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LaGrandeÉpoque
UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION
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1 700 000 exemplaires
 
ÉDITION 167
1 – 15 DÉCEMBRE 2009 • BIMENSUEL
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ERKELEY, Californie – Parmi lescris de rassemblement, une foulede plusieurs centaines d’étudiants,d’enseignants, d’employés, et de syn-dicalistes, a commencé à protester le18 novembre devant le Wheeler Hallde l’université Berkeley en Californie –derrière un impressionnant cordon depoliciers. Depuis près de deux semai-nes, la mobilisation ne faiblit pas pourprotester contre la récente décisiondu doyen de l’université de Califor-nie d’augmenter de 32 % les frais descolarité au premier semestre 2010.Selon le personnel administratif, 3.800étudiants n’ont pu accéder à leurscours du fait de la mobilisation.Pendant les trois premiers jours degrève, étudiants et employés syndi-qués ont formé des piquets de grèveafin de bloquer l’entrée de l’université.Les alarmes incendie retentissaientcontinuellement dans tous les bâti-ments du campus, s’ajoutant aux criset aux slogans. L’alarme du bâtimentprincipal a tellement sonné qu’elle enest tombée en panne.
Lire la suite page 4
Grève massive àl’université de Berkeleyen Californie
Dubaï, unriche émiraten faillite ?
La justice espagnole s’était déjà illustrée en demandant l’extradition du dictateur chilien Augusto Pinochet, en 1998. Plus récemment,elle a aussi été la première à enquêter sur des plaintes de génocide au Guatemala et au Tibe
t.Page 5 
URUGUAY
URUGUAY
Un ex-guérillero à la tête del’Uruguay. 
Page 3
AMÉRIQUE DU SUD
AMÉRIQUE DU SUD
La tension montre entre leVenezuela et la Colombie. 
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ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
Le risque climatique : un gouffrepour l’économie mondiale. 
Page 7 
JOUETS DE NOËL
JOUETS DE NOËL
Les jouets « Made in China » ? 
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P. 9
Nouveau Regard
Les téléphonessolairesdébarquentDater les filmspour mieux lescomprendre
P. 15 
Art de vivre
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Art de vivre
Le Mont-Blanc enchaise roulante,du rêve à la réalité
International
P. 2
International
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Israël
P. 4
La justice espagnole en croisadecontre la torture en Chine
L’avocat, Me Carlos Iglesias (deuxième à droite), et le dissident chinois Wei Jingsheng (centre), sont en compagnie de pratiquants deFalun Gong victimes de persécution. Ils portent plainte contre des hauts dirigeants chinois pour torture et génocide.
Victor Liu/La Grande Époque
Un autreregard sur lescolons juifsen Cisjordanie
L’impunité auxPhilippines
Interrogationsautour dela « banqueADN » anglaise
Économie
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ans un acte d’une extrême vio-lence, soixante-quatre personnesont été assassinées aux Philippi-nes le 23 novembre ; au moins 26 d’en-tre-elles sont des journalistes.Des hommes armés pour la plupartnon identifiés, dont deux policiers, sem-blent être les responsables, selon Repor-ters sans frontières (RSF). Certains ontété en relation avec le gouverneur de laprovince, un partisan de la présidente phi-lippine Gloria Arroyo. Les victimes ont étémassacrées dans le sud de l’île de Minda-nao, et certaines victimes ont été décapi-tées, ajoute RSF.Clothilde Le Coz, directeur de RSFà Washington D.C., explique que l’or-ganisation a un correspondant avec quiils sont en contact.
« C’est l’un des plusgrands massacres de journalistes jamaisvu »
, dit Mme Le Coz.
« Nous adressonsnos condoléances et notre sympathie àtous les journalistes aux Philippines, qui sont en état de choc après ce massacreépouvantable. »« Cette fois, la violence aveugle devoyous travaillant pour des politicienscorrompus a entraîné un incompréhen-sible bain de sang »
, ajoute RSF dansun communiqué.
