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IRAN
IRAN
Une nouvelle cargaison d’armesiraniennes saisie par Israël. 
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MALAISIE
MALAISIE
Communication grippée pourl’huile de palme. 
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
EthicsPoint : le business de ladélation en question. 
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SOCIÉTÉ
SOCIÉTÉ
Star HandiVoile à Nice ou leChallenge du handicap. 
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Page 2 ................ InternationalPage 3 ................ InternationalPage 4 ................. InternationalPage 5 .............................. ChinePage 6 .............................. ChinePage 7 ....................... ÉconomiePage 8 ............................ HommagePage 9 ................... Nouveau regardPage 10 .................. EnvironnementPage 11 .............................................. Outre-merPage 12 .................................................. SociétéPage 13 ................................... Petites annoncesPage 14 ........... Santé et bien-êtrePage 15 ..................... Art de vivrePage 16 ...... Traditions chinoises
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Nouveau regard
L’activitésismique soussurveillanceLa sensualitén’est plus cequ’elle était...
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Environnement
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Hommage
Lévi-Strauss,l’anthropologue,l’humaniste
Chine
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International
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Espagne
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L
a décision du président américain,Barack Obama, d’abandonner der-nièrement le bouclier antimissile enEurope a en général été perçue dedeux manières bien distinctes. Lesamoureux d’Obama y ont vu une déter-mination de poursuivre dans la voie dela paix et de la détente, de manière àbâtir un climat de bonne entente avecMoscou. Les détracteurs d’Obama yont vu un acte de faiblesse, de délais-sement de fidèles alliés européens etd’un abandon d’une case importantesur l’échiquier mondial.Alors que plusieurs percevaient unchangement majeur dans la stratégieaméricaine, ayant un impact sur la géo-politique internationale, la Maison Blan-che assurait qu’elle maintenait le capen ne faisant que modifier la nature dubouclier pour l’adapter à une menacedifférente.Le Kremlin s’est donc au débutréjoui, puis a réfléchi. À quoi donc joue cette administration américaine ?Reconnaît-elle en effet ma sphère d’in-fluence ou essaie-t-elle seulement dem’amadouer avec des apparences deconcessions pour que je penche unpeu en sa faveur sur l’Iran ?
Lire la suite page 4
Clinton dégèle, Biden enflamme :
où va la politique américaine surla Russie ?
 
D’après un rapport récent deGreenpeace, la célèbre rivière desPerles, la troisième plus longue enChine, contient des taux de pollu-tion très élevés. Des usines du sudde la Chine déversent des déchetsindustriels toxiques dans la rivière,qui est la principale source d’eaupotable pour 4,7 millions d’habi-tants de son delta, notammentceux de Hong Kong, Macao, etGuangzhou.
Pollution de larivière des Perles :rapport accablantde Greenpeace
Après Abbas,Marwan Barghouti ?
Identité nationale :« L’Espagne endébat depuis plusd’un siècle »
La hausse spectaculaire dumétal jaune se poursuit
L’once de métal jaune a atteint un nouveau record historique vendredi 6 novembre, atteignant 1.101,42 dollars sur le marché de Lon-dres. C’est une première dans l’histoire du métal précieux.
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 Jae-HwanKim/AFP/Getty images
LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
EpochTimes.com
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM
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Epoch Times
 
Paris Genève Bruxelles Londres Berlin New York Dublin Lima Taipei Tokyo...
 
1 700 000 exemplaires
 ÉDITION 166
16 – 30 NOVEMBRE 2009 • BIMENSUEL
 
16 – 30 NOVEMBRE 2009
 
LaGrandeÉpoque
2International
www.lagrandeepoque.com
Mahmoud Abbas ne « désire »pas
a priori 
être candidat à unsecond mandat à la présidencede l’Autorité palestinienne, lorsdes élections du 24 janvier pro-chain. S’agit-il d’une décisionirrévocable – la formulation deson annonce du jeudi 5 novem-bre ne le laisse pas penser – oud’une façon de mettre la pres-sion sur les États-Unis et Israël ?
