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Mag Humanitaire No. 4 (Français)

Mag Humanitaire No. 4 (Français)

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Les populations civiles sont les principales victimes des conflits. Les catégories les plus vulnérables sont le plus souvent constituées des enfants, des personnes âgées et des femmes. Ces dernières payent un prix élevé, mais elles montrent une capacité extraordinaire à surmonter les épreuves, et à prendre leur destin en main.
Les populations civiles sont les principales victimes des conflits. Les catégories les plus vulnérables sont le plus souvent constituées des enfants, des personnes âgées et des femmes. Ces dernières payent un prix élevé, mais elles montrent une capacité extraordinaire à surmonter les épreuves, et à prendre leur destin en main.

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Published by: International Committee of the Red Cross on Sep 03, 2012
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03/27/2013

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Il est désormais un ait que les popu-lations civiles sont les principales vic-times des situations de violence armée,et l’Arique, bien malheureusement, neait pas exception. Dans ces contextes,les catégories les plus vulnérablessont le plus souvent constituées desenants, des personnes âgées et desemmes. Ces dernières continuent depayer un prix élevé de conits aux-quels elles ne participent pas, maiselles montrent une capacité extraor-dinaire à surmonter les épreuves, et àprendre leur destin en main.
« Femmes victimes de violences, notam-ment sexuelles »
: L’expression a bienmalheureusement acquis le statut d’unphénomène universel. Mais derrière lesmots, ce sont des vies qui sont chan-gées à tout jamais, en République Dé-mocratique du Congo, en Centrariqueet ailleurs. Trop souvent, les emmesdoivent uir les combats ou l’insécurité,emportant leurs enants mais laissantleurs biens derrière elles, comme dansle conit ivoirien. Dans ces situations,elles peuvent aussi être séparées deleurs enants. Ou alors vivre dans l’an-goisse de ce qu’il est advenu de leurmari, de leur ls, souvent le soutienprincipal de la amille, comme récem-ment en Libye. Parois, en Casamancenotamment, elles sont aussi victimesde mines.Dans ces situations où le pire est vécu,les emmes saisissent la moindre op-portunité pour se relever, continuer, etparvenir à restaurer la vie, pour elles-mêmes et leur amille.Trop souvent ces emmes gardent leursourance pour elles. Elles sont troppeu entendues, trop peu comprises.Ce numéro du
« Mag Humanitaire »
, àtravers plusieurs témoignages qui nepeuvent pas laisser indiérent, chercheprécisément à illustrer les difcultésauxquelles elles sont conrontées, etmarquer leur capacité à surmonter lesépreuves.C’est aussi l’occasion de rappeler uneois encore l’obligation de ceux quiprennent part à un conit, de respec-ter, d’épargner et de protéger la popu-lation civile, et parmi elle, les enants,les personnes âgées et les emmes.Les articles qui suivent reètent aussitoute la diversité de la réponse du Co-mité international de la Croix-Rouge,en partenariat avec les sociétés natio-nales de la Croix-Rouge ou du Crois-sant-Rouge, aux besoins des emmesdans cette région.Alors que je prends ma nouvelle onc-tion de chee des opérations pourl’Arique du Nord et de l’Ouest, j’aime-rais rendre hommage particulièrementà la détermination de ces milliers deemmes à aire ace à l’adversité. LeCICR continuera à aider ces emmesan de leur permettre de retrouver di-gnité et espoir.
Bonne lecture.
Yasmine Praz-DessimozChee des Opérations du CICR en Arique duNord et de l’Ouest
SOMMAIRE
Editorial :
Les Femmes, deboutace à l’épreuve
Délégation régionalede Dakar
Rue 7 x B Point EBP 5681 Dakar-FannT + 221 33 869 13 69F + 221 33 824 14 16E-mail : dak_dakar@icrc.org
Sous-délégation deZiguinchor
Parcelles Assainies 1372Goumel - BP 1044T + 221 33 991 61 06E-mail : zig_ziguinchor@icrc.org
Mission de Bissau
Bairro Thada, Rua 5 de JulhoCasa n 32 - BP 1028T + 245 320 36 59E-mail : bis_bissau@icrc.org
Les opinions exprimées n‘engagent queles auteurs des articles et ne refètent  pas nécessairement l‘opinion du Comitéinternational de la Croix-Rouge (CICR).
 Artwork by greeneyezdesign.com
FEMME ET VIOLENCEARMÉE EN AFRIQUE
République centraricaine :
Êr mma  z  grr
Côte d’Ivoire :
Amli  Vri :chmi ’xil  ’agi
Sénégal :
Mari, 39 a  hai-cap à vi par  mi
République démocratique du Congo :
L « Mai »,  c aiv axmm vicim  la grrPrl mii a l arm
Le Sénégal et le Niger en exemple.De Syrte à Agadez :
migag ’igri rr  la Li
Femmes, violences armées et résilience :
 l’apprch  CICR
Espace Jeanie Waddell-Fournier :
vll plarm r l w
Sénégal :
R, chafr  CICR,vac l l ra l vilcpr-lcral  vrir
TABALA
…ch ’aillr
www.cicr.org
Photo couverture : Gereida (Soudan), camp pour personnesdéplacées. Famille qui vient juste d’arriver au camp et s’estconstruit un abri de ortune.
Boris HEGER/CICR
 