« Nous réclamons uneréaction forte de la part des autoritéslocales et nationales
».Le massacre a eu lieu quelques heu-res après que 50 hommes armés menéspar Andal Ampautuan Jr., le maire deShariff Aquak (une municipalité de laprovince de Maguindanao), et un inspec-teur de police uniquement identifié sousle nom de Dicay, ont kidnappé des mem-bres d’un grand convoi de partisans de M.Esmael Mangudadatu, un adversaire duclan Ampatuan qui voulait poser sa candi-dature pour devenir gouverneur.Le convoi des partisans de Mangu-dadatu, accompagné de journalistes, serendait au bureau électoral pour dépo-ser les documents nécessaires à sa can-didature. L’hypothèse la plus probableest que les hommes armés ont essayéde les empêcher d’atteindre leur desti-nation. La femme de Mangudadatu, ainsique sa sœur et d’autres parents font par-tie des victimes.Les assaillants ont violé, torturé etdécapité certaines des victimes, dontles corps ont été retrouvés dans des fos-ses communes, indique RSF. Et si Andal Ampatuan Jr, le fils du gouverneur unani-mement désigné comme commanditairedu massacre, s’est rendu à la police le 26novembre, rien ne dit que la volonté poli-tique de le punir – et au-delà de lui, sonpère, existera.
L’impunité comme norme
Les Philippines ont une longue his-toire d’impunité et d’attaques contre les journalistes, rappelle Erik Jensen, cher-cheur au Centre sur la Démocratie, leDéveloppement et le Légalisme, de l’uni-versité de Stanford :
« C’est la pire atta-que sur des journalistes de l’histoire desPhilippines, et peut-être que les chiffreset la brutalité utilisée vont provoquer uneréaction là où on n’a vu dans le passé quede l’inaction »
, suppose-t-il.
« Un événe-ment comme celui-ci pourrait changer la donne, et cette tragédie pourrait êtreconstructive. »
Pour Jensen, le risque de l’impunitédemeure
« en partie du fait de la fai-blesse des enquêtes dans le système cri-minel philippin, mais aussi à cause desaccords politiques cachés ».
Jensen a vécu quatre ans aux Philip-pines en tant que représentant de la AsiaFoundation.Durant les huit dernières années, aumoins 74 journalistes ont été tués auxPhilippines, et seulement quatre coupa-bles ont été arrêtés, ce qui fait du paysl’endroit le plus dangereux au mondepour les journalistes, indique la Fédéra-tion Internationale des Journalistes (FIJ).
« Un massacre comme celui-ci… j’es- père que le gouvernement et les politi-ciens de Mindanao vont se réveiller »
,dit Jensen.
« C’est au-delà de tout ce quenous avons vu dans le passé. »
La FIJ accuse pour sa part le gouverne-ment de Gloria Arroyo de ne pas avoir agipour mettre fin à la culture de l’impunité.
« Le gouvernement Arroyo doit s’engager de façon claire à mener une enquête indé- pendante et efficace sur ce massacre »
,demande le Secrétaire Général de la FIJ, Aidan White.
« Les élections auront lieudans six mois, les autorités doivent agir maintenant pour garantir la sécurité des journalistes dans le pays. »
Un jour de deuil national a été décrétépar la présidente Gloria Arroyo :
« Cecrime est trop grave pour ne pas éveiller la conscience de la nation ou de touteautre nation sur le sujet »
, indique-t-elle.
« Ce n’est pas une simple lutte électoraleentre clans opposés, c’est un acte d’inhu-manité suprême qui est une ruine pour notre nation. »
Jensen raconte que même si la pressephilippine dans son ensemble est un peuen désordre, elle a vu émerger des jour-nalistes d’excellent niveau, qui ont le cou-rage d’agir et de faire leur métier bien queconnaissant les dangers pour leur vie.
« Je ne peux m’empêcher de penser quecela va les refroidir.»
