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PROJET DE LOI DE PROGRAMME RELATIF A LA MISE EN ŒUVREDU GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENTArticle 1
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Prenant appui sur les conclusions du Grenelle de l’environnement, la présente loi fixe les objectifs, définitle cadre d’action et précise les instruments de la politique mise en œuvre par la collectivité nationale pour lutter contre le changement climatique, élaborer des stratégies d’adaptation, préserver la biodiversité ainsique les services qui y sont associés et contribuer à un environnement respectueux de la santé. Elle assurela transition de la France vers une nouvelle économie compétitive, dont le nouveau mole dedéveloppement respecte l’environnement et allège les besoins en énergie, en eau et autres ressourcesnaturelles.Les objectifs et le programme d’action définis dans la présente partie requièrent la mobilisation del’ensemble des composantes de la Nation, de toutes les capacités d’innovation et des investissementshumains et financiers nécessaires à leur réalisation. La stratégie nationale de développement durable,élaborée en étroite association avec les collectivités locales, les représentants des milieux économiques etdes salariés, ainsi que les représentants de la société civile, notamment les associations et organisationsnon gouvernementales de protection de l’environnement, organise cette mobilisation en veillant à sacohérence avec la stratégie européenne et les engagements internationaux de la France.Le gouvernement présentera chaque année au Parlement un rapport sur la mise en œuvre de la stratégienationale de développement durable, et proposera les mesures propres à améliorer son efficacité.
TITRE Ier : LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
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Article 2
I - La France place la lutte contre le changement climatique au premier rang des priorités assignées à ses politiques nationales, européenne et internationale. Dans cette perspective, elle confirme son engagementde diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050, afin de ramener à cethorizon ses émissions annuelles de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonneséquivalent CO
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.La France se fixe comme objectif de devenir l’économie la plus efficiente en carbone de l’UnionEuropéenne d’ici 2020. A cette fin, elle prendra toute sa part à la réalisation de l’objectif de réductiond’au moins 20% des émissions de gaz à effet de serre de l’Union Européenne à cette échéance, cetobjectif étant porté à 30% pour autant que d’autres pays industrialisés s’engagent sur des objectifscomparables et que les pays en développement les plus avancés apportent une contribution adaptée. Ellesoutiendra également la conclusion d’engagements internationaux contraignants de réduction desémissions. Elle concourra, de la même manière, à la réalisation de l’objectif d’amélioration de 20% de
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l’efficacité énergétique de l’Union européenne et s’engage à porter la part des énergies renouvelables à aumoins 20% de sa consommation d’énergie finale d’ici à 2020.II – Les mesures nationales de lutte contre le changement climatique portent conjointement et en prioritésur la consommation d’énergie des bâtiments et les émissions de gaz à effet de serre des secteurs destransports et de l’énergie.III – L’émergence d’un nouveau modèle de croissance sobre en carbone requiert que l’impact desémissions de gaz à effet de serre soit progressivement pris en compte dans le prix des biens et services.Trois mécanismes seront privilégiés pour y parvenir : l’amélioration de l’information sur le coûtécologique des échanges, l’adoption de nouvelles réglementations et la mise en place de mécanismesincitatifs économiques, incluant l’assujettissement de certains secteurs à un système d’échange de quotasd’émissions de gaz à effet de serre comportant une part significative d’allocation des quotas par mise auxenchères, cette part tenant compte du degré d’exposition à la concurrence internationale.L’Etat étudiera la création d’une contribution climat-énergie en vue d’encourager les comportementssobres en carbone et en énergie. Cette contribution aurait pour objet d’intégrer les effets des émissions degaz à effet de serre dans les systèmes de prix par la taxation des consommations d’énergies fossiles. Elleserait strictement compensée par une réduction des autres prélèvements obligatoires, de façon à préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Le gouvernement présentera auParlement une analyse de l’opportunité et des modalités techniques de cette contribution avant le 31décembre 2008.IV – La France soutiendra la mise en place d’un mécanisme d’ajustement aux frontières pour lesimportations en provenance des pays qui refuseraient de contribuer à raison de leurs responsabilités etcapacités respectives à l’effort mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre après 2012.V – Les mécanismes incitatifs et les financements publics consacrés à des investissements de productionou de consommation d’énergie tiendront compte des économies d'énergies réalisées et du tempsnécessaire à la rentabilisation des investissements concernés. L’efficience de ces mécanismes etdispositifs sera évaluée notamment au regard de leur coût par rapport au volume d’émissions de gaz àeffet de serre évitées. La puissance publique pourra mettre en place des incitations économiques etfinancières adaptées, qui, lorsqu’elles ont pour objet la réduction des émissions de CO2, devront être justifiées en référence au coût de la tonne de CO2 évitée. L’Etat mettra à l’étude l’élaboration de valeursde référence du coût de la tonne de carbone évitée au regard de sa stratégie de réduction des émissions degaz à effet de serre.
