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Rencontre avec Daniel Vuillon, fondateur des AMAP26 avril 2009 – Louvain La NeuveUn peu d’histoire
Teikei
C’est dans les années 60 que les premières initiatives de ce genre voient le jour auJapon.A cette époque, de nombreuses personnes décèdent après avoir mangé des poissonsau contenu toxique élevé (catastrophe de Minamata) ou de l’alimentation contenantdes résidus de pesticides.Plusieurs mères de famille se regroupent pour contacter des producteurs locaux etleur demander de produire des aliments sains et de saison avec en échange lagarantie qu’elles achètent toute leur production. Ces groupes s’appellent des «TEIKEI » qui signifie « transparence ».Ce faisant, ces producteurs :
 
Ne sont plus dépendant des mercuriales de prix (prix du marché)
 
Sortent de l’économie de marché pour assurer leur activité
 
Réduisent voire suppriment leur dépendance aux intrants de chimie desynthèse
 
Réduisent le gaspillageSignalons que ces TEIKEI existent toujours au Japon. Plus même, 1 Japonais sur 3fait partie d’un TEIKEI. C’est la présence importante de ces structures qui expliquesans doute le fait que 10% encore de la population japonaise sont des agriculteurscontre, par exemple, 0,8% en France.
Jardins deCocagne -Suisse
Ce concept se développe ensuite en Suisse sous le nom de « Jardins de Cocagne »(qui n’ont rien à voir avec leurs homonymes français). Il s’agit de coopératives deconsommateurs acquérant une terre pour la mettre à disposition d’agriculteurs quiproduisent pour eux.
USA
Ensuite ce concept prendra son essor aux USA et au Canada sous le nom de CSA(Community-Supported Agriculture). Aujourd’hui, il existe aux USA 2500 CSA. AuQuébec, 12% de la population fait partie d’un CSA.Daniel Vuillon. a constaté que tous les producteurs passés aux CSA pratiquent labiodynamie (qui est la technique « bio » qui apporte le plus de vie aux alimentswww.bio-dynamie.org
 
)
 
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Et la première AMAP voit le jour…
Découverte
Daniel Vuillon habite à la Seyne sur Mer dans la région de Toulon. Il vit dans laferme « Les Olivades », une ferme de 10 hectares.C’est la ferme de ces ancêtres qui date de 1804. Ferme où il est né.Jusqu’en 2001, il produisait essentiellement pour la grande distribution avec, en plus,un point de vente à la ferme et de l’approvisionnement auprès de la grandegastronomie.En 2000, en allant rendre visite à sa fille à New York, il fait la découverte, en pleinManhattan, d’un CSA, une structure réunissant des personnes s’approvisionnantauprès de petits producteurs périurbains.Lors d’un débat sur la « malbouffe » à Marseille, il fait part de cette découverte etquelques personnes lui suggèrent de tenter l’expérience.
Premier essairéussi
Début 2001, il démarre alors avec 40 familles d’Aubagne sur une période de 6 moisdans ce qui est la première AMAP (Alliance pour le Maintien d’une AgriculturePaysanne).Concrètement, les familles s’abonnent via un contrat de 6 mois qu’elles paientcomptant ou en mensualités et reçoivent un panier chaque semaine. Ce panier est leproduit du partage équitable entre les membres DE L’ENSEMBLE DE LAPRODUCTION DE LA FERME.L’évaluation étant positive, en octobre 2001, il propose à sa clientèle quis’approvisionnait auprès de son point de vente de passer en AMAP. Il se forme alors3 groupes de 50 personnes et Daniel Vuillon peut se permettre de dire « au revoir » àCarrefour.En 2003, la ferme devient 100% AMAP avec 210 familles abonnées.
2 craintesrapidementestompées
En démarrant cette AMAP, les Vuillon ont deux craintes :
 
les consommateurs vont-ils se satisfaire des produits de saison que la ferme leurproposera ?Réponse : les consommateurs étaient ravis ; « trop de choix tue le choix »
 
les paniers continueront-ils à être écoulés malgré que les personnes sont envacances ?Réponse : les AMAPiens se sont débrouillés pour trouver un ami, un parent pourprendre et consommer le panier pendant leur absence
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Et la première AMAP voit le jour…,
Suite
Ce qui a changéaux OlivadesAvant Aujourd’hui
Monsieur Vuillon passait 100% de sontemps dans la commercialisation auprèsdes grandes surfaces et Madame Vuillon60%.Ils ont retrouvé une qualité de vie en termes de tempsde travailIls consacrent leur temps à développer des pratiquesagricoles alternatives et efficacesIls offrent des emplois qualifiés et durablesLes retours des chefs de rayon des grandessurfaces étaient cyniques avec commeobjectif d’acheter au moindre prixLes consommateurs, membres de l’AMAP, donnentdes retours positifs, valorisants, constructifsIls avaient peur de ne pas vendre Ils ont peur de ne pas produire assez
Les Olivades et les AMAP aujourd’hui
Les Olivadesaujourd’hui, unmodèlestandardd’AMAP
 
Urbanisation oblige, la ferme est désormais encerclée dans la ville, en zonecommerciale avec des tentatives d’expropriation depuis 20 ans.
 
Ce sont 210 familles et une liste d’attente de 150 familles
 
Le turn-over annuel dans les membres est de 10-15%
 
La superficie cultivée est de 10 hectares, inchangée depuis l’origine.
 
4 salariés permanents et 2 saisonniers y travaillent.
 
Il y a 3 distributions par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi
 
Les paniers se composent de 12 à 26 produits différents en fonction des saisons.Le prix est de 27,5 euros par panier hebdomadaire
 
Les abonnements sont semestriels du 1
er
avril au 30 septembre et du 1
er
octobre au31 mars avec des paiements qui se font mensuellement, trimestriellement ousemestriellement
 
Toute la production est partagée entre les AMAPiens. En haute saison, il arriveque chaque AMAPien reparte avec 8 kg de tomates ou 14 melons par semaine.
 
La production a été désintensifiée en privilégiant la diversité et cela grâce aupassage en AMAP.
 
Le site web de l’AMAP :http://www.olivades.com/  
 
Exemple de contrat :http://www.olivades.com/Amap/ContratPrintempsEte2009Lundi.pdf  
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