1 – 15 NOVEMBRE 2009
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LaGrandeÉpoque
2International
www.lagrandeepoque.com
N
EW YORK – La liberté de presseen Israël est en chute libre et des journalistes sont assassinés enRussie et au Mexique. Reporters sansfrontières (RSF) a publié son Classe-ment mondial de la liberté de presse, etune tendance à la baisse est observéedans les 175 pays étudiés.Des pays européens ont raflé les 13premières positions, mais on témoigned’un déclin général selon Clothilde LeCoz, directrice de RSF à Washington.
« Non seulement en raison des agres-sions physiques dont les journalistes sont victimes, mais parce que ces pays adop-tent des lois qui sont dangereuses pour la liberté de presse et la liberté d’expres-sion »
, a-t-elle déclaré en conférence auOverseas Press Club à New York. Seule-ment cinq organisations médiatiques ontcouvert l’évènement.
« Internet est vraiment une questionimportante dans ces pays [européens].Les lois qui sont adoptées en termes deliberté sur Internet sont contraignantes pour la liberté d’expression en général. »
Des hauts et des bas
Israël a glissé de 47 places à la 93
e
position, tandis que les habitués desbas-fonds restent les mêmes (Vietnam,Yémen, Chine, Laos, Cuba, Birmanie,Iran, Turkménistan, Corée du Nord,Érythrée).Les États-Unis sont quant à eux pas-sés du 40
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au 20
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rang cette année, cequi est un
« progrès remarquable »
selonMme Le Coz.
« Ceci est attribuable enmajeure partie au fait que les journalis-tes aux États-Unis ne se retrouvent pasen prison pour des raisons de sécuriténationale, comme c’était le cas durant l’administration Bush. »
Elle affirme,cependant, qu’il y a encore des problè-mes au niveau de la protection des sour-ces.Cinq journalistes américains ont étédétenus en pays étrangers l’année der-nière, dont un des cas les plus récentsest celui de Laura Ling et Euna Lee,qui ont été détenues, condamnées pour«
actes hostiles
», puis ensuite libéréesen Corée du Nord.
Frontière hostile
La frontière États-Unis-Mexique estaujourd’hui un des endroits les plus dan-gereux pour exercer le métier de journa-liste. Angela Kocherga, chef de Bureaupour la frontière avec la chaîne de télé-vision Belo, traverse au Mexique chaque jour avec un photographe pour documen-ter l’effet de la violence liée à la droguesur les communautés.
« Nous avons passé beaucoup detemps à Ciudad Juarez, de loin la capi-tale du meurtre au Mexique »
, men-tionne-t-elle.
« Nous avons vu un niveaude violence incroyable : des fusillades en plein jour au beau milieu de rues acha-landées, des massacres dans des res-taurants populaires, des assassinatsdans des cliniques pour toxicomanes,des décapitations. »
Elle affirme que 55 journalistes ont ététués dans la région depuis 2000, alorsque les cartels de drogue se font la luttepour le contrôle des routes de passagevers les États-Unis.
« Le meurtre d’un journaliste envoieune onde de choc dans un pays où l’im- punité est maître et où l’autocensure est devenue un moyen de survie pour les journalistes »
, explique Mme Kocherga.Les homicides demeurent irrésolus et lesenquêtes ne mènent souvent nulle part.
Journalistes en prison
Les restrictions visant la presse ontété resserrées en Chine l’année dernièreet le pays occupe maintenant le 168
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rang sur 175 dans le classement RSF.
« Vous savez exactement ce que Repor-ters sans frontières pense de la Chine »,
a commenté Mme Le Coz.
« C’est encorele pays où le plus de journalistes sont emprisonnés. »
Actuellement, 30 journalistes et 57cyberdissidents sont incarcérés enChine, selon RSF.
« Il y a des blogueurset des militants qui nous envoient cons-tamment des courriels, disant être endanger dans chaque coin du pays. »
Ali Alnaemi, un autre panéliste, a tra-vaillé comme gestionnaire de la salle denouvelles du bureau de Baghdad du
New York Times
de 2004 à 2007.Il affirme que le gouvernement irakienaugmente son contrôle d’Internet, y com-pris des sites comme Facebook. Et bienque les citoyens soient de plus en plushabitués à la présence des journalistes,
« il se produit encore des évènementsinquiétants… la situation est encore ins-table à Baghdad »
, explique-t-il.John Solomon, directeur exécutif du
Washington Times
, raconte pour sa partavoir obtenu de l’aide de RSF à deuxreprises durant sa carrière. En 2001,quand le FBI a épluché ses relevés télé-phoniques à domicile afin de démasquerl’identité de ses sources, et l’année sui-vante quand son courrier a été confisquépour la même raison.
