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La privatisation :
une illusoire incantation
Faire de la
 
santé
 
et du
 
bien-être
de la population un objecti politique solidaire
APPEL
pour un système de santé public
Novembre 2007
www.santesansproft.org
 
La privatisation :une illusoire incantation
Faire de la santé et du bien-être de lapopulation un objecti politique solidaire
L
es appels à la privatisation accrue de notre système de santése sont multipliés depuis une dizaine d’années au Québec. Laporte ouverte par le jugement de la Cour suprême du Canadaen juin 2006, a donné à ces appels la orme d’une incantationde plus en plus insistante. Ce discourspropose un privé mythique, parait,ecace, sans aille, ….quasi désintéressé! et qui serait la solution miracle à desproblèmes complexes qui relèventpourtant essentiellement d’une gestionpublique et de choix politiques.Les signataires de cette déclaration,arment qu’au contraire les aits portentà croire que l’incantation à la privatisation et le choix de cette voieconstituent un recul, une sorte de «marche avant vers le passé» quinous conduit dans un cul-de-sac dont nous aurons peine à nousextirper.
D’où cet appel à nos concitoyennes et concitoyenspour une résistance raisonnée à la privatisation du systèmede santé, un appel en faveur de solutions publiquesmettant la solidarité au service de la santé et du bien-êtrede la population du Québec.
Car avant d’être économique, la privatisation a d’abord unedimension politique et culturelle : elle s’attaque à des valeursd’égalité, de justice, de solidarité que les sociétés ont mis un tempsprécieux à intégrer dans leurs institutions et dont elles tirent leur inspiration pour la mise en place de politiques et de programmessociaux universels.
Résister à l’appel des sirènes!
Une privatisation passive, sournoise est commencée depuislongtemps : des soins dentaires aux examens de la vue en passantpar les services diagnostic et les médicaments, nous payons deplus en plus cher pour y avoir accès et de manière de plus en plusinégalitaire entre les citoyens entre autre parce que ce sont lesassurances privées, individuelles ou collectives, qui monopolisentdésormais ces secteurs.Mais une privatisation agressive a maintenant pris le relais : pasune semaine sans qu’on nous annonce l’ouverture d’une cliniqueprivée, d’une agence privée de soins inrmiers, de centres d’accueilprivés pour personnes âgées en perte d’autonomie, de partenariatspublic-privé, etc. Nous avons même connu un Davos de la santé ! … Au rythme où vont les choses, la population s’interroge avec raison :est-ce qu’un système privé, parallèle au système public, nous pendau bout du nez ?Nous sommes en eet passés en une vingtaine d’années d’une« demande de services publics » à une « demande de privé ». Car les orces qui poussent dans cette direction sont nombreuses : dela remise en question de l’État providence au début des années 80à la réingénierie néo-libérale de l’actuelgouvernement
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, elles s’additionnent etse renorcent mutuellement. Le RapportClair, le rapport Ménard, les think tanksde droite tel l’Institut Fraser ou l’Institutéconomique de Montréal, qui orait unFellowship au Dr Chaouli pour appuyer son recours devant la Cour suprême,têtes d’aches de l’establishmentmédical, du monde des nances, ouencore nombre de « lucides », toutes ces orces martèlent de açonlancinante la nécessité de privatiser le système de santé.On accuse le système public d’être atteint d’une « rigiditéétouante »
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et de sourir d’inecacité parce qu’il serait devenutrop lourd, trop coûteux, trop bureaucratique. Le remède ? Toujoursla même incantation: aire entrer le privé. Pour mieux le justier oninvoque tous « les scénarios catastrophes » : le vieillissement de lapopulation, les nouvelles technologies, la croissance erénée descoûts et la disette des nances publiques. Le discours est ensuiteadmirablement dramatisé et relayé par une ligne éditoriale biensoutenue dans les principaux médias en vue. On monte en épinglele moindre raté du système public, on en exagère les aiblesses : lavétusté des installations, les longues listes d’attente, etc. En somme,le système public serait en aillite; le privé pourrait le sauver ! À orce de nous aire asséner cette incantation, nos cerveauxsont devenus des territoires occupés par des idées qui serventl’intérêt de puissants secteurs nanciers. Sous cette infuence,nous avons ni par sourir d’amnésie. Nous avons oublié qu’avantl’assurance hospitalisation et l’assurance maladie, les gens devaientrecourir aux assurances privées… ou à la charité. La maladie étaitalors la principale cause d’endettement des amilles québécoises.Bon nombre de amilles s’y sont même ruinées. Aveuglés par la propagande du privé, nous avons littéralementperdu de vue ce qui se passe dans la cour du voisin étatsunien pour prendre la mesure de ce qui nous attend. Nous sommes incapablesmême de voir l’état pitoyable de la santé dentaire des Québécoiseset des Québécois, ….qui pourtant témoigne du dégât que laprivatisation croissante d’un domaine peut causer. §
La privatisation : une illusoire incantation 2
Avant d’être économique,la privatisationa d’abord une dimensionpolitique et culturelle 
 
