mensonge et la r
é
alit
é
... L'id
é
al n'a cess
é
de mentir en jetant l'anath
è
me sur la r
é
alit
é
, etl'humanit
é
elle-m
ê
me, p
é
n
é
tr
é
e de ce mensonge jusqu'aux moelles s'en est trouv
é
e fauss
é
e etfalsifi
é
e dans ses plus profonds instincts, elle en est all
é
e jusqu'
à
adorer les valeurs oppos
é
esaux seules qui lui eussent garanti la prosp
é
rit
é
, l'avenir, le droit supr
ê
me au lendemain.3 Qui sait respirer l'air de mes
é
crits sait que c'est l'air des altitudes, un souffle rude. Il faut
ê
trebien fait pour lui si on ne veut pas y prendre froid. La glace est proche, la solitude formidable- mais que tout est calme dans la lumi
è
re ! Comme on respire librement ! que l'on sent dechoses au-dessous de soi ! Philosopher, comme je l'ai toujours entendu et pratiqu
é
jusqu'ici,c'est vivre volontairement sur la glace et les cimes,
à
la recherche de tout ce qui est surprise etprobl
è
me dans la vie, de tout ce qui, jusqu'
à
pr
é
sent, avait
é
t
é
tenu au ban par la morale.L'exp
é
rience que m'ont donn
é
e mes longues p
é
r
é
grinations dans ces domaines interdits m'aappris
à
consid
é
rer autrement qu'on ne le souhaiterait les raisons qui ont pouss
é
jusqu'
à
nos jours
à
moraliser et id
é
aliser : j'ai vu s'
é
clairer l'histoire secr
è
te des philosophes et lapsychologie de leurs grands noms. Combien un esprit supporte-t-il de v
é
rit
é
, combien en ose-t-il ? Voil
à
le crit
é
rium qui m'a servi de plus en plus pour mesurer exactement les valeurs.L'erreur (la foi dans l'id
é
al), l'erreur n'est pas un aveuglement, l'erreur est une l
â
chet
é
. Touteconqu
ê
te, tout progr
è
s de la-connaissance est un fruit du courage, de la s
é
v
é
rit
é
pour soi-m
ê
me, de la propret
é
envers soi... Je ne r
é
fute pas les id
é
als, je me contente de mettre desgants quand je les approche... Nitimur in vetitum [nous luttons pour l'interdit] : c'est sous cesigne que ma philosophie vaincra un jour car jusqu'
à
pr
é
sent on n'a jamais interditsyst
é
matiquement, que la v
é
rit
é
.4 Parmi mes
é
crits, mon Zarathoustra occupe une place
à
part. J'ai fait en lui
à
l'humanit
é
le plusgrand pr
é
sent qu'elle ait jamais re
ç
u. Ce livre, dont la voix porte au-del
à
des mill
é
naires, n'estpas seulement le plus haut qui soit, le vrai livre des altitudes, celui qui laisse la chose humaine
à
un ab
î
me au-dessous de lui, mais c'est aussi le plus profond, celui qui na
î
t au plus intime destr
é
sors de la v
é
rit
é
; il est le puits intarissable o
ù
nul seau ne saurait descendre qu'il neremonte combl
é
d'or et de bont
é
. Ce n'est pas un « proph
è
te » qui parle dans ces lignes, un deces sinistres hybrides p
é
tris de l
è
pre et de volont
é
de puissance qu'on appelle des fondateursde religion. Non, il importe de bien saisir la note exacte de cette voix, il faut comprendre quec'est un chant d'alcyon pour ne pas se m
é
prendre pitoyablement sur le sens de sa sagesse. « Cesont les mots les plus discrets qui apportent l'ouragan, des pens
é
es m
è
nent l'univers quiviennent
à
pas de colombe... »« Les figues tombent des arbres, elles sont bonnes et douces : et en tombant elles
é
corchentleur peau rouge. Je suis le vent du Nord pour les figues m
û
res. Et que ces le
ç
ons, mes amis,