S1UE4b : Histoire de l’artEnseignante : Eléonore Marantz-Jaen
I. Ruptures et réactions
La seconde moitié du XIXe siècle est une période de prospérité économique, dedéveloppement industriel et de progrès techniques. La ville se transforme avec ses réseaux,ses règlements, ses alignements et devient la référence et le creuset de tous les arts. Elle serationalise et crée une poétique nouvelle qui fascine Baudelaire comme Gustave Doré. Pourles peintres, la métropole devient aussi un réservoir de motifs nouveaux et un théâtred’expositions. Les Expositions universelles se tiennent au cœur de ces métropoles quimontrent leur richesse dans une compétition internationale. Les grandes villes entreprennentdes travaux d’urbanisme (gares, halles, opéras, théâtres, banques, grands magasins, écoles,bibliothèques, hôtels de ville, …) utilisant une structure métallique, donc une conceptionmoderne, cachée sous un décor éclectique, surchargé et qui procède par citations (ce que l’onnomme l’éclectisme en architecture). Les capitales européennes sont des pôles de création trèsvivants et possèdent leur salon ; Paris en a quatre, le Salon des artistes français, le Salon de lasociété nationale des beaux arts, le Salon des Indépendants et le Salon d’Automne. Les deuxpremiers célèbrent les peintres à la mode, les deux derniers se veulent des contre-pouvoirs ets’ouvrent aux refusés des salons officiels. A ce système s’ajoute, à partir du milieu du XIXesiècle, un autre mode d’expositions parallèles, dans les galeries. Cela bouleverse les donnéesdu marché et joue un rôle important dans l’évolution du goût et la diffusion des artistes. Parexemple les galeries de P. Durand-Ruel, G. Petit ou A. Vollard ont joué un rôle déterminantdans la reconnaissance des impressionnistes alors que les milieux officiels les ont rejetésLa deuxième moitié du XIXe siècle est dominée par l’idée de progrès qui repose sur denouvelles techniques, sur le développement des sciences, sur la rationalisation des méthodesde production. De même, de nouvelles techniques de reproduction – héliogravure,lithographie – le développement de la presse qui multiplie illustrations et caricatures, affichespublicitaires, diffusent la création artistique. La mise en circulation de couleurs industriellesen tubes permet aux artistes de quitter l’atelier et de peindre en plein air. L’invention de laphotographie va modifier le rapport à la figuration. Beaucoup d’artistes, de Courbet àToulouse Lautrec, ne considèrent pas la photographie comme une technique mais comme unart. La photographie fait voir une quantité de choses qui échappent non seulement à la visionmais à l’attention visuelle. Le problème de la vision soulevé par la photographie pousse lesartistes (réalistes et impressionnistes) à définir et à distinguer les types et les fonctionsrespectives de l’image picturale et de l’image photographique. La peinture délivrée de sa
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