L
a plupart des médias penchent pourla seconde hypothèse, tant la décla-ration du chef de l’Autorité palesti-nienne peut être vue comme une réactionirritée aux déclarations de la secrétaired’État américaine, Hillary Clinton, lors deson déplacement en Israël.Mme Clinton a effectivement com-mencé par annoncer son soutien auPremier ministre israélien, Benjamin Neta-nyahu, avant de malgré tout condamnerles implantations juives en Cisjordanie,pour finalement conclure que le gel partielde la colonisation était « historique ».Un message sans clarté, perçu commeune quasi-trahison alors que MahmoudAbbas fait face à de violentes critiquespour avoir soutenu – sous pression amé-ricaine – la décision de retarder la valida-tion du rapport des Nations unies sur lescrimes de guerre lors de la guerre à Gazaen début d’année.Un rapport accusant les autorités israé-liennes de s’être rendues coupables decrimes graves lors de l’opération « Plombdurci ».Mouin Rabbani, un des éditeurs du Mid-dle East Report cité par Al Jazeera, consi-dère froidement que la décision d’Abbasn’est qu’une « représentation politique » :
« Je ne l’imagine pas quitter son poste prochainement. Si c’était sa volonté, il aurait annoncé sa démission »
, affirmeM. Rabbani.
« Au lieu de cela, il dit qu’il ne sera pas candidat dans des électionsque lui-même ne croit pas devoir se tenir.C’est pour cette raison que j’appelle celadu théâtre politique. »
 En effet, le Hamas, rival du Fatah con-trôlant la bande de Gaza, considère queles élections prévues en janvier seraientillégales si elles avaient lieu. Toute per-sonne à Gaza qui y participerait seraitdurement punie. L’Autorité palestiniennedécidera-t-elle malgré tout de maintenirles élections ? La décision doit être prised’ici au mois de janvier et il est probableque l’appel aux urnes soit repoussé pouréviter d’accentuer la scission entre Ramal-lah et Gaza.Dans ce cas Mahmoud Abbas, qui n’apas menacé de démissionner, garderaitson poste. Ce dernier balaie cependantl’argument d’une déclaration purementtactique :
« J’ai dit à nos frère de l’OLP [Organisation de libération de la Pales-tine] que je n’ai pas le désir de me pré-senter aux prochaines élections. Cettedécision n’est ni une sorte de compro-mis ni une manœuvre »
, cite Al Jazeera.
« Nous sommes au croisement des che-mins. Nous avons fait beaucoup de sacri-fices pour avoir le droit à un État. Depuisles accords d’Oslo en 1993 [dont il est l’ar-chitecte principal], tous ces accords sont basés sur la terre et la paix et demandent la fin de l’occupation israélienne de 1967.Nous avons promis avec Israël de trou-ver une solution à deux États, mais moisaprès mois nous n’avons vu que de l’auto-satisfaction et de la procrastination. »
 Dirigeant historique et co-fondateur duFatah, Mahmoud Abbas, 74 ans, a rem-placé Yasser Arafat il y a cinq ans. Israëls’inquiète déjà de voir une figure radicalele remplacer à la tête de l’Autorité pales-tinienne.Le quotidien
Haaretz
annonce ainsique le président israélien, Shimon Peresa personnellement appelé MahmoudAbbas pour lui demander de reconsidérersa décision :
« Si vous partez, les Palesti-niens vont perdre leur chance d’avoir unÉtat indépendant. La situation dans larégion se détériorerait. Restez, pour lebien des Palestiniens ».
Ehud Barak, leministre de la Défense israélien, sans sepositionner, espère cependant que l’an-nonce de M. Abbas ne va pas ruiner
« lesefforts pour entamer des négociations et arriver à un accord de paix ».
