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C
omme la plupart des jeunes Ira-niens de son âge, le jeuneSohrab Arabi étudiait intensive-ment pour l'examen universitaire natio-nal, le Konkoor, l’une des phases lesplus importantes que les étudiants ira-niens doivent passer dans leur vie.Mais, cette année, les choses se sontdéroulées différemment pour le jeunehomme de 19 ans.La population en entier, semble-t-il, a été impliquée dans la campagnemenant à la dixième élection présiden-tielle.En plus de ses études, Sohrab – demême que sa mère, ses frères aînés etses amis – ont pris part aux rassemble-ments et autres activités en appui aucandidat réformiste Mir Hossein Mou-savi, dont la campagne propulsée par la jeunesse était devenue assez populairedans tout le pays. Après les élections, à la grandedéception de Sohrab et de nombreuxautres électeurs proréformistes, le pré-sident sortant – Mahmoud Ahmadine- jad – a été déclaré vainqueur avec unegrande avance.En peu de temps, le camp réfor-miste s'est enflammé et leurs candidats – Mousavi et Mehdi Karroubi – ont criéà la fraude. Les gens sont descendusdans la rue, Sohrab également.Le 15 juin, trois jours après l'élection,le jeune étudiant s'est joint à des centai-nes de milliers – sinon à des millions –de personnes autour de la place Azadipour une manifestation pacifique, maisil n'en est jamais revenu.Ce jour-là, des coups de feu ont ététirés sur la foule et, selon la version offi-cielle, sept personnes ont été tuées.La mère de Sohrab, Parvin Fahimi –dont le mari est décédé du cancer en2007 – s'est mise à chercher son filspartout. Elle est allée voir aux postes depolice, dans les prisons, aux tribunaux,et on lui a finalement dit que Sohrabétait détenu dans la tristement célèbreprison d'Evin.Inquiète que son fils allait manquer le Konkoor, Parvin Fahimi s'est ren-due presque quotidiennement à la pri-son d'Evin et interrogeait les gens quien sortaient pour savoir s'ils avaient vuson fils.Finalement, le 11 juillet, après 26 jours de recherche, on lui a dit queSohrab était mort.«
Nous ne savons toujours pas exac-tement comment il est décédé
», affirmela tante de Sohrab, Farah Mohamadi,qui habite en Allemagne.«
Elles [les autorités] ont dit qu'il s'est fait abattre le 15 juin et qu'il a étéamené au bureau du légiste le 19 juin.Nous nous demandons toujours où il était entre ces deux dates.
»Comme Neda Aghasoltan, dont lamort par un coup de feu durant lesmanifestations du 20 juin a été vue par-tout dans le monde, Sohrab est main-tenant devenu un martyr, victime de larépression post-électorale.
Lire la suite page 3
KAZAKHSTAN
KAZAKHSTAN
De l’efficacité du gouvernementkazakh. 
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CHINE
CHINE
Grave pollution aux métauxdans la rivière Xiang. 
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
L’agriculture australiennecontrainte de s’adapter à lasécheresse. 
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ENVIRONNEMENT
ENVIRONNEMENT
Un Sahara verdoyant pendantplus de 10.000 ans. 
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Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ................. InternationalPage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ................... Droits humainsPage 9 .................. Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 ................................. Petites annoncesPage 12 .............................................. Outre-merPage 13 ................................................... SociétéPage 14 ...... Santé et bien-êtrePage 15 ................. Art de vivrePage 16 ......................... Culture
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Nouveau regard
Se muscleravec des poidslibresDu cinéma de lavie à celui dessalles
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Santé
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Outre-mer
Une rentréesociale attendueen Guadeloupe
Centrafrique
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International
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Chine
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Le mouvement vert iranien
L’éclosion des fleurs du réformisme à Téhéran
« Leur innocenceles a transformésen légendes »,
la tante d'unevictime
Manifestation en Iran le 17 juin 2009 pour contester les résultats des élections.
 Aamir Qureshi/AFP/Getty Images
Traficd’organesen Chine
 FABRICE COFFRINI/AFP
Manfred Nowak, Rapporteur spécial des Nations unies sur la tortureconfie à
La Grande Époque
sesinquiétudes sur le trafic d’organesen Chine.
