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Schizoïdes et schizotypiques

Schizoïdes et schizotypiques

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Portrait de la personnalité pathologique défini par le trouble shizoïde.
Portrait de la personnalité pathologique défini par le trouble shizoïde.

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01/15/2014

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text

original

 
1l
lapersonnalitéschizoide
Introduction,
épidémiologie
Parmiles
personnalités
pathologiques,
les
personnalités
schizoïdessont
comparables
à cesplanètes
lointaines,
difficilement visibles
et
dont
on
devine
seulement
I'existence
à
partir
de
leur
influence
sur d'autres
objets
célestes.
Il
s'agit,
en
effet, de
sujets solitaires,
froids,
distants,
tournés sur eux-mêmes,
qui
paraissentnepasen
souffrir
et, dece
fait,semblent
ne
pas
avoirde
motivationparticulière
pour
consulter
un
psychiatre.
Sans
amitiés
ni
fréquentations,
ils
s'adonnent
à
des
passe-
temps
solitaires
et exercent avecindépendance
leurs activitésprofession-
nelles.
Ils
paraissent
flegmatiques, inaptes
à
la
tendresse
comme
à
la
colère,
indifférents aux
éloges
et
aux
critiques,
apparemment
décon-nectés de
leur
environnementsocial,
sans
pour
autantêtre
marginaux
ou
anticonformistes,
bien
au contraire.Parfois,
leur
cercle relationnel
se
résume
à
quelques
individus(un
parent proche,une
amie,
à
l'égard
desquels
ils
maintiennent
un
contact
distantparcrainte
de I'envahisse-ment). Ce
sont
donc
plutôt
ces
derniers
qui
viennent rechercher
une aide
psychologiqueà
force
de
déconvenues
et d'interrogations
sur
la
naturedes
sentiments
qu'onleur
porte.Plus rarement,
ils
paraissent
souffrir
de
la
singularité
de
leur
isolement
et de
leur
froideur
émotionnelle,d'autant
que
leur
attachement
aux
conventions
sociales
les
amène
à
ressentir
inconfortablement
leur
particularité.
Leur
conformisme
objectif
dissi-
mule une
êtrangeté
subjective.
C'est
pourquoi
ils
constituent une
des
personnalitéspathologiques
dont le
diagnostic
est
leplus
rare,
peut-être
en
raison
d'un
biais
de
recrutement.
En dépit
de
sa
rareté, cette catégorie diagnostiquea résisté aux
diffé-rents
avatars
de
la
classification
DSM et
persistedans
le
CIM-10.
Le
concept
de
personnalité
schizoïde est, en
effet, un
grandclassique
quitire
son
origine
des
observations de
Kraepelin
sur
lasimilarité
entre laperson-
nalitéprémorbide
des sujets
atteints
de dementia
praecoxet celle
deleurprocheentourage
familial
souvent
affecté, selon
lui,
des
mêmes caractéris-
I
I
Introducrion.épidémiologie
I
tiquesde
timidité,
docilité,retrait
et
incapacité
à
établir
des
liens
sociaux.
La
fréquence
de
la
pathologie
non
psychotiquedans
la
proche
familleévoquait,
pour
le
pèrefondateur
de
la
nosographie
psychiatrique,
untempérament prédisposant.
Bleuler
forgea
le
terme schizoi'de
pourdécrire
unetendance
à
I'introspec-
tion età
I'isolement,
I'absenced'expressionémotionnelle,I'associationcontradictoire
d'émoussement
affectif
et
d'hypersensibilité,
et
la
poursuite
d'intérêts
vagues
ou mystérieux.
Kretschmerinsistasur
la
contradictionentreune
apparente
froideur
etune
hypersensibilitéintérieure
avecune
exaltation
de
lavie imaginaire,
unrefugedans unmonde
d'abstractions
et
de
rêveries
plus
ou
mois
désincar-nées,
caractéristiques
quin'ont
pasété
retenues
dans
le DSM-IV,
maispersistent
dans
la
CIM-10.
Cette longue
tradition
clinique,
jointe
à
I'absenced'argumentclinique
décisifen faveur
de
sa
suppression,
explique
la
survie de
la
catégorie
<
personnalitésschizoïdes
>
dans
le
DSM-IV,
en
dépit
des
controversessur
sa
pertinence
clinique.L'existence
d'un
continuum
avec lespersonnalitésévitantes
et schizotypiques
aveclesquelles
elles
partagentdes
critères
de
retraitsocial
estdouteuse,en
raisonde
la vive
souffrance psychique
des
premières
etdes
bizarreries
des secondes.
La
prévalencedépend
des
critères
d'inclusion.
C'est ainsi
que
Kalus
et
Bernstein
(1993)ont
comparédans
14
étudeslaprévalence
des
personna-
lités
schizoides
et
retrouvé
des
pourcentages
de
0
à
5Va
avec
une
moyenne77o
dans
le
DSM-III
et
despourcentages
de
lVoà
167o,
avec
unemoyenne
à
8,5Vadans
le
DSM-III-R.
La
comparaison
parMorey
(1988)
des
critères
d'inclusion
entre le
DSM-III
et
le
DSM-III-R
(respec-
tivement
3
contre
7)
a
montré
quece
dernieraugmentaitla sensibilité
du
tliagnosticau détrimentde
sa
spécificité.De
ce
fait
la fidélité
entre
les
deuxclassificationsestinférieure
au
seuildesignification
statistique
(Kappa
=0,
091).Enrevanche
il
esr
prévisible
quela
fidélité
enrre
DSM-III-R
et
DSM-IV
soit
bonne,compte
tenu
des
faibles
modificationsintroduites
par
ce
tlcrnier.Même
s'ils
sont
peufréquents,lestroublesde lapersonnalité
de
typeschizoidesontà
I'origine
d'une
vive
souffrance psychique
souvent
occultée
par
une
indifférencede
façade,mais
toujours
ressentie
par
les
;lroches
importants
qui
en
font
les
frais.On
est
donc
souvent
conduit
à
rrtiliser
les
techniques
cognitives
<(par
procuration>,
pour
aider
les
victimes
d'une
quête
affective
infructueuse,confrontéesà
I'indifférence
rle
leurdestinataire.
Enfin
il
est
nécessaire
de
différencier
la
permanence
des
traits
de
Pcrsonnalitéschizoide
et
le
caractère
transitoireou
récent
des réactions
:riguës
d'allure
schizoide,
qui
peuventêtre consécutives
à
une transplanta-
tion
géographiqueou
à
l'usage
de
toxiques.
 
