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LES SOURCES NON CHRÉTIENNESATTESTANT L·HISTORICITÉ DU CHRIST
Par Clément B.V., étudiant en histoireCégep de Sherbrooke, janvier de l·an de grâce 2010
Cette étude présente puis analyse les sources primaires païennes et juives des deuxpremiers siècles qui attestent l·existence historique de Jésus-Christ. Les auteursantiques qui les rédigèrent étaient hostiles à Jésus, mais ils ne mirent aucunement endoute sa réalité historique. Les objections sceptiques quant à la valeur de ces sourcesexistent. Les plus sérieuses sont abordées ici et systématiquement réfutées.
PUBLIUS CORNELIUS TACITUS
Ayant vécu pendant les règnes d·une demi-douzaine d·empereurs (de 55 à 120 apr. J.-C.), Tacite est l·un des plus grands historiens de la Rome antique. Il a vérifié lecompte rendu biblique de l·exécution de Jésus par Ponce Pilate, lequel a gouverné la Judée de l·an 26 à 36. Dans son histoire du règne de l·empereur Néron (54-68),rédigée vers 113, il décrit le grand incendie qui ravagea Rome en 64, et raconte que lebruit courait que Néron l·avait allumé lui-même puis qu·il s·est alors servi deschrétiens comme boucs émissaires
1
.
Le texte (
 Annales
XV, 44) :
Donc, pour dissiper cette rumeur, Néron substitua des accusés et frappades peines les plus raffinées ces gens odieux que le vulgaire appelaitchrétiens. L·auteur de ce nom, Christ, sous la domination de Tibère, avaitété mis à mort par le Procurateur Ponce Pilate, et cette détestablesuperstition, qui avait été étouffée sur le moment, éclatait à nouveau, nonseulement en Judée, point de départ de ce fléau, mais même à traversRome, où affluent et se propagent de tous côtés les abominations et lesignominies. On commença donc par se saisir de ceux qui confessaient leurfoi, puis, sur leurs révélations, une multitude d·autres, qui furentconvaincus moins de crime d·incendie que de haine contre le genrehumain. On ne se contenta pas de les faire périr : on se fit le jeu de lesrevêtir de peaux de bêtes pour qu·ils fussent déchirés par les dents deschiens ; ou bien ils étaient attachés à des croix [et enduits de matièresinflammables], et quand le jour avait fui, ils éclairaient les ténèbres commedes torches. Néron avait offert ses jardins comme spectacle, et donnait des jeux au Cirque, où tantôt en habit de cocher il se mêlait à la populace ettantôt prenait part à la course debout sur son char. Aussi, quoique cesgens fussent coupables et dignes des dernières rigueurs, on se mettait à lesprendre en pitié, car on se disait que ce n·était pas en vue de l·intérêtpublic, mais pour la cruauté d·un seul qu·on les faisait disparaître.
1. Nous savons, grâce à la rigoureuse
Chronique Universelle
de
 
l·Aquitain Sulpice Sévère (rédigée vers403), que Tacite a aussi mentionné le christianisme dans une partie de ses
Historiae
qui est disparue.
 
 
2Ce passage de Tacite confirme que :
 
 Jésus a existé
 
 Jésus est le fondateur du christianisme
 
Le christianisme est originaire de Judée
 
 Jésus a été exécuté par Ponce Pilate
Objection sceptique # 1 :
Tacite a peut-être simplement pris ces informations desources chrétiennes.
Réponse :
Puisqu·il était un historien professionnel et pas seulement uncommentateur, il est plus probable que Tacite ait référencé les archivesgouvernementales plutôt que le témoignage chrétien. En tant que gendre d·Agricola,gouverneur de Bretagne de 80 à 84, il pouvait facilement accéder à tous lesdocuments officiels existants à l·époque. Tacite distingue entre les récits confirmés etles ouï-dire les presque
70 fois
dans ses
Historiae
uniquement. Un exemple de Tacitecritiquant un témoignage transmis sans enquête préalable par son bon ami Pline le Jeune peut être trouvé dans les
 Annales
XV, 55. S·il jugeait que ce compte rendu sur Jésus n·était qu·une rumeur ou du folklore, il aurait inclus son avertissement habituel,ce qu·il n·a pas fait.
Objection sceptique # 2 :
L·utilisation incorrecte du titre
P
rocurateur 
au lieu de
P
réfet
 annule la fiabilité de ce texte.
Réponse :
Non. Plusieurs sources chrétiennes
et
non-chrétiennes contiennent desdescriptions de Pilate comme étant un « procurateur » (
 Antiquités judaïques
XVIII, 3 ;
La Guerre des Juifs
II, 9 ;
P
remière apologie
XII). Il a été suggéré par des éruditsmodernes chrétiens
et
laïques que Tacite ait pu utiliser un anachronisme à des fins declarté ou, puisque la Judée était une province relativement nouvelle et insignifiantede l·Empire romain, que Pilate ait pu tenir les deux positions.
 