Unasur, basesaméricaines et« préguerre »entre Colombieet Venezuela
 AFP/Getty Images/JENNY FUNG
Des villageoisisolés réclamentsécurité et eaupotable
Économie
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Polémiqueautour du« bonus destraders »
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
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WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
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1 700 000 exemplaires
 ÉDITION 161
1 – 15 SEPTEMBRE 2009
• BIMENSUEL
 
D
es employés du Haut Commis-sariat des Nations Unies pourles réfugiés (UNHCR) ont trouvéplus de 2.000 civils déplacés vivantdans des conditions effroyables à envi-ron 400 kilomètres au nord de Bangui, lacapitale de la République centrafricaine(RCA). Ils sont malades, malnutris et ilssont forcés de boire dans des pointsd'eau où s'abreuve leur bétail.«
J'ai travaillé auprès d'un grand nom-bre de personnes déplacées internes et de réfugiés en RDC (République démo-cratique du Congo), au Tchad et en Côted'Ivoire. Toutefois je n'ai jamais vu per-sonne vivant dans de telles conditions
»,a expliqué Annika Sjoberg, fonctionnaireadjoint en charge de la protection à Ban-gui, l'une des premières personness'étant entretenues avec des villageois.Isolées depuis des mois à cause del'insécurité, ces personnes déplacéesinternes, qui sont principalement del'ethnie ngamas de Kabo, ont indiquéavoir fui les attaques menées contreleurs maisons par divers groupes armésd'abord en novembre et de nouveau enavril. Ils vivent désormais dans les vil-lages de Bokayanga, Kengar, Gonkira,Gbaizara et Batangafo près de la petiteville de Kabo.Des employés du HCR ont pu se ren-dre auprès de ces personnes dépla-cées durant la deuxième semaine d'aoûtseulement, dans le cadre d'une mis-sion inter agence. Le personnel huma-nitaire a fait état de l'accès très limitédes déplacés à l'eau potable. Certainsdéplacés sont parfois obligés de boiredans des points d'eau où s'abreuve leurbétail sur des terrains libres.Ils vivent dans des huttes de terre etils sont confrontés à de graves risquessanitaires du fait de la pénurie d'eauet d'équipements d'assainissement. Ladiarrhée et le paludisme affectent ungrand nombre d'entre eux. Il est possi-ble de recevoir des soins de santé debase à Kabo. Toutefois le trajet à piedest très long entre cette ville et les lieuxoù ils se trouvent actuellement. La plu-part de leur nourriture a été détruite pardes sauterelles ou volée par des ban-dits armés.Par ailleurs, les déplacés ont fait partau HCR de viols généralisés, de meur-tres, d'arrestations arbitraires, de tortureet de destruction de biens. Ils ont indi-qué que ces atrocités sont majoritaire-ment perpétrées par des éleveurs debétail armés mais également par desbandits et d'autres groupes armés dansla zone, y compris des soldats des trou-pes gouvernementales.Plus de 125.000 personnes, pourla plupart des femmes et des enfants,auraient été forcées de fuir leurs mai-sons dans le nord de la République cen-trafricaine depuis 2005. Un autre groupede 137.000 personnes sont des réfu-giés dans des pays voisins, au Tchadet au Cameroun. Le HCR a assuré uneaide aux déplacés dans la zone de Kabodepuis 2007, lors de l'ouverture d'unbureau à Kaga-Bandoro situé dans lesenvirons.
Centre de Nouvelles de l'ONU 
Après avoir vécu un coup d’État il y a un an,suivi de l’élection à la présidence de son auteur,le général Mohamed Ould Abdel Aziz, puis,début août, le premier attentat-suicide jamaiscommis dans le pays, la Mauritanie continue àconnaître des changements fondamentaux.
