Jusqu’au22marssontexposées,auJeudepaumeàParis,deuxsériesdephotographiesdeRobertFrank:celledédiéeauParisdesannées1950etuneautrenommée«LesAméricains»,issued’unreportageréalisésurquatorzemois,en1955et1956,quiestextraitedulivredumêmenom,paruen1958etrééditéparStei-dlen2008.Un
portfolio
permetde(re)découvrirletravailennoiretblancdeceSuisseémigréàNewYork.
Lagrève,unmessage
«Lagrèven’apaspourobjetd’êtreuneréponseauxproblè-mes.C’estunmessageàceuxquinousdirigent:“Noussom-mesbienplacéspoursavoirqu’il yadesproblèmes,lesmesures prisesnepermettrontpasàelleseulesderésoudrecesproblè-mes,nousvoulonsendébattre.” Ilseraitintelligent,delapartdenosgouvernants,desedireque puisqu’ilyaunmouvementsocial,écoutonslemessage. Ensuite,ilseradenotreresponsa-bilitéd’entenircompteoupas.»
Dansles
« Chroniquesd’abonnés »
,réactionauxpro-posduministredubudget,EricWoerth,quiadéclaréque
«cher-cheràmettrebeaucoupdegensdanslarue»
n’est
«pasnéces-sairementlameilleureréponseencemomentauxproblèmesquetraverselepays»
.
Pasdecapitalismesansfinance
«Uneidéereçueestdesoutenir quel’économieréelle
(…)
consti-tueraitlavariantemoraled’unsystèmedontlafinanceseraitlaperversion.Jenecroisguèreàcettedissociation.Lecapitalis-menepeutsepasserdelafinan-ce.Pourdeuxraisonsfortes.Lanécessitéducréditpoursatisfai-relacroissance.Et
[lefait]
quelamachineriefinancièreapour objetderépartiraumieuxl’épargnedisponible.»
Sur
leblog
«Larefondationducapitalisme»deJeanPeyrelevade.
Rendez-vous
BenoîtHamon,
porte-paroleduPS.Débatendirectvendredi30janvierà10heures.
Findel’omerta
L’AmériquelatinemetBarackObamasouspression
L’actualitésurlemonde.fr
O
nnesedébarrassepasfaci-lementd’unevieilleLuxembourgeoise.AstridLullingseracandidateauxélec-tionseuropéennesdejuin.Ellecomptesursesdoigtsd’unaircanaille:
«1964,1968,1974,1979, 1984,1989,1994,1999,2004…»
Paspeufièred’avoirétéeurodépu-téeunepremièrefoisilyaquaran-te-quatreansetdesereprésenterpourladixièmefois(aprèsdeuxéchecsen1979et1984),auParle-menteuropéen.Assezcontenteaussid’êtrelaseuledéputéeàavoirsiégéavantl’instaurationdusuffrageélectoraldirect,en1979.Quantàêtrelaplusvieilledel’illustreinstitution,celalafaitcarrémentcrâner.
«J’aurai80ansenjuin,madame!»
Elledaigneadmettrel’existencede
«troisouquatrehommesplusvieuxquemoi,dontLePen.Maisladoyenne,c’estmoi.Forcément:l’Europeacommencécheznous,auLuxem-bourg.»
Chevelureblancheimpeccable,bijouxchicetlanguebienpen-due:Astridatoutdelavieilledameindigne.EllepeutvousraconterlesdébutsdelaCommu-nautéeuropéenneducharbonetdel’acier(CECA)en1951,commeceuxdeRobertSchuman,JeanMonnetetautreshommespréhis-toriquesqueleseurodéputésd’aujourd’huinereconnaissentplusenphoto.LorsqueSimoneVeildevintlapremièreprésidenteduParlementeuropéendirecte-mentélu,Astridétaitlà,biensûr.Ellegrimace,envieillechipie.
«Nousn’étionspasdesâmessœurs.Ellefaisaitcampagnecontreletabacetdéfendaitlessub-ventionsauxproducteursdetabac,contradictionbienfrançaise.»
M
me
Lullingappartientaugrou-pedecentredroitduParlement(PPE-DE).Dutempsdesalonguejeunesseelleétaitdegauche,danslaconfédérationdespartissocia-listesdelacommunautéeuro-péenne,ancêtreduPartisocialisteeuropéen(PSE).L’undesesvoi-sinsdebanc,ordrealphabétiqueoblige,étaitleparlementairefran-çaisFrançoisMitterrand.
