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Le Premier Ministre, comme l’un de ses prédécesseurs, est resté droit dans ses bottes !Il est vrai qu’à l’heure où le lancer de chaussures est en passe de devenir discipline olym-pique, c’est un accessoire qu’il vaut mieux garder à ses pieds. Rarement une manifesta-tion sans objectif clair aura réuni autant de monde. Car enfin, que demandaient les trou-pes qui ont envahi la rue jeudi dernier ? Au hasard des micros complaisamment tendus,on a entendu l’augmentation du SMIC et des bas salaires. Pourtant ceux qui manifestaientétaient, une fois de plus, les bataillons de la fonction publique dont les privilèges ne sontplus à énumérer. Les bas salaires ne sont pas parmi ceux-là et nous dire qu’ils font grèvepar solidarité avec les « exploités » du privé qui ne le peuvent pas, relève d’une indé-cente hypocrisie. On faisait également remarquer que les manifestants du secteur privéétaient plus nombreux que d’habitude. Mais eux non plus n’étaient pas là pour demanderdes augmentations de salaire. Les plans sociaux se sont malheureusement multipliés de-puis la précédente manifestation et ce qu’ils demandaient était de conserver leur emploi,tout simplement.Mais si François Fillon n’a pas cédé, il continue, dit-il, de négocier avec les « partenairessociaux ». Il devrait consulter son dictionnaire pour comprendre enfin ce que signifie lemot partenaire. Souhaitons que négociation ne rime pas avec reddition.Même le retour en France d’une partie de la production de Renault n’a pas réussi à re-monter le moral des Français. Simple hirondelle un jour de printemps, car 400 emploisne représentent pas grand chose face à la montée fulgurante du chômage. Cela montreseulement que Sarkozy a été entendu. Mais qu’il reste modeste, sans en faire trop,comme il l’a fait quand il a déclaré que le « service minimum » avait rendu les grèves in-visibles.Il est par contre bien moins crédible lorsqu’il veut s’attaquer au phénomène de bandesqui prend de l’ampleur. Beaucoup se souviennent de l’épisode du « Karcher »et ceux-làmême qui lui reprochaient ses paroles d’alors, lui demandent de l’action aujourd’hui.De l’action, nous en demandons aussi mais pas seulement pour les bandes et pas seule-ment pour protéger les enseignants. Rien n’a été nettoyé et les territoires de non-droits’étendent de semaine en semaine. Certes la police est un peu plus présente, mais elle n’aque le droit de constater et pas d’intervenir.A J-12 du G20, l’Union Européenne a harmonisé ses positions. De nombreuses critiquesse font entendre outre Atlantique : les plans de relance européens seraient insuffisants.Une manière de faire oublier d’où vient cette crise et comment éviter qu’elle se repro-duise. Certes, il paraît logique d’essayer d’abord d’en sortir avant de s’attaquer aux cau-ses. Mais il est tout aussi évident que, lorsque cela ira mieux, la nécessité de réformer unsystème qui a failli sera beaucoup moins pressante. Le G20 va se tenir à Londres. De quoiinquiéter ceux qui, comme la France, se méfient d’Albion et de sa légendaire perfidie. Cer-tes, l’Europe a une position commune, mais de quel coté se rangera une Grande Bretagneinquiète pour sa City, si les USA traînent les pieds ?Benoît XVI divise les catholiques et réussit même à diviser nos amis de Ligne Droite. On abeau refuser l’interprétation orientée de ses paroles telles que diffusées dans les médias,un préservatif qui ne préserverait pas, c’est quand même paradoxal. Question de quantitésans doute ! La France, par la volonté de Madame Boutin, est plus inquiète pour la santédes gens qui abusent. Après le tabac, c’est l’alcool dont la vente va être interdite auxmoins de 18 ans. Ensuite, qu’importe : ils sont majeurs et la sécu payera pour les soins.D’autant plus que sa loi se propose également de lutter contre les « déserts médicaux ».Il semble d’ailleurs que, plus une loi est inapplicable, plus elle a de chances de passer. Xa-vier Darcos en fait l’expérience, lui qui n’en finit pas de reculer.La bonne nouvelle de la semaine, c’est évidemment la baisse de 11% du prix du gaz àpartir d’avril. Une meilleure nouvelle aurait été de le faire pour chauffer notre hiver !
 