 Dolly Zulueta, rédactrice en chef d’unmagazine manillais, enrage de voir 
« les politiciens traiter les journalistes ainsi »
.Et pour l’écrivaine Norma Chikiamco, lemassacre n’est qu’un élément
« dansune stratégie de violence électorale : il reste tant de temps avant les électionset déjà cela a eu lieu, alors nous pou-vons déjà penser que cela va recom-mencer »
.Le 25 septembre à San Juan, aux Phi-lippines, des experts avaient assisté àune table-ronde financée par le bureaude l’UNESCO à Jakarta, avec pour thème«
l’impunité des crimes contre les journa-listes
». Depuis l’arrivée au pouvoir deGloria Arroyo, plus de 1.000 exécutionsextrajudiciaires ont eu lieu dans le pays.Gloria Arroyo a été réélue en 2004 et en2007 grâce au soutien de la famille Andal Ampatuan, lors de campagnes qui ont faitrespectivement 186 et 126 morts.
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HARLOTTE
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UTHBERTSON
L’impunité aux Philippines
Quelles suites après le massacre de 64 personnes par des proches de la présidente Arroyo ?
Un militaire philippin est aperçu à travers la vitre brisée d’un desvéhicules qui ont servi à enterrer les victimes du massacre.
 Jeoffrey Maitem/Getty ImagesTed Aljibe/AFP/Getty Images
Des chandelles allumées par familles et proches.
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ONDRES— La banque de données ADN britannique s’est progressive-ment développée jusqu’à devenir la plus grande au monde, mais pourraitconnaître des
« dérives fonctionnelles »
,affirme un rapport qui commence à fairedu bruit.Le document de 104 pages intitulé« Rien à cacher, rien à craindre ? »recommande que la biobanque, qui con-tient plus de cinq millions d’ADN humains,soit régie par une charte venant du Par-lement britannique et régie par une auto-rité indépendante, ce qui n’est pas le casaujourd’hui.Le Parlement n’a en effet pas abordéla question des utilisations possibles dela banque d’ADN, ni celle des moyensde sa protection. Le gigantesque stockde matériel génétique s’est développéprogressivement, d’après le professeur Jonathan Montgomery, président de laCommission de Génétique Humaine,auteur du rapport.
« En même temps il y a eu une dérivefonctionnelle qui a permis le stockagede l’ADN de plus en plus de gens, maisil n’est pas certain que ceci ait permisd’améliorer l’identification de criminels »,
 dit-il.Le rapport demande un débat parle-mentaire complet sur la « UK Biobank »,une nouvelle législation, et un organismeindépendant pour la contrôler. Il s’ap-puie sur les déclarations d’un policier à laretraite qui indique que de nombreux poli-ciers de terrain arrêtent des personnesprincipalement pour prélever leur ADN etconserver leurs informations génétiques,qu’ils soient ou non reconnus coupablesd’un délit ou d’un crime. Près de 8 % dela population anglaise serait représentéedans la base de données nationale.Pour les auteurs, une partie de la res-ponsabilité est à chercher dans les sériesTV mettant à l’honneur des services depolice scientifique, et indiquent que cetteculture populaire a contribué à la percep-tion que l’ADN est l’outil ultime pour lesuccès des enquêtes.Contrairement à cette perception géné-rale, indique le rapport, l’efficacité de labase de données ne semble pas être àla hauteur des attentes, tout en rendantles enquêteurs de police excessivementdépendants des analyses génétiques.Pour Jonathan Montgomery, les con-clusions favorables à la biobanque ADNne sont pas statistiquement valables et jouent sur quelques exemples médiati-ques et à fort impact émotionnel.
« Leur répétition, le fait qu’on les ramène tou- jours sur la table, renforce l’attitude publi-que à ce sujet, comme s’il s’agissait denouveaux cas. »
Un document interne du ministère del’Intérieur britannique mentionne pour seule preuve de l’efficacité de la banque ADN la déclaration d’une mère suite aumeurtre de son enfant. Certains exem-ples utilisés médiatiquement pour prou-ver l’efficacité de la banque se sont deplus avérés faux : L’association Libertya ainsi établi que dans plusieurs d’entreeux, l’ADN n’avait pas été l’élément per-mettant d’identifier les coupables.
