[7]LA MORT ET L'AU-DELÀ
Qui ne se rappelle l'histoire de ce missionnaire chrétien, venu enAngleterre pour y prêcher l'Évangile de son Maître et qui, assis un soir dans une des vastes salles du palais d'un roi saxon entouré de ses vassaux,discourait sur la vie, la mort et l'immortalité, quand, tout à coup, un oiseaus'élançant par une fenêtre sans vitraux, traversa la salle d'un vol rapide ets'en fut de nouveau dans l'obscurité de la nuit. Le prêtre chrétiens'adressant alors au monarque et comparant la courte apparition de l'oiseauau milieu de la grande salle à la vie passagère de l'homme sur cette terre,ajouta que la caractéristique de la foi qu'il prêchait, c'est qu'elle enseignaitcomment l'âme, en s'échappant de sa demeure terrestre, s'envolait, noncomme l'oiseau dans les ténèbres de la nuit, mais vers la radieuse lumièred'un monde glorieux !
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Et, en effet, l'homme ne fait-il pas son apparition dans la vie, commel'oiseau dans la grande salle du roi saxon, demeurant quelques courtsinstants dans ce monde, puis échappant de nouveau à nos regards, pour disparaître dans l'inconnu, dans la mort ? N'est-ce pas toujours la mêmequestion qu'il pose à la religion ? – D'où viens-je ? – Où vais-je ? Et lesréponses varient selon la foi qui les dicte.Bien des siècles se sont écoulés depuis cet entretien entre Paulinus etle roi Edwin, et pourtant il serait difficile de trouver dans les annales del'histoire une époque où un plus grand nombre de personnes à la fois aient jamais été à se demander, comme les chrétiens d'aujourd'hui, si l'homme avraiment une âme dont l'origine et la destinée lui soient toutes deuxinconnues.Et ces mêmes chrétiens qui affirment que leur religion adéfinitivement banni les terreurs de la mort, ont, eux-mêmes, entouré lecercueil et la tombe de plus de tristesse et de cérémonies lugubres quen'importe quel autre culte ! Que peut-il y avoir de plus attristant quel'obscurité qu'on maintient dans la maison où repose un mort attendant lasépulture ? Quoi de plus repoussant que les longs vêtements de crêpe et la
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laideur recherchée de ce grand voile par lequel une veuve désolée
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