Ras la casquette
Par Gérard Gelé
La création d’un emploi public coûte l’équivalent de deux emplois sol-vables, si l’on tient compte de tout ce que coûte un fonctionnaire ; soit30 000 €/an en moyenne et environ 1 500 000 € pendant toute sa vie,avec une retraite prise plus tôt, plus avantageuse et bien plus longueque dans le privé.« A chaque fonctionnaire son chômeur ».Le coût moyen d’un salarié du privé est d’environ la moitié, avec un salaire moindre, uneretraite bien moins avantageuse et moins longue. Au total environ 750 000 €. Donc, enmoyenne, la création d’un emploi public supprime bien deux emplois solvables ce qu’ontconfirmé plusieurs économistes réputés.En résumé, la création d'un poste à vie dans le public coûte en moyenne le double d'unposte dans le privé. Avec nos sept millions de fonctionnaires et trois millions de retraitésissus des secteurs étatiques, c'est environ dix millions de personnes qui sont à la charge dela France ! Charges de 20 à 30 % supérieures à la moyenne européenne. Ce qui expliquenos impôts, taxes, cotisations qui plombent notre économie nationale et notre pouvoird'achat ainsi que nos 34 ans de déficit cumulé, notre dette de 1 300 milliards d'euros.Réduire de 40/50 % : le nombre des agents des secteurs publics ne voudrait pas dire sup-primer tous leurs emplois, mais éliminer les redondances et modifier leurs statuts pourplus d'efficacité de responsabilité. Par la création d'agences comme en Suède ou au Cana-da. Il n'est pas nécessaire d'être fonctionnaire pour distribuer du courrier, pour faire dessoins, conduire un bus……etcCela passerait par une privatisation massive : SNCF, La Poste, RATP, la télévision, les hôpi-taux (sauf CHU), toutes les entreprises publiques, parapubliques, organismes d'état, in-nombrables sociétés d'économie mixte, associations d'insertions, de formations, ANPE, As-sedic, Opéra, allocations familiales, secteur du logement, les ports, aéroports, les trans-ports, tourisme, la culture…liste non exhaustive.Et bien sûr l'éducation nationale : par l'autonomie et la concurrence privée / public, par lagénéralisation du chèque éducation : primaire, secondaire, supérieur, à la libre dispositiondes familles.Et bien sûr la santé : la sécurité sociale organisant la mise en concurrence des soins entrele public et le privé, pour plus de services aux assurés à des prix acceptables couverts pardes cotisations raisonnables. La rigueur, dit le dictionnaire, c'est le refus du laxisme !Une fois encore, on a voulu nous faire croire que les salariés du privé ont participé enmasse aux manifestations du 19 mars. Messieurs nos gouvernants, face aux grèves rituel-les de La Poste, des profs, de la SNCF, Air France, etc. grèves sans aucune compassion pourles citoyens contribuables, les p'ov Français qui les financent, n'en avez-vous pas ras lacasquette de voir les syndicats corporatistes de la fonction publique et leurs troupes doci-les vomir sur la République - que vous êtes d'ailleurs censés représenter - de la même fa-çon qu'ils vomissent sur le peuple français lui-même ? Parce que nous, la société civile, laFrance profonde et silencieuse, ne pouvons plus supporter le racket moral et physique per-manent que nous imposent de tels Français dont on se demande si leur but ultime neconsiste pas à écœurer le peuple jusqu'à la nausée pour qu'il se révolte ?Vous devriez y songer un peu plus que vous ne le faites aujourd'hui, parce que tout celasent la poudre et risque de mal finir. Et surtout ne croyez pas que l’implosion des partis po-litiques ne concernera que le PS. C’est peut-être bien une implosion en chaîne qui se pré-pare ! A titre d'exemple, des voix s’élèvent pour dénoncer les coûts abusifs de l'Élysée, del'Assemblée et du Sénat. Plus que de l'anti-parlementarisme primaire, c’est le début d’uneprise de conscience de tout un peuple, dans une République aux finances à la dérive.
 
Gauchologique
- Martine Aubry dénonce « l’opposition à outrance » d’Olivier Besan-cenot. Il est clair qu’elle considère le chef du NPA comme un facteurde risque pour le PS. Et, en matière d’opposition, elle s’y connaît.- Gérard Collomb déclare que « ce que les Français attendent du PS,ce n’est pas d’aller manifester derrière les banderoles syndicales,c’est d’avoir une perspective pour la France de demain ». Avoir uneperspective pour le PS, ce serait déjà un début !- François Chérèque critique vivement les militants du NPA qui font letour des entreprises en difficulté : « cela fait une peu rapace ».Charognard serait plus précis.- Jack Lang écrit dans Courrier International : « Raul Castro va chan-ger le régime cubain et envisage une succession ». On se demandedans quel ordre !- Michel Sapin, secrétaire national PS à l'Économie, a estimé vendredique la France était entrée « avec une grande brutalité et pour long-temps dans la récession ». C’est dangereux : si la reprise intervenaitplus tôt que prévu il serait obligé de féliciter Sarkozy.- Bernard Thibault trouve que si Sarkozy envisage de nouvelles mesu-res de relance avant l’été, ce sera trop tard. C’est certain, il est impos-sible de demander aux militants de faire grève pendant les vacances.- Le fabiusien Guillaume Bachelay aime les petites phrases : « Premiersecrétaire ne devrait pas rimer avec urticaire ». Il est vrai que la listedes candidatures socialistes pour les élections régionales lui donnedes boutons.- Quant à Martine Aubry, elle ne cache pas son amertume envers sonprédécesseur François Hollande qui aurait joué un rôle de premierplan lors de la contestation par les militants de ces candidatures.Mais tout va bien rue de Solferino, « le PS est en état de marche »nous dit François Huchon !- Laurent Fabius joue les augures : « si la politique du gouvernementne change pas, je crains qu’il n’y ait des mouvements profonds et ra-dicaux de révolte ». Il le craint. Vraiment ! Ou plutôt il le souhaite !- Jean-Pierre Chevènement a estimé qu'il faudrait aujourd'hui refon-der toute la gauche dans un mouvement allant des sensibilités lesplus radicales aux sensibilités gestionnaires. Et pourquoi pas l’UMP ?
 
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