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La Crise Grecque(1)

La Crise Grecque(1)

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LA CRISE GRECQUE
LES ANNÉES D'EUPHORIE
En Novembre 2009 le Pasok arrivé au gouvernement découvre les finances désastreuses laissées par legouvernement de droite : le déficit budgétaire n'est plus d'environ 6% du PIB, comme le laissait croire legouvernement précédent, mais de 12,7% ! Avec une dette de 129% du PIB, le Pasok et avec lui les marchésfinanciers, c'est-à-dire les banques européennes et américaines, les compagnies d'assurance, les hedge funds,etc, se rendent compte que l'État grec est en état de faillite virtuelle. Aussi ces derniers rechignent-ils à prêter de l'argent, même à court terme, bien que la Grèce fasse partie d'un vaste ensemble économique, l'UnionEuropéenne. Les taux d'intérêts se mettent à grimper en flèche jusqu'à plus de 7% !Papandréou appelle alors au secours ses « frères européens », en particulier les représentants des bourgeoisies française et allemande. Merkel fait la sourde oreille et répond par un Nein. Et pourtant de 2000 à2007 les banques françaises, allemandes et américaines se pressaient pour acheter des obligations grecques et pour prêter à son secteur privé. C'étaient les années d'euphorie qui faisaient suite à la crise internationale de2001-2002 qui avait vu, entre autre, l'État argentin tomber en faillite et imposer à ses créanciers unerestructuration de la dette avec une importante décote (66%).Les années 2000-2007 n'ont pas été florissantes pour l'industrie européenne et nord américaine. Ainsi lacroissance annuelle moyenne a été de 1% pour les États-Unis, de 0,5% pour la France et de 0,47% pour leJapon. Quant à l'Angleterre et à l'Italie leur croissance, c'est-à-dire en fait leur décroissance, a étérespectivement de -0,6% et de -0,2% par an. Seule l'Allemagne a tiré son épingle du jeu avec un petit 3%.Qu'à cela ne tienne, nos bourgeois se sont lancés à corps perdu dans la sous-traitance en Asie et en particulier en Chine - sous-traitance qui permet à des sociétés comme Apple, qui ne produit plus rien maissous-traite tout, de faire de fabuleux profits de l'ordre de 40% - et dans la spéculation effrénée en tout genre,tant sur les matières premières (pétrole, métaux, produit agricole, etc...) que dans l'immobilier (un vieuxclassique) que sur les prêts. On inventait des produits financiers de plus en plus raffinés et complexes, commeles subprime mortgages.Alors, on n'était pas regardant dans les prêts, on prêtait à tout va. Tout était bon pour faire de l'argent. Ilfaut préciser que la spéculation, contrairement à ce que laissent croire nos bourgeois, ne crée aucune richesse :c'est un jeu de dupe, où l'on transfère de la richesse déjà produite d'une poche à l'autre. La spéculation reposesur les mêmes principes que le racket organisé par la maffia. Cette dernière utilise la force pour s'accaparer desrichesses qui se trouvent dans les mains d'autrui, alors que les spéculateurs utilisent la puissance du capitalfinancier et la protection de l'État pour estamper la population.A ce propos il est intéressant de lire ce que pense la chancelière Angela Merkel des subprime morgage :«
 Nous constatons que les opérations de titrisation qui se sont développées de façon très dynamique au coursdes dernières années ont certes contribué à financer le développement de nos économies, mais ont, dans lemême temps, transféré des risques bancaires sur de très nombreux acteurs économiques. Chacun constate queles porteurs finaux de ces risques sont très mal identifiés aujourd'hui et que cette méconnaissance est, en elle-même, un facteur d'instabilité. » (Les Échos 20 août 2007).
Ce que cette représentante de la grande bourgeoisie allemande appelle « financer le développement de noséconomies » n'est rien d'autre que le développement du parasitisme et exprime le caractère hautement parasitaire et l'état de putréfaction dans lequel se trouve le capitalisme contemporain au stade impérialiste.
 
