LES RACINES RÉFORMÉES DU QUÉBEC
« Canadien-Français » ou « Québécois de souche » demeurent, dans notre imaginaire collectif,indissociables de « catholique ». Puisque les clercs ultramontains ont dominés la sociétécanadienne-française des Rébellions des Patriotes jusqu·à la Révolution tranquille, on assumegénéralement qu·il n·y a pas eu ² outre les Amérindiens et les minorités immigrantes ² decommunautés non-catholiques qui ont marqués significativement l·histoire de notre pays. Ceprésent article vise à faire connaître les hauts faits des explorateurs, fondateurs, pionniers, etréformistes huguenots (protestants français) au Québec, dont l·importance est massivementméconnue mais auxquels notre patrie est grandement redevable.
LA PREMIÈRE TENTATIVE DE PEUPLEMENT
L·histoire des débuts de la Nouvelle-France est inséparable de celle de la diaspora huguenote.Le premier voyage que fit le navigateur Jacques Cartier en Amérique en 1534 fut financé parPhilippe de Chabot, un magistrat réformé, Gouverneur de Bourgogne et de Normandie
1
.Amiral de France et ami de François I
er
, il utilisa son influence pour convaincre le roi del·importance d'une expédition française au Nouveau-Monde et demanda à Jacques Cartierd'être le chef de cette entreprise. Jacques Cartier lui-même, bien que catholique, était issud'une famille protestante
2
. Plusieurs des matelots des équipages de Jacques Cartier lors desvoyages de 1534 et 1535-1536 étaient des protestants
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.Après un bref intermède, une première colonie fut établie à Cap-Rouge près de Québec en1541 par Jean-François de la Rocque, sieur de Roberval, un huguenot originaire deCarcassonne au Languedoc. Le roi lui octroya le titre de
Lieutenant-Général du Canada
et luidonna le mandat de construire « des forts, des églises et des temples
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», ce qui est intéressantpuisque les calvinistes appellent souvent leur lieux de culte des temples. Puisque les autoritésciviles n·avaient fournies que des forçats à Roberval, cette tentative de colonisation s·avéra unéchec cuisant et la colonie fut abandonnée dès 1543. Retourné en France, Roberval combattitpour le parti réformé lors des décennies subséquentes.
1
Marc PELCHAT et Marie-Claude ROCHER, « Lumière sur une présence oubliée : Les Huguenots en Nouvelle-France »,
I
nstitut du patrimoine culturel ² Université Laval
,http://www.ipac.ulaval.ca/activites/colloques/les-huguenots-en-nouvelle-france/(Consulté le 1
er
avril 2011).
2
Michel BARBEAU, « Les Huguenots en Nouvelle-France »,
Site généalogique de Michel Barbeau
,http://pages.infinit.net/barbeaum/hugue.htm(Consulté le 1
er
avril 2011).
3
Richard LOUGHEED et al.,
L·étude de la religion au Québec ² Bilan et prospective
, Sainte-Foy, Presses del·Université Laval, 2001, p. 63.
4
Michel BARBEAU,
opere citato
.
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