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Monsieur Charles Picqué,Ministre-Président de la Région deBruxelles-Capitale
7-9, rue Ducale
1000 Bruxelles
RECOMMANDEE 
info@picque.irisnet.be
LETTRE OUVERTE
Monsieur le Ministre-Président,La presse de ce 15 octobre 2009 nous a rapporté vos craintes par rapport à la scission deBHV qui se produira en séance plénière de la Chambre à l’issue d’une procédure en conflitd’intérêts, initiée pour la 4
ème
fois consécutive. Compte tenu de vos appréhensions à inviter leparlement bruxellois d’agir dans le même sens, on peut désormais situer le moment où cettescission se produira, soit au plus tard dans 150 jours, à l’issue de l’initiative de laCommunauté germanophone et de la procédure dite de la sonnette d’alarme que lesdéputés francophones pourraient encore actionner au parlement fédéral.Cette scission de BHV, vous ne l’ignorez pas, est inéluctable et sera votée majorité flamandecontre minorité francophone. L’enclavement définitif de Bruxelles, dans une Région qui luiest ouvertement hostile, deviendra ainsi réalité, étant entendu que sa flamandisation-assimilation, déjà à l’œuvre, est clairement programmée. Tout refus des Bruxellois à cetégard ne pourra qu’entraîner une asphyxie délibérée de leur Région. Car en aucun cas, vousle savez comme nous, les Flamands ne lâcheront Bruxelles.On sait par ailleurs que le refinancement de Bruxelles est récurrent selon une techniquechère aux Flamands (doctrine Maddens), une technique qui, par exemple, avait déjà portéses « fruits » lors de la conclusion des accords désastreux dits de la Saint-Polycarpe et surla régionalisation intégrale de la loi communale, sans aucune garantie pour la périphérie, lesFourons et autres communes dites « à facilis », mais assurant une scandaleusesurreprésentation flamande, tant au parlement qu’à l’exécutif bruxellois.Vous en appelez encore à une solution négociée, alors que plus rien n’est négociable, si cen’est d’exiger, en échange de la suppression des facilités et de la scission de BHV, unrecensement comportant un volet linguistique, histoire de voir quelle est la réalité. Celapermettrait de corriger la frontière linguistique, appelée à s’ériger en frontière d’Etat, defaçon intéressante et d’effectuer la liaison tant redoutée des Flamands entre Bruxelles et la
 
Wallonie…. Il s’agira aussi de doter Bruxelles d’une autonomie constitutive et de mettre fin àson injustifiable surreprésentation flamande.Mais aucune de ces « revendications » ne sera rencontrée et vous le savez. Et nouscraignons que les mandataires francophones ne se satisfassent de « concessions »symboliques ou de simples promesses qui ne seront pas tenues, à l’instar de ce qui s’estproduit avec la promesse flamande de signer la convention-cadre sur la protection desminorités nationales.
Ce qui est en jeu avec BHV
, personne ne s'y est trompé lors du vote de novembre 2007 oùcette scission a pour la première fois été votée,
c'est bien l'existence de la Belgique elle-même
, ce qu'on appelait alors benoîtement "le pacte des Belges". Pacte implicite qui jusqu'alors empêchait à une majorité ethnique d'imposer ses vues aux autres communautés.Plus aucun parti francophone n’a plus, aujourd’hui, aucun droit à l’erreur dans cette ultimephase d’existence de cet Etat bientôt entièrement confédéral, avant son éclatement complet.En réalité, la Belgique française, en raison de son caractère minoritaire, n’est plus en forcede négocier depuis trop longtemps maintenant ; les Wallons et Bruxellois sont victimes d’unEtat belge qui ne les protège plus, où l’on échange des droits contre quelques écus (dubéton contre du liquide), où les discriminations et les brimades sont monnaie quotidienne,aussi bien dans le domaine privé que sur le plan professionnel. Le blog bien documenté du« francophone de Bruxelles » ( http://www.francophonedebruxelles.com/ ) est très explicite àcet égard.Nous n’attendons pas la moindre issue positive des « négociations » qui s’annoncent : ils’agira d’un enième baissage de pantalon. Il est dès lors à craindre que la rue de la Loi soitsérieusement bousculée par la loi de la rue.Il est temps de penser à l’avenir de nos enfants. Il est hautement temps de faire son deuil decette Belgique qui nous veut du mal. Voyez, à cet égard, le billet révélateur de MonsieurRaymond Watrice, Secrétaire général de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles-Capitale, sur le site de cette association :http://www.liguewallonnebruxelles.be/ViewArticleDetail.asp?ArticleID=219Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Il est impératif de ne plus se tromperdans la direction à suivre. Ou bien nos mandataires se feront complices des Flamands dansleur conquête de la Belgique entière, tantôt linguistiquement, tantôt économiquement etsocialement, tantôt les deux à la fois. Ou bien ils décident, sinon de s’associer, du moins des’adosser à un partenaire loyal, puissant et fiable.Il est urgent de penser sérieusement à inverser un rapport de forces qui nous était, est etsera encore longtemps défavorable, tant aux Wallons qu’aux Bruxellois, aussi longtemps queperdurera encore cet Etat. Ce partenaire, seul en capacité de modifier ce rapport de force,c’est la République française. Cette République désormais décentralisée, apte à nousproposer, à nous Bruxellois, comme aux Wallons, un régime d’autonomie au moinséquivalent au régime actuel. Faut-il faire l’effort de comprendre cette possibilité, de saisircette chance.A cet égard, il existe une réflexion sérieuse sur la façon de nous sortir du piège belge par lavoie de la République, pour nos deux entités constitutives de la Belgique française. Pour la
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