« L’idiotie de tirer des conclusionsgénérales à partir de cas particuliers,et l’utilisation d’une rhétorique factice… pour renforcer les croyances ne devraient  pas remplacer les faits et le raisonne-ment »
indique le rapport.Celui-ci pose aussi la question desbiais, la population noire étant propor-tionnellement quatre fois plus représen-tée dans la banque que le reste de lapopulation.L’association britannique des commis-saires de police (ACPO) a déclaré ne pasrejoindre cette analyse. Elle pointe le faitque le rapport ne fournit pas de preuve deses affirmations.
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Interrogations autour de la « banque ADN » anglaise
Des policiers retraités disent avoir réalisé des arrestations uniquement pour obtenir un échantillon ADN
La banque de données ADN britannique, insuffisamment cadrée juridiquement, connaîtrait des dérives.
 Leon Neal/AFP/Getty Images
 
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ONTEVIDEO – « L’indépendance »de l’Uruguay face aux « ingéren-ces » du président vénézuélienHugo Chavez a eu beau être brandie parl’ancien président conservateur Luis AlbertoLacalle contre son adversaire de gauche au2
e
tour de l’élection présidentielle, l’ex-gué-rillero José Mujica a largement remporté lescrutin du 29 novembre.Candidat à 74 ans du Front élargi regrou-pant toutes les gauches, radicales et modé-rées, José Mujica, surnommé Pepe, avaitdéjà largement devancé le 25 octobre sesadversaires du 1
er
tour de la présidentielle :48 % des suffrages, contre 29 % au Partinational (droite), appelé aussi Parti Blanco,mené par Luis Alberto Lacalle et 17 % aucandidat de l’historique Parti Colorado (cen-tre droit), Pedro Bordaberry.L’avantage d’entre 2 et 10 points octroyéspar les sondages unanimes à José Mujicarendait inévitable sa victoire finale le 29novembre selon la plupart des sociolo-gues consultés par les médias uruguayens.Le Front élargi conserve donc pour unenouvelle législature de cinq ans le pou-voir conquis pour la première fois en 2004avec le social-démocrate Tabaré Vazquez,aujourd’hui président sortant. Comme lui,Mujica pourrait s’appuyer sur une majo-rité absolue parlementaire de gauche,renouvelée le 25 octobre, pour gouvernercet Uruguay d’à peine 3,4 millions d’habi-tants, grand comme quatre fois la Suisse àlaquelle on l’a parfois comparé, c’est-à-direpetit à l’échelle sud-américaine.
Le « va-tout » de LuisAlberto Lacalle
Pour tenter de conjurer sa défaite annon-cée avec insistance, Luis Alberto Lacalle,68 ans, a souvent attribué à José Mujicaune pensée identifiée à celle de Hugo Cha-vez et de la révolution cubaine. Il priait enfin de campagne l’ex-guérillero de clamerpubliquement, avant le 29 novembre, qu’iln’adhérerait pas à la V
e
Internationale socia-liste qu’ambitionne de créer le président duVenezuela.Le candidat conservateur insinuait à voixhaute que son adversaire n’était peut-êtrepas le mieux placé pour défendre « l’in-dépendance nationale » lorsque Chavezcommettait « l’ingérence » d’envoyer « unegrande embrassade à Pepe », le désignantcomme « prochain vainqueur de l’élection »présidentielle uruguayenne.Luis Alberto Lacalle affiche le mêmenationalisme contre les « ingérences » enfaveur de Mujica qu’il attribue à des person-nalités du Parti des travailleurs du présidentbrésilien Lula da Silva et à des intellectuels« proches du couple présidentiel argentin »,Cristina et Nestor Kirchner.La presse conservatrice et les partisansde Luis Alberto Lacalle rappelaient avec rai-son que ni Mujica ni sa femme et aussi ex-guérillera, la sénatrice Lucia Topolansky, nese sont jamais repentis d’avoir tenté avec lestupamaros d’importer la révolution cubaineen attaquant par les armes la démocra-tie uruguayenne pourtant conduite alors,comme aujourd’hui, par un Parlement et unprésident élus.Sur ce point sensible, José Mujica etHugo Chavez sont sur la même longueurd’onde. Le leader bolivarien ne regrette eneffet nullement sa tentative de coup d’Étatmilitaire du 4 février 1992. Il célèbre mêmechaque année l’anniversaire de cette date,imposé aux Vénézuéliens comme jour fériénational, alors que c’est aussi un présidentet un Parlement élus qu’il prétendait renver-ser. Il leur reprochait une corruption - réelleet manifeste - mais après dix ans de pouvoirchaviste, le rapport 2009 de Transparencyinternational vient d’attribuer au Venezuela,comme en 2008, le titre de pays le plus cor-rompu d’Amérique latine.Assurant Hugo Chavez de sa « sym-pathie », José Mujica précise néanmoinsrécemment qu’il lui préfère le Brésilien Lulada Silva pour sa « philosophie » du dialo-gue et que s’il était élu à la présidence, il n’yaurait « ni expropriation ni aucune des sotti-ses commises au Venezuela ».Fondées ou non, les spéculations sur uneprochaine dérive autoritaire, style Chavez,d’une présidence qu’assumerait José Mujicaont contribué en pleine campagne électoraleà conférer un énorme écho médiatique à ladécouverte fortuite d’un arsenal clandestin,le 31 octobre à Shangrila, station balnéairesituée à 20 km de Montevideo.
