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« Mandataires réunionistes de tous les partis unissez-vous ! » -Carte blanche de Jules Gheude, essayiste politique (1), dans« Le Soir » du 28 janvier 2010
Chaque parti francophone dit traditionnel compte en son sein desmandataires qui ont compris que les jours de la Belgique étaientcomps. Ainsi, il y quelques semaines, le bourgmestre CDH de Namur, Jacques Etienne, s’est exprimé de façon non ambiguë :
 
« Lemouvement flamand ne s’arrêtera jamais
(…)
et je ne suis pas sûr quela solution qu’on pourrait trouver après des nuits et des nuits de folie serait une solution qui permettra de régler une fois pour toutes les problèmes communautaires en Belgique. Est-ce qu’il ne vaut pasmieux se séparer tant qu’il y a encore de l’argent dans le ménage plutôt que de faire un divorce quand il n’y aura plus rien dans lacaisse ?
»
Il est vrai que, depuis les élections législatives du 10 juin 2007, la poussée nationalise ne cesse de se confirmer au Nord du pays. Selonune enquête récente de TNS/Dimarso, la N-VA séduit un Flamand sur trois et les formations autonomistes récoltent un score potentiel de…77 % (N-VA : 31 % ; Vlaams Belang : 24 % ; Lijst Dedecker : 22 %) !Il ne faut surtout pas se laisser prendre au pge qui consisteaujourd’hui, pour le Premier ministre Yves Leterme, à tenir undiscours à loppode celui qu’il tenait encore il n’y a pas silongtemps. Qui peut encore croire aux chances de ussite d’unfédéralisme de coopération quand on connaît la teneur des fameusessolutions adopes par le Parlement flamand en 1999 et quis’inscrivent dans une orientation nettement confédéraliste ? Qui peutencore croire à la possibilité d’aboutir à une solution négociée pour BHV, quand on connaît l’enjeu que représente cette question pour le Nord ?Il faut avoir l’honnêteté de dire les choses sans détour. La Flandre acessé d’être une entité fédérée. La scission de BHV est, pour elle,l’occasion de parfaire son homogénéité linguistique et de fixer, à sonavantage, ses frontières futures en tant qu’Etat indépendant. Faut-ilrappeler ici que l’ancien Premier ministre Herman Van Rompuy, quel’on tend, depuis sa désignation au poste de Président du Conseil
 
européen, à présenter comme le pacificateur par excellence, est lui-même lauteur dune proposition de loi visant à scindel’arrondissement en question ?En fait, les démocrates-chrétiens flamands ne font que perpétuer unetradition bien établie : jouer à fond la carte flamande au niveau dugouvernement flamand tout en profitant au maximum, aussilongtemps que l’occasion se présente, du label belge. Rien d’étonnant,dès lors, que la Belgique retrouve aujourd’hui cette « valeur ajoutée »qu’Yves Leterme, ministre-président flamand, lui avait déniée en2006…Il ne reste au « démineur royal » Jean-Luc Dehaene que quelquessemaines pour présenter un projet de solution pour BHV. On sait quela marge de manœuvre dont il dispose est extrêmement mince. Legouvernement flamand du CD&V Kris Peeters porte largementl’empreinte de la N-VA. Quant à Alexander De Croo, le nouveau président de l’Open VLD, parti de la majorité fédérale, il a d’embléeannoncé la couleur : pas de solution transitoire, pas d’élargissement dela Région bruxelloise, pas de nomination des trois bourgmestres de la périphérie…Ces derniers jours, plusieurs formats politiques francophones ontsouligné qu’un échec de la négociation sur BHV plongerait le paysdans un chaos juridique sans précédent.Ce serait inévitablement la chute du gouvernement, avec le risque dene pouvoir organiser des élections législatives anticipées. En effet,comme la expliqué récemment le président de la Couconstitutionnelle, l’arrêt rendu par cette dernière en 2007 exige dechanger le système actuel de BHV avant la tenue de nouvellesélections. Faute de quoi, celles-ci seraient inconstitutionnelles.Certains, comme Olivier Maingain et Francis Delpérée, estiment quecela ne poserait aucun problème juridique dans la mesure où ce sontles Chambres qui valident in fine les élections. Oui, mais la classe politique flamande dans son ensemble – et pas seulement quelques bourgmestres flamands de la périphérie – pourrait arguer de son soucide vouloir rester dans le cadre strict de la légalité pour refuser de

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