2
LE RÉVEIL
Mais revenons à la Grèce. Pour qui savait lire, l'économie grecque montrait de nombreux signes dedéfaillance. Et nous ne ferons pas l'injure aux banquiers et aux assureurs de laisser croire qu'ils étaient desincapables et ne savaient pas les lire. Le solde commercial de la Grèce était constamment déficitaire et ils'aggravait d'année en année : il est passé en 1999 de -19 milliards de dollars à -66 milliards en 2008. Il serésorbe lentement depuis à cause de la dramatique récession que subit la Grèce. Ce déficit commercial n'était pas compensé par des entrées de capitaux ou par les rentrées d'argent dues au tourisme. Au contraire le déficitde la balance des payements prenait une tournure de plus en plus catastrophique. De presque 10 milliards dedollars en 2000, le déficit de la balance des payements s'accroît régulièrement pour atteindre 51 milliards en2008 ! Ce qui rapporté au PIB correspond à -7,73% en 2000 et à -15% en 2008 !
CNUCED
BALANCE DES PAYEMENTS
1980199020002005200620072008200920102011GRÈCE
En milliards dedollars
-2,21-3,54-9,82-18,23-29,57-44,59-51,31-35,91-30,90-29,68
En % du PIB
-4,04%-3,75%-7,73%-7,59%-11,28%-14,62%-15,04%-11,16%-10,26%-13,80%
Mais le PIB, qui est loin d'être une mesure fiable du développement économique et de la prospérité d'un pays, progressait alors au rythme annuel moyen de 4,2%. Ce qui était supérieur à bien des États d'Europe del'Ouest ou d'Amérique du Nord. Dans l'ambiance d'euphorie d'alors et avec cet appât du gain qui taraude tousnos bourgeois, on se précipitait pour prêter à la Grèce, que ce soit aux entreprises ou à l'État. Et nos bourgeoisne pouvaient, ou ne voulaient pas croire qu'une nouvelle crise de surproduction allait arriver.Et cependant fin 2008, avec une régularité d'horloge la Crise frappa de nouveau. Le tocsin fut sonné et lesÉtats appelés à la rescousse pour sauver le système financier et soutenir les entreprises, notamment eninvestissant dans de grands travaux. Au « moins d'État possible » se substitua le « capitalisme d'État », quin'avait cependant jamais disparu. Les banques centrales ouvrirent en grand le robinet du crédit en abaissant lestaux d'intérêt et les États déjà endettés, s'endettèrent encore plus pour sauver le capitalisme et éviter unerécession avec déflation comme en 1929. Des milliers de milliards de dollars furent alors engloutis, tant enEurope, aux États-Unis, qu'en Chine.Des États, qui jusqu'alors étaient très peu endettés, comme l'État islandais, irlandais, espagnol, seretrouvèrent en état de banqueroute. Étranglés entre d'énormes emprunts pour renflouer les banques et stimuler 
1999200020012002200320042005200620072008200920102011-70-60-50-40-30-20-100
-19-22-21-21-31-37-37-43-55-66-49-42-28SOLDE COMMERCIAL DE LA GRÈCE
EN MILLIARDS DE DOLLARS (OCDE)
 
3l'économie, et une diminution brutale de rentrées d'impôts à cause de la grave récession, ils se trouvèrent enfaillite ou sur le point de l'être. La Grèce était déjà lourdement endettée tant au niveau public que privé, enautres les banques qui avaient et ont au minimum une ardoise de 50 milliards d'euro. Ce fut l'explosion.
ORIGINE DE LA CRISE
A partir des données d'Eurostat, nous avons tracé des courbes représentant le niveau d'endettement publicde ces pays en pourcentage de leur Produit Intérieur Brut (PIB). On peut remarquer que l'Islande, l'Irlande,l'Espagne et le Portugal avaient des niveaux d'endettement faibles, moins de 40% avant la crise. Mieux même,l'Espagne et l'Irlande s'étaient engagés depuis plusieurs années dans un processus de réduction de leur dette.Seule l'Italie et la Grèce se détachent de l'ensemble avec un niveau d'endettement déjà très élevé avant la crisede fin 2008 : 107% pour la Grèce et 103% pour l'Italie.On peut noter comment les courbes s'infléchissent nettement vers le haut à partir de la crise. Il n'y a quel'Italie, qui s'est engagée dans un processus de réduction de son déficit budgétaire depuis le début des années2000, qui arrivera à éviter un dérapage de sa dette, mais au prix d'une stagnation et d'une forte récession de sa production industrielle durant la crise. En fait l'Italie est en récession depuis le début des années 2000 : -18,2%en 2011 par rapport à l'indice de l'année 2000.Il faut bien comprendre que la crise financière de la Grèce et des autres États comme l'Argentine,l'Islande, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, est le produit de
la crise du capitalisme mondial
, crisedont l'origine ne se trouve pas dans la sphère de la circulation et en particulier dans celle financière, comme lecroient les économistes bourgeois, mais
dans la production
; la crise a son origine au cœur même del'accumulation du capital, là où l'on produit la valeur, c'est-à-dire dans la production industrielle et agricolelorsque cette dernière est de nature capitaliste !Cette crise a pour origine
la baisse tendancielle du taux de profit
qui se traduit par une décroissance desrythmes d'accumulation du capital dans l'industrie. Ce qui ressort nettement dans le tableau ci-dessous.
19992000200120022003200420052006200720082009201020110%20%40%60%80%100%120%140%160%180%
62%59%56%53%49%46%43%40%36%40%54%61%69%94%103%104%102%97%99%100%106%107%113%129%145%165%51%50%54%57%59%62%68%69%68%72%83%93%108%
DETTE PUBLIQUE EN POURTCENTAGE DU PIB
ESPAGNEGRÉCEIRLANDEISLANDEITALIEPORTUGAL

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