Des révolutionnaires tou- jours présents
Au total, 704 armes courtes et longues, ycompris des fusils de guerre M-16, FAL etAK-47, ainsi que 500 grenades, 200 kg depoudre et 110.000 cartouches ont été saisis.Une littérature marxiste les accompagnaitdans la demeure d’un économiste nomméSaul Feldman. Se présentant chez lui aprèsun début d’incendie signalé par des voisins,la police a été accueillie par l’économisteà coups de feu. Selon la version officielle,Saul Feldman, dont les activités clandesti-nes demeurent un mystère, a tué un policieret en a blessé deux autres avant, blessé lui-même, de se suicider.Le Parti Colorado, par la voix de l’ex-pré-sident uruguayen Jorge Batlle, et le Partinational de Luis Alberto Lacalle ont prétenduaussitôt que Saul Feldman avait noué desrelations avec José Mujica et ses anciens
tupamaros
. Mais l’absence de preuves poursoutenir une telle affirmation a apparem-ment empêché le candidat conservateurd’en retirer des dividendes électoraux. Lamanière dont ses partisans ont tenté d’utili-ser l’affaire lui a peut-être même porté pré- judice. Un comble alors que la lutte contre lacriminalité, avec promesse d’y impliquer l’ar-mée, a été l’un des grands thèmes de cam-pagne de Luis Alberto Lacalle.
Les atouts de José Mujica
L’ancien guérillero
tupamaro
José Mujicas’est pour sa part présenté en continuateurdu modéré Tabaré Vazquez, qui remettra le1
er
mars 2010 l’écharpe présidentielle à sonsuccesseur, après avoir réduit de 34 à 20 %le taux de pauvreté, de 13 à 8 % celui duchômage, obtenant aussi un niveau d’inves-tissements étrangers jamais atteint aupa-ravant dans une économie qui continue àcroître malgré la crise.Une première mondiale symbolise peut-être cette réussite à laquelle contribua JoséMujica comme ministre de l’Agriculture :l’Uruguay est devenu sous la première légis-lature du Front élargi le seul pays de la pla-nète dont tous les élèves du cycle primairede l’enseignement public, ils sont 362.000,ont reçu chacun gratuitement un ordinateurportable avec connexion wi-fi à Internet. Lesétudiants du secondaire devraient béné-ficier du même privilège à partir de 2010.Qu’une gauche latino-américaine démocra-tise à ce point l’accès à Internet donne pro-bablement, à Cuba, des sueurs froides auxfrères Castro.Face à cela, les messages forts du candi-dat conservateur – une étonnante, mais allé-chante, suppression de l’impôt sur le revenuet de l’impôt sur les retraites – n’ont pasporté. En 2009 et en Amérique du Sud, avoirété président avant le grand virage régio-nal à gauche et être de surcroît riche pro-priétaire terrien est moins rentable qu’avoirpour bagages, comme José Mujica, une ori-gine et un franc-parler paysans, une allergieau costume-cravate, une version Robin desBois d’un passé de guérillero et de prisonnierde la dictature, ainsi qu’un sourire de grand-père du peuple d’apparence débonnaire.