 Samedi 7 novembre, les sympathi-sants du Fatah défilaient dans les ruesde Ramallah pour demander à MahmoudAbbas de rester à la tête de l’Autorité.
« Il y a une atmosphère de confusion et d’an-xiété parmi ces gens »
, commentait NourOdeh, journaliste d’Al Jazeera.
Les candidats possibles
Quatre noms ressortent comme descandidats possibles à la succession deMahmoud Abbas : Mohammed Dahland’abord, une figure charismatique duFatah, dont la réputation a cependant étésérieusement entamée par une campa-gne de communication du Hamas qui l’ac-cuse d’être lié à la mort de Yasser Arafat.Il est également considéré comme partiel-lement responsable de la prise de pouvoirdu Hamas à Gaza.Le nom d’Abou Maher Ghneim, numérodeux du Fatah et bras droit d’Abbas estégalement suggéré; ses proches indiquentcependant que l’homme, ancien comman-dant des troupes d’assaut du Fatah, nesouhaite pas se porter candidat.Troisième candidat possible, NasserAl-Qidwa, ancien ambassadeur de l’OLPet neveu de Yasser Arafat ; celui-ci estreconnu à l’international mais peu appré-cié au sein du Fatah ce qui limite seschances d’être investi.Le plus improbable – et plus emblêma-tique – successeur potentiel à MahmoudAbbas de tous est sans aucun douteMarwan Barghouti, ancien chef du Tan-zim, emprisonné à vie en Israël.
Le symbole Marwan Bar-ghouti
Figure palestinienne charismatique,Marwan Barghouti jouit d’une popularitéinégalée qui lui permettrait de battre n’im-porte quel candidat du Hamas si celui-ci – ce qui n’est pas le cas – acceptait departiciper aux élections.Considéré comme un homme de prin-cipes, Barghouti s’est attiré le surnom de« Nelson Mandela palestinien », ce queson emprisonnement et sa récente réputa-tion d’homme de compromis justifient plusque son implication dans des attaquesmeurtrières contre des civils israéliens.Marwan Barghouti a été arrêté lors d’unraid israélien à Ramallah en 2002 et a étécondamné à cinq fois la prison à vie pourun attentat dans un marché de Tel Avivayant fait cinq morts.Danny Ayalon, vice-ministre des Affai-res étrangères israélien, a d’ores et déjàexclu sa libération, au contraire de ShimonPeres qui l’envisagerait si Barghouti étaitélu à la tête de l’Autorité palestinienne.Marwan Barghouti est sans doute leseul candidat potentiel du Fatah à êtrerespecté par le Hamas, pour son rôledans la seconde Intifada contre Israël.C’est à cette période que Barghouti avaitcréé la Brigade des martyrs d’al-Aqsa. Lepoint fort de la candidature de Barghoutiet de son éventuel futur rôle dans le pro-cessus de paix est qu’il est probablementle seul à pouvoir espérer rallier Fatah etHamas.Icône populaire dont les portraits sontvisibles partout dans les territoires pales-tiniens, Marwan Barghouti pourrait aussiranimer l’espoir chez les Palestiniens :déçus du manque d’avancées dans leprocessus de paix, une récente enquêted’opinion montre que la majorité d’entreeux ne voit pas l’intérêt d’aller voter.Samedi 7 novembre, des responsa-bles du Fatah à Ramallah ont indiqué queMarwan Barghouti serait prêt à briguer laprésidence de l’Autorité Palestienne. Sil’annonce se vérifie et si le Fatah sou-tient cette candidature, cela annonceraitune campagne d’un type inédit ; une cam-pagne menée depuis le fond d’une cellulede prison.
A
URÉLIEN
G
IRARD
Autorité palestinienne : après Abbas, Marwan Barghouti ?
Le « Nelson Mandela » palestinien serait candidat à la succession
Ramallah – Un Palestinien touche le portrait géant de Marwan Barghouti.
