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IDÉES ET CONCEPTS
Ineptie ou réalité en gestation ?
Le bureau du salarié 2.0
 
OfficeetCulture
N°6 novembre
2007
37
 
Est-ce une ineptie de parler du « bu-reau » du salarié 2.0, ou bien une nou-velle réalité dont les contours sont en-core mouvants et en voie de défini-tion ? Peut-être est-ce un pléonasme !La notion de bureau aura-t-elle encoreun sens pour le salarié 2.0 ?
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vant de répondre à ces inter-rogations, essayons d’abordde comprendre pourquoinous nous posons ces ques-tions. Nous voyons bien que depuis quel-ques années le monde du travail est enperpétuel mouvement et que le change-ment est devenu un compagnon quoti-dien pour un très grand nombre de sala-riés. Ceux qui ont encore un bureau per-sonnel, très souvent injustifié étant don-né le coût de la ressource immobilière etle fait que peu de bureaux sont occupésà plein temps, savent qu’ils vivent une si-tuation qui risque de ne plus durer long-temps. Un nombre croissant de salariés adéjà dû s’habituer soit à partager son bu-reau, soit à se contenter d’un lieu de pas-sage dans l’entreprise qui l’emploie. Cet-te dernière formule devient monnaiecourante pour les nomades et les télétra-vailleurs. En réalité ces évolutions du lieude travail sont le présage d’une véritablerévolution qui se profile. Quel est donc ledéclencheur de ce mouvement ? La ré-ponse pourrait être simple et tenir en unmot : Internet.Les choses sont, en fait, un peu pluscomplexes et ont été présentées sousdifférents angles dans certains articlesparus dans ce magazine. Nous n’allonspas refaire toute l’histoire de ces 10 der-nières années du monde du travail, maissimplement rappeler quelques mots clésqui caractérisent l’origine de ces change-ments fondamentaux : l’organisation parprocessus et l’aplatissement de la pyra-mide hiérarchique, la globalisation, lesdélocalisations, l’externalisation, l’entre-prise étendue et les technologies.
L’avènementdes travailleurs du savoir
En parlant des technologies, nous évo-quons la disparition du lien direct entresystème d’information et bureau qui setraduisait par la mise à la disposition dusalarié d’un terminal du système centralsur son bureau. Le paradigme a été mo-difié par la vulgarisation du PC (ordina-teur personnel). Cela s’est fait petit à pe-tit sans que la plupart des salariés réali-sent pleinement ce qui se passait carphysiquement il y avait relativement peude différence entre un terminal et un or-dinateur personnel. L’énorme change-ment est intervenu grâce à la miniaturi-sation à tous les niveaux et l’évolutiontrès rapide qui a permis que sur le plancomptable on passe d’un amortissementen cinq ans à un amortissement en deuxans. A ceci s’est ajouté, grâce ou à causede la mondialisation, la baisse continuel-le des prix qui fait que certaines partiesdes équipements ne rentrent même plus
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La toile est devenue en quel-ques années un vecteur majeurde communication et d’échan-ges. Crédit photo : Yan TsvetkovaFotolia
 
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dans le schéma des amortissements.Le PC portable est donc devenu une ba-nalité en dix ans. C’est la combinaisond’éléments de cette nature qui permet defaire des pas de progrès. En parallèle, enparticulier grâce à l’action impulsive del’Union européenne, la société de l’infor-mation s’est construite sous nos yeuxsans que nous réalisions qu’elle modifiaitde fond en comble notre quotidien. Lesgrands débats de la « fracture numéri-que » sont loin, même si la situation n’estpas encore idéale. Nous savons aujourd’-hui qu’un territoire ne peut plus fairel’impasse sur son attractivité numériques’il veut rester acteur de la course écono-mique. Toutes ces composantes ont per-mis l’émergence d’une nouvelle race :« le travailleur du savoir » (knowledgeworker). En effet, les technologies sesont insidieusement introduites danstous les processus et rares sont les mé-tiers qui peuvent encore en faire une to-tale abstraction. Mais le travailleur du sa-voir n’est pas pour autant un « cadre » ausens français du terme. Il nous paraît im-portant d’insister sur ce point car le fran-çais a trop souvent un regard dont les li-mites sont celles de l’Hexagone et il fautadmettre que la notion de cadre telle quenous la connaissons en France n’existepas ailleurs. Nous n’entrerons donc pasdans ce débat de classification, maisconsidèrerons plutôt la nature intrinsè-que du travail et le processus qui lesous-tend. Vu sous cet angle, la propor-tion de travailleurs du savoir augmentecontinuellement ! Cela veut tout simple-ment dire qu’un nombre croissant de sala-riés peut travailler ailleurs que dans les bu-reaux de leur employeur pour remplir aumieux leurs obligations contractuelles.
L’importancede l’arrivée d’Internet
Avant l’arrivée d’Internet, les entreprisesvivaient dans un monde différent. Cellesqui pouvaient se le permettre ou qui enavaient compris l’importance avaient desréseaux internes et les autres vivaient re-pliées sur elles-mêmes, en dehors del’évolution qui était en marche. Elles in-tégraient peu à peu l’informatique, maissurtout pas la connectivité car c’étaitdangereux. Les grandes entreprises, et laplupart de leurs sous-traitants, pousséspar ces dernières, ont été les premières à« ouvrir » une partie de leur réseau à despartenaires pour des raisons de compéti-
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