La
chroniquevidéo
deThomasSotinelestconsacréecettesemaineà
KatangaBusiness
,ledernierdocumentaireduBelgeThierryMichel.AvecceportraitdelaricherégionminièreduCongo,leréalisateurrapportedel’Afrique,
«pourunefois,autrechosequedesraisonsdedésespérer»
.
LapetiteentreprisedesquadrasduPartisocialiste
Surson
blog« Puzzlesocia-liste »
,Jean-MichelNormandrevientsurlesquadrasduPS.Alorsque
«toutlaisseàpenser quec’estentreSégolèneRoyaletMartineAubryquesejoueraleleadershipduPSdanslesannéesàvenir»
et
«commeilestimpossible,pourlemoment,deperturberlemanoamanoAubry-Royal,autant fairepreuvedepatienceenespérantfaireprospérersa petiteentreprise.Chacunàsamanière»
.ManuelValls,Vin-centPeillon,BenoîtHamonetArnaudMontebourg:lejour-nalistedu
Monde
passeenrevuelesambitionsdecha-cun.Quantà2012,
«qu’ilslereconnaissentsansfardouseretranchentderrièredescoquetteriesdelangage,cesquadrasypensentmêmelors-qu’ilsneserasentpas.Privilè- gedeleurâge:ilssaventquesil’attelagesocialistedérailleencoreunefois,c’estforcé-mentverseuxquesetourneralePS.Oucequ’ilenrestera»
.
Ledollarenquestion
Dansun
entretien
surlerôledudollardanslacrise,l’écono-misteJacquesSapir,directeurd’étudesàl’Ecoledeshautesétudesensciencessociales,estimequelabaissedelamon-naieaméricaine
«vanousmet-tre,nousEuropéens,dansunesituationabsolumentintena-ble
(…)
quivaprovoquerdescraquementsextrêmementbrutauxdanslespayslesplusvulnérables».
Volcanantillais
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Lesacteurspolitiquesfaceaupiègedelaradicalité
L'actualitésurLemonde.fr
Editorial
T
ous radicaux! De Nicolas Sarkozy àOlivier Besancenot en passant parFrançois Bayrou et Ségolène Royal,c’estàquidénonceraleplusfortlesdérivesdu capitalisme, le comportement despatrons voyous, le sort injuste fait auxdizainesdemilliersdesalariéslaisséssurlecarreauparunecrisemondialesansprécé-dent. La période, bien sûr, se prête àpareillesurenchère:cequiétaittoléréilyaun an – les bonus et autres parachutesdorés des PDG du CAC 40 – devient, enpériodedelicenciementsmassifs,propre-ment incompréhensible. Le fait que despatronsaientdumalàlecomprendrerévè-lel’undeseffetsperversdelamondialisa-tion: la perte derepères nationauxd’unepartie de l’élite française dont la sphèred’interventionestlaplanètemonde,leréfé-rentlemodèleanglo-saxon,l’étalonlepro-fit. C’est comme si deux univers coexis-taientsansintérêtscommunsavecrisqueimportant de heurts en période de crise.Mais le fond de l’air n’explique pas tout.Pour des raisons qui leur sont propres,nombre d’acteurs politiques entretien-nent leur propre radicalité, sans que l’onsachetrèsbiens’ilsserontcapablesderes-ter maîtres de la dynamique qu’ils créentous’ilsnerisquentpasdeselaisserdébor-derparelle.LecasdeNicolasSarkozyestsymptoma-tique.Depuisquelechefdel’Etataprisactedelagravité dela crise,ilestl’undes plusactifsmilitantsdelamoralisationducapi-talisme.Pasunjoursansqu’ilfasselaleçonauxpatronssurl’airde:
«Onnebâtitpaslaréussite d’une entreprise contre ses sala-riés!»