«Onne pouvaitpasseblairer,
racon-te-t-elle.
Ilvenaitavecsacour,netravaillaitjamaisdanslegroupemaisça,pourpérorer,ilétaittou- jourslà.Unjour,jeleluiaidit:
“Vousdébarquezici,vousnefou-tezrienalorsqu’onbosse,etvousréclameztoujoursletempsdeparole!”
Ilm’aregardéeavecmépris:“
Quic’est,cettepetite?”
»
EtreLuxembourgeoisen’estpasladernièrefiertédeM
me
Lul-ling.CartoutcommenceauGrandDuché.LeFrançaisRobertSchumanlui-même,premierhommedel’Europeparsadéclara-tionde1950,étaitnéetfutélevéauLuxembourgdontilparlaitlalangue.TouteslesinstitutionsdelaCECAétaientauLuxembourg,quihébergetoujourslaCoureuro-péennedejusticeetlesecrétariatgénéralduParlementeuropéen.C’estsouslaprésidenceluxem-bourgeoise,en2005,quefurentremodeléslepactedestabilitéetlastratégiedeLisbonne.Unpre-mierministreluxembourgeois,Jean-ClaudeJuncker,présidelazoneeuro.Telleestl’adressed’As-tridLulling
«auxTchèquesquivoientlasupranationalitéeuro- péennecommeundangerpourles petitesnations,etquin’ontriencompris.»
Dernièrefierté:depuis2004,sonpaysn’estpluslepluspetitEtatmembredel’Unioneuropéenne.
«Malteestbienplus petitquenous»
,note-t-elled’unairimportant.
p
Courriel :
mvr@lemonde.fr
Editorial
Sociétééditricedu« Monde »SAPrésidentdudirectoire,directeurdelapublication :
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LeMonde
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D
epuis son investiture, Barack Oba-ma a téléphoné à plusieurs diri-geants latino-américains. L’Améri-quelatine metla pression sur le nouveauprésident américain pour demander lalevéedel’embargocontreCuba.
«Leblocusdoit être levé pour que Cuba puisse avoir unevienormale»
,adéclaréleprésidentbré-silien,LuizInacioLuladaSilva,le19janvier.
« La société cubaine pourra faire plusquandtomberontlesbarrièrescommercia-les»
,arenchérisonhomologueargentine,CristinaKirchner,aumêmemoment,lorsd’unevisiteàLaHavane.Lafinde l’embargoestdevenue lepluspetit dénominateur commun de l’Améri-quelatine,parailleursdiviséesurlesatten-tesàl’égarddeM.Obama.Endépitdel’auto-nomie croissante de la plupart des pays àl’égarddesEtats-Unis,certainsd’entreeuxespèrentétablirdenouveauxpartenariatspolitiquesetéconomiques.D’autresEtats,enrevanche,nesontpasprêtsàrenonceràl’exutoiredel’«anti-impérialisme».
«Per-sonne doit se faire d’illusions, il s’agit del’empire américain»
, a lancé le présidentvénézuélien, Hugo Chavez, le jour mêmedel’investituredeM.Obama.Lechoixd’HillaryClintoncommesecré-taire d’Etat a été bien reçu par les Latino-Américains.Aplusieursreprises,M
me
Clin-tonasoulignéquelesEtats-Unisdevaientêtreplusprésentsdanslesous-continent,dansleurpropreintérêt.Aucoursdesacar-rière, l’épouse de Bill Clinton a visité unequinzaine de pays d’Amérique latine etdesCaraïbesetarencontréplusieurschefsd’Etat, comme la présidente du Chili,MichelleBachelet,àWashington,en2006.M
me
Clinton avait montré sa compas-sionpourlesvictimesdel’ouraganMitch,en Amérique centrale en 1998. Elle avaitvotéauSénatenfaveurdelaconstructiondu mur à la frontière avec le Mexique,maiscontrelespréférencescommercialesconsentiesauxpaysandinsenéchangedeleurseffortsdanslaluttecontreletraficdedrogue.Elleaaussivotécontreletraitédelibre-échange avec la Colombie, soutenuparl’ancienprésidentClinton.LorsdesonauditionauSénat,M
me
Clin-ton s’est dite prête
à saisir les nouvellesopportunitésenAmériquelatine,commel’al-liance énergétique suggérée par M. Obama.Unefaçondediversifierl’age
ndarégionaldeWashington,axésurlalutteantidrogue,lelibre-échangeetlesmigrations.Pendant la campagne électorale,M.Obamaavaitpromisdeleverlesrestric-tionsimposéesparGeorgeBushauxvoya-gesdesCubano-AméricainsàCubaetauxfonds envoyés à leurs proches résidantdansl’île.Lequotidien
