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lui nouait autour des tempes les bandelettes delphiques, on lui posait destortis de fleurs sur la tête. Des invocations lui étaient adressées lorsqu’ilpassait par la ville en compagnie de ses disciples. Les gens s’attachaient parmilliers à ses pas: on savait bien que c’était le chemin du salut. Empédocleétait un mage. Tout cela eût pu n’être que supercherie de la partd’Empédocle, si la trame de ses jours n’eût été entretissue d’unemétaphysique capable de soutenir la spiritualité la plus intrépide.L’élaboration d’une providence par la connivence du hasard
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, assurémentle point de doctrine qui porte le plus loin, était un violent assaut contre lesdieux. – Empédocle se faisait conteur: «De la terre sont sortis des têtes quene portait aucun cou, des bras qui ne prolongeaient aucune épaule, des yeuxque ne surmontait aucun front.»
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Ces parties de corps séparées cherchaientà se rejoindre, s’assemblant en une foule de créatures à deux visages. Onvit des bustes humains faisant galoper leurs corps de taureau, et des têtesbovines sur des épaules d’homme. Il y eut des êtres humains de sexeindécis, estompant dans l’intersexualité les organes de la génération afin de
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L’hybris: la démesure, la mégalomanie, la folie des grandeurs.
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Chez Empédocle, le hasard, peut-être dirait-on mieux l’antidéterminisme, n’estpas constitué en système. Ce sont les commentateurs qui en ont fait une notionpremière de son enseignement, et il est vrai qu’elle tranche sur les autres doctrinesphilosophiques de l’époque. Ainsi Aristote: « Mais voici ce qui est surprenant à sontour: beaucoup de choses existent et sont engendrées par fortune et par hasard,qui, on ne l’ignore pas, doivent être rapportées chacune à une certaine cause dansl’univers, ainsi que le demande le vieil argument qui supprime la fortune;cependant, tout le monde dit de ces choses, que les unes sont par fortune, lesautres non. Aussi les Anciens auraient-ils dû, en toute hypothèse, faire mention dela fortune: d’ailleurs, ce ne pouvait certes pas être pour eux une chose analogue àl’amitié, la haine, l’intelligence, le feu ou toute autre chose pareille; donc soit qu’ilsen admissent l’existence, soit qu’ils la niassent, ils sont étranges de l’avoir passéesous silence; et cela d’autant plus qu’ils en font usage quelquefois. Ainsi Empédocledit que ce n’est pas constamment que l’air se sépare pour se placer dans la régionla plus élevée, mais selon qu’il plaît à la fortune; jugez-en: il dit dans sacosmogonie: “Il se rencontra que l’air s’étendit ainsi, mais souvent autrement”, etles parties des animaux sont engendrées la plupart par fortune, à son dire. »(“Physique”, 196 a, 19-24; trad. Henri Carteron; Éd. Les Belles Lettres, coll. Budé,Paris, 1952.)
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Fragment 495 dans Jean Bollack, “Empédocle”, tome 2; Éd. Gallimard coll. Tel,Paris, 1992, p. 177.
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