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LA CONFESSION DE FOI BAPTISTE DE 1689EST THÉONOMIQUE
SUR LES NOTIONS DE LOI JUDICIAIRE ET DÉQUITÉ GÉNÉRALE
En lisant le chapitre 19 (
La Loi de Dieu
)
de la Confession de foi baptiste de 1677\1689, nouspouvons avoir l'impression quelle est incompatible avec la doctrine biblique de lathéonomie. Elle semble adopter la classification populaire de la Loi en trois catégories oùune seule serait encore en vigueur sous la Nouvelle Alliance :
 
La Loi morale qui est universelle et perpétuelle (sections 1, 2, 5, 6, 7
)
 
 
La Loi cérémonielle qui est accomplie en Christ (section 3
)
 
 
La Loi judiciaire qui serait supposément expirée (section 4
)
 Or il y a lieu de s'interroger si cette lecture superficielle de la 1689 est vraiment la bonnecar cette classification tripartite n'existe pas vraiment dans les Écritures. Comme PierreCourthial
1
et plus récemment Jean-Marc Berthoud
2
l'ont démontrés, la Loi judiciaire (oucivile
)
n'existe pas indépendamment de la Loi morale, une classification correcte de la Loiest donc bipartite. Les érudits réformés du XVIIe siècle en étaient conscients. Un examenrigoureux de leur pensée et de leur vocabulaire permet de mieux saisir le sens du 19
e
 chapitre de la 1689 et d'éviter de commettre un anachronisme. Pour cela il faut remonter àla rédaction de la Confession de Westminster de 1646 (presbytérienne
)
, dont la 1689 est une adaptation.Voici la traduction exacte du texte original de la Westminster 19.4 (la seule traductionfrançaise
3
accessible sur la toile comporte une erreur, elle traduit « body politic » par « codepolitique », or « body » se traduit par « corps »
)
:Dieu lui a donné [à Israël] aussi, comme corps politique, diverses loisjudiciaires qui vinrent à expiration en même temps que le peuple juif cessait d'être un État.
Ces lois n'obligent personne maintenant au-delàde ce que l'équité générale qui s'y trouve peut exiger.
(Exode 21 &
1
Pierre COURTHIAL, « La catholicité de la Loi de Dieu »,
Semper Reformanda
,http://www.vbru.net/src/mp3/courthial_catholicite_loi_de_dieu_1.mp3(Consulté le 15 décembre 2011
)
.
2
Jean-Marc BERTHOUD, « Brève note sur la théonomie et les trois aspects de la Loi »,
Revue Réformée
, Tome62, Numéro 258, avril 2011, pages 109-113.
 
3
Église réformée du Québec,
onfession de foi de Westminster 
,http://www.erq.qc.ca/francais/westminster_fr.html(Consulté le 15 décembre 2011
)
.
 
22:1-29, Genèse 49:10 + 1 Pierre 2.13-14, Matthieu 5:17 + 38:39, 1Corinthiens 9:8-10
)
 Cette section renferme deux affirmations :
1.
 
Des lois judiciaires sont « expirées ».
2
.
 
Ces lois judiciaires expirées contiennent néanmoins certains principes « d'équitégénérale » qui sont toujours valides aujourd'hui sous la Nouvelle Alliance.Si la première affirmation est claire, la seconde se prête à plusieurs interprétationsdivergentes. Rendus à ce stade-ci de notre analyse, l'appendice H intitulé
nderstanding theWestminster 
onfession of Faith
Section 19.4
On the Judicial Law and General Equity 
durécent ouvrage
God is Just 
4
est extrêmement utile. L'auteur de cet appendice nous apprend,avec maintes sources dépoque rigoureuses à l'appui, quà la fin du XVI
e
et au XVII
e
siècle,les puritains calvinistes (dont les
Westminster Divines
)
ainsi que leurs homologuescontinentaux utilisaient une terminologie qui n'est plus en vigueur aujourd'hui (mais quiest restée intacte dans les confessions de foi
)
. Pour comprendre le sens de la Westminsteret de ses adaptations, trois clarifications préalables doivent impérativement être faites :
1.
 
Conscients que la Loi judiciaire n'existe pas en tant que tel, les réformés la divisaient endeux catégories distinctes :
1.1.
 
