dans une salle de classe en annonçant qu’aujourd’hui je vaisparler de Giotto,de Vermeer ou de Manet,mon auditoire esten droit de se demander:«Pourquoi ces peintres-ci,et pour-quoi aujourd’hui?» Il va falloir allumer la petite flamme del’intérêt.Le combustible n’est pas forcément prêt.Alors que si je m’appuie sur une haute vague,ma pirogue ira loin.Ce peutêtre la disparition d’un grand peintre,l’inauguration d’unerétrospective d’un artiste,une violente querelle,une enchèrerecord… à moins qu’une nouvelle subtilisation de
La Joconde…
L’événement,les journaux,les écrans,les conversations sontparvenus à vous intéresser,vous êtes un peu informés mais desquestions se posent.Quoi de plus normal? Celui qui «montre»l’Art va s’efforcer d’y répondre.À ce sujet,deux remarques viennent naturellement.Siminimes qu’elles pourraient bien échapper.Autant les noter.Les réponses aux questions posées peuvent être données parles publications les plus diverses.Du numéro spécial de revued’art au livre au format de poche,en passant par le très com-plet catalogue d’exposition.Pour l’occasion,on ressortira deson écrin ou de son tabernacle le grand livre d’art luxueux,coûteux.Prévenus du privilège qu’il y a à le manier,lesenfants en prendront le plus grand soin.Cela aussi est unapprentissage pour plus tard.
92Si j’étais bibliothécaire
Leave a Comment