La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 est abord\u00e9e par le biais d'installations mettant en sc\u00e8ne une s\u00e9rie de papillons. De tailles vari\u00e9es, ils portent sur leurs ailes des reflets du monde de la nature, volontairement d\u00e9
Etre l\u00e9ger diaphane, ne plus lutter contre la mati\u00e8re, se lib\u00e9rer du poids du monde, est l'une des images que nous inspire le papillon. A propos de dualit\u00e9, l'inconstance en tant qu'\u00e9tat vient se juxtaposer \u00e0 la notion de libert\u00e9. Il repr\u00e9sente \u00e9galement la transformation de l'\u00eatre, passant de l'\u00e9tat de la chenille limit\u00e9e dans sa mouvance \u00e0 celui de papillon autonome par le moyen de la transformation dans la chrysalide.
L'insoutenable et l'\u00eatre se d\u00e9clinent au travers d'une s\u00e9ries de compositions assemblages, mettant en situation l'image du fardeau int\u00e9rieur et le poids qu'il entra\u00eene. Le plomb intervient tout naturellement en tant qu'outil symbolique et plastique. Assimil\u00e9 \u00e0 la lourdeur, il est \u00e9galement l'image de l'individualit\u00e9 limit\u00e9e ainsi que la mati\u00e8re premi\u00e8re d'o\u00f9 peut sortir par une transformation \u00e9prouvante l'or de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.
Plomb et papillon semblent s'opposer. La contemplation de cette dichotomie fait oeuvre de lib\u00e9ration car la conscience individuelle s'an\u00e9antie dans le sacrifice qu'elle fait de ses jugements (sacrifice dans le sens de : rendre sacr\u00e9). Ce passage par la chrysalide- tombeau engendre un changement d'\u00e9tat, une nouvelle naissance.
Les chemins, th\u00e8me abord\u00e9 l'ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, sont d\u00e9sormais illustr\u00e9s par des fourches de bois, des tiges de lys, emball\u00e9es dans du papier de soie, semblable \u00e0 des chrysalides-linceuil, du bois de ronce lumineux. Tels sont les sentiers du P\u00e8lerin emprunt\u00e9s durant sa vie afin d'accomplir ce qui est donn\u00e9 \u00e0 chacun.
Dans l'humilit\u00e9 de cette exp\u00e9rience, \u00e0 la fois mont\u00e9e et descente sans arri\u00e8re- pens\u00e9e vers le plus proche et le plus lointain de nous-m\u00eame, l'\u00eatre tout entier s'embrase et devient r\u00e9ceptacle de la beaut\u00e9 du monde.
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