L
e 12 août, le Peace Corps américain a suspendu son pro-gramme en Mauritanie, invoquant des motifs de sécurité.Une volontaire du Peace Corps stationnée en Maurita-nie donne son point de vue sur le blog Becky's MauritanianAdventures :
« Comme vous l'avez remarqué, il y a une grande instabi-lité en Mauritanie depuis le début de ma prise de service l'andernier. Comme je m'en doutais, ils ont décidé de ne pas nous permettre de retourner en Mauritanie. Aujourd'hui était à l'évi-dence une journée très triste pour nous tous. Mais j'essaie deme rappeler que cela ouvre aussi tout un monde de possibili-tés pour l'avenir. Je serai (à nouveau) de retour en Amérique probablement courant de la semaine prochaine. J'ai des tasd'idées pour la suite, et je suis quasiment sûre que cela vou-dra dire plus de service dans le Peace Corps. Je ne vais pasécrire ici tous les détails, car je ne les connais pas tous, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant.Examinant la situation, le blog d'information Newstime Africa constatait [note de l'éditeur : le billet a été suppriméentre-temps] :La décision de fermer le Centre du Peace Corps en Mau-ritanie a pris le pays par surprise car les volontaires aidaient réellement les gens. Le Peace Corps, dont le siège est àWashington, exerce ses activités dans 74 pays à travers la planète. En 1967, le Peace Corps a démarré son programmehumanitaire dans l'Empire islamique des Sables ; plus parti-culièrement dans les secteurs de l'agriculture, de la santé et de l'éducation, et il a largement amélioré le niveau de l'ensei-gnement dans le pays, même si la majorité des gens préfèrent l'enseignement islamique à l'occidental. Leur départ a porté uncoup au gouvernement et plus particulièrement aux ruraux, qui s'étaient davantage habitués à eux du fait de leur générosité.Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a promis de combat-tre les extrémistes par tous les moyens les plus appropriés àla sécurité du pays. »
Et le blogueur de poursuivre :«
En même temps, la formation du nouveau gouvernement,composé de vingt-et-un ministres, reste au centre des conver-sations dans le pays, quatre jours après leur nomination. Ilsfont tous partie de l'élite éduquée, avec des diplômes de diver-ses universités et institutions du pays et à l'étranger.Plus particulièrement, c'est Naha Bint Hamdi Ould Mouk-nass, tout juste nommée par le gouvernement au poste deministre des Affaires étrangères, qui retient l'attention (dumoins, de la blogosphère). Comme le souligne le blogueur The Moor Next Door.Mme Bint Ould Mouknass est la première femme à déte-nir ce poste dans un pays arabophone ; elle est rejointe par cinq autres homologues féminines dansle gouvernement du général Mohamed Ould Abdel  Aziz. »
Le blogueur poursuit en expliquant la significa-tion de ce choix :
« Sa désignation est aussi habile qu'intéressée :la nomination de Mme Bint Mouknass, comme cellede son prédécesseur, est une tentative pour séduireles auditoires extérieurs avec un visage nouveau et ‘aimable’. Le Général offre aussi des gages à ses partisans (j'en reparlerai). Cela enfonce également un coin entre le nouveau gouvernement et le mou-vement islamiste, dont il a récupéré le programmeavant (et, attention, aussi pendant) l'élection pré-sidentielle (par exemple, concernant Israël), il est considéré comme politiquement bénéfique d'agir à l'encontre de l'idéologie du mouvement, pour s'en distinguer clairement, surtout à la lumière desefforts du gouvernement pour «combattre le terro-risme » même si cela a été certainement imaginébien avant l'attentat-suicide de la semaine dernière(et probablement sans penser à cette possibilité). »GlobalVoicesOnline
1 – 15 SEPTEMBRE 2009
 
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De l’efficacité du gouvernement kazakh
L
e gouvernement est-il « profession-nel » ? Est-il assez rigoureux dansla conduite de ses missions ? Inter-vient-il souvent dans des affaires quidépassent ses compétences ? Voici lesquestions qui sont le plus souvent débat-tues dernièrement sur la blogosphèrekazakh. Izhanov publie un billet sombreet ironique sur le sujet « sensible » dessoumissions aux appels d'offres du gou-vernement pour les contrats de sécuritéet la recherche d'investisseurs pour lesnouveaux projets:
« À Astana (la capitale administra-tive), une bonne moitié de la populationtravaille pour ce sport national kazakh :l'appel d'offres. Que font les autres ? Ilsservent les soumissionnaires ou dépen-sent l'argent gagné par le vainqueur. »
Pulemetchizzza est suprise par l'acti-vité déployée par un élu local de Pavlo-dar [russe]. Les conseils municipaux etde districts (maslikhats) sont souventcritiqués pour leur manque de véritableautorité, leur vocation de marionnettes, etla réputation qu'ils ont d'attirer des hom-mes d'affaires cherchant à favoriser leursintérêts et tentés par l'immunité politi-que. Askar Bakhralinov, élu de Padlo-dar, a par exemple déclaré la guerre àHarry Potter. Selon lui, le livre contientdes messages racistes et présente desactivités criminelles ; son auteur JK Row-ling, affirme-t-il, y fait l'apologie de la vio-lence et de l'alcoolisme.
