2
PARTIE 2. Des arguments spécieux
De l’analyse
approfondie des arguments que M. Rammeloo développe dans ses commentaires de
l’article
paru dans la revue
Politique
,
il ressort qu’aucun d’eux ne justifie ni sur un plan légal ni sur un
plan factuel la flamandisation actuelle du JBNB mise en lumière dans la première partie de ce dossier.
Reprochant à l’article une «
connaissance peu approfondie des lois linguistiques »,
M. Rammeloo tente de justifier la flamandisation actuelle des effectifs et des services du JBNBpar une « application méticuleuse
» des lois linguistiques… qui revient à les violer
sous maintsaspects !En effet,
en application des lois linguistiques
:1. Le JBNB devrait être doté de
cadres linguistiques
. Or il ne l’est pas depuis bientôt dix
ans,ce que M. Rammeloo reconnaît (voir partie 1 du dossier).
Dans ce contexte, toute nomination et promotion est interdite, comme un arrêt du Conseil d’état de2008 l’a explicitement rappelé à l’égard du JBNB, ce dont se moque M. Rammeloo.
2. En présence de cadres linguistiques, et a fortiori, plus encore en leur absence, aucuneprocédure de
recrutement
ne peut être r
éservée aux candidats d’un seul
des deux rôleslinguistiques.Or il a été prouvé par des exemples récents que M. Rammeloo réserve régulièrement desrecrutements aux seuls néerlandophones
, et ne diffuse des appels à candidature qu’en néerlandais,
ce qui est également contraire aux lois linguistiques.3. Le néerlandais ne peut être considéré comme seule
langue de travail
du JBNB4. M
ême s’il y a certains emplois du JBNB qui impliquent légalement une connaissance du
néerlandais,
en aucun cas les lois linguistiques n’autorisent à en réserver automatiquement l’accès à des
néerlandophones
.Les cadres linguistiques ont en effet une portée protectionnelle qui vise à garantir que les emplois
publics de l’organisme auquel ils s’appliquent ne soient pas accaparés dans une proportion indue par les travailleurs issus d’une des deux grandes communautés du pays.
5. Même si certains emplois du JBNB impliquent légalement une obligation de bilinguisme etque, par hypothèse qui reste à démontrer, on ne trouverait pas de francophones ayant
l’attestation de connaissance du néerlandais légalement requise pour les occuper,
en aucuncas, les lois linguistiques
n’autorisent à y nommer automatiquement des
néerlandophones
qui, par hypothèse, posséderaient l’attestation de connaissance du
français légalement requise.6. Les violations des dispositions des lois linguistiques rappelées ci-dessus alimentent un
déséquilibre constant
des effectifs du JBNB au profit des néerlandophones.
Ce déséquilibre est bien trop considérable et généralisé pour avoir la moindre chance d’être
légalisé
ex post
dans des cadres linguistiques si le JBNB en étaient dotés (voir partie 1).- La
parité
exigée par la loi
n’existe pas
au niveau des fonctions dirigeantes qui composées à
deuxtiers de néerlandophones
-
D’après les propres chiffres de M. Rammeloo, il n’y a
même pas 30 % de francophones
dans lesemplois de
niveaux supérieurs A et B
.Il y a
6 % à peine de francophones
dans les emplois de
niveau D
, le plus bas de la hiérarchie.Même des cadres linguistiques qui seraient fixés selon la méthode
–
très peu objective
–
proposée par
M. Rammeloo l’
obligeraient
à relever significativement la part des emplois
qui sont actuellement
attribués aux francophones
au JBNB !
Leave a Comment