 AWAD AWAD/AFP/Getty Images
L
e 4 novembre, la marine israélienne aarraisonné un navire en provenanced’Iran transportant près de 500 tonnesd’armes à destination de la Syrie. Il s’agit duplus grand chargement d’armes jamais saisipar Israël. Le contenu des cales du
Fran-cop
, un bâtiment sous pavillon antiguaisaffrété par une entreprise chypriote, estdepuis exposé dans le port d’Ashdod.Le Hezbollah a immédiatement nié êtrele destinataire des armes, ce qui n’empêchepas les autorités israéliennes d’être con-vaincues de faire face à un nouvel exemplede l’armement du Hezbollah et du Hamaspar Téhéran.Pour le Hezbollah, l’interception dunavire arraisonné à 160 kilomètres descôtes israéliennes est un acte de « pirate-rie ». Le bateau, chargé de roquettes, degrenades, d’obus de mortiers et d’au moins3.000 missiles, aurait reçu son chargementdans le port égyptien de Damietta et se diri-geait vers la Syrie avec un arrêt prévu àBeyrouth.
« Le Hezbollah nie vigoureusement tout lien avec les armes saisies par l’ennemi sio-niste à bord du
Francop
»,
indique le groupelibanais cité par l’AFP.
« En même temps, leHezbollah condamne l’acte de piraterie d’Is-raël dans les eaux internationales. »
D’après le Asharq Alawsat, l’informationsur le chargement du
Francop
aurait ététransmis aux Israéliens par les services derenseignement américain, qui auraient enmême temps mis leur véto à un bombarde-ment du navire par l’armée israélienne.Ronen Bergman, journaliste et auteur de
Guerre Secrète avec l’Iran
cité par le
Star 
,croit qu’avec ce nouveau succès les ser-vices secrets israéliens sont en train de« prendre le dessus » sur l’Iran, le Hezbol-lah et la Syrie. Ceci s’est déjà illustré d’aprèslui par l’assassinat d’Imad Mughniyah, lechef militaire du Hezbollah, en Syrie et parle bombardement de convois d’armes auSoudan en mars dernier.Derrière ces succès, un changement destratégie d’Israël qui, sous l’impulsion duchef du Mossad, Meir Dagan, aurait refo-calisé ses activités de renseignement sur leterrorisme international et sur le programmenucléaire iranien.En janvier 2009 déjà, en pleine guerrede Gaza, un raid contre une flottille de navi-res transportant des armes à destination deGaza et partis d’Iran a été attribué à l’avia-tion israélienne. Israël peut légitimer sesactions par les résolutions du Conseil desécurité des Nations unies qui interdisentà l’Iran d’exporter des armes qui pourraientêtre transférées au Hezbollah.Israël est membre de l’Active Endeavor,une mission de l’OTAN basée à Naples.Les responsables de cette mission parta-gent des renseignements sur les navirescroisant en Méditerranée et suspectés deterrorisme. Un réseau auquel Israël accordebeaucoup d’importance, comme le rap-pelle le
Jerusalem Post 
en indiquant quel’État hébreu y a affecté un de ses croiseurslance-missiles.En janvier déjà, Chypre avait trouvé dansles cales du
Monchegorsk 
, affrêté par l’IRI-SIL et à destination de Syrie, de l’artillerie,des pièces de tanks, et du matériel pourfabriquer des roquettes. En octobre c’est le
Hansa India
qui avait été arrêté avec à sonbord des munitions et du matériel de pro-duction d’armes.Bien que l’Iran et le Hezbollah aientnié tout lien avec le chargement d’armes,les responsables israéliens affirment queles containers du bateau étaient marquésIRISL, soit « Islamic Republic of Iran Ship-ping Lines », une entreprise contrôlée parl’État iranien.Le
Jerusalem Post 
compare la récentesaisie d’armes avec celle faite en 2002sur un autre navire iranien, le
Karine A
, quitransportait alors 50 tonnes d’armes desti-nées à l’autorité palestinienne. À l’époque,Israël s’était appuyée sur la saisie pourconvaincre le président américain GeorgeW Bush qu’il ne pouvait faire confiance àYasser Arafat, et justifier une large incur-sion israélienne en Cisjordanie. Pour AmosHarel et Avi Issacharoff du journal
Haaretz
,
« dans les prochains jours Israël va utiliser cette affaire pour tenter de faire avec l’Irance qu’elle a fait à Arafat. »
A
URÉLIEN
G
IRARD
Une nouvelle cargaison d’armes iraniennes saisie par Israël
 Ashdod, Israël – Le
Francop
à quai après son arraisonnement.