GAIUS SUETONIUS TRANQUILLUS
Suétone est considéré comme le plus grand historien de l·Empire romain. Ayant vécude 69 à 125, il était archiviste à la cour de l'empereur Hadrien. Il mentionne lui aussi,dans ses
ies des douze Césars
rédigées vers 120, la persécution des chrétiens parNéron en 64, ainsi que l·expulsion des Juifs de Rome par l·empereur Claude en 52.
Le premier texte (
Vi
e de Néron
XVI, 2) :
Des sévices furent infligés aux chrétiens, groupe de personnes adonnées àune nouvelle superstition pernicieuse.
Ce premier passage de Suétone confirme que :
 
Une trentaine d'années après la mort de Jésus, il y avait des personnes qui seréclamaient de lui et qui pratiquaient un culte basé sur ses enseignements
 
 difficile de croire alors que Jésus n'ait pas réellement existé !
 
 
3
 Le deuxième texte (
Vi
e de Claude
XXV, 4) :
Comme les Juifs provoquaient constamment des troubles à l·instigation deChrestus, il les chassa de Rome.De toute évidence, les troubles qui agitaient les Juifs romains à cette époque étaientdus à l·introduction du christianisme dans les cercles juifs de Rome.
Ce second passage de Suétone confirme que :
 
 Jésus à existé
 
 Jésus est le fondateur du christianisme (un dirigeant peut toujours être
instigateur 
d·un mouvement ou d·une cause sans être dans la vicinité)
 
Une vingtaine d·années après la mort de Jésus, le christianisme c·était déjàimplanté dans la ville de Rome
Objection sceptique # 1 :
Il y avait plusieurs messies juifs autoproclamés quiprovoquaient des désordres pendant cette période, et puisque « Christ » signifie «messie » (l·Oint), sans doute que Suétone parlait d·un Juif quelconque et que leschrétiens n·ont rien à voir avec cette anecdote.
Réponse :
Intéressement, ce second texte de Suétone est corroboré par le livre des
 Actes des Apôtres
dans la Bible (chapitre 18, versets 1 à 3) où Paul, à son arrivée àCorinthe, y rencontre un couple de réfugiés juifs :Paul parti d·Athènes, et se rendit à Corinthe. Il y trouva un Juif nomméAquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d·Italie avec sa femmePriscille parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome.Il se lia avec eux ; et, comme il avait le même métier, il demeura chez euxet y travailla : ils fabriquaient des tentes.Disposant ainsi de deux sources primaires qui se confirment mutuellement etconsidérant qu·aucune source ne les contredit
2
, il est logique d·affirmer que ce
Chrestus
était effectivement Jésus de Nazareth.
Objection sceptique # 2 :
Puisque Suétone épèle
Chrestus
au lieu de
Christus
, peut-être qu·il se réfère à quelqu·un d·autre.
Réponse :
Il était courant pour les auteurs chrétiens
et
païens d·écrire ce mot avec un« e » à la place du « i » ;
Chrestus
s·agit donc d·une variante orthographique de
Christus
.
2.
 
Nous savons que ces Juifs étaient des Juifs chrétiens et pas des Juifs judaïques car Paul s·entenditbien avec eux immédiatement. Paul n·aurait pas habité chez eux s·ils lui avaient été hostiles. Il n·y aaucune évidence non plus que Paul ait converti ce couple ; ils étaient donc déjà chrétiens lorsqu·ilsétaient dans la capitale impériale. Aquilas et Priscille jouèrent probablement un rôle important dansl·histoire des débuts du christianisme, ils furent vraisemblablement des membres fondateurs del·Église de Rome, ville qu·ils durent quitter après les discordes religieuses qu·ils créèrent en ydiffusant la nouvelle foi.
 
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