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 Nous allons étudier successivement deux grands types de limites qui permettent de relativiser le rôle dumarché : 
la première concerne les défaillances du marché
qui ont été mises en évidence par les théoriciensnéo-classiques eux-mêmes et qui vont permettre de justifier une intervention limitée mais réelle del’Etat .
 
la seconde concerne une remise en cause plus fondamentale du rôle du marché
, puisque , seloncertains théoriciens , la régulation par les prix n’est pas toujours optimale et donc cela permet de justifier un recours accru à l’Etat qui devrait donc pallier les incapacités du marché . 
A - LES LACUNES DE LA REGULATION PAR LE MARCHE : THEMARKET FAILURES
Selon les théoriciens libéraux , l’intervention de l’Etat ne peut être justifiée que dans deux cas bien précis pour lesquels la régulation par le marché s’avère défaillante .
 
1 - la théorie des biens collectifs
Hypothèse de base :
Comme l’indique B.Guerrien : « une des hypothèses implicites du modèlede cpp est que toute quantité de bien ne peut être utilisée ou consommée à la fois par deuxindividus ( on dit qu’elle est strictement privative ) .
Conquences :
Une telle hypothèse exclut un certain nombre de biens ( en règle générale desservices ) considérés comme importants qui peuvent être utilisés simultanément par plusieursindividus sans qu’il y ait appropriation individuelle . Ces biens sont donc en quelque sorteindivisibles ; on parle à leur propos de biens collectifs » . On peut faire entrer dans cette catégorie ,par exemple , la dépense publique , la justice , l’infrastructure routière , l’éclairage public , ...Les biens et services ordinaires sont caractérisés par deux propriétés simple :
On ne peut y accéder qu’en payant le prix, ils sont soumis à l’exclusion par le marché.
On ne peut consommer un bien ou un service lorsqu’il est consommé par un autre individu,il y a un phénomène de rivalité entre les consommateurs.
 
Un
bien collectif
possède les deux propriétés inverses : la non-exclusion et la non-rivalité.
La
non-exclusion
signifie que personne ne peut être écarté par un mécanismemarchand (un prix) de l’utilisation d’un bien collectif.
La
non-rivalité
signifie que l’usage d’un bien collectif par un agent économique nenuit en rien à son utilisation par les autres membres de la collectivité.
Il y a rivaliquand la consommation d’une unité du bien par un individu emche laconsommation simultanée de la même unité par un autre consommateurIl y a non rivalité quand plusieurs individus peuvent consommer en même temps la même unité(exemple : éclairage public, cinéma pour ceux qui peuvent voir lécran...)La possibilité d’exclusion concerne le consommateur qui refuse de payer le prix fixé par leproducteur pour consommer le bien quil produit (exemple : cinéma....)L’exclusion est impossible techniquement ou économiquement quand on ne peut empêcher lesconsommateurs qui refusent de payer le prix d’utiliser le bien ou le service en question (exemple :éclairage public...)RivalitéNon rivalitéLes "biens collectifs purs" sont des bienset services caractérisés par une non
Fiche 3 – Les imperfections de la régulation par lemarché
Notions essentielles : biens collectifs, effetsexternes, dilemme du prisonnier, prophétieautoréalisatrice, bulle spéculative
 
ExclusionBiens et servicesprivés pursBiens et servicesmixtesNonexclusionBiens et servicesmixtesBiens et servicescollectifs pursrivalidans la consommation et uneimpossibilité pour les producteursd’exclure les personnes qui refusent depayer le prix pour acqrir le bienLes biens privés purs sont caractériséspar la rivalité et la possibilité d’exclusion.Les relations marchandes ne peuvent pas s’appliquer à toutes les relations économiques : dans lecas des biens collectifs purs (parcs publics, défense nationale, diplomatie...) ou pour les biens etservices collectifs mixtes caractérisés par la rivalité et l’impossibilité d’exclusion (parce qu’ils sontindivisibles), il n’y a pas de marché possible. Cependant, l’intérêt général nécessite l’existence deces biens collectifs que le marché ne peut pas prendre en charge.
Difficultés :
Tout le problème est alors de savoir qui va offrir ces services qui sont nécessaires aubien-être de la population :
Le marché semble incapable de prendre en charge leur réalisation . En effet , si l’on part del’idée que tous les individus sont rationnels et égoïstes , ils ont tout intérêt à adopterl’attitude du passager clandestin ( free rider ) . Chacun va justifier son refus de contributionau financement du bien collectif par son manque d’intérêt pour son usage ;
mais , une fois que le bien aura été financé et produit , il l’utilisera puisque rien ne peut luiinterdire son usage ( bien indivisible ) .
Comme tous les individus sont égoïstes et rationnels , ils vont reproduire le mêmecomportement ce qui , si on agrège les actions individuelles , va générer un effet pervers :aucune entreprise n’acceptera de produire le bien collectif , bien qu’il soit utile à lacollectivité , car aucun agent économique n’a accepté de participer à son financement .
Solution préconisée :
L’Etat est alors obligé de se substituer au marché , de prendre en chargela production du bien et d’assurer son financement par les prélèvements obligatoires opérés surl’ensemble des ménages .
 