Uriel Sinai/Getty Images
 
LaGrandeÉpoque
16 – 30 NOVEMBRE 2009
 
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Faut-il ouvrir en Espagne undébat sur l’identité nationale,comme le fait en France le gou-vernement du président NicolasSarkozy ? « Dire qu’on va l’ouvrirmaintenant n’aurait pas de sens,car depuis plus d’un siècle,depuis 1898, l’identité nationaleest l’un des grands problèmesespagnols et le débat n’a pascessé d’être ouvert », répondl’historien et professeur de philo-sophie Rafael Nuñez Florencio.
I
l était interrogé le 3 novembre par laRadio nationale espagnole, ce quidémontre l’impact au-delà des Pyré-nées de l’actuelle introspection hexago-nale.L’année 1898 citée par Rafael Nuñezest celle de l’anéantissement par la flottedes États-Unis de l’escadre de l’amiralCervera en rade de Santiago de Cuba.L’Empire espagnol subissait ainsi l’esto-cade. Le « Désastre de 1898 », commeon l’appelle depuis, a profondément mar-qué l’évolution politique, économique etculturelle d’une Espagne se repliant alorssur elle-même.Cela favorisa, à la même époque, lerenouveau sous une forme contempo-raine des nationalismes basque et cata-lan, aujourd’hui rescapés endurcis d’uneguerre civile et de près de quarante ansde dictature franquiste. L’actuelle parcel-lisation de l’Espagne en dix-sept régionsdites autonomes ne visait, lors de la tran-sition démocratique post-franquiste, qu’àrelativiser pour mieux tenter de l’endi-guer la spécificité du Pays basque et dela Catalogne.Rafael Nuñez ne retrace pas ce che-minement dans son interview à la radiopublique de son pays. En Espagne, c’estsupposé connu. Mais c’est à partir decette réalité qu’il croit inutile de compa-rer l’Espagne à la France,
« car la Francen’a pas dix-sept gouvernements autono-mes. La France a une tradition jacobine,une tradition centraliste que nous n’avonsévidemment pas. Le rôle central de Parisn’est certainement pas assumé ici par Madrid »
.En France ce sont les défis posés parl’immigration, forte d’environ 13 % de lapopulation, qui semblent justifier le « pourvous, qu’est-ce qu’être Français ? », poséà tous par le ministre Eric Besson. L’Espa-gne, avec une proportion d’immigrés pres-que similaire (12 % fin 2008) place ailleursle débat si l’on en croit Rafael Nuñez.Selon l’historien et professeur, auteurde nombreux livres et analyses politiqueset sociologiques,
« le problème n’est pastant que les immigrants fassent partie dece qui est nôtre, de ce qui est espagnol,car on devrait d’abord définir exactement ce qui est nôtre. Il faut considérer en pre-mier lieu que l’Espagnol ne se recon-naît pas dans des symboles communs.Votre correspondant à Paris [celui de laRadio nationale espagnole, ndlr] parlait  par exemple de la langue française. Ici,de nombreux exemples montrent que lalangue est davantage un motif de dis-corde, de séparation, et moins d’union. EnEspagne, nous n’avons pas de symbolescommuns qui nous unissent d’un point devue politique. Il suffit de penser à la con-troverse sur l’hymne, le drapeau, la fêtenationale. La différence [avec la France] est donc fondamentale, comme entre le jour et la nuit »
.Le formidable concert de huées etde sifflets qui salua le 13 mai dernierau stade Mestella de Valence tant le roiJuan Carlos et la reine Sofia que l’hymneespagnol ne dément pas l’analyse duprofesseur Nuñez. Si en France ce sontdes immigrés qui sifflent la Marseillaisedans les stades, en Espagne ce sontdes Espagnols qui sifflent leurs souve-rains et la Marche Royale, l’hymne natio-nal. Le stade Mestella était en effet emplide Basques et de Catalans, officiellementtoujours Espagnols, pour la finale de laCoupe d’Espagne, dite Coupe du Roi, dis-putée entre l’Athletic de Bilbao et le FCBarcelone.À noter aussi que la Marche Royalen’est qu’une musique sans paroles,aucun projet de texte pour l’hymne natio-nal n’ayant fait jusqu’à présent l’unanimitédes Espagnols.