La
p
e
r
s
onnalit
é
s
c
hizoi'd
e
Apparence comportementale
Les
individus
schizoïdesparaissentmous, léthargiques,peu
actifs. Leurexpression verbale estrare
et
monocorde,
leur mimique,
impassible.
Ils
donnent une
impression
de
manque
de
vitalité
démentieparun
état
général
florissant.
Ils
semblentcontinuellement
préoccupés,
peuréactifs
auxsources
de
stimulation,
distraits,guindés,maladroits, ennuyeux.
Ils
fontbande
à
part
et
sont
préoccupés
par
des
passe-temps
solitaires
(micro-informatique, collections),
ou des centres
d'intérêts
abstraits,des spécula-
tions
complexes
qui
contribuent
à
les
isoler
davantage
de
la
société.
Ils
affectionnent notammentles
sciences
humaines, Iaphilosophie,mais
de
façon
désincarnée,
sans
pratiquesociale
concomitante:
ils
peuvent
ainsi
devenir
des
érudits
en
théologie
sans
jamaispratiquer
aucune
religion,
être
des
encyclopédiespsychanalytiquesambulantes
sans
s'être
jamais
allongés sur un
divan,
mais
non
sans
décrypter
tous
les
proposou les
actes
de
leurs
prochesdans un
réseau
d'interprétationsirréfutables.
Ils
révèrent
ou s'adonnent
à des
formes
d'art
hermétiques dontilsjouissentsolitaire-ment
et
veillent
à
préserver
le
secret de
leurs
æuvres,
quitte
à les détruire
lorsqu'on
les
presse
trop
de
les exhiber.
Conduiteinterpersonnelle
Le
splendide isolement,
le
refuge
dans
la
tour
d'ivoire, la
prise
de
distance
à
l'égard
de tout
contact humain, constituent
des
stratégiespermanentesdes
individus
schizoides.
Leur
impassibilité témoigne d'uneincapacité
à
percevoir
les sentiments
d'autrui
ou àles
prendre
en compte.
Il
enrésulte une
incapacité
aux échanges,
à
laréciprocité
dansles interac-
tions
sociales.
Ils
répondentrarement
aux
salutations conventionnelles,
paraissentabsents,
amimiquespendantles
échanges, sans
qu'un
hoche-
ment
de
têtepermette
de
déceler
leur
approbation
éventuelle.
Ils
ne
détournent
pas
pour
autant
leur
regard,
maiscelui-ciparaît
lointain,
songeur, comme absorbé
en
lui-môme.
Ils
répondentparmonosyllabes, ou
de façon
laconique,
aux
questions
pressantes,
à
moins
qu'ils
ne
restentenfermés dans
un mutisme
qui
peutd'abordparaîtreoppositionnel,
avant
d'être
perçucomme
le
témoin d'une
froideur
incompréhensible.
Ils
se
montrent
incapables
de
recevoir
ou
de
donner
de
I'affection,
imperméables
aux
sentiments
amoureux.
Ils
paraissent
se
suffire
à eux-mêmeset, de
ce
fait,
exercentparadoxalementune
certainefascination.
Certainesfemmes
romantiques
s'éprennent
volontiers
d'individus
schizoides
dont
la
froideur
exerce sur
ellesle
même
attraitirrésistible
que
la feinte indifférence
d'un
don
Juan.
Ce cercle
vicieux
passionnel
est
loin
d'être
rare ou un
pur
casde
fiction
littéraire.
Il
motive
même