Le privé :sauveur ou ossoyeur du système public?
Des coûts plus élevés et moins contrôlésdans le secteur privé
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Décennie après décennie, une écrasante majorité des étudesles plus rigoureuses démontrent que :
Les systèmes publics sont moins coûteux pour les individus et
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les collectivités que les systèmes privés. Ainsi, en moyenne, chaqueSuédois et Suédoise dépense par année 2825$ pour la santé;chaque Canadienne et Canadien en dépense 2998$ …et chaqueÉtasunienNE…..6402$...!
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Les systèmes publics dispensent une qualité de soins supérieure
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au système privé en terme de mortalité, de complications etd’accessibilité
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. Sur 10.6 millions de patients étudiés admis sur 10 ans dans plus de 5000 hôpitaux américains, les patients traitésdans les hôpitaux publics ou sans but lucrati avaient une mortalitésignicativement moins élevée que dans les hôpitaux privés à butlucrati 
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. Ces derniers engagent moins de personnel, procurentmoins de soins et écourtent le séjour hospitalier pour aire plus deprots.Les coûts de la santé sont davantage contrôlés quand le système
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est public et que la part du privé y est moins importante
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. Aucuneétude revue par des pairs n’a démontré que les hôpitaux privéssont moins coûteux
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.Le ticket modérateur ne contribue nullement à renfouer les
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caisses de l’État. Au contraire, il augmente les coûts du système etconstitue un problème de plus, en particulier pour les citoyens etcitoyennes les plus démunis et les plus vulnérables. La taricationa entraîné une baisse des consultations ambulatoires, surtoutchez les personnes âgées et les personnes à aibles revenus (…)elle s’est traduite par une augmentation importante de l’utilisationdes services hospitaliers accessibles gratuitement. Ce transerta entraîné une augmentation des coûts autant pour les servicespublics que pour les usagers.
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Les pratiques médicales en cliniques privées sont davantage
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orientées vers le prot surtout quand les médecins en sontactionnaires, ce qui entraîne une augmentation globale des coûtsdu système Une étude de l’Association des hôpitaux américainsdémontrait clairement que dans les cliniques privées où le médecinétait actionnaire, il se aisait plus de tests d’imagerie et d’interventionsque partout ailleurs, soulevant le spectre de dépenses inutiles etd’interventions dont l’indication était douteuse.
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Les laboratoires privés sont des «business». Pour réaliser de
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plus grands prots, (…) ils ne s’intéressent qu’aux analyses rapideset peu coûteuses laissant au secteur public la charge des analysescomplexes et très coûteuses.
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 Les médicaments constituent la part la plus croissante des coûts
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de la santé. (…) Ils augmentent à un rythme deux ois plus rapideque l’ensemble des dépenses en santé et ils absorbent une partieplus élevée du budget de la santé que les médecins et les inrmières.Le Canada dépense l’équivalent de 634$ US par habitant contre340$US au Danemark (…) pour une mortalité inantile et uneespérance de vie pratiquement identiques.
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Or, l’industrie pharmaceutique totalement privée exerce uncontrôle presque total sur la recherche, la mise en marché et lesprix des médicaments au Canada…et infuence très ecacementle prol de prescription des médecins.
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 De nombreuses études mettent en lumière les ailles
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importantes des partenariats public-privé dans le domaine de lasanté. L’expérience d’autres pays montre que la privatisation et lespartenariats public-privé dans le domaine de la santé entraînentune augmentation importante des coûts et une dégradation dessoins
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. Des médecins anglais, orts de leur propre expérience, ontmême invité l’Association médicale canadienne ortement disposéeà la privatisation via les PPP à ne pas s’engager dans cette voie.«Ceux qui sont en aveur de la privatisation ont souvent réérenceà “l’expérience britannique” comme preuve que le secteur privépeut aire sauver de l’argent au système public. [...] La réalité esttouteois que cet argent a été essentiellement consacré à la réductionde listes d’attente en chirurgies non urgentes particulièrementsensibles d’un point de vue politique et qu’elle a été réalisée aumoyen d’ententes dispendieuses et insoutenables avec le secteur privé».
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La privatisation : une illusoire incantation 3
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ous avons été encouragés à penser que le secteur privé est le garant du droit à la vie et à l’intégrité des personnes, qu’ilconstitue la dernière chance d’un système public présumé en aillite, qu’il augmentera l’accessibilité, réduira les listesd’attente, diminuera les coûts et augmentera la qualité des soins. Mais ce privé qu’on nous présente comme le sauveurdu système public n’en serait-il pas en réalité le ossoyeur ? Plusieurs aits, peu connus de la population québécoise, nous mènentà cette conclusion.
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