raisons.2. Car enfin, pour un homme jeune, sain de corps et pourvu de tout ce qui est nécessaire pour vivre, laterre, avec l'infinie variété de ses agréments, offre un attrait d'autant plus grand qu'un tel homme n'asouvent pas la moindre idée de la gloire d'un royaume de Dieu intérieur qui n'a pas commencé à germer en lui, idée que son éducation mondaine, si morale soit-elle, n'a d'ailleurs pas davantage pu lui donner.3. Lorsqu'on dira à cet homme qu'il doit se détacher de toutes les beautés de la terre parce que cet amour terrestre lui cache la splendeur du royaume supérieur et éternel de Dieu et la dérobe aux regards de sonâme, ne répondra-t-il pas : ''En ce cas, montrez-moi ces splendeurs, et je tournerai le dos à celles de cetteterre !" ? Comment éloignerons-nous le brouillard mondain de cet homme, qui a finalement raison luiaussi à sa manière ?4. Encore sont-ce là des hommes bons à la manière du monde, et à propos de qui nous pouvons nousdire qu'on n'abat pas un arbre d'un seul coup, fût-ce avec la hache la plus tranchante, et que le temps porte conseil ! Mais il y a l'immense foule de ceux qui dépendent totalement de leur position en cemonde : d'abord l'état de prêtre, puis celui de fonctionnaire avec ses nombreuses ramifications, et enfinl'état militaire, souvent très fruste encore. Dans toutes ces légions humaines, le nuage de l'amour dumonde est pour la plupart une masse compacte et obscure. Comment le balayer ? Et ne parlons même pas des serviteurs et des esclaves, qui sont des hommes aussi, mais ordinairement fort au-dessous detoute éducation au bien. Avec la plupart des Juifs, ce travail préalable sera déjà bien difficile : que sera-ce donc avec les autres peuples de la terre ! Mais puisque cette tâche, si dure soit-elle, est pourtantessentielle, explique-nous encore un peu, nous T'en prions, Seigneur et Maître, comment nous devonsnous y prendre pour ne pas travailler en vain. »5.
Je
dis : « Mes chers amis, Je sais mieux que quiconque que cette tâche n'est pas facile et vous coûtera beaucoup d'efforts et de grands sacrifices avant que n'apparaissent les résultats escomptés : mais Je vousdonne aussi les moyens et les expédients nécessaires pour que vous puissiez l'accomplir là où cela est possible, comme Je le fais Moi-même à présent avec vous - et Je ne peux vous donner plus que Je n'aiMoi-même ! Mon esprit vous fera voir clairement en vous-mêmes, en temps et en heure, ce que vousaurez à faire pour amener les gens à l'état nécessaire pour recevoir le royaume de Dieu.6. Les gens prendront ainsi conscience de ce qui leur manque, et ils feront alors de grands efforts pour atteindre ce qu'ils auront perçu en vous. En cela, Je dis comme vous :
EXEMPLA TRAHUNT
(l'exempleentraîne). Car lorsqu'un homme, en vous voyant, comprendra ce que c'est que posséder le royaume deDieu, il viendra à coup sûr vous demander comment vous en êtes arrivés là. Il vous sera alors facile de parler, et vos paroles et vos actes feront bientôt s'enfuir les brumes que vous savez, tout comme Mes paroles et Mes actes ont chassé les vôtres !7. Cependant, Je ne vous demande certes pas d'aplanir toutes les montagnes et les collines en une année,ni même en un jour. Il suffit que chacun de vous fasse ce qu'il peut avec bonne volonté et bonne foi : pour le reste, J'y veillerai Moi-même. Je ne vais certes pas vous demander davantage que Je ne puis enfaire Moi-même compte tenu du libre arbitre des hommes ! Ne serait-ce pas folie, de la part d'un pèrevigoureux, que d'exiger de ses enfants encore faibles qu'ils portent des fardeaux plus lourds que ceuxdont il se charge lui-même ? Je vous le dis, et vous en ferez l'expérience : le joug que J'ai posé sur vousest doux, et mon fardeau est léger.8. Malgré tout, le monde répugnera à quitter sa fausse lumière, et, quand beaucoup auront déjà pleinement accueilli la lumière des cieux, il mènera de durs combats contre cette pure lumière des cieux,et beaucoup de sang innocent sera versé : pourtant, le royaume de Dieu finira par triompher définitivement sur cette terre, et la fausse lumière du monde périra et perdra toute valeur, comme le fauxor et le faux argent aux yeux du connaisseur.9. Je n'ai certes jamais défendu aux hommes de prendre plaisir aux beautés qui parent la terre : mais ilsdoivent toujours garder au coeur la pensée de Celui qui a fait la terre si belle, et c'est ainsi que leurssentiments seront édifiés. Car celui qui porte un regard juste sur les oeuvres de Dieu peut aussi y prendre un plaisir futile. Les amis de la belle nature terrestre sont assurément des hommes de bien qu'ilest aisé de faire mûrir pour le royaume de Dieu.
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