LatinReporters.com
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La Grande Époque
José Mujica, grand favori de la présidentielle
Défaite de l’ancien président conservateur Luis Alberto Lacalle
 
 presidencia.gub.uy
D
epuis le 28 juillet dernier, lesponts diplomatiques sont cou-pés entre Colombie et Véné-zuela. Dernier pas dans la montée destensions entre les deux pays, la Colom-bie a refusé, samedi 28 novembre, d’en-voyer ses ministres de la Défense et desAffaires étrangères en Équateur pour laréunion de l’Unasur (Union des NationsSud-américaines), expliquant que dansle contexte actuel, des discussions
« res- pectueuses »
avec le Vénézuela étaientimpossibles.Bogota a décidé pendant l’été d’auto-riser l’utilisation par les États-Unis desept de ses bases militaires, officielle-ment pour l’aider dans la lutte contre lesnarco-trafiquants. Caracas qui considèrela décision comme une
« déclaration deguerre »
a annoncé cesser toute relationdiplomatique avec la Colombie. Et, débutnovembre, Hugo Chavez a prévenu lesVénézuéliens qu’il fallait
« se préparer àla guerre. »
L’ordre du jour de la rencontre del’Unasur en Équateur le 28 novembre – en particulier discussion sur les ten-sions entre Chili et Pérou sur un sup-posé espionnage militaire commanditépar Santiago – a donc été éclipsé parles remous liés à l’absence colombienne.Pour le ministre des Affaires étrangèresvénézuélien Nicolas Maduro, cité parl’AFP, celle-ci est
« une énorme erreur et un acte de violence à l’encontre del’Unasur. »
Quelques jours plus tôt, le 22 novem-bre, son ministre adjoint, Arias Cárdenasavait indiqué que les médiations entre lesdeux pays ne pourraient se faire que vial’Unasur, excluant
de facto
une interven-tion de la Secrétaire d’État américaineHillary Clinton.
« Il y a un problème entre la Colom-bie et l’Amérique du Sud ; il y a un pro-blème entre l’oligarchie colombienne et les changements de la région. Alors, desefforts de médiation ne sont pas néces-saires entre Colombie et Venezuela, sauf s’ils sont faits dans le cadre de l’Una-sur »
, expliquait le ministre à la télévi-sion Televen.Le Venezuela annonce par ailleursavoir arrêté des espions colombiens opé-rant sur son territoire, ce que démententles responsables de la sécurité colom-biens. Et Hugo Chavez n’a pas fait men-tir son style en insultant le gouvernementcolombien sur la télévision nationale :
« Leur ministre des Affaires étrangè-res dit que le Venezuela parle de guerre.Je ne peux parler comme je le souhaite-rais car nous sommes en direct… vous,méprisable personne, de même quevotre président, avez créé la honte de laColombie ! »« De tels mots sont déplorables et ne doivent pas exister entre nos chefsd’État d’Amérique Latine »,
a commentéle Secrétaire Général de l’OAS (Organi-sation des États sud-américain), JoséMiguel Insulza, cité par le journal
El Uni-versal 
alors que les appels au calme semultipliaient, émanant en particulier duprésident brésilien Luiz Inacio Lula DaSilva .La Colombie a formellement annoncéson intention de porter plainte auprèsde l’OAS suite à la destruction de deuxponts transfrontaliers par les militairesvénézuéliens, qui ont choisi de répondrepar la voix du Général Eusebio Aguero,cité par l’AFP :
« Nous empêcherons quedes crimes soient perpétrés et utilisant ces pont illégaux pour le trafic d’essence,de nourriture ou de drogue. Le gouverne-ment colombien sait que nous avons ledroit de détruire ces ponts »
.
A
URÉLIEN
G
IRARD
Montée des tensions entre Venezuela et Colombie
Troupes à la frontière et amabilités diplomatiques
Des soldats vénézuéliens se préparent à faire exploser un pont à lafrontière avec la Colombie, dans la ville colombienne de Ragonvaliaau Nord du département du Santander.
STR/AFP/Getty Images
L’ancien guérillero José Mujica.
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