« Maintenant, je suis rédacteur en chef et je prends les décisions lorsque vient letemps d’envoyer des journalistes vers ledanger »
, mentionne-t-il.
« Ça nous rappelle que le mondedemeure un endroit dangereux pour les journalistes. Nous voyons encore la vio-lation quotidienne des libertés de pressefondamentales. »
M. Solomon estime qu’une plusgrande collaboration est nécessaireentre les journalistes au front.
« Je croisque nous sommes en train de perdre duterrain important que nous avions gagné pour les journalistes […] La solidarité adisparu. »
Dans une conférence de presse deRSF à Paris, le secrétaire général Jean-François Julliard avait un message simi-laire :
« La liberté de presse doit êtredéfendue partout dans le monde avec lamême énergie et la même insistance. »
RSF effectue chaque année un classe-ment basé sur des questionnaires rem-plis par des centaines de journalisteset d’experts des médias partout dans lemonde. Le Classement 2009 représenteles violations enregistrées entre le 1
er
septembre 2008 et le 31 août 2009.
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HARLOTTE
C
UTHBERTSON
La liberté de la presse en recul, les journalistes payent le prix
Le journaliste tamoul J. S. Tissainayagam, accompagné en prison par des policiers sri-lankais.
S. KODIKARA/AFP/Getty Images
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es ministres de la Défense de l’OTAN se sont réu-nis pour deux jours à compter du 22 octobre dansla capitale slovaque. Le Secrétaire Général Anders Ras-mussen y a encouragé les membres de l’Alliance à sefocaliser sur l’Afghanistan et à plus s’y impliquer.
« Nousdevons tous en faire plus dans l’entraînement et la four-niture d’équipement aux forces de sécurité afghanes »
adéclaré Rasmussen.
« Abandonner l’Afghanistan transformerait à nouveaule pays en camp d’entraînement pour Al Qaida »,
a ajoutéle chef de l’OTANDans ses entretiens avec Rasmussen à Bratislava, lePremier ministre Slovaque Robert Fico a promis davan-tage de soutien en Afghanistan, tout en rejetant l’idée d’yenvoyer plus de troupes.
« Mais nous souhaitons que noséquipes d’ingénieurs aient plus d’opportunités d’agir dans plus de régions en Afghanistan. Nous aimerions aussi leur offrir notre propre protection »
, a précisé M. Fico.En conférence de presse, le Premier ministre aexprimé son soutien aux troupes étrangères de l’OTANdans une période où, dit-il, existe un but légitime de
« combattre contre le terrorisme ou aider les pays rui-nés. »
Un cas qui n’est pas celui de l’Irak d’après lui, où
« l’utilisation de la force militaire n’a été motivée que par le pétrole »
, ce qui l’a amené à retirer les troupes slova-ques du pays.
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ETER
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EDIK
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e président albanais Alfred Moisiu a saluéavec respect à Calcutta une statue en bronzede Mère Teresa, née de parents albanais, peude temps après avoir inauguré le monument àTirana.Le ministère des Affaires étrangères indien acatégoriquement refusé la demande de l’Alba-nie de restituer les restes de Mère Teresa à sapatrie d’origine.
