16 – 30 SEPTEMBRE 2009
●
LaGrandeÉpoque
2International
www.lagrandeepoque.com
Californie : le plan pour l’eauà sec de voix
Suite de la première page
Les estimations des coûts du plan pourl’eau prévoyant des dépenses dans unefourchette entre 10 à 20 milliards de dol-lars, une question majeure posée auParlement a donc été la source de finan-cement envisagée dans un contexte d’en-dettement croissant de l’État californien.Les raisons de l’opposition républi-caine sont variées. Le député Dennis Hol-lingsworth considère par exemple que lePlan est un «
dog and pony show
» (petitcirque ambulant). D’autres doutent desrésultats et se plaignent des avancéesperçues comme hâtives du camp démo-crate, qui néglige selon eux la créationd’un accord non-partisan sur le sujet.D’autres républicains reprochentencore à la proposition de texte de rendredifficile la création de nouveaux barrages,une priorité pour le parti minoritaire. Ainsi,pour le sénateur Dave Cogdill cité parl’Associated Press,
« les propositions dela majorité n’apporteraient pas une goutted’eau à notre État. Les Républicains sont d’accord pour s’occuper de notre fragiledelta, mais nous devons voir clairement que la protection de l’environnement nedoit pas se faire aux prix de la destructionde l’économie. »
Le système d’approvisionnement eneau de la Californie n’a pas suivi l’évo-lution de la population californienne, deplus de 36 millions d’âmes aujourd’hui etse retrouve sous-dimensionné face auxbesoins. La diminution de la couvertureneigeuse dans la Sierra Nevada annoncede plus une diminution progressive del’eau descendant jusqu’en Californie, oùplus de 80 % des ressources sont utili-sées par l’agriculture, d’une façon jugéeparfois irrationnelle par le choix de cultu-res à fort besoin hydrique.Le gouverneur Schwarzenegger aenvoyé début septembre une lettre à laMaison Blanche demandant un aide fédé-rale pour faire face à la crise de l’eau -demande rejetée par Washington.Le delta Sacramento-San Joaquin, quioffre deux-tiers de ses approvisionne-ments en eau à la Californie, est un autreproblème saillant. De source officielle, lesdigues – construites il y a plus d’un siècle – sont dans un état de délabrement plusavancé que celles qui ont été brisées à laNouvelle Orléans par l’ouragan Katrina. Ily aurait plus de deux chances sur troisqu’une tempête ou un tremblement deterre dans les cinquante prochainesannées causent les mêmes dommagesqu’à la Nouvelle-Orléans, bloquant toutevoie d’évacuation aux populations.Le président du Sénat Tem DarrellSteinberg se veut pourtant rassurant :
« Tout le monde est d’accord pour direque nous nous approchons d’un accord et que nous avons fait en quelques semai-nes des progrès dignes de dix ans de tra-vail, mais il y a encore du travail à faire »
Les démocrates du Parlement etdu Sénat californien ont indiqué qu’ilsdemanderaient au gouverneur ArnoldSchwarzenegger d’appeler à l’ouver-ture d’une session spéciale pour que lesnégociations sur l’eau puissent se pour-suivre.
J
ACK
P
HILLIPSET
A
URÉLIEN
G
IRARD
Arrosage de cultures à Stockton, en Californie, à proximité du deltaSacramento-San Joaquin.
David McNew/Getty Images
N
ik Nanos, PDG de NanosResearch, estime que si desélections anticipées étaientdécidées, l’identité profonde de cha-que parti et la performance des chefsannuleraient toute irritation que pourraitavoir les électeurs à propos d’un scru-tin automnal.
« Il est très improbable que ce soit une question cruciale »
, indique-t-il.S’adressant aux médias le 9 sep-tembre depuis l’hôtel Hyatt au cen-tre-ville de Toronto, le chef du Partilibéral, Michael Ignatieff, s’est à nou-veau engagé à faire tomber le gou-vernement conservateur de StephenHarper. Il a mentionné que l’augmenta-tion du déficit et du chômage ont incitéson parti à se préparer pour une campa-gne électorale dès cet automne.