Après avoir dénoncé leur voracité,levoilàquilespousseàpartager leprofit.Enbonneexécutante,l’UMPattiselefeuetpréparedespropositionsdeloiaucasoùleMedef, mauvais joueur, ne s’exécuteraitpas.C’estcommesiladroiteétaitsoudaindevenue la gauche avec mission de jouerlesRobindesbois.Comme souvent chez Nicolas Sarkozysemêlentdeuxstratégies.L’une,offensive,consisteàoccuperleterraindel’adversai-re:l’heureestàlarégulation.Ilpréempte,le temps que les socialistes reprennentleurs esprits. L’autre, plus défensive, ren-voie à ses promesses de campagne. A unmomentoùilfallaitréenchanterlapoliti-que,ilabeaucouptroppromis.Deuxansplustard,ilseretrouve,pourdesraisonsquiluiéchappent,dansl’inca-pacitéd’honorersesengagements.Aulieude la croissance et des gains de pouvoird’achatpromis,ildoitgérerunerécessionmondialequisetraduitpardesdizainesdemilliers de pertes d’emplois. Ou bien ilprend acte du hiatus et c’en est fini del’hommeprovidentiel.Oubienilfaitcom-me s’il était encore en campagne. Et il luireste le pouvoir des mots pour désignerdes boucs émissaires (
«les patrons vora-ces »
), promettre des gains de pouvoird’achat(unpartageestpossible),préserverl’emploi (
« je vais sauver le site de Cater- pillar»
).Toutplutôtqued’endosserlefata-lisme de François Mitterrand qui s’étaitexclaméen1993:
«Contrelechômageonatoutessayé!»
Radicale, Ségolène Royal l’est aussi. Laprésidente de Poitou-Charentes s’estrécemment illustrée en manifestant sacompréhensionàl’égarddessalariés
«fra- gilisés, piétinés et méprisés »
qui séques-trentleurspatronspoursefaireentendre.Ce faisant, elle reste, elle aussi, en phaseaveclatonalitédesacampagneprésiden-tielle qui mêlait des dénonciations quasirévolutionnairesàdesremèdesclassique-mentsociaux-démocratesdutyperecher-che d’un
« bon deal »
entre partenairessociaux. A l’époque, les mots qu’elleemployait avaient déconcerté son campmaisilsluiavaientaussipermisd’incarnerune forme de nouveauté. Aujourd’huiencore,cettecapacitéàsurprendrerestesaseulechanced’existerfaceàsarivaleMarti-neAubryquiincarne,àlatêteduPS,unsty-led’oppositionbeaucoupplusclassique.Un troisième personnage, égalementprésentdurantlacampagneprésidentiellede 2007, entretient sa propre radicalité :FrançoisBayrou.LeprésidentduMoDemabiensenti,àlafaveurdelacrise,lamontéede l’antisarkozysme dans toute une sériede strates de la population : les classespopulairesquisesententtrahies,lesfonc-tionnairesquisesententattaqués,unepar-tiedelabourgeoisiequineseretrouvepasdans le style présidentiel. Il cherche à lesfédérerdansunecritiqueradicaledusarko-zysme, qu’il continue d’analyser commed’inspirationaméricano-libérale.Stigmati-santlagrandepannedel’ascenseursocial,l’anciencentristeneprétendpluscompo-seraveclecapitalisme,ilseditenconfron-tationavecluietmèneunebatailleachar-née contre la
« politique d’inégalités »
menée, selon lui, par Nicolas Sarkozy. Luiaussicontribueàélectriserleclimat.A l’évidence, l’épisode populiste quiavait marqué l’élection présidentielle de2007 n’est pas clos : chaque acteur tentederécupérer à son profitle dépit du peu-plepouréviterqueplusradicalqueluinel’utilise.Ilyadeuxans,c’estNicolasSarko-zyquiétaitsortigagnantencaptantl’élec-torat frontiste qui menaçait de faire sau-terlesystème.Aujourd’hui,surfonddecli-matsocialtendu,lejeudevient,del’aveumêmedesacteurs,plusrisqué.
«Onsecroi-raitsousl’AncienRégime »,
constateSégo-lène Royal, tandis que Nicolas Sarkozy sesouvientquelesFrançaisontcoupélatêteauroi.
p
courriel :
fressoz@lemonde.fr
L
es Etats généraux de l’outre-mersont mal partis. L’initiative en aété lancée par Nicolas Sarkozy,début mars, pour tenter de sortir« par le haut » de la crise très pro-fondequisecouaitalorslaGuadeloupe,laMar-tinique,laGuyaneetLaRéunion.Elleétaitper-tinente : il s’agissait de consulter largementles citoyens et toutes les forces vives de cesdépartements pour restaurer la confiance et« refonder» la relation entre ces territoireslointainsetlamétropole.Prévus du 15 avril à la mi-mai, ils devaientêtreponctuésouconclusparundéplacementduprésidentdelaRépubliqueauxAntilles.Orcette vaste et nécessaire ambition s’effilochechaquejourunpeuplus.Lescollectifsdesyn-dicatsetd’associationsquiontconduitlesgrè-ves générales – LKP en Guadeloupe, collectif du 5 février en Martinique, Cospar à La Réu-nion–ontrefusédeparticiperàcesEtatsgéné-raux.ElieDomota,leaderduLKP,arésumélesentiment général en déclarant qu’il ne vou-lait pas cautionner une consultation vécuecommeunsimulacre,puisque
« toutadéjàété décidé par l’Etat ».
