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© PAC Editions – Analyses – 2007/168, rue Joseph Stevens - 1000 Bruxelles - Tél : 02/545 79 11 - Site :www.pac-g.beEditeur responsable : Yanic Samzun
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Nouvelles radicalités et voies du changement social en Amérique latine
Par Bernard Duterme
Au-delà des luttes indigènes, les « nouveaux mouvements sociaux », les « nouvelles radicalités politiqueslatino-américaines » pour reprendre l’expression d’Hernan Ouviña, posent d’importants défis aux acteurstraditionnels de la gauche politique. De par leur composition sociale (plus hétérogène qu’auparavant et plus populaire que celle de leurs alter ego européens), leurs formes d’organisation (démocratie directe, horizontalité,etc.), leurs discours (autonomie, dignité, environnement, diversité, etc.), leurs répertoires d’action (expressifs, symboliques, médiatiques, etc.), leurs pratiques alternatives (expérimentation, espaces autogérés de productioncollective, etc.), ces mouvements ont renouvelé le panorama. Sans s’y réduire, ils assument toutefois leurs filiations passées. Leur originalité n’est ni à essentialiser ni à idéaliser, elle est à relativiser ou plutôt à situer dans l’articulation de nouvelles formes à d’anciennes, tant les conduites verticalistes et hiérarchiques, lesmodes d’expression classiques, les aspirations égalitaires à la redistribution des richesses, les revendications strictement socioéconomiques, l’attrait pour le pouvoir de l’État et les identités de classe sont demeurés prégnants.
Tentative originale mais fragile de renouveler etde combiner, dans les paroles comme dans lesactes, une pluralité d’aspirations puisées dansl’histoire des luttes, la portée utopique de cesnouvelles radicalités restent néanmoinsconsidérables. Si l’on retrouve dans les quartiersde Buenos Aires comme dans les communautésrurales de l’Équateur l’aspiration républicaine àla démocratie politique et à la citoyenneté,conjuguée à la quête socialiste et tiers-mondisted’égalité entre les groupes sociaux et entre lespeuples, la nouvelle perspective émancipatrice àl’oeuvre s’est enrichie, on le sait, d’accents plusinattendus : le souci du sujet, du statut del’individu dans le collectif et de sonémancipation ; l’appel à la reconnaissance desdiversités et des identités culturelles ; laconscience écologique des limites du progrès ; larevendication d’égalité entre les hommes et lesfemmes ; le lien étroit entre problèmes locauxet réalités mondiales ; la culture expérimentaleet participative, etc.Bien sûr, ces mobilisations et cette prétention àconjuguer l’ancien et le nouveau, uneinscription dans les luttes locales, nationales etinternationales, des revendications particulières(contre un barrage ou la privatisation d’unservice public, pour une terre ou un emploi,pour des droits culturels) et un nouvelinternationalisme altermondialiste ne sont pasapparues sui generis. Elles ont puisé tant dansles dynamiques singulières, provoquéesnotamment par la modernisation, descommunautés urbaines ou rurales dont ellessont issues (conflits générationnels, émergencede jeunes élites novatrices, rupture
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