« Je suggère alors d'interdire la ventede tous les contes de fées dans lesquelsle gentil tue le méchant - pour avoir fait l'apologie de la violence et de la réso-lution des conflits en dehors des tribu-naux. »
Rosvet, de son côté, suit les progrèsd'une initiative autour de laquelle le gou-vernement fait un grand battage, appelé‘Dorozhnaia karta’ (‘Feuille de route’ enrusse):
« Quand l'ascenseur dans notreimmeuble a été remplacé, la cage d'es-calier réparée, la cour goudronnée, et de nouveaux bancs et balançoires sont apparus - tout cela gratuitement - j'ai  pris peur. Mais ensuite, le mois suivant,quand le goudron neuf a été cassé pour creuser et installer de nouvelles condui-tes, puis refait pour la deuxième fois, j'ai compris que tout allait bien - j'étais tou- jours dans ma patrie. Le Premier minis-tre a dit que la ‘Feuille de route’ allait être prolongée jusqu'à l'année prochaine.Toutes mes condoléances au goudron. »
Megakhuimyak écrit sur l'importancede la démocratie
« en tant que passa-tion non-violente du pouvoir d'une éliteà une autre »
, car cette démocratie-là
« protège des coups d'état militaires et des révolutions de palais, ainsi que desguerres civiles »
:
« Chacun comprend que pour parve-nir au pouvoir, la meilleure et plus sim- ple façon est de faire de la propagandeet des compromis, plutôt que d'éliminer  physiquement ses adversaires. Il est dommage que nos élites du CIS ne sai-sissent pas bien ce concept. C'est pour cette raison qu'un bain de sang et l'élimi-nation de clans entiers accompagneront son départ. »GlobalVoicesOnline
 Amos Ben Gershom/GPO via Getty Images
Mauritanie : une ère nouvelle ?
Centrafrique
Des villageois isolésréclament sécurité eteau potable
« Je n’ai jamais vu personne vivant dans de tellesconditions. »
 
Annika Sjoberg,fonctionnaireadjoint en chargede la protection àBangui
Un hôpital à Kabo, République centrafricaine.
Spencer Platt/Getty Images
 
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Suite de la première page
Selon les chiffres avancés par le gou-vernement, environ 30 personnes seraientmortes dans les manifestations, mais lesorganisations de défense des droits del’homme affirment que le nombre de victi-mes est beaucoup plus élevé.Le réformiste Mehdi Karroubi a envoyéune lettre à l’ayatollah Ali Akbar HashemiRafsanjani, président de l’Assemblée desexperts, affirmant avoir des preuves queplusieurs prisonniers, hommes et fem-mes, ont été abusés sexuellement parleurs geôliers.Même certaines des personnalités con-servatrices au sein du régime iranien ontsoulevé la question des tortures et desdécès de manifestants détenus, incluantle législateur Hamid Reza Katouzian etl’ex-dirigeant des Gardiens de la révolu-tion et candidat à la présidentielle MohsenRezaei, signalant des tensions aux plushauts niveaux de l’ordre établi.Les groupes d’opposition dénoncentégalement la diffusion des confessionspubliques de personnalités réformistescomme Mohammad Abtahi, affirmant quecelles-ci sont forcées, avec comme but deréprimer le mouvement.
Le mouvement réformiste
Le mouvement réformiste en Iran, qu’onassocie maintenant à la couleur verteadoptée par le clan Mousavi, a attiré l’at-tention de la communauté internationaleavant les élections du 12 juin et davan-tage par la suite avec l’effervescencepopulaire.Kazem Kardavani, un éminent sociolo-gue et écrivain iranien et ancien membreexécutif du Writer’s Association of Iran,croit que la vague de sympathie vient dufait que les gens à l’extérieur de l’Iran ontsoudainement vu un grand mouvementrevendiquant des droits et libertés dans unpays projetant normalement l’image rigidedu fondamentalisme.«
Ce que les gens en Occident et dansle monde voyaient de l’Iran était l’Iran et lesIraniens dans Ahmadinejad et la négationde l’Holocauste et autres choses du genre.Soudainement, un grand mouvement civil cultivé est apparu en Iran
», explique M.Kardavani.Ce genre de mouvement s’est vu unefois auparavant lors de l’élection prési-dentielle en 1997, bien que d’ampleurinférieure, lorsque le religieux réformisteMohammad Khatami a été élu.«
Malgré tous les efforts des conserva-teurs à cette époque, tout comme ce qui arrive à M. Mousavi aujourd’hui, la majoritédes gens ont voté pour M. Khatami. C’est ainsi que s’est créé le mouvement réfor-miste à l’intérieur du régime.