« Nous allons présenter une motionde non-confiance au gouvernement »
,a-t-il affirmé, ajoutant que forcer latenue d’élections anticipées était unequestion de principes pour les libéraux.Interrogé pour savoir s’il croit que lesCanadiens souhaitent des élections,Michael Ignatieff a répondu :
« Je croisque les Canadiens veulent une alterna-tive et je ne peux présenter une alter-native aux Canadiens que si je retirela confiance accordée au gouverne-ment. »
Ce mouvement des troupes libéralesvers des élections anticipées a pris decourt certains analystes qui se deman-dent pourquoi les libéraux voudraientfaire tomber le gouvernement alors queles sondages les placent, au mieux, surun pied d’égalité avec les conservateurs – et dans le pire des cas en secondeposition.Car cet équilibre est même incertain,puisque trois sondages de suite ont indi-qué que le Parti conservateur détientune légère avance sur le Parti libéral.Le plus récent, un sondage Har-ris-Decima mené pour le compte del’agence Presse canadienne, place lesconservateurs à 34 % des intentions devote, contre 31 % pour les libéraux.La même étude indique que 73 %des Canadiens ne croient pas qu’uneélection soit nécessaire cet automne,contre 21 % qui soutiennent le con-traire.Dans un autre sondage effectué parle Strategic Counsel pour la chaîne CTVet le quotidien
Globe and Mail
après queMichael Ignatieff a promis de faire tom-ber le gouvernement, les conservateursobtiennent encore une fois 35 % contre30 % pour les libéraux.Un sondage Angus Reid publié le 4septembre donne aux conservateurs33 % contre 32 % pour les libéraux, soitune égalité statistique compte tenu de lamarge d’erreur.Dernière en date, une enquête d’opi-nion Nanos Research du 9 septembreplace les conservateurs à 37,5 % desintentions de vote contre 33,4 % auxlibéraux.Certains analystes ont interprété ceschiffres comme une punition faite auxlibéraux pour leur intention de provo-quer des élections anticipées, mais NikNanos estime que c’est exagéré et quela montée des conservateurs s’est faiteaux dépens du Parti vert et du Nouveauparti démocratique (NPD) plutôt qu’auxdépens du Parti libéral.
« L’appui aux libéraux reste relative-ment stable »
, commente-t-il.Pour lui, même si les Canadiens pou-vaient en vouloir aux libéraux d’avoirdéclenché des élections, il est peu pro-bable que cela les affecte à long terme.Tout simplement,
« alors que lesCanadiens se focalisent sur une élec-tion potentielle cet automne, l’appui aux conservateurs a augmenté. »
Le Parti libéral soulève plusieurs rai-sons pour souhaiter la tenue d’élec-tions, incluant la fermeture du réacteurnucléaire de Chalk River qui a crééune pénurie d’isotopes utilisés pour finsmédicales.Mais Nik Nanos croit que le messageprincipal que la plupart des Canadiensvont garder est que les libéraux veulentfaire chuter le gouvernement. En mêmetemps, la plupart des Canadiens vontgarder comme message principal desconservateurs qu’une élection n’est pasnécessaire.
« C’est peut-être pourquoi les chif-fres des conservateurs ont augmenté...ce message particulier – qu’une élec-tion n’est pas nécessaire – est en réso-nance avec l’opinion publique, et lesconservateurs en profitent. »
Mais au bout du compte, en raison dunombre élevé d’indécis, l’élection resteouverte et se jouera sur la performancedes camps opposés et de leurs chefs.Alors qu’il y a normalement entre 15et 18 % d’indécis avant une élection,il y en aurait actuellement 24,6 %, faitremarquer Nik Nanos.
« Un Canadien sur quatre dit êtreindécis. »
Ces électeurs auront le der-nier mot lors d’une prochaine élection etdécideront en se basant sur la perfor-mance des partis, soutient-il.Un autre facteur clé pourrait êtrel’image de chaque parti.
« Chaque parti possède des forces identitaires profon-des. »
Tandis qu’une élection focalisantsur les soins de santé et l’unité natio-nale pourrait favoriser les libéraux, NikNanos estime que si les électeurs vontvoter en songeant aux impôts, à la créa-tion d’emplois et à l’économie, cela pro-fitera aux conservateurs.
« Ce sera la première élection depuislongtemps dans une période où l’éco-nomie n’a pas été robuste... L’économie pourrait être un enjeu clé de la campa-gne. Ceci pourrait donner avantage aux conservateurs. »
M
ATTHEW
L
ITTLE
Les Canadiens accueillentfraîchement l’idéed’élections à l’automne
La Grande Époque
Les conservateurs du Premier ministre canadien, StephenHarper, ont pris une légère avance sur les libéraux dans lessondages.
U
n conseiller municipal de la villede New York, Eric Gioia, crée unemini-révolution dans les bureaux de laville en proposant d’éliminer définiti-vement l’eau en bouteille. L’idée, bienaccueillie des contribuables dont la par-ticipation au budget de la ville va dimi-nuer de plusieurs millions de dollars, estl’occasion d’une campagne de publicitépour l’eau du robinet de New York.
