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DOSSIER
Résumé
Le Jardin botanique nationalde Belgique :
un cas emblématique detransferts Sud-Nord
Le lotissement néerlandophoneà tous les étagesd
’un établissement scientifique fédéral
 
Olivier Paye
ProfesseurCentre de recherche en science politiqueFacultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles
15 septembre 2011
 
1
PARTIE 1. Des faits accablants
 
De l’analyse comparative minutieuse des commentaires de M. Rammeloo avec le contenu de l’article
 paru dans la revue
Politique 
, il ressort que
tous les faits et les chiffres mentionnés dans l’article correspondent
objectivement à la réalité
aucun des commentaires de M. Rammeloo n’en infirme la validité
.M. Rammeloo
reconnaît
 
d’ailleurs ex
plicitement
une partie de la réalité
des faits qui étayent le constat
d’une flamandisation du JBNB dans son fonctionnement actuel
 
nie la réalité des autres faits
mentionnés dans l’article
contre toute évidence et
 
parfois
 même
contre les propres données q 
u’il a transmises
dans son courrier
.
Le sérieux
de l’article sort
donc
pleinement conforté
de sa confrontation avec les soi-disantrectifications de M. Rammeloo.
 
L’examen méthodique des commentaires de M. Rammeloo démontre que
son jugement tendant à
décréditer l’article est totalement infondé, et donc diffamatoire.
 
7 faits qui étayent le constat d’une flamandisation actuelle du JBNB
 
M. Rammeloo reconnaît la réalité 
des faits suivants : 
1.
L’absence illégale de cadres linguistiques depuis prè
s de dix ans2.
L’existence d’une «
grande différence
», d’un «
déséquilibre institutionnalisé » dans leseffectifs actuels du JBNB au profit des néerlandophonesM. Rammeloo ne trouve à chicaner que sur 2 ou 3 % prétendant que la proportion de
francophones serait un peu inférieure à 20 % plutôt qu’un peu supérieure à 15
%, en netotalisant pas dans son calcul tous les effectifs3.
L’existence même d’un «
très grand déséquilibre » dans les niveaux inférieurs, en particulier,selon ses propres chiffres, dans le personnel de niveau D, 94-6, et dans le personnel duservice technique, 83,5-16,54.
L’existence de tra
itements différenciés dans les activités du JBNB au profit desnéerlandophones
M. Rammeloo conteste la réalité des faits suivants 
, qui sont 
dûment avérés 
 
5.
L’existence de pratiques de recrutement et promotion discriminatoires et illégales, privilégiant
les néerlandophones6.
L’existence
contraire aux lois linguistiques de la surreprésentation des néerlandophones dansle personnel de recherche et les fonctions dirigeantes,
alors qu’elle
ressort pourtant desdonnées communiquées par M. Rammeloo lui-même7.
L’exi
stence de services entiers dépourvus de francophonesAu vu de ces 7 faits dûment établis,
il n’est
pas possible rationnellement de nier la flamandisation
actuelle du JBNB
Plutôt que d’admettre la réalité et d’assumer la responsabilité de cette dynamique
qui ne peut que luiincomber en tant que directeur du JBNB depuis 20 ans, M. Rammeloo recourt à toute une série
d’explications pour la justifier ou dégager sa responsabilité.Nous allons voir que les arguments qu’il utilise à cette fin sont spécieux.
 
 
2
PARTIE 2. Des arguments spécieux
 
De l’analyse
approfondie des arguments que M. Rammeloo développe dans ses commentaires de
l’article
paru dans la revue
Politique 
,
il ressort qu’aucun d’eux ne justifie ni sur un plan légal ni sur un
plan factuel la flamandisation actuelle du JBNB mise en lumière dans la première partie de ce dossier.
Reprochant à l’article une «
connaissance peu approfondie des lois linguistiques »,
M. Rammeloo tente de justifier la flamandisation actuelle des effectifs et des services du JBNBpar une « application méticuleuse
» des lois linguistiques… qui revient à les violer 
sous maintsaspects !En effet,
en application des lois linguistiques
:1. Le JBNB devrait être doté de
cadres linguistiques
. Or il ne l’est pas depuis bientôt dix
ans,ce que M. Rammeloo reconnaît (voir partie 1 du dossier).
Dans ce contexte, toute nomination et promotion est interdite, comme un arrêt du Conseil d’état de2008 l’a explicitement rappelé à l’égard du JBNB, ce dont se moque M. Rammeloo.
 2. En présence de cadres linguistiques, et a fortiori, plus encore en leur absence, aucuneprocédure de
recrutement
ne peut être r
éservée aux candidats d’un seul
des deux rôleslinguistiques.Or il a été prouvé par des exemples récents que M. Rammeloo réserve régulièrement desrecrutements aux seuls néerlandophones
, et ne diffuse des appels à candidature qu’en néerlandais,
ce qui est également contraire aux lois linguistiques.3. Le néerlandais ne peut être considéré comme seule
langue de travail
du JBNB4. M
ême s’il y a certains emplois du JBNB qui impliquent légalement une connaissance du
néerlandais,
en aucun cas les lois linguistiques n’autorisent à en réserver automatiquement l’accès à des
néerlandophones
.Les cadres linguistiques ont en effet une portée protectionnelle qui vise à garantir que les emplois
publics de l’organisme auquel ils s’appliquent ne soient pas accaparés dans une proportion indue par les travailleurs issus d’une des deux grandes communautés du pays.
5. Même si certains emplois du JBNB impliquent légalement une obligation de bilinguisme etque, par hypothèse qui reste à démontrer, on ne trouverait pas de francophones ayant
l’attestation de connaissance du néerlandais légalement requise pour les occuper,
en aucuncas, les lois linguistiques
n’autorisent à y nommer automatiquement des
néerlandophones
 
qui, par hypothèse, posséderaient l’attestation de connaissance du
français légalement requise.6. Les violations des dispositions des lois linguistiques rappelées ci-dessus alimentent un
déséquilibre constant
des effectifs du JBNB au profit des néerlandophones.
Ce déséquilibre est bien trop considérable et généralisé pour avoir la moindre chance d’être
légalisé
ex post 
dans des cadres linguistiques si le JBNB en étaient dotés (voir partie 1).- La
parité
exigée par la loi
n’existe pas
au niveau des fonctions dirigeantes qui composées à
deuxtiers de néerlandophones
 -
D’après les propres chiffres de M. Rammeloo, il n’y a
même pas 30 % de francophones
dans lesemplois de
niveaux supérieurs A et B
.Il y a
6 % à peine de francophones
dans les emplois de
niveau D
, le plus bas de la hiérarchie.Même des cadres linguistiques qui seraient fixés selon la méthode
 –
très peu objective
 –
proposée par
M. Rammeloo l’
obligeraient
 
à relever significativement la part des emplois
qui sont actuellement
attribués aux francophones
au JBNB !
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