»Mojtaba Mahdavi, professeur adjointdes sciences politiques à l’université d’Al-berta et spécialiste de l’Iran, mentionneque le mouvement réformiste doit êtreabordé à deux niveaux. Le premier estcelui de l’État, ce qui implique essentiel-lement les luttes de pouvoir au sein del’establishment, et le deuxième est social,avec une population qui possède une lon-gue histoire de quête de démocratie et deliberté.«
Le mouvement réformiste est loin enavant des politiciens réformistes en cequi a trait à ses demandes
», explique-t-il, mais la jeune génération «
n’aime pas laviolence, ne veut pas faire la révolution et  pèse le pour et le contre.
»«
On sait qu’il y a un grand nombre de personnes qui sont simplement en désac-cord avec tout l’ordre établi de la Répu-blique islamique d’Iran et ne croient pasau concept de Velayat-e Faghih
(jurispru-dence religieuse),
et qui se souviennent encore de ce qui s’est passé durant la première décennie de la République isla-mique – le massacre de gens, la torture –mais je parle de la jeune génération, qui est née après la révolution et dont certainsne se souviennent pas de l’ayatollah Kho-meini : eux veulent juste avoir leurs liber-tés sociales.
»Durant les premières années de l’Iranpostrévolutionnaire, la politique était plusou moins un
one man show 
, grâce au cha-risme et aux qualifications religieuses deKhomeini, affirme Mojtaba Mahdavi. Maismême à cette époque, les débuts desdeux factions au sein du régime avaientvu le jour : la gauchisante Majmae Roha-niune Mobarez (Association des clercscombattants), qui a cru graduellement àune interprétation plus ouverte de la cha-ria et des enseignements islamiques, et laconservatrice Jameh Rohaniate Mobarez(Société du clergé combattant), reconnuepour son interprétation rigide de l’islam etdu Velayat-e Faghih.Dans le camp gauchiste, il y avaitdes gens qui sont par la suite devenusdes personnalités éminentes du mouve-ment proréformiste d’aujourd’hui, commeMohammad Khatami et Mehdi Karroubi ;dans le camp conservateur, il y avaitHashemi Rafsanjani – un des personna-ges les plus influents de la Républiqueislamique – et plusieurs ayatollahs conser-vateurs et traditionnels comme les mem-bres du Conseil des gardiens.Après la mort de l’ayatollah Khomeini en1989, les choses ont changé.«
Vous aviez le nouveau dirigeant,l’ayatollah Khamenei, à qui manquait clai-rement le charisme révolutionnaire et lacrédibilité religieuse de l’ayatollah Kho-meini. Grâce à cela, il y avait plus d’espace pour différentes factions politiques, car lesgens pouvaient remettre l’ordre établi enquestion, mais toujours au sein même decet ordre
», indique Mojtaba Mahdavi.Durant les huit premières années sousl’ayatollah Khamenei, pendant lesquellesRafsanjani occupait la présidence, la fac-tion conservatrice dominait plus ou moinsl’arène politique.Cependant, lors des dernières annéesde Rafsanjani, un schisme est survenuau sein de la Rouhaniate Mobarez conser-vatrice et une nouvelle faction a émergé,appelée Kargozarane Sazandegi (Lescadres de la construction).«
Ces gens étaient des technocrates qui croyaient en la construction de la Républi-que islamique et ils étaient plus ou moinscentristes, modérés et de droite et avaient comme père politique Rafsanjani 
», pour-suit M. Mahdavi.«
Ils ont contribué à une plus grandeouverture sociopolitique qui est surve-nue après la période Rafsanjani.