Les deux premières réu-nions publiques en Guadeloupe, mardi14avril,n’ontd’ailleursattiréqu’unevingtai-nede participants.Quant à la date duvoyageprévu par M. Sarkozy, elle reste des plusfloues.C’est regrettable. Les longues semaines degrève générale contre la
« profitation »
ontpourtant mis en lumière les racines très pro-fondesdelacrise.Lesecrétaired’Etatàl’outre-mer,YvesJégo,lesrésumaitfortbiendansnoscolonnes(
LeMonde
du14mars):
« Encinquan-te ans, en dépit de tous les efforts de l’Etat,l’autonomie économique des départementsd’outre-mer a reculé, la dépendance à l’égarddes importations s’est accrue, la capacité de production n’a pas progressé, le chômage est resté trois fois plus élevé qu’en métropole, lesséparations sociales héritées du passé n’ont pas été surmontées… »
Economique et social,le malaise est aussi identitaire : les citoyensd’outre-mer réclament respect et émancipa-tion,rêventd’autonomie,voired’indépendan-ce, mais savent combien le cordon ombilicalaveclamétropolerestevital.Pluspersonnenepeutdoncprétendreigno-rer quoi que ce soit de ce malaise profond. Laresponsabilité impose d’y apporter remède.Latentation,àPariscomme auxAntillesouàLa Réunion, de différer ou esquiver un indis-pensabledébatsurlefonddesproblèmesetdelaisserànouveaupourrirlasituationseraitlapiredessolutions.Tantilestévidentque,silatensionlaplusforteestretombée,lesvolcansd’outre-mernesontpaséteints.
p
Leprésidentgouverne
PIERREGRISEDISTRIBUTION
L
esjeunesdel’UMPsontdesrebelles.Mêmes’ilssontlycéens,ilspeuventboiredel’alcoolaveclabénédiction…deleurparti.Peuimportequel’As-sembléenationaleaitadoptéle18marsl’interdictiondevented’alcoolauxmoinsde18ansetlaprohibitiondesopenbars.PeuimportequeRoselyneBachelot,ministredelasanté,aitdéclaré:
«Pasd’alcoolpourlesmineurs,c’estclair,c’estsimple. »
Vendredi27mars,onoubliaittout.Cejour-là,
«Toutel’équipedel’UMP Lycées»
invitaitsesouaillesetleursamis(àpartirde16ans)à
«unesoiréeexceptionnelle»
àParis.Attention,
«tenuecorrecteexigée»
.Auprogramme:
«dessurprises,denombreusesperson-nalitéspolitiques»
,descotillons,delamusiqueavecDJet…del’al-cool.Mieux:lesloganauraitpuêtre
«Buvezjeunesgens,buvez,etadhé-rez!»
Ainsi,aveclacartedel’UMP,l’entréedelafêteétaità20eurosavec
«troisconsommationsalcooli-sées»
;silejeuneadhéraitsurpla-ce,leprixétaitidentique,maislenombredeboissonsalcooliséestombaitàdeux,ets’iln’adhéraitpas,ilpayaittoujours20eurosmaisn’avaitdroitqu’àunverregra-tuit.EtlesiteInternetdel’UMPLycéesdepréciser:
«Pourtouteadhésion,uneconsoofferte»
.Bref,plusleslycéenssontprochesduparti,etplusilspeuventboirepouroublierlaloiBachelot!Jenesuispasalléeàlafête.C’estunconfrèredujournal(merciFranck!)quim’asoufflél’annoncedecette«soiréespéciale»diffuséesurleWeb.Lesréactionsdesinter-nautessontunvraibonheur:
«Onvabienmobiliserlà-dessus,jepensequ’onseratrèsnombreuxetqueceseraunesupersoirée»
,prédit«lesjeunespop’»dela13
e
circonscrip-tion.
«Jevaischerchermacartedemain»
,s’emballePopol.
«Et pourceuxquin’habitentpaslarégionparisienne,àquandcemêmetypedesoirée,pourquoine pasfaireuntrucdugenrel’UMP Lycéestour?»
