logico-grammatical d’origine scolastico-aristotélicienne que Leibnizestime pouvoir mieux cerner le sens des concepts fondamentaux del’ontologie spinozienne. Dans ces courtes annotations, le philosophede Hanovre se révèle être un des premiers à soutenir que, selon Spi-noza, toutes choses se rapportent à Dieu comme des prédicats serapportent au sujet auquel ils appartiennent. Ajoutons à cela quel-ques précisions sur les concepts concernés que nous trouvons dansun texte écrit par Leibniz vers 1678-1679 : «
Subjectum
est rescontinens. /
Praedicatum
est res contenta. »
1
Il semble donc que,pour lui, la philosophie de l’immanence de Spinoza se présentecomme une philosophie de l’intériorité : rien n’existe qui ne soit pas
dans
la substance unique, de la même façon que quelque chose decontenu est dans un contenant. Toutes choses se rapportent à Dieupar une relation d’inhérence.En lisant les catégories conceptuelles de Spinoza dans ce sens,Leibniz instaure une tradition d’interprétation qui, on le sait, seretrouve chez Pierre Bayle et se prolonge chez Hegel
2
. De nos jours,c’est également la position soutenue outre-Atlantique par de nom-breux commentateurs tels que Jonathan Bennett et Don Garrett
3
.Selon une contribution récente d’Olli Koistinen et de John Biro, le« monisme » spinozien serait une doctrine selon laquelle « il n’y aqu’un seul et ultime sujet de prédication ; une seule chose qui n’estpas inhérente à une autre chose »
4
. De façon semblable, dans unarticle paru récemment dans
The Leibniz Review,
Yitzhak Melamedaffirme que, chez Spinoza, « la
causa immanens
est une notion quiréunit inhérence et causation »
5
.
Revue philosophique,
n
o
2/2009, p. 169 à p. 190
170
Mogens Lærke
1. A VI, iv, p. 141.2. Voir P. Bayle,
Dictionnaire historique et critique,
Rotterdam ReinierLeers, 1697, 1702
2
, art. « Spinoza » (nous avons consulté l’édition de Paris1820-1824, Genève, Slatkine Reprints, 1969) ; G. W. F. Hegel,
Leçons sur l’his-toire de la philosophie,
trad. P. Garniron, Paris, Vrin, 1985.3. Cf. J. Bennett,
A Study of Spinoza’s « Ethics »,
Indianapolis, Hackett,1984, p. 92-93 ; D. Garrett, « Spinoza’s
Conatus
argument »,
in
O. Koistinen,J. Biro (éds.),
Spinoza. Metaphysical Themes,
Oxford, Oxford
UP
, p. 157, n. 31.4. O. Koistinen, J. Biro, « Introduction »,
in
Koistinen, Biro (éds.),
Spi-noza. Metaphysical Themes,
p. 4.5. Cf. Y. Melamed, « Inherence and the Immanent Cause in Spinoza », in
The Leibniz Review,
16, 2005, p. 44. Par le même auteur, on consultera égale-ment avec profit l’article impressionnant : « Spinoza’s metaphysics of subs-tance : The substance-mode relation as a relation of inherence and predica-tion », in
Philosophy and Phenomenological Research.
Ce texte, toujours àparaître, est sans doute la meilleure défense à ce jour de l’interprétation« logique » du rapport substance-mode chez Spinoza. Il mérite un examenapprofondi que nous ne pouvons pas entreprendre ici.
D o c u m e n t t é l é c h a r g é d e p u i s w w w . c a i r n . i n f o - u n i v_ l a v a l - - 1 3 2 . 2 0 3 . 2 4 4 . 1 6 3 - 0 5 / 0 5 / 2 0 1 1 0 4 h 3 5 . © P . U . F .
Dmeéégdswcrnnouva12210020©PUF
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