• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
Etats Généraux de Wallonie 9 mai 2009 Contribution Jacques LENAIN 200509
1
 
…/…
LES FORMES POSSIBLES DE L’UNION DE LA WALLONIE AVEC LA FRANCE
 
ANNEXE 1 - La France, cadre d’intégration de la Wallonie
L’union avec la France est une option doublement occultée aux yeux de la plupart desWallons, parce qu’ils sont éduqués depuis deux siècles dans l’opinion qu’ils seraient tropdifférents des Français pour les rejoindre, et que les institutions de l’Etat français seraientinaptes à faire droit à la reconnaissance de leur identité et de leurs propres institutionswallonnes. Ces deux appréciations sont erronées. Elles sont ici corrigées.Identité wallonne et identité française : une fausse oppositionPar ses caractéristiques culturelles, la Wallonie est un pays d’essence toute aussi française que bien des pays de France. Que la Picardie du nord, la Lorraine, ou encore la Franche-Comté, laSavoie, le Dauphiné, la Provence, ou le Pays niçois. Sa population, comme celle de la plupartde ces régions, est de souche gauloise. Comme elles, elle a été latinisée et l’est restée. Commeelles, sa langue est le français, sa variante régionale s’étant effacée au profit de sa versionstandard. Comme elles, séparée de la France occidentale après la disparition de l’unitécarolingienne, au IXème siècle, parce que située à l’est de la nouvelle frontière créée alors sur l’Escaut et la Meuse, la Saône et le Rhône, elle a connue, pendant plusieurs siècles, une vie politique séparée de la France.Mais, contrairement à ces pays, la Wallonie a échappée au mouvement millénaire qui a permis à la France de réunir à nouveau l’essentiel des territoires et populations latinisées de laGaule historique. Cette réunion là, quand elle s’est produite par héritage ou par conquête, plusrarement par adhésion, a souvent été mal vécue, plus ou moins, par les populations en cause. Ni les Picards du nord, ni les Lorrains, ni les Francs-Comtois, n’ont accepté spontanément etde bonne grâce de devenir français à compter du XVIIème siècle. Comme les Wallons, ilss’accommodaient bien de l’autorité de leur suzerain «étranger» et lointain, qu’ils pouvaient préférer à la férule royale française. Comme les Wallons, ils reconnaissaient la légitimité deleur suzerain, d’abord «bourguignon», puis «espagnol». Pourtant, aussitôt le rattachement à laFrance accompli, l’évidence s’est imposée aux picards, aux lorrains et aux francs-comtois : ilsétaient déjà français, sans avoir d’effort à faire pour le devenir, malgré que la majorité d’entreeux aient été séparés de la France pendant huit siècles.Et les Wallons peuvent accomplir demain le même parcours. D’autant que s’ils ont été séparésde la France depuis douze siècles, ça n’est pas vrai pour tous et tout le temps. Ca ne l’a pas été pour les pays de Tournai et de Bouillon, au demeurant plus picard et champenois questrictement wallon, dont les attaches à la France persisteront, avec des éclipses, jusqu’auxXVIIème et XVIIIème siècles, et pour d’autres territoires encore. Et ça ne l’a pas été demanière continue, avec la période de rattachement de la Belgique à la France de 1792-1815.Période brève mais intense, période marquante qui n’a pas témoigné d’un refus des wallons àêtre et demeurer français, question à ne pas confondre avec le rejet circonstanciel des formesdespotiques des pouvoirs révolutionnaire et napoléonien.La France est une nation composite, le résultat de l’addition successive de plusieurs de pays,dont la plupart ont cependant en commun, totalement ou partiellement, un substrat gaulois, uncadre latin, un ferment germanique. C’est aussi la somme et la combinaison de plusieurshéritages, monarchique puis républicain, chrétien et laïque, libéral et social. Tous traitsfrançais que l’on trouve également en Belgique française, amalgamés de la même sorte, etressemblances qui permettraient une intégration particulièrement aisée de la Wallonie commede Bruxelles en France.Dans une France donc plus diverse qu’on ne le croit en Belgique, tout citoyen peut fairel’addition de deux fidélités, celle qu’il reçoit de son pays et celle qu’il donne à la Franceentière. On pourrait être demain Wallon et Français plus aisément qu’on peut être aujourd’huiWallon et Belge. D’autant que le chemin à parcourir par les Wallons est moindre que ladistance aisément franchie hier par les Basques de langue, les Alsaciens alémaniques, les
 
