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PETER SLOTERDIJK, DERRIDA, UN ÉGYPTIEN. Le problème de la pyramide juive

PETER SLOTERDIJK, DERRIDA, UN ÉGYPTIEN. Le problème de la pyramide juive

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DERRIDA, UN ÉGYPTIEN
Le problème de la pyramide juive
Peter Sloterdijk et Olivier Mannoni
 
Collège international de Philosophie |
Rue Descartes 
2006/2 - n°52pages 102 à 103 ISSN 1144-0821
Article disponible en ligne à l'adresse:
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http://www.cairn.info/revue-rue-descartes-2006-2-page-102.htm
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Pour citer cet article :
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Sloterdijk Peter et Mannoni Olivier, «Derrida, un Égyptien» Le problème de la pyramide juive,
Rue Descartes 
, 2006/2 n°52, p. 102-103. DOI : 10.3917/rdes.052.0102
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   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   1   9   0 .   1   9   4 .   0 .   1   4   0  -   1   6   /   0   8   /   2   0   1   2   2   1   h   1   2 .   ©   C  o   l   l   è  g  e   i  n   t  e  r  n  a   t   i  o  n  a   l   d  e   P   h   i   l  o  s  o  p   h   i  e
Dmeéégdswcrnno11011022©CènenodPoe
 
Rien ne semble plus naturel, pour les vivants, qued’oublier les morts – et pour les morts, rien nesemble aller autant de soi que le fait de hanter lesvivants. De tous les propos qu’a livrés JacquesDerrida à l’approche de sa mort, pendant l’é2004, aucun ne me revient autant en mémoireque celui où il affirmait, à propos de son «existen-ce» posthume, être imprégné de deux convictionsopposées: d’un côté, la certitude qu’on l’oublie-rait totalement à partir du jour de sa mort, del’autre, la certitude que la mémoire culturelleconserverait tout de même quelque chose de sonœuvre. Ces deux certitudes, expliquait-il, coexis-taient en lui comme si rien ne les rattachait l’uneà l’autre. Chacune s’accompagnait d’un sentimentde compte évidence et chacune était à samanière concluante en soi, sans qu’elle ait à tenircompte de la thèse contraire.J’aimerais tenter ici de m’approcher du personna-ge de Derrida à la lumière de cette profession defoi. Il me semble que ces propos ne montrent passeulement un homme en proie à une contradictionfortuite. Dans la mesure où ils posent brutalementdeux affirmations, chacune pouvant être validealternativement avec l’autre, il me semble qu’ilspossèdent déjà une forme philosophique qui révè-le quelque chose sur la «position fondamentale»(
Grundstellung 
) de Derrida – si l’on peut, pour unefois, utiliser
ad hominem 
cette expression heideg-gérienne. Ce qu’exprime Derrida, c’est une des-cription de soi qui atteint presque la qualité d’unpropos métaphysique. Il concède ainsi qu’il existe«dans le el», quoi que cela puisse signifier,quelque chose comme des oppositions inacces-sibles à la synthèse qui coexistent bien qu’elless’excluent l’une l’autre.Parce que ces oppositions surviennent dans lapensée et l’expérience personnelles de celui quis’exprime et parce qu’elles le terminent, ildécoule aussi, de cette profession de foi, uneconstatation sur le philosophe: il s’est lui-mêmecu comme un lieu s’est roulée la ren-contre, ne menant pas à une unité, d’évidencesincompatibles l’une avec l’autre. On pourrait sansdoute, en se fondant sur cette observation, sedemander si le fait de s’en tenir inlassablement àl’ambiguïté et au sens glissant de signes et de pro-pos que l’on ne peut pas penser en dehors de laphysionomie de cet auteur, si ce fait, donc, n’étaitpas aussi une indication sur ce qu’il se vivait lui-même comme conteneur ou comme réceptacled’oppositions qui ne voulaient pas se rassemblerpour former une identité, une unité supérieure.En formulant cette remarque, on pourrait d’ores etdéjà avoir dessiné le contour principal d’un por-trait philosophique de Derrida: sa trajectoire a étédéfinie par le souci toujours éveillé de ne pas êtrefixé sur une identité déterminée – un souci toutaussi affirmé que la conviction de l’auteur: saplace ne pouvait se situer que sur le front le plusavancé de la visibilité intellectuelle. C’est l’unedes prestations les plus admirables de cette viephilosophique. Elle a su maintenir la simultanéitéd’une extrême visibilité et d’une non-identité per-sistante avec une image quelconque de soi-mêmedans une parabole lumineuse qui parcourtquatre décennies d’une existence de
public cha- racter 
.
PETERSLOTERDIJK
Derrida, un Égyptien*
Le problème de la pyramide juive
102 |
*CespagesdoiventservirdepréfaceàuntextedeP. Sloterdijk intitulé
Derrida, un Égyptien
leproblème de la pyramide juive
. Ce texte, prononcépar P. Sloterdijk au Centre Georges Pompidou àl’occasion de la Journée Derrida organisée parDaniel Bougnoux le 21 novembre 2005, paraît cesjours-ci aux Éditions Maren Sell. Nous souhaite-rions remercier très chaleureusement PeterSloterdijk et Maren Sell d’avoir généreusementaccepté la publication du présent extrait.
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   1   9   0 .   1   9   4 .   0 .   1   4   0  -   1   6   /   0   8   /   2   0   1   2   2   1   h   1   2 .   ©   C  o   l   l   è  g  e   i  n   t  e  r  n  a   t   i  o  n  a   l   d  e   P   h   i   l  o  s  o  p   h   i  e
Dmeéégdswcrnno11011022©CènenodPoe

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