Gauche espagnole et natio-nalismes
« Un autre des grands problèmesest que parler aujourd’hui [en Espagne] d’identité nationale, sans autre adjectif,sans plus de nuance, vous identifie à unetendance politique. Actuellement, quicon-que parle de revendiquer ce qui est espa-gnol est associé à la droite en général, àcause peut-être du poids encore grand dela dictature, quoique Franco soit mort en1975 »,
ajoute Rafael Nuñez Florencio.L’historien et professeur ne sera pasdémenti non plus, sur ce point, par leprésident du gouvernement espagnol, lesocialiste José Luis Rodriguez Zapatero,pour lequel
« le concept de nation est dis-cuté et discutable »
.Rafael Nuñez note qu’en Espagne
« lagauche a fait de la revendication régio-naliste ou nationaliste l’un de ses signesd’identité. Aussi avons-nous le paradoxede mouvements nationalistes revêtus d’unlabel de progressisme qui réellement n’est  pas fondé et qui n’existe pas ailleurs »
.
« Ces débats [en France sur l’iden-tité nationale] me paraissent opportunis-tes, liés à l’agenda politique. Si on voulait vraiment les envisager en profondeur,ces débats nécessiteraient un agendatrès différent »,
estime encore RafaelNuñez avant de revenir sur son leitmotiv :
« Comme je le disais au début, en Espa-gne ce débat est présent depuis plus d’unsiècle. Il apparaît et disparaît comme leGuadiana [fleuve du sud ibérique, ndlr] avec plus ou moins de virulence, maisc’est une question que nous-mêmes,comme Espagnols, n’avons pas réso-lue. Il nous faut donc d’abord savoir ceque nous voulons être ou en quoi nousnous reconnaissons pour ensuite voir jus-qu’à quel point nous pouvons demander aux autres qui viennent de l’extérieur des’identifier à nous »
.Et quoique la démarche française sem-ble répondre à une préoccupation simi-laire, la différence demeure dans le faitqu’elle est liée aux problèmes de l’im-migration, mais non à des problèmesautochtones comme en Espagne.
« J’y vois un problème fondamentalement interne que nous n’avons pas résolu »,
 confirme Rafael Nuñez Florencio.
« D’un point de vue politique, parlant des autonomies [régionales], nous savonsqu’il y a une tendance centrifuge qu’il fau-dra, je suppose, stopper à un certainmoment. En outre, il y a [en Espagne] undébat idéologique de plus en plus ouvert dans lequel n’existent pas les points com-muns dont nous avons besoin »,
conclutl’historien. Le fossé entre la droite et lagauche semble en effet plus profond enEspagne que dans n’importe quel autrepays européen.Des centaines d’internautes espa-gnols, mêlés d’hispanisants français,réagissaient mardi à l’article sur le débatidentitaire français signé par le correspon-dant à Paris de l’influent quotidien madri-lène
El Pais
.