Etats Généraux de Wallonie 9 mai 2009 Contribution Jacques LENAIN 200509
2
 
…/…Lorrains franciques, les Roussillonnais catalans, les Bretons «bretonnants», et les Corsesitaliques, et encore moindre que celle qui demeure avec les populations françaises d’outre-mer.Par ailleurs, bien que la réalité belge soit mal connue en France, y compris ce qui distingue lesFlamands des Bruxellois, et qu’une certaine indifférence à son égard s’y manifeste, toutchangerait dès que la crise existentielle de l’Etat belge deviendrait particulièrement aiguë. Eneffet, une autre réalité, largement méconnue, s’imposerait alors en France, c’est la continuitéquasi-totale, géographique, historique, culturelle et finalement humaine qui existe et qui atoujours existé entre la Wallonie et la France.Le choix de raison d’un ralliement à la FranceDepuis bientôt deux siècles, toutes les institutions de l’Etat belge et de Belgique enseignentaux wallons qu’étant Belges ils ne sauraient être Français. Et tant que l’Etat belge a pu leur donner le sentiment qu’il y avait bien une nation belge et qu’il leur fournissait ce qu’on est endroit d’attendre d’un Etat, les Wallons ont bien voulu le croire. Et la plupart le croient encoreaujourd’hui malgré l’évident délitement de cette nation et l’affaiblissement critique de l’Etat belge.L’union avec la France ne pourra donc prendre sens, pour la plupart des Wallons, que quandl’Etat belge paraîtra à leurs yeux condamné et sa fin imminente. Tant que ce ne sera pas lecas, et aussi tant que les Wallons ne seront pas éclairés sur la forme possible de cette union,d’une union qui serait respectueuse de ce qu’ils sont, l’idéal «réunioniste» ne pourra prospérer que difficilement, les wallons restant acquis à leur personnalité «belge», conscients de la personnalité historique de leur territoire, et devenus attachés à la compétence d’autogestionacquise depuis un quart de siècle par leur Région dans le cadre de la Belgique fédérale.Mais dès ce moment venu, les Wallons (avec les Bruxellois) seront contraints de trouver unesolution de rechange à l’Etat belge. Ils percevront alors vite, pour nombre d’entre eux, qu’unealternative solide et durable à l’Etat belge ne pourrait venir d’un nouvel Etat wallon ou wallo- bruxellois, qui ne seraient viables ni l’un ni l’autre, politiquement comme financièrement. Etdont une mise en œuvre catastrophique pourrait même engendrer la décomposition de laWallonie elle-même, par le départ de ses parties brabançonne, luxembourgeoise, picarde etgermanophone.Face à la décomposition de l’Etat belge, et une fois abandonnée une inféodation accrue à laFlandre dans le cadre d’une confédération-alibi, les Wallons (et aussi les Bruxellois) devraientdonc faire le choix entre une indépendance illusoire, certainement précaire et probablementéphémère, et un mode d’union, à définir, avec la France, avec ses contraintes, certes, et aussises certitudes. Choix pleinement justifié par une proximité culturelle et un compagnonnagehistorique bi-millénaire, eux-mêmes les fruits de la continuité géographique. Mais choix deraison plutôt que de cœur, après deux siècles d’apprentissage à penser «belgicain», donc à penser contre la France, pour la majorité des Wallons (et des Bruxellois aussi). Considéronsdonc que ce choix pour la France doit s’apprécier selon des critères essentiellement fondés sur l’intérêt des Wallons et des Bruxellois et sur sa pertinence opérationnelle. Regardons-en lescaractéristiques possibles.Le choix français, un réducteur d’incertitudesD’abord, le choix ou non de la France, par les wallons et les bruxellois, devrait dépendre, en bonne analyse, de la balance des avantages et contraintes entre le ralliement à un Etat-nationconnu, millénaire, intangible, et la voie nouvelle, solitaire, incertaine d’une constructionétatique incertaine, toute neuve, en devenir, dans des conditions politiques et financières peufavorables. Aussi, le moment venu, l’état de nécessité auquel les Wallons et leurs dirigeantsseront confrontés devrait les amener à voir la France comme le seul choix pertinent, par sasolidité, même si ce ne pourrait être qu’après l’expérience ratée de l’Etat wallon ou wallo- bruxellois.
 