MAG Hmaiair CICR |
N° 4
Août 2012
3
FeMMes et VIoLenCe ARMée en AFRIque
République centraricaine :
Être emmedans une zone en guerre
« J’essaye d’oublier. De mettre tout ça derrière moi »
,raconte Yassi* d’un ton nerveux. «
Et puis mes pa-rents s’inquiètent chaque ois que je sors, que je vaisau marché. Ils ont peur que ça m’arrive à nouveau. »« Ça »
, c’est la triste et terrible histoire qu’ont ré-cemment vécue Yassi, 20 ans, et son amie Djumé*,21 ans, dans le nord de la République centrari-caine. Vivant dans la région de Kaga Bandoro, lesdeux jeunes emmes se rendent au cours du moisde janvier à Gondava pour y vendre de l’huile, desgâteaux et de la bouillie de riz. Elles s’y trouventdepuis trois jours lorsque, soudainement, la vio-lence embrase le village. Des tirs sont échangés etdes bombes sont lâchées depuis des hélicoptères.Comme tous les villageois, Yassi et Djumé s’en-uient en brousse. Dans la panique générale. Trèsvite, elles se retrouvent complètement seules.
Une proie des hommes en armes
C’est le début de leur calvaire qui durera pratique-ment un mois. Désorientées, perdues dans la orêt,Yassi et Djumé se nourrissent de nieri (un ruit sau-vage) et s’abreuvent au hasard des aques d’eauqu’elles trouvent. Au cours de la cinquième nuit,leur chemin croise celui de deux hommes. Ils nesont pas armés et portent des habits de civils : ilssont probablement en uite, comme elles. Ils pour-raient les aider. Rien de tel : ils les violent et lesabandonnent à leur sort.Ce n’est que des jours et des nuits plus tard, terri-ées et meurtries, exténuées, que les deux jeunesemmes rencontrent un groupe de pêcheurs aubord d’une rivière. Enn une main tendue : les pê-cheurs les accompagnent jusqu’à un petit village,à partir duquel elles parviennent à rejoindre KagaBandoro sur un taxi-moto.
« J’ai perdu le peu d’argent que j’avais. Mes vêtementsaussi. Et j’ai trop peur de retourner à Gondava, là où j’avais mon petit commerce. Ici, je me sens en sécu-rité »
, témoigne Yassi.
« Mais je ne sais pas comment aire pour reprendre mon commerce. »
Fragiles parmi les plus ragiles
Aussi triste et terrible qu’elle soit, l’histoire de Yassiet Djumé n’a malheureusement rien d’exception-nel. Depuis des années, les populations civiles dunord et du sud-est de la République centraricainesont la proie d’exactions multiples et sont souventcontraintes à uir des situations de violences ar-mées. Dans ces régions, l’insécurité est telle qu’elleentrave signicativement l’acheminement de l’aidehumanitaire, y compris celle du CICR. En de pa-reilles circonstances, les emmes sont bien sûr par-ticulièrement vulnérables.L’histoire de Yassi et Djumé se décline en de trèsnombreuses versions : capture par des groupesarmés, asservissement sexuel, séparation d’avecles enants, etc. Alors que Yassi et Djumé s’en-uyaient, une autre emme de la même régionétait contrainte d’abandonner en lisière de villagesa lle de neu mois : la petite a survécu en broussedeux nuits et trois jours avant d’être trouvée parhasard et remise au CICR et la Croix-Rouge centra-ricaine (qui ont ensuite pu localiser la grand-mèrede la petite et la lui coner). Ces violences empê-chent tout développement ainsi qu’en atteste unchire particulièrement parlant : 48 ans – c’estl’espérance de vie en Centrarique, la deuxième laplus aible qui soit au monde.
n
* Noms d’emprunt.
Perry ProellochsDélégué Communication – CICR Bangui
Elle est encore traumatisée par ce qui lui est arrivé. Et lorsqu’elle doit en parler elle a envie enmême temps d’ « oublier tout ça », car comment mettre en mots sa propre sourance. Femmeen zone de guerre, voici l’histoire de Yassi.*
Ville d‘Obo dans la Province du Haut Mbomou, une enant prostrée.
    M   a   r    k   o    K   o    k    i   c    /    C    I    C    R

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