laplupart
des demandes
d'aide
psycho-
thérapique
émanant
des
partenaires
de
personnalités
schizoïdesmalencontreusement élues
pour
âmes-sæurs.
Plus Ia
quête
d'affection
se
t
i
t.
l'i4t
re
ssion
émotionnelle
lait
pressante,
plusI'intéressé devient
inaccessiblepar
peur
de
I'invasion,
ce
qui
ne
manquepasd'exacerber
I'ardeur
déçue,
I'intensité
du
siège
lmoureux
et
de
donner
lieu
à
despéripéties
plus
ou
moins tragiques.
Les
lares relations sexuelles,
dépourvues
de
tendresse, se
déroulent
mécani-quement,
telles
une
formalité hygiénique.
Leurspartenairesen
conçoivent
une
vive
frustration mais leurs
griefs
se
heurtent à une
incompréhensiclnglaciale.
Expression
émotionnelle
L'humeur
habituelle
des
individus
schizoïdesest
doncrégulière,
plate,
nronotone.
Ils
vaquentpaisiblement
à
leurs
activités solitaires
sans
éprouver
d'états d'âme.Leur
registre
émotionnel
est
réduit,
imperméable
à
la
joie
comme
à
la
tristesse.
Leur sang-froid
permanent
est
moins
I'indice
d'un
caractère
bien
trempé
qu'unemilrque d'insensibilité,
douloureuse-rnent ressentie
parleur
entourage.Incapables
d'enthousiasme,comme
de
colère,
ils
traversentI'existence comme
cespersonnages
mystérieuxqui,
de
L'Étranger
de Camusaux héros somnambuliquesde
Modiano,n'ont
cL'ssé
de
fasciner
les
écrivains.
Cetteperpétuelle
indifférence
peut,
en
fait,
masquer une
réelle
souf-l'rance,
qu'il
s'agisse
d'un
étatde tension consécutif
à
I'obligation
de
contactssociaux ou
d'une humeur
dépressive
liée
à
laprise
de conscience
d'une
singularité
qui
discordeavec
leurs
aspirations confbrmistes.
Plus
larement,
ils
peuvent
exprimer
des
accès
derage
froide lorsqu'ils
ont
I'impression
que
leur
espace
vital
risque
d'être
envahi
par
un
tiersirnportun.
Style
cognitif
Les individus
schizoïdes
sont
aussi
avares
deleurs
émotionsque
de
lours
pensées
:
celles-ci
paraissent rares,
pauvres,alorsmêmeque
la
vieirnaginative est envahie derêveries complexes
et
incessantes.
Au
cours
tlr:s
thérapies
cognitives,la récolte
despensées
automatiquesest
difficile,
nroins
parréticenceque par pénurie.
Ces
patientssemblent éprouver
de
grandes
difficultésà
les
identifier et
préfèrent
arguer
de
leur
absence.
(
ir'âce
aux techniques
de
questionnementsocratiqueou de
<
flèche
descen-
rlante>,
il
estnéanmoins
possible
de
mettre
à
jour
le
schéma
central,
<je
suis
à
part,
je
suis
seul>,
masquéparune nébuleuse de
pensées
flouesqui
s'apparententà des banalisations
dustyle
quoi
bon!>,
<quelleimpor-
llnce?>>,
<çam'est égal>,
ou à
des
clichés
tels
que
<il
vaut mieux
être
scul que
mal
accompagné>.
Les
croyances secondaires
sont
plus
rigides:
<lavie
serait
moins
t
ornpliquée
sans
les
autres
>>,
<
rien
ne
m'intéresse>,
<
lesgenssontsource
 
