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L'Algérie, Une Passion Française

L'Algérie, Une Passion Française

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07/07/2014

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Une passion
française
LE SIÈCLE DU CARAVAGE
Un génie de la peinture -20 pages
 
L'Algérie, une passion
française
PAR LAURENT THEIS
Un
couple musulman
et un couple
pied-noirdans
une rue
d'Alger
à la fin des
années 20.2
|
Grand-Angle
|
Le Point
 
ÉDITORIAL
E
juillet 1830, quelques jours après que lestroupes
 françaises
 du général de
Bourmontsont entrées
dans Alger,
Charles
X
déclare
:
«Pour prendre Alger, je
n'ai
consulté que la
di-
gnité de la France ; pour la garder ou la
rendre,
je ne
consulterai
que
son
intérêt »
Cent trente
et
un
ans
plustard, le président de Gaulle, successeur lointain duroi, affirme : «
L'Algérie nous coûte plus
cher
qu'elle
ne
nous
rapporte
[...]
La
décolonisation
est
notre intérêt,
et parconséquent notre
politique.
» Jusqu'en
1961, la
questionn'a guère chan
:
que faire de l'Algérie ? Où est sur
ce
point l'intérêt
de
la
France ? Le
caractère passionné
et,
pour
 finir,
ragique
de
l'histoire
de
cette
terre
bap-tisée Algérie en 1838, tient pour beaucoup à cetteinterrogation jamais vraiment
résolue. Il
tient aussi
au
décalage jamais comblé entre l'image largementillusoire d'un éden entre mer et sable et une réalibeaucoup moins riante pour la grande majorité de
ses
habitants.
Car le
problème
de
l'Algérie est l'exis-tence même
d'Algériens. Dès
l'annexion en 1834, etplus encore à partir de 1848 avec l'organisation entrois départements, tous ceux qui vivent sur ce ter-ritoire sont réputés
 français.
 Mais certains,
la
mino-rité d'origine européenne, sont
plus
 français
 que
lesautres, les musulmans, qui devront attendre 1958pour accéder à la pleine citoyenneté. Sans doutel'Algérie est-elle officiellement
 française
 depuis
pluslongtemps
que
Nice
et la Savoie. Mais a-t-on
jamais,depuis 1860, qualifié les Savoyards
d'«indigènes»!
La résistance, active ou passive, qu'opposèrent de
tous temps et de
multiples manières
ces indigènes
à laprise
de