MiamiHerald
esti-me que la nouvelle administration pour-rait aller plus loin. Washington devraitfaciliterl’obtentiondesvisaspourlesuni-versitaires, intellectuels, artistes et étu-diantscubains,surlabasedelaréciproci-té, ce qui supposerait un accord avecLa Havane. Une telle mesure compense-raitéventuellementlabaissedutourismequeCubapourraitsubiràcausedelacrisemondiale.Peter Hakim, président du
think tank
Dialogue Interaméricain, à Washington,croit que les Etats-Unis pourraient égale-mentdonnerleurfeuvertàdescréditsdela Banque interaméricaine de développe-ment(BID)etàdesinitiativesdel’Organi-sation des Etats américains (OEA), dontCubaaétéexclueen1962.Sous-secrétaired’Etatchargédel’Améri-que latine depuis octobre 2005, ThomasShannon,diplomateappréciédansleconti-nentlatino-américain,devraitresteràsonposteaumoinsjusqu’ausommetdesAmé-riques,le17avrilàTrinité-et-Tobago.Cetteperspectivedonneuncertainreliefàl’en-tretien qu’il a accordé au quotidien espa-gnol
ElPais
,le11janvier,oùilaffirmequ’un
«dialogue»
et même un
«accord»
sur lalutte contre le narcotrafic seraient
«logi-ques »
.
« Nous n’avons pas de conversa-tionsformellesaveclesCubainssurcesujet,maisnousavonspartagéparfoisdesinfor-mations»
,a-t-ilprécisé.Si, pour M. Shannon, le but reste de
« promouvoir une transition pacifiquevers la démocratie»
, en commençant parla libération des prisonniers politiques,
« les changements à Cuba seront provo-qués par les Cubains eux-mêmes»
.
«RaulCastroa pris desmesures quimontrentsavolontéd’ouvrir des espaces économiqueset sociaux,
a souligné M. Shannon.
Maisc’estungouvernementconservateur,obsé-dé par le contrôle du rythme du change-ment,cequinefonctionnepas.»
LesEtats-Unissontdevenuslepremierfournisseurdedenrées alimentaireset lecinquième partenaire commercial deCuba,maislaportéesymboliquedel’em-bargoresteforte.AlorsquelesAméricainsexigentdescontreparties,l’ancienminis-tremexicaindesrelationsextérieures,Jor-geCastañeda,plaidepourunelevéeunila-téraledel’embargo.Enéchange,ilapropo-sé,dansunetribunepubliéepar
ElPais
du20janvier,quedes
«acteurs-clés»
–leBré-sil,leChili,leMexiqueetl’Espagne–s’en-gagent à rechercher une normalisationdes relations entre Washington etLaHavane,favorisantàtermeladémocra-tisationdeCuba.Les Latino-Américains semblent ren-voyer M. Obama à son
« Yes, we can »
enaffirmant
«Si,sepuede»
,
«oui,on peut»
,mettrefinàl’embargo.LesCubainsparais-sent sceptiques. L’opposant social-démo-crate Manuel Cuesta Morua ne croit pasque
«legouvernementcubainsoitintéres-séparledialogueoulafindel’embargo».«Cela le priverait,
assure-t-il,
de prétextes pourseserreurs,leroiseraitnu.»
p
Courriel :
paranagua@lemonde.fr
U
ne exception française s’esteffacée, mercredi 28 janvier.Non pas celle des « jeudisnoirs » qui, périodiquement,perturbentlepayspourexpri-mer ou exorciser ses inquiétudes sociales etéconomiques. Mais celle de l’opacité, del’omerta pourrait-on dire, qui entouraitdepuisundemi-sièclesesengagementsetopé-rationsmilitairesàl’étranger.
Depuis le début de la V
e
République, eneffet, la politique de défense et en particu-lierl’emploidesforcesarméesétaitaucœurdu « domaine réservé » du pouvoir exécu-tif,aupremierrangduquelleprésidentdelaRépublique,
« chef des armées »
selonl’arti-cle 15 de la Constitution. Evident avec legénéraldeGaulle,ceprincipeavaitétéjalou-sement préservé par tous ses successeurs,jusqu’à Jacques Chirac. A une exceptionprès : le débat et le vote du Parlement, en1991, sur l’engagement de la France dans lapremièreguerred’Irak.