2 - les effets externes
finition :
C
 
omme l’indique B.Guerrien , on dira qu’il y a effets externes :« lorsque l’activité d’un agent a des répercussions sur l’utilité ou le profit d’autresagents sans qu’il y ait transaction sur un marché » .
L’ exemple le plus connu est celui de la pollution :
En effet , les entreprises qui ont pour butde réaliser une production de bien génère des contreparties négatives sur l’environnement . Maisl’air pollué n’appartient à personne et il est très difficile de déterminer qui est à l’origine de lapollution et dans quelle mesure il a contribué à cette pollution .
Solution :
Dès lors , le marché s’avère incapable de résoudre la question des effets externes : uneintervention de l’Etat est nécessaire ; elle peut prendre deux formes
les théoriciens libéraux souhaitent que l’Etat limite la pollution en mettant envente des droits à polluer dont le total représente le plafond toléré de pollution
.Selon les quantités de droits émises par l’Etat , le prix des droits variera : plus la pollutiontolérée sera faible , moins la quantité de droits émises sera importante , plus le prix desdroits sera élevé , ce qui incitera les entreprises à réduire leurs émissions nocives eninstallant des systèmes antipollution .Il y a donc ici un mécanisme incitatif qui suit lalogique de la loi de l’offre et de la demande . Mais cette démarche paraît inadaptée pour 3raisons :
-
les atteintes générés par la pollution sur l’environnement sont irrémédiablementirréversibles ; l’indemnisation que représente les droits à polluer ne permet doncpas de compenser les effets néfastes de la pollution sur la qualité de la vie .
-
les effets de la pollution s’accumulant frapperont surtout les générations futures .Or, les décisions politiques sont généralement prises sous la pression des générationsprésentes . Il est donc probable que les pollueurs fassent pression sur les autoritéspour accroître la quantité de droits à polluer .
-
Aux Etats-Unis s’est mise en place une bourse des droits à polluer lesentreprises qui se sont révélées moins polluantes qu’elles ne l’avaient prévuproposent aux entreprises les plus polluantes d’acquérir leurs droits à pollution nonutilisés .
 
Remarque :
Ce premier type de mesure ne semble donc pas être à la hauteur des enjeux . Il fautdonc prendre des mesures plus drastiques :
une politique de réglementation de la pollution qui détermine le niveau tolérable depollution et sanctionne très sévèrement les entreprises qui ont dépassé le seuil légal ,paraît plus efficace .Mais dans un contexte de crise économique et de fort taux de chômage, dans une économie en voie de mondialisation , on peut s’interroger sur la capacité desEtats à mettre en oeuvre cette politique . En effet , les entreprises les plus polluantesrisquent de menacer les Etats de fermer leurs usines et de délocaliser leur production versdes pays ayant des normes de pollution plus tolérantes . Or , la pollution ne connaît pas defrontières ( cf le trou dans la couche d’ozone ) ; nous avons ici un exemple où l’intérêtpersonnel de certains s’opère au détriment de l’ensemble de la collectivité .
B - LA REGULATION PAR LES PRIX ET PAR LE MARCHE N’EST PASTOUJOURS OPTIMALE
Constat :
Contrairement aux affirmations d’A.Smith et plus généralement des libéraux qui considèrent que larégulation par le marché s’avère capable d’assurer une situation optimale , on peut observer une pluralité desituations dans lesquelles la régulation par le marché s’avère sous-optimale . 
1 - le marché est myopeExplications :
Comme l’indique P.Masse , dans un environnement de court terme où les prévisions se font avec undegré d’incertitude très réduit , la régulation par le marché s’avère optimale tant que l’on reste dans leshypothèses du modèle de cpp .
Mais : « lorsqu’il s’agit d’investissements à longue portée ( ... ) , aucun signal automatique ne vientguider la décision du maître d’œuvre ». La régulation par les prix s’avérant incapable de discerner les prix futurs , le marché est myope , ce qui risque d’engendrer des effets très négatifs .
Ainsi , dans une phase de boom économique , l’offre est supérieure à la demande , les prix augmentent ,les entrepreneurs peuvent décider à partir des signaux émis par le marché d’accroître leur activité etd’investir ; mais ils risquent alors de contribuer à terme à une surproduction de bien , à un effondrementdes prix , les investissements n’étant pas réversibles .
Inversement , dans les périodes de crise , les perspectives sont pessimistes , ce qui risque de dissuader les entrepreneurs d’investir et donc de perpétuer la crise . La régulation par le marché a donc uncaractère procyclique ;
Solutions :
L’Etat doit alors intervenir afin de compenser les effets néfastes générés par le marché :
il doit par le biais d’un plan indicatif proposer des prévisions de moyens au long terme réduisantl’incertitude des agents ,
il doit adopter une politique contracyclique en investissant dans les périodes de dépression afin derelancer la machine et inversement .
 
2 - le dilemme du prisonnier et les effets pervers de la rationalité individuelle
finition :
 
Comme l’écrit F.Vergara : « le dilemme du prisonnier ( .. ) montre , àtravers un exemple , comment les choix rationnels d’un point de vue individuelpeuvent conduire à des situations ( ... ) non rationnelles « collectivement » pour l’ensemble des individus qui ont fait ces choix . »
Si les deux entreprises (deux États) produisent beaucoup le prix sera bas et le profit sera faible (onsupposera quil vaut 1).Si les deux entreprises (États) produisent peu le prix sera élevé le profit s’élève (il passe à 2) enmême temps que le prix même si la quantité vendue est plus réduite.Si l’un des deux seulement produit peu celui qui produit beaucoup profite du prix plus élevé pourobtenir un profit plus élevé (3) alors que l’autre supportant la réduction de la production fait unprofit nul (0).
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