« Il n’y a aucune raison de payer des mil-liers de fois plus pour de l’eau en bou-teille quand New York a une des eaux les plus propres et avec le meilleur goût au monde, »
scande Gioia.Le département des services adminis-tratifs de la ville (DCAS) a rapporté queles agences gouvernementales dépen-sent 2,1 millions de dollars chaqueannée en bouteilles d’eau, distribuéesgratuitement aux employés de la ville. Dans une situation oùla qualité de l’eau du robinet new-yorkaise est parmi les toutesmeilleures des États-Unis, la perte d’argent n’est pas justifiable.Les équipements des services des eaux de New York con-vertissent chaque jour plus de 4 milliards de litres d’eau en eaupotable. Dix-neuf réservoirs alimentent la ville d’une eau dontle niveau de pureté a conduit l’agence de protection de l’envi-ronnement américaine (EPA) à autoriser, il y a deux ans, dela consommer non filtrée. Le maire Michael Bloomberg avaitalors profité de l’occasion pour en fairela publicité :
« J’ai toujours dit que New York a une des meilleures eaux dis- ponibles, et c’est maintenant confirmé par Washington. Ceci est un vote deconfiance qui permettra à notre villed’économiser de l’argent, et que nousutiliserons dans nos efforts pour infor-mer les New-yorkais que boire de l’eaudu robinet est meilleur que boire d’oné-reuses eaux en bouteille »
.Ceci n’a pas empêché la ville de conti-nuer à jeter chaque année dans l’Hudsonplus de 2 millions de dollars de bouteillesd’eau, dont 40 % viennent d’une seule etmême entreprise.L’année dernière, la conférence amé-ricaine des maires a découvert que cetteeau est vendue à 4.000 fois le prix del’eau du robinet.Changer cette habitude
« fait partie du sens commun et est une action écologique qui économisera de l’argent à la ville –moins de fuite dans le budget et moins de déchets à éliminer »,
affirme Gioia.Sa proposition est soutenue par le conseiller Simcha Fel-der, et fait partie de la « Semaine d’inspection » de Gioia, unesemaine dont le but est de pousser les administrations munici-pales à plus de rigueur budgétaire.
I
AN
R
ITZAI
L’administration new-yorkaise sans bouteille
« Il n’y a aucune raisonde payer des milliersde fois plus pour del’eau en bouteille quand New York a une deseaux les plus propres et avec le meilleur goût aumonde »
,
Eric Gioia, conseillermunicipal de la ville deNew York
D
ans les montagnes de l’Aïr au Niger et les villes du désertsituées au pied du massif, quatre jours de pluies intenses onttouché 7.000 foyers, dévasté 3.500 maisons et causé des pertesimportantes dans l’élevage et l’agriculture, principalement dans lacommune d’Agadez, d’après des responsables locaux.De fortes pluies ont provoqué la rupture d’un barrage à 7 kilo-mètres de la commune d’Agadez, d’après une évaluation prélimi-naire réalisée le 2 septembre par le gouvernement et les Nationsunies. Les tempêtes ont ravagé 400 hectares de terres cultivées etdévasté au moins sept écoles de la commune.Hamma Dilla, maire de la commune, a dit à IRIN qu’il n’avait jamais vu un phénomène aussi extrême en plus de 30 ans.
« Maismême cette inondation n’était pas aussi grave que ce à quoi nousassistons aujourd’hui. Cette [destruction] est le résultat de fortes pluies continues et du fait que l’affluent est sorti de son lit. »
Issouf Bayard, sociologue spécialiste d’Agadez a expliquéà IRIN que depuis l’indépendance, il n’existe pas de systèmed’alerte précoce permettant d’avertir les personnes vivant prèsdes différents affluents qui traversent la ville, grossis par la pluiedes montagnes, que des tempêtes se préparent.
« Quand il pleut dans les montagnes, les gens d’ici ne le savent pas. C’est seule-ment quand les affluents sont en crue que les habitants se font prendre par surprise »
. Il a expliqué qu’avant l’indépendance, en1960, les militaires français parcouraient la ville pour prévenir lespopulations de l’arrivée des flots.D’après M. Bayard, le départ des militaires, ainsi que l’apparitiondes sécheresses dans les années 1970, ont mis fin à ce systèmed’alerte précoce.
« Ces affluents asséchés sont aujourd’hui lesendroits où s’installent les familles les plus pauvres et les migrantsrécemment arrivés »
, a indiqué le chercheur à IRIN.
« À cause del’augmentation de la population urbaine, les gens construisent sur des zones dont ils ne savent même pas qu’elles étaient autre-fois des cours d’eau. Mais, comme le dit un proverbe local, l’eauretrouve toujours son chemin. »
D’après l’estimation préliminaire officielle, le 2 septembre, unnouveau-né et un adulte avaient perdu la vie dans les inonda-tions.À Azmalam, l’une des zones les plus ravagées de la banlieuede la commune d’Agadez, Moussa Ibrah, directeur de l’école, a dità IRIN que l’estimation officielle du nombre de décès était trop fai-ble.
« Nous [les habitants], nous parlons de dizaines de morts »
.Par ailleurs, M. Ibrah a indiqué que 1.200 bêtes étaient mortes etque toutes les maisons avaient été détruites.Le Secrétaire général de la région d’Agadez et les maires descommunes ont constitué un comité de crise, qui a mis sur pied 11équipes composées de chefs de villages, chargées d’organiserdes visites d’habitations, afin d’évaluer les dégâts.
Irin News
Dans le désert, les inondations emportent habitations et bétail
Leave a Comment