Étiopathogénie
La
personnalitéschizolde
de
problèmes>>,
<<cela
ne
vaut
pas
la
peine de
se
compliquer
la
vie>,
<il
vaut
mieux
que
je
fasse
celaparmoi-même.
>
Les
sujetsschizoïdespeuventdonner
I'illusion d'un
contentement
de
soi,
mais
bien
souvent
ils
se
sentent
sans
vie,maladroits,
ennuyeux,
ratés.
Leur
apparente autosuffisance
n'est
pasde
I'autosatisfaction.
Les
pensées
dysfonctionnelles
les
plus
fréquemmentretrouvées
sont
<
<je
me
sens
vide>,<je
n'ai
envie
de
rien>,
<je
suis
différent>,<jefais
semblant
de
m'intéresser aux
autres, mais dans
le fond
ils m'ennuient>,
et témoignent
d'uneperception
de
soi
dévalorisée.
Les
autressontperçus
commeintru-
sifs,
importuns,
sansgêne,
cherchantà exercer
leuremprise:<les
gens
cherchent
toujours
à
me
mettre legrappin
dessus
>,
<
je
préfèrerester
seul
>
est
la
conclusion
de ce
constat
amer.
Peu
de
données
cliniques
sont disponibles
pour
étayer
les
différentes
hypothèses
selon
lesquelles
les
personnalitésschizoïdes
résultent
de
processus
constitutionnels
ouacquispar
les
relations
précoces.Gunderson
(1983)
suggèreque
les
frontières
de
laschizophrénie
s'éten-
dent
au-delà
des
troubles
de
l'axe
I,
et
concernent
à
la
fois
les
personnalités schizoides et
schizotypiques,
alorsque
Baron(1985)
estime
qu'elles
neconcernentque les
secondes.
Selon
l'orientation
théorique
des
auteurs,les facteurs
biologiques
ou
psychologiques,
qu'ils
soient innés ouacquis,sont
mis
en exergue
mais
sont tous
largement
spéculatifs.
Wolff
et
Barlow
(1979)ont émisI'hypothèse
queles enfants schizoides
utilisaient
un nombre
réduit
de
<<
constructs
>>
en
raison
des
déficiences
de
stimulation
et
d'apprentissagepar
des
parentseux-mêmes
inhibés,froids
et distants.
Thérapeutique
Peu de sujets schizoides
formulent
spontanémentune demandede
trai-tement. Des
modifications
majeures
de
leur
personnalitésont
hautement
improbables
(Millon,
1981),aussi
les
objectifsresteront-ils
modestes
:
réduireI'isolement social,
développer des compétencessociales,
aban-
donnerprogressivement
le
style
depenséevague
et
global,
accorder
une
plus grande
importance
aux émotions.
Ils
se
voient recommander
la
simulationd'émotions, tantpositives
que
négatives,à I'occasion
de
jeux
de
rôle,
sipossibleengroupe,en vue
de
faire
concrètementI'expérience de contactshumains et
d'accroître
leurscompétences sociales.Les conséquences
de
I'isolement social
sont exami-
nées
avec
leurs
avantages
et
leurs
inconvénients.
Les
pensées
automatiques
vagues
et
dysfonctionnelles
sont
enregistrées
(<à
quoibon?>,
<quelle
importance?>,
<quel
intérêt?>).
Les
détails
émotionnels
-
'I'hérapeutique
sontidentifiés.
Un
programme
d'activités
agréables
et
récréatives
est
programmé
en
s'aidant
des techniquescomportementales
de
Lewinson
(échelled'événementsagréables).
Le
maintien
d'une relation
thérapeutique
satisfaisante est
un
véritabledéfi
à
la patienceduthérapeute,
non
seulementparceque
la motivation
au
changement
paraît
faible,
mais
aussi à
cause
du
retrait,
de
la
réticence
de
ces
patients
quiont
tendance
àpercevoirles interventions
du
thérapeute
comme
uneintolérable
ingérencedans
leur territoire
privé.
Il
est
doncindispensable,
pour
le
thérapeute,
d'utiliser
intensivement pourlui-même
lestechniques
cognitives,de
s'efforcer
de nepas
porter
de
jugements
de
valeur
sur les
réactionsdupatient,
et de
renforcer
systématiquement toutes
les
interactionspositives
à
l'égard
desquelles
il
doit
être
à
I'affût.
a
*
tr
1,
I
j!
r
i

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