» Aprèsla fin des deux mandats de Rafsanjanisuite à l’élection présidentielle de 1997,une coalition de Kargozarane Sazandegiet Rouhaniune Mobarez – qui se quali-fiaient maintenant de réformistes – avecd’autres petits partis réformistes ont vuleur triomphe dans l’élection de Khatamiet dans l’exclusion de la société conserva-trice Rouhaniate Mobarez.Toutefois, pour un certain nombrede raisons différentes, Khatami n’a paspu amener le changement espéré. «
Lanature de l’État a contribué à son échec,car dans la République islamique d’Iranla part du lion du pouvoir va au côté nonélu : le Vali-e Faghih [dirigeant suprême],le Conseil des gardiens et autres. Le côtéélu a pratiquement un pouvoir minimum
»,ajoute M. Mahdavi.Lorsque les deux mandats consécutifsde Khatami se sont terminés, plusieursproréformistes ont boycotté la présiden-tielle de 2005 et l’ex-maire de Téhéran,Mahmoud Ahmadinejad, a été élu. Le pro-fesseur Mahdavi affirme qu’Ahmadinejadest le représentant du nouveau conserva-tisme en Iran, une faction qui a débuté sonascension un ou deux ans avant l’électionde 2005.«
Ces néoconservateurs sont représen-tés par des gens comme M. Ahmadinejad,des gens des Gardiens de la révolution, et maintenant nous devrions dire qu’avec lesrécents évènements, l’ayatollah Khamenei s’est clairement associé à cette faction
»,spécifie-t-il.Malgré toute la rhétorique de gauche etles câlins avec le président vénézuélien,Hugo Chavez, les néoconservateurs sontun mouvement de droite. Ce qui les distin-gue de l’organisation conservatrice Rouha-niate Mobarez est qu’ils sont associés deprès aux Gardiens de la révolution et ontainsi des origines militaires.
« Après les évènements postélecto-raux, il y a maintenant deux camps biendéfinis : d’un côté, les néoconservateurset, de l’autre côté, une très grande coali-tion souple de réformistes qui inclut Raf-sanjani, Khatami, Mousavi, Karroubi, des partis politiques réformistes et même desconservateurs traditionnels modérés prag-matiques comme Nategh-Nouri »
, expli-que M. Mahdavi.
La « mafia »
Le sociologue Kazem Kardavani affirmeque le véritable pouvoir en Iran est dansles mains d’une mafia militaro-économiquequi a pris le contrôle de toutes les ques-tions économiques en Iran.«
 Ahmadinejad lui-même n’est pasimportant, Ahmadinejad est le représen-tant d’une large section de la mafia
», men-tionne-t-il, ajoutant qu’une grande partie decette mafia se trouve chez les Gardiens dela révolution haut placés.Les Gardiens de la révolution ont étéétablis peu après la révolution islamiquede 1979 en tant que force dévouée à l’or-dre clérical devant fonctionner en paral-lèle à l’armée régulière. Les Gardiens dela révolution sont devenus de plus en pluspuissants ces dernières années et possè-dent un immense réseau de pouvoir éco-nomique et politique en Iran.M. Kardavani affirme qu’ils sont ceuxqui, même durant la présidence de Kha-tami, étaient en charge de toutes lesconstructions majeures de routes et debarrages, possédaient les banques etopéraient le service des douanes, contrô-lant ainsi la grande majorité des produitsimportés au pays. Aujourd’hui, sous la pré-sidence d’Ahmadinejad, ils sont devenusencore plus puissants.Quant à la raison pour laquelle l’ayatol-lah Khamenei a décidé de se ranger deleur côté, il y a deux opinions, fait remar-quer Kardavani. Certains disent que Kha-menei est l’homme derrière tout cela,tandis que d’autres affirment qu’en fait, ilest sous leur contrôle.
« Une page de l’histoire del’Iran a été écrite »
Kardavani mentionne que même si lastructure politique en Iran n’a pas été tota-litaire dans le vrai sens du terme commedans le cas de l’Union soviétique ou de laChine communiste, il semble que le régimeiranien en ait pris le chemin.Toutefois, dit-il, l’histoire de la formationdes mouvements sociaux iraniens et de larévolution est telle qu’une force unique nepourra jamais gouverner pour toujours.«
La réalité est que peu importe ce qu’ilsfont à ce mouvement [réformiste], une page de l’histoire de l’Iran a été écrite. Il n’y a aucun doute là-dessus
», croit-il.«
Je crois que le mouvement iranien va jouer son rôle, et la légitimité de M. Kha-menei a été complètement ruinée. Cerégime n’est pas un régime qui peut con-tinuer ainsi. C’est seulement une questionde temps.
»
K
AMRAN
M
ORADI
Le mouvement vert iranien
Regard sur la création du mouvement réformiste et sur les luttes de pouvoir au sein de la République islamique
Des Iraniens manifestent contre le régime le 30 juillet 2009 dans la capitale pakistanaise, Islamabad. Lacouleur verte a été adoptée par le camp réformiste qui croit que les dernières élections ont été frauduleuses.
 Aamir Qureshi/AFP/Getty Images
Les Gardiens de la révolution iraniens.
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