« Mère Teresa était une citoyenneindienne et elle repose dans son propre pays, sa propre terre »,
a expliqué le porte-parole du minis-tère des Affaires étrangères Vishnu Prakash dansune interview donnée aux médias.Quelques jours auparavant, le Premier ministrealbanais Sali Berisha publiait une déclaration depresse expliquant que son gouvernement intensi-fierait les discussions officielles pour rapatrier lesrestes de Mère Teresa avant août 2010, une datequi marque le 100
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anniversaire de sa naissance.L’Albanie a débuté des négociations semblablessur le retour des restes d’autres icônes nationa-les, y compris ceux du Roi Zog I, actuellement enFrance.Mère Teresa est née de parents albanais, etson nom d’enfance était Agnesë Gonxhe Bojaxhiu.Elle est venue en Inde en 1929 et a consacré savie aux malades et indigents de Calcutta, où elle afondé l’ordre des Missionnaires de la Charité. Ellea obtenu la nationalité indienne en 1951 et a vécudans le pays jusqu’à sa mort en 1997. En 1979elle a reçu le prix Nobel de la paix et a été béatifiéepar le Vatican en 2003. Beaucoup pensent que sabéatification a préparé le chemin vers une canoni-sation certainement imminente.La demande de l’Albanie a provoqué desremous à tous les niveaux de la société indienne.Les représentants du Vatican sont d’accord avecle gouvernement indien que la dépouille de lasoeur doit rester à Calcutta, le lieu où elle avaitchoisi de vivre et travailler.Malgré cela, le Premier ministre albanais main-tient que la question reste ouverte :
« Je pensequ’elle ne pourrait être plus paisible qu’ici si elle pouvait rester proche de sa mère et de sa soeur,enterrées à Tirana »
, affirme-t-elle.Mère Teresa avait dit :
« Par le sang, je suis Albanaise. Par la nationalité, je suis indienne. Par la foi, je suis religieuse catholique. Par ma voca-tion, j’appartiens au monde. »
Une déclaration àméditer et encore d’actualité.
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RKANDA
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e ministre de la Défense austra-lien John Faulkner a demandé lasemaine dernière l’émission derecommandation pour une fin accéléréedes opérations en Afghanistan, un signalclair de la volonté australienne d’allervers un retrait de ses 1.500 hommes surplace. Ce message arrive au momentprécis où le commandement des for-ces alliées en Afghanistan réclame plusde troupes et en a obtenu par les États-Unis. Le contingent australien est leplus large hors forces de l’OTAN et si ladéclaration de John Faulkner ne signifiepas un retrait prochain, il est à parier qu’ilentend prévenir que des troupes supplé-mentaires ne seront pas envoyées mal-gré les appels du général américainStanley McChrystal.
« J’ai parlé de cela avec les chefs desforces de défense et c’est évidemment une question de grande importance pour moi »,
indique Faulkner, cité parla BBC.
« Je ne veux pas parler dansles détails de la façon dont nous allons procéder mais je dois reconnaître quecela impactera l’approche que l’OTAN et l’ISAF [international security assistanceforce] prendront »
.L’Australie a perdu onze hommes enAfghanistan et la guerre y est impopu-laire, et si le Premier ministre KevinRudd a envoyé 450 hommes supplé-mentaires en avril en préparation desélections présidentielles afghanes, il adéjà indiqué ne pas souhaiter poursui-vre l’accroissement du contingent.
Tiraillements
La position australienne est difficile àun moment où le commandement amé-ricain a prévenu que, sans ressourcessupplémentaires, la guerre pourrait êtreperdue d’ici un an, au point que le prési-dent Obama envisage l’envoi de 40.000troupes en plus de 100.000 déjà présen-tes sur place. Barack Obama suivraitainsi les recommandations du généralStanley McChrystal – largement soute-nues par les membres de l’OTAN - plu-tôt que celles de son vice-président JoeBiden.La mission première des troupes aus-traliennes est l’entraînement de la qua-trième brigade de l’armée nationaleafghane, dans la province d’Uruzganoù les soldats australiens côtoient leurshomologues hollandais.La Hollande, cependant, devrait reti-rer ses troupes dans les prochainsdix-huit mois ce qui signifie, d’après l’As-sociation pour la Défense australienne,que la position australienne va deve-nir intenable. Pour compenser le retraithollandais,
« il va quand même falloir que nous accroissions substantielle-ment notre contingent, quelque choseentre 1.000 et 1.500 soldats supplé-mentaires »,
indique Neil James, direc-teur de l’association cité par la chaîneABC News.Depuis l’annonce le 23 octobre dusoutien des membres de l’OTAN à lastratégie McChrystal, dont le point-cléest justement un renforcement massif des troupes étrangères pour sécuriserles villes et permettre la formation rapidedes troupes afghanes, le ministre Faulk-ner est assez indisponible pour répon-dre aux questions de la presse.
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URÉLIEN
G
IRARD
La Slovaquie promet plusde soutien à la coalitionen Afghanistan
BRATISLAVA - Le Premier ministreslovaque Robert Fico (d.) avec le SecrétaireGénéral de l’OTAN Anders Rasmussen
SAMUEL KUBANI/AFP/Getty Images
L’Australie reconsidère son implication en Afghanistan
John Faulkner, ministre de laDéfense australien.
WILLIAM WEST/AFP/Getty Images
L’Inde s’oppose au retour des restes de Mère Teresa en Albanie
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