,proposePolo.C’estvraiça,pourquoipasunUMPLycéestoursponsoriséparunalcoolieravecRoselyneBachelotenguest-star!Paslapeinedefairedesaffichespourannoncerlatour-née,puisquelapublicitépourl’al-coolsurInternetaétéautoriséeparl’Assembléeaudétourd’unamendementsoutenuparlegou-vernement.Finalement,cegenred’initiativedonnelesourire.Tousleslycéensseressemblent.Qu’ilssoientdegaucheoudedroite,difficiledelesattireravecdelalimonade.Etpuislapolitiquen’estplusàunecontra-dictionprès.Aneufjoursd’inter-valle,degrandsdiscourssurlesdégâtsdel’alcoolchezlesjeunespuisuneinvitationàboirefaiteauxlycéensàconditionqu’ilsadhè-rentaupartiquivotel’interdictiondesboissonsalcooliséesauxmoinsde18ans.Aprèstout,laloin’estpasdéfinitivementvotée.Elleseraexa-minéeparleSénatàpartirdu11mai.Etsilessénateursconcoc-taientunamendementautorisantladistributiond’alcoollorsdessoi-réeslycéennesàconditionqu’onyparlepolitique?
p
courriel :
blanchard@lemonde.fr
LEPREMIERCONSEILdesministresdugouvernementdeGaulle,enjuin,avaitdurécinquante-cinqminutes.Lesdélibé-rationsdugouvernementDebréàl’Elyséeseprolongentsouventpendantquatreoucinqheures.Enrevanchelesconseilsdecabinet,aumoinshebdomadaireshier,sontdevenusrarissimes.Cesontlàdessignesclairs:lesvraiesdécisionssontpri-sesparleprésidentdelaRépublique,quiestseulà«penser»lapolitique.Lesréunionsdel’Elyséesontlonguesparcequ’ilfautentendrelescomptesren-dusquiservirontdebaseauxgrandesoptions,lesrapportssurl’applicationdesmesuresprisesetaussicesméditationsàhautevoixoùsemêlentétroitementl’his-toireetlavie,lepasséetl’avenir,quifor-mentchezlegénéraldeGaulleunlienpermanententrelapenséeetl’action.Leresteestaffaired’exécution:c’estlatâchedesministres,lesoindecoordon-nerleuractivitéétantlaisséaupremierd’entreeux.Ceuxquiredoutaientdesconflitsentrelesdeuxtêtesd’unexécutif bicéphalepeuventêtrepleinementrassu-rés:iln’yaqu’unetête.Ceschéma,danslequelseulleprési-dentdelaRépubliquedécide,tandisquelesministresexécutentetquel’adminis-trationgouverne,estunpeusimpliste.Laréalitéestpluscomplexe.Mêmedanslesdomainesfondamentaux,ondiscernedéjàqueleprésidentdelaRépubliquelimi-tesesinterventionsàl’essentiel,qu’ilnedétientpastoutelaréalitédupouvoir,s’ilenalameilleurepart.Lesrenonciations,souventvolontaires,s’inspirentderaisonsélevéesetsolides:nefaut-ilpascréerlesconditionsd’unéquilibre,aiderlenou-veaurégimeàdégagerpeuàpeulesélé-mentsd’uneviepropreafinqu’ilcessedereposerentièrementsurunhomme?
p
PierreViansson-Ponté
(16avril1959.)
Leportraitd’uneautreAfrique
Chronique
C’estcommesiladroiteétaitsoudaindevenuelagaucheavecmissiondejouerlesRobindesbois
Viemoderne
SandrineBlanchard
Ilya50ansdans
0123
Qu’ilssoientdegaucheoudedroite,difficiled’attirerleslycéensavecdelalimonade
Musiqueetalcoolàl’UMPLycées
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estéditéparlaSociétéEditriceduMonde(SA).Lareproductiondetoutarti-cleestinterditesansl’accorddel’administration.Commissionparitairedespublicationsetagencesdepressen°0712C81975
ISSN0395-2037
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Imprimerie du Monde12,rue Maurice-Gunsbourg94852 Ivry cedex
Président:
DavidGuiraud
Directricegénérale:
BénédicteHalf-Ottenwaelter
80,bdAuguste-Blanqui 75707PARISCEDEX13 Tél:01-57-28-39-00-Fax:01-57-28-39-26
Analyse
FrançoiseFressoz
ServiceEurope-France
0123
2
Jeudi 16 avril 2009
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