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Article
 Jules Vuillemin
Philosophiques 
, vol. 10, n° 1, 1983, p. 15-52. Pour citer cet article, utiliser l'adresse suivante :
http://id.erudit.org/iderudit/203211ar Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir.Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politiqued'utilisation que vous pouvez consulter à l'URIhttp://www.erudit.org/apropos/utilisation.html
Document téléchargé le 26 April 2011 11:29
« Le chapitre IX du
De Interpretatione 
d’Aristote : vers une réhabilitation de l’opinion commeconnaissance probable des choses contingentes »
 
PHILOSOPHIQUES, Vol. X, Numéro 1, Avril 1983
LE CHAPITRE IX DU
DE INTERPRETATIONE
D'ARISTOTEVers une réhabilitation de l'opinion comme connaissanceprobable des choses contingentes.
par Jules VuilleminLe chapitre IX du
De
Interpretatione
est l'un des textes lesplus difficiles et les plus contestés d'Aristote. On en donnera latraduction. On en analysera l'introduction pour déterminer avecprécision le problème qu'il pose : celui des futurs contingents.La solution du problème doit, selon Aristote, respecter les deuxprincipes logiques de non-contradiction et du tiers-exclu. Elle
exige,
en revanche, qu'on abandonne la théorie mégarique et enparticulier la définition diodoréenne du possible. La solutionexplicite d'Aristote tient en deux principes : il faut distinguerentre nécessité absolue et nécessiconditionnelle, il faut limiterla validité du principe de bivalence. La conception généraled'Aristote confirme la leçon du chapitre IX du
De
Interpretatione.
Aristote a tenté, non de réformer la logique dont il venait defixer les principes, mais de réhabiliter l'opinion comme connaissance du contingent ; une telle connaissance a valeur de probabilité.§ 1. TRADUCTION DU TEXTE
{De
Interpretatione,
chapitre IX)
18
a
28.
S'appliquant à ce qui est et à ce qui fut, il est nécessaireque ou l'affirmation ou la négation soit vraie ou fausse. Et s'appliquant aux choses universelles en tant qu'universelles, toujoursl'une est vraie, l'autre fausse et s'appliquant aux choses singulières, il en va de même comme on l'a dit. Mais, s'appliquantaux choses universelles qui ne sont pas dites en tantqu'universelles, cela n'est pas nécessaire ; on en a également
 
16 PHILOSOPHIQUES
parlé. Cependant, s'appliquant aux choses singulières et futures,il n'en va pas de même.18
a
34.En effet si toute affirmation ou négation est ou vraie oufausse, il est nécessaire aussi pour toute chose d'exister ou de nepas exister. Car si quelqu'un dit que telle chose sera, tandis quequelqu'un d'autre dit que cette même chose ne sera pas, il estévident que nécessairement l'un des deux seulement dit la vérité,puisque toute affirmation est ou vraie ou fausse. En effet, s'appliquant à ce genre de choses, il n'arrivera pas que les deuxdisent simultanément la vérité.18
a
39.Car s'il est vrai de dire que le blanc ou que le non blancest, il est nécessaire pour le blanc ou pour le non blanc d'être,(18
b
) et si le blanc ou le non blanc est, il était vrai de l'affirmerou de le nier. Et si le blanc n'est pas, on est dans l'erreur, etsi on est dans l'erreur, le blanc n'est pas. Il en résulte qu'il estnécessaire que ou l'affirmation ou la négation soit vraie.
18
b
5.
Rien alors n'est ni ne devient soit par l'effet du hasard,soit d'une manière indéterminée, rien qui sera ou ne sera pas,mais tout arrive nécessairement et sans aucune indétermination.En effet ou bien c'est celui qui affirme qui dit la vérité, ou bienc'est celui qui nie. Sinon c'est indifféremment qu'un événementarriverait ou n'arriverait pas. Car ce qui est déterminé ne seproduit ou ne produira pas plutôt de cette façon que de cetteautre.
18
b
9.
En outre, si le blanc est maintenant, il était vraiantérieurement de dire que le blanc sera, en sorte qu'il étaittoujours vrai de dire de n'importe quel événement qu'il sera.Mais s'il était toujours vrai de dire qu'il est ou qu'il sera, il n'estpas possible qu'il ne soit pas ou qu'il ne sera pas. Mais ce quine peut pas ne pas arriver, il est impossible qu'il n'arrive pas.Et ce qui est dans l'impossibilité de ne pas arriver arrivé nécessairement. Donc tous les futurs arrivent nécessairement.
18
b
15.
En conséquence rien ne sera de façon indéterminée pupar l'effet du hasard ; car ce qui dépend du hasard n'est pasnécessairement.18
b
17. Il n'est pas non plus possible de dire que ni l'affirmationni la négation ne sont vraies, par exemple de tel événement ni
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