Les
lois d'équité particulière
(
 j 
uris particularis
)
sont propres au corps politiquede l'Israël antique et expirèrent avec cette entité.
1.
2
.
 
Les
lois d'équité commune
(
 j 
uris communis
)
 dites aussi d'
équité générale
oud'
équité morale
 sont applicables à toutes les époques dans tous les États. Leslois d'équité particulière sont intimement attachées à la Loi cérémonielle par leursnatures circonstancielles et préfiguratives du Messie. Les lois d'équité commune ougénérale font partie intégrante de la Loi morale par leur nature immuable et universelle.
2
.
 
En langage courant, la Loi judiciaire à proprement parler désignait uniquement les loisde la première catégorie (celles d'équité particulière
)
. Les lois de la deuxième catégorie(celles d'équité commune ou générale
)
étaient vues comme morales et non strictement judiciaires. Les réformés britanniques employaient l'expression « properly judicial »(ou omettaient d'ajouter quelque adjectif qualificatif que ce soit 
)
pour se référerspécifiquement à la première catégorie mais jamais à la deuxième.
4
Steve CHE HALBROOK et al.,
God is Just 
A Defense of the Old Testament 
ivil Laws
, 2
e
édition, New Geneva(Pennsylvanie
)
, Theonomy Resource Media, 2011, pages 533-561 sur 658.
 
3
.
 
Les
Westminster Divines
étaient parfaitement conscients que ces deux catégories sechevauchent souvent dans les Écritures Saintes. Ainsi, de nombreuses lois d'équitéparticulière sont basées sur l'équité générale, et plusieurs lois d'équité généralecontiennent des dispositions d'équité particulière. Quelques exemples : la peinecapitale (général
)
par lapidation (particulier
)
, la dîme (général
)
des Lévites(particulier
)
, etc. Dans ces cas, les
Westminster Divines
déterminèrent que tout ce quiétait spécifique à l'ancien État hébreu avait été abrogé par Jésus, mais tout ce qui a uneportée universelle  qui découle de la Loi morale  est perpétuel et ne peut sousaucun prétexte être abrogé. Ainsi, beaucoup de lois d'équité particulière ont unecomposante d'équité générale qui demeure toujours valable.Lorsque les auteurs de la Confession de Westminster affirmèrent que « des lois judiciairessont expirées », que de « l'équité générale s'y trouve », puis que cette équité générale« exige des obligations », nous devons donc comprendre qu'
ils se référaient implicitement aux lois d'équité particulière
qui contiennent des éléments morauximmuables, et 
certainement pas aux lois d'équité commune
qu'ils considéraient (à justetitre
)
comme entièrement maintenues et reproclamée par la Nouvelle Alliance.Revenons maintenant à la 1689. Sa phraséologie pour la section 19.4 est légèrement différente de celle de la Westminster (la traduction de l'AÉRBQ
5
est fidèle à l'originalanglais
6
)
:Dieu leur a donné [aux Israélites] aussi diverses lois judiciaires, qui ont expiré en même temps que le peuple juif cessait d'être un État. Ces loisn'ont plus aucune obligation de nos jours, leur équité générale étant d'unusage moral seulement.Nous voyons que la nation israélite n'y est pas définie comme étant un corps politique, maiscela est sous-entendu par le texte. C'est surtout la deuxième phrase qui a été remaniée, larendant un peu plus floue. Cependant, la 1689 nous renvoie malgré tout à la notionpuritaine (et biblique !
)
d'équité générale.Un lecteur évangélique moderne pourrait alléguer que les baptistes ont apporté cettemodification afin d'essayer de se dissocier de la théonomie prônée par les presbytériens. Oril s'avère que ce ne sont pas les baptistes qui effectuèrent cette modification en 1677\1689,
5
Association déglises réformées baptistes du Québec,
onfession de foi baptiste de Londres de 1689
, Québec,Éditions de lAÉRBQ, 2007, pages 38-40.
6
The Reformed Reader,
1689 London Baptist 
onfession of Faith 
hapter 19 : Of the Law of God 
,http://www.reformedreader.org/ccc/1689lbc/english/Chapter19.htm 
of 00

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