Etats Généraux de Wallonie 9 mai 2009 Contribution Jacques LENAIN 200509
3
 
…/…Il s’impose donc que le choix de la France serait avant tout un formidable réducteur d’incertitudes. A long terme évidemment. Et à court terme aussi, puisque ce choix de laFrance, une fois fait, anéantirait la plupart des risques inhérents à la période d’après la partition. Période dans laquelle, et contrairement à la Flandre, les entités wallonne et bruxelloise, si elles restaient isolées, se trouveraient dans une situation fragile, lourded’inconnues menaçantes, politiques, économiques, sociales, territoriales.Ce qui devrait être demain également mieux perçu, c’est que l’union avec la France seraitaussi un moyen sûr d’éviter l’éclatement même de la Wallonie, menace sérieuse en casd’isolement politique, de crise institutionnelle, et d’appauvrissement financier. Car laWallonie est dépourvue d’une unité territoriale suffisante, de véritable centre, Namur n’étantqu’une modeste capitale administrative. Le rassemblement wallon des périphéries brabançonne, luxembourgeoise, picarde, et allemande ne résisterait pas à une vraie épreuve.On ajoutera que la Flandre elle-même aurait tout à craindre d’une Wallonie voisine en état dedéliquescence ou de décomposition. La Flandre devrait donc, même si c’est avec réticence,adhérer à toute solution stabilisatrice, et pour cela ne pas s’opposer frontalement à unesolution française, la seule praticable, bien qu’elle aimerait éviter un telle voisinage français,tout particulièrement à deux pas de Bruxelles.De plus, cette union commune de la Wallonie et de Bruxelles avec la France permettrait, ipsofacto, le maintien de l’union entre la Wallonie et Bruxelles. Et ce beaucoup plus sûrementqu’un hypothétique Etat wallo-bruxellois. En vérité, le paradoxe du tandem wallo-bruxellois,c’est que ses deux membres ont absolument besoin de rester ensemble mais qu’ils ne le peuvent s’ils sont réduits à eux-mêmes. C’est qu’ils ont besoin pour «tenir» ensemble ducadre d’un Etat tiers. Cadre qui est aujourd’hui encore l’Etat belge. Et il en faudra demain unautre, qui semble ne pouvoir être que la République française. En ce sens, la France serait lesubstitut durable de l’Etat belge comme ciment du couple wallo-bruxellois.Le choix français, dicté par la proximitéEnsuite, et malgré l’existence d’un courant a-français voire anti-français en Wallonie, fondénotamment sur la supposée réalité opposable d’un nation belge ou d’une nation wallonne,méfiance et hostilité entretenues par les systèmes politique et éducatif belges depuis près dedeux siècles, les wallons, dans leur très grande majorité, sont parfaitement au fait de la totale proximité culturelle et sociale entre la société wallonne et la société française, qui va bien au-delà du partage de la même langue maternelle. Ils vivent au quotidien la véritable osmose quiexiste entre eux et les populations du nord de la France. Ils connaissent l’étroitesse des liensqui existent sur le plan culturel entre eux et la France entière, comme l’atteste l’insertion desmilieux artistiques et intellectuels wallons, comme bruxellois, en France, et tout autant la place des médias français en Wallonie. Et ils peuvent aussi constater chaque jour qu’il en vatout autrement, désormais, avec le monde flamand (un Liégeois se sait certainement plus proche sociologiquement et culturellement d’un Lillois que d’un Anversois, comme ce Lilloisest plus proche dudit Liégeois que d’un Marseillais).La majorité des Wallons sait aussi que la Wallonie est déjà dans une situation de forteinterdépendance économique avec la France, et de la France du nord encore plus,interdépendance qui contrebalance de plus en plus celle existante avec la Flandre. La France,qui est le premier partenaire économique de la Wallonie après la Flandre, absorbe déjà 30 %des exportations wallonnes. Et depuis la quasi-disparition des grandes entreprises d’ancragewallon, les entreprises françaises jouent un rôle de premier plan en Wallonie, aux côtés desentreprises wallonnes, flamandes et nord-américaines.Les Savoyards et les Niçois, au XIXème siècle, il n’y a donc pas si longtemps, ont comprisque leur qualité de citoyen piémontais n’était plus la bonne, depuis que l’Etat piémontais avaitfait le choix irréversible de l’Italie, si fait que l’adhésion à la nation et à la citoyennetéfrançaise s’est alors imposée à eux comme une évidence. De même, au XXIème siècle, lesWallons, quand la voie flamande pour l’indépendance, qui ne sera pas longtemps dissimulable
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...