La révision constitutionnelle dejuillet 2008 marque, sur ce point, une ruptu-re:legouvernementestdésormaistenu,danslestroisjours,d’informerleParlementdetou-teinterventiondesforcesarméesfrançaisesàl’étranger et, lorsque celle-ci dépasse quatremois,desoumettresaprolongationàl’autori-sation du Parlement. Bref, cette prérogativerégalienneparexcellenceestdésormaisparta-gée, comme dans toutes les autres grandesdémocraties.
Cette disposition avait été appliquée paranticipation le 22 septembre 2008 à proposde l’engagement français en Afghanistan.Maisils’agissaitsurtout,alors,demanifesterlesoutienauxforcesfrançaisessurcethéâtred’opération,unmoisaprèsqu’unedizainedesoldats y eurent trouvé la mort dans uneembuscade.Ledébatdu28janviersurlapro-longation – et le recalibrage – de la présenceau Kosovo, au Liban, au Tchad, en Centrafri-queetenCôted’Ivoiretémoignedelabanali-sation bienvenue de la nouvelle procédureparlementaire.
Reste à en améliorer l’exercice, c’est-à-direà aller jusqu’au bout du principe de transpa-rence.Celaôteraàl’opposition,quellequ’ellesoit, un prétexte pour ne pas participer auvote,commel’ontfaitlessocialistesaumotif qu’ils n’étaient pas informés assez précisé-mentdesopérationsconcernées.Celapermet-traégalementderépondreàl’embarrasagacéde Louis Giscard d’Estaing (UMP) devantl’écart – du simple au double – entre les bud-gets votés par le Parlement pour ces opéra-tionsextérieuresetleurcoûtréel.
p
ROBERTFRANK
BrasdeferàMonaco
Amérique,années1950
Chronique
Analyse
PauloA.Paranagua
ServiceInternational
Lafindel’embargocontreCubaestlepluspetitdénominateurcommundesLatino-Américains
LEPRINCERainierapris,jeudimatin,parordonnance,unedécisionquiaeudanslaPrincipautél’effetd’unebombe.Iladécidédesuspendrel’applicationdesarticles5et6delaConstitutionmonégas-quede1911.C’estl’aboutissementd’unelonguecri-sequi,depuisplusieursannées,opposeleprincesouverainauxreprésentantsélusdelapopulationmonégasque.ElleétaitentréedanssaphaseactivedepuisqueleConseilnationalmontraitunemauvaisevolontépersistantepourvoterlebudget.C’estlaseulearmedontdisposaitcetteAssembléepourfaireaboutirsesrevendi-cationsconstitutionnellesportantsurl’organisationdugouvernementetsurlesfinancespubliques.Leprinceaannoncésadécisiondansuneallocutionquiaétéradiodiffuséevers10heuressurlesantennesdeRadio-Monte-Carloetaffichéesurlesmursdelaville.Leprinceadoncprononcéladissolu-tionduConseilnationaletcelleduconseilcommunal.LesattributionsdupremiersontdévoluesauConseild’EtatdelaPrincipauté,quiestprésidéparM.Portanier,directeurdesservicesjuri-diques,quiprocédale18avril1956aumariagedeRainier IIIavecGraceKelly.Quantauconseilcommunal,ilestrem-placéparunedélégationspécialedehuitmembres,dontleprésidentseraM.AmédéeBorghini,directeurdesaffai-ressociales.Lesmesuresquin’ont,adéclaréleprin-ce,qu’uncaractèreprovisoire,ontétépro-mulguéescematinmêmeparletribunalcivildeMonaco.Ellesseraientsuiviesdediversesréformes.
p
(30janvier1959.)
Europe
MarionVanRenterghem
Ilya50ansdans
0123
ToutcommenceauGrandDuché
0123
estéditéparlaSociétéEditriceduMonde(SA).Lareproductiondetoutarti-cleestinterditesansl’accorddel’administration.Commissionparitairedespublicationsetagencesdepressen°0712C81975
ISSN0395-2037
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DavidGuiraud
Directricegénérale:
BénédicteHalf-Ottenwaelter
80,bdAuguste-Blanqui 75707PARISCEDEX13 Tél:01-57-28-39-00-Fax:01-57-28-39-26
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Vendredi 30 janvier 2009
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