« Être Français consiste à se poser des questions telles que Pour vousqu’est-ce qu’être Français ? »
écrivait uninternaute. Un autre lui répondait :
« Et être Espagnol, en quoi cela consiste-t-il ? Mieux vaut ne pas nous poser la ques-tion »
.
C
HRISTIAN
G
ALLOY
www.Latinreporters.com
Identité nationale : « L’Espagne en débat depuisplus d’un siècle »
« Actuellement,quiconque parle derevendiquer ce qui est espagnol est associéà la droite en général,à cause peut-être du poids encore grand dela dictature, quoiqueFranco soit mort en1975. »L’historien Rafael Nuñez Florencio
Steven, un immigré du Ghana, travaille dans une serre de productions de fraise à Palos de la Frontera, auSud de l’Espagne. Steven est arrivé par bateau aux Iles Canaries en 2002.
SAMUEL ARANDA/AFP/Getty Images
Une annonce publicitaire pourl’huile de palme malaisiennea été censurée au Royaume-Uni, portant un coup dur à lacrédibilité de l’industrie malai-sienne. Les Penan, chas-seurs-cueilleurs de Bornéo, seréjouissent de cette interdiction :
« Nous ne tirons aucun béné-fice des plantations de palmiersà huile ; elles nous ont juste pri-vés de nos ressources et denotre terre. »
L
es Penan vivent au Sarawak, dansla partie malaisienne de l‘île de Bor-néo. Ils luttent pour empêcher ladestruction des forêts dont ils dépendentet qui sont abattues pour faire place auxplantations de palmiers à huile. SurvivalInternational appelle le gouvernementmalaisien à mettre fin aux plantations et àl’exploitation forestière sur leur terre sansleur consentement.Le bureau britannique de vérification dela publicité, Advertising Standards, a inter-dit l’encart publicitaire placé par le Comitémalaisien de l’industrie d’huile de palme.La publicité prétendait que l’huile de palmemalaisienne était «
durable
» et contribuaità la «
réduction de la pauvreté, en particu-lier parmi les populations rurales
».Le bureau de vérification publici-taire a estimé que cette affirmation ainsique d’autres relevées dans la publicitéétaient mensongères et ne pouvaientêtre justifiées.Des membres de la tribu Penan quiont déjà perdu une grande partie de leurterre au profit des plantations de palmiersà huile ont déclaré :
« Notre peuple se réjouit de la cen-sure sur la publicité du Comité malaisiende l’industrie d’huile de palme. Comment  prétendre que l’huile de palme réduit la pauvreté alors que depuis le commence-ment les plantations de palmiers à huileont détruit nos moyens de subsistance et nous ont davantage appauvris ? Beau-coup d’entre nous sont tous les jours affa-més par la destruction de notre forêt. »
Les plantations de palmiers à huileet l’exploitation forestière détruisent lesforêts des Penan dans lesquelles ilschassent et pratiquent la cueillette, etpolluent les cours d’eau dans lesquels ilspêchent. Sans leurs forêts, ils ne peuventpas subvenir à leurs besoins.Stephen Corry, directeur de SurvivalInternational, a affirmé :
« L’idée quel’huile de palme malaisienne est écologi-que et contribue au bien-être de l’huma-nité ne passera pas, en particulier auprèsdes Penan. L’expansion de cette indus-trie sur leurs terres est un réel désas-tre. »
L’huile de palme est utilisée dans l’ali-mentation courante et de plus en pluscomme agrocarburant.
Survival International 
Communication grippée pour l’huile de palme
Une publicité censurée porte un coup dur à l’industrie malaisienne d’huile de palme
« Comment prétendreque l’huile de palmeréduit la pauvretéalors que depuisle commencement les plantations de palmiers à huile ont détruit nos moyensde subsistance et nous ont davantageappauvris ? »
 Août 2009 – Des Penan manifestent contre les producteurs d’huile de palme.
SAEED KHAN/AFP/Getty Images
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