédiat, c'est la levée del'embargo américain contre Cuba – ilremonte lui aussi à 1962 – que l'Amé-rique latine va continuer à exiger deBarack Obama. L'île des frères Cas-tro est peut-être devenue le prétexte oul'outil d'une lutte d'intérêts qui dépasseses frontières et qui vise à une remiseen cause des relations continentales,souhaitée même par les pays latino-américains de la gauche modérée ouconservateurs tels que, respectivement,le Brésil et le Mexique.
LatinReporters.com
Le jour de l’annonce, des Cubains essayant de fuir l'île communistesont arrêtés par les garde-frontière.
ADALBERTO ROQUE/AFP/Getty Images
« Cuba peut revenir à l'OEA dans le futur si l'OEA décide quesa participationsatisfait aux objectifset principes del'organisation, y compris la démocratieet les droits del'homme. »
Hillary Clinton
Escalade de la violence enSomalie, selon le HCR
«
Nous estimons à plus de 117.000 le nom-bre de personnes déplacées par les vio-lences de ce dernier mois
», a déclaré unporte-parole du Haut Commissariat desNations Unies pour les réfugiés (UNHCR),William Spindler.Plus de 200 personnes auraient été tuéesau cours du seul dernier mois, la plupartétant des civils. Des informations venant deshôpitaux font état de quelque 700 personnesblessées au cours des combats.Le HCR est extrêmement inquiet faceà ces violences et le fait qu'elles viennentaggraver une situation humanitaire déjàdésespérée sur le terrain.Selon l'agence des Nations unies, lafaçon dont les civils sont traités lors de cescombats est absolument inacceptable. Lesdifférentes parties impliquées dans le conflità Mogadiscio se font la guerre sans aucuneconsidération pour la sécurité des civils,dans un contexte très net de violation desprincipes des droits humanitaires internatio-naux et des droits de l'homme.Des sources indiquent également que despersonnes qui voudraient fuir à tout prix sonten fait bloquées dans leurs maisons depuisdes jours sans nourriture et sans eau, sansaucun accès aux services de base, atten-dant une accalmie dans les combats pours'échapper de la ville. Un hôpital dans lequartier d'Yaaqshiid à Mogadiscio a été con-traint de cesser ses activités temporairementpar crainte pour la sécurité de leur personnelmédical, ce qui a encore limité l'accès descivils blessés aux soins médicaux.Au cours de la dernière escalade de vio-lences, le HCR a été contraint de suspendreles distributions d'aide de première nécessitéprévues à proximité d'un lieu appelé Kilomè-tre 13, dans les faubourgs sud-est de la capi-tale somalienne, a dit le porte-parole.«
Pendant cette phase, nous avionsespéré pouvoir fournir une assistancehumanitaire à près de 30.000 personnesmais la distribution a été arrêtée à causedes combats que se livrent les forces gou-vernementales et les groupes d'opposition pour le contrôle de la route principale entreMogadiscio et le district d'Afgooye
», a ditM. Spindler.
Centre de Nouvelles de l'ONU
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