CHAPITRE I – ORGANISER UNE RUPTURE POUR REDUIRE LA CONSOMMATION D’ENERGIE  DES BATIMENTS 
Article 3
Le secteur du bâtiment, qui consomme plus de 40% de l’énergie finale et contribue pour près du quart auxémissions nationales de gaz à effet de serre, représente le principal gisement d’économies d’énergieexploitable immédiatement et se trouve par conséquent au cœur des enjeux de la lutte contre leréchauffement climatique ; la mise en œuvre à grande échelle de travaux de rénovation thermique réduiradurablement les dépenses énergétiques et contribuera ainsi à améliorer le pouvoir d’achat des Français.La réalisation des objectifs indiqués à l’article 2 de la présente loi passe par le développement detechnologies de rupture dans la construction des nouveaux bâtiments et la rénovation accélérée du parc de bâtiments existants.
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Article 4
L’Etat se fixe comme objectifs que :- la norme « bâtiment basse consommation » s’applique à toutes les constructions neuves faisant l’objetd’une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2012, et par anticipation, à toutes lesconstructions neuves de bâtiments publics et tertiaires à compter de fin 2010.La norme « bâtiment basse consommation » correspond à une consommation d’énergie primaireinférieure à un seuil de 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne. Ce seuil sera modulé enfonction de la localisation, des caractéristiques, de l’usage et des émissions de gaz à effet de serre des bâtiments.- la norme « bâtiment à énergie positive » s’applique à toutes les constructions neuves faisant l’objetd’une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2020. La norme « bâtiment à énergie positive » correspond, sauf exception, à une consommation d’énergie des bâtiments inférieure à laquantité d’énergie qu’ils produisent à partir de sources renouvelables.Les normes susmentionnées auront pour objectif de réduire les consommations d'énergie et les émissionsde CO2. Elles seront également adaptées à l’utilisation du bois comme matériau, en veillant à ce que soit privilégiée l’utilisation de bois certifié.De plus l’Etat se fixe également comme objectif que le parc de logements neufs construits dans le cadredu programme national de novation urbaine prévu par la loi
n°2003-710 du 1
er 
août 2003d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine
respecte par anticipation lanorme « bâtiment basse consommation ».Pour atteindre ces objectifs, un avantage supplémentaire sera prévu pour les acquéreurs de logementsdont la performance énergétique excède la réglementation applicable, au sein du dispositif d’aide àl’accession à la propriété prévu à l’article 200
quaterdecies
du code général des impôts et du prêt tauxzéro prévu à l’article 244
quater J 
de ce code. Le bénéfice du dispositif d'aide à l'accession à la propriété prévu à l'article 200
quaterdecies
du code général des impôts sera subordonné à la production d'uneattestation certifiant que les logements concernés prennent en compte la réglementation thermiqueapplicable.
Article 5
I. L’Etat se donne comme objectif de réduire les consommations énergétiques du parc de bâtimentsexistants d’au moins 38 % d’ici 2020.II. Tous les bâtiments de l’Etat et de ses établissements publics feront l’objet d’un audit énergétique d’ici2010. A partir de ce diagnostic, il est donné comme objectif à l’Etat et à ses établissements publicsd’engager la rénovation de l’ensemble de leurs bâtiments d’ici 2012 et de traiter à cette échéance leurssurfaces les moins économes énergétiquement. Cette rénovation aura pour objectif, selon un programmeadapté aux spécificités de chaque administration et établissement public, de réduire d’au moins 40 % lesconsommations d’énergie et d’au moins 50 % les émissions de gaz à effet de serre de ces bâtiments dansun délai de dix ans.Dans le respect de leur autonomie, les collectivités territoriales seront invitées à engager un programmede rénovation énergétique de leurs bâtiments dans les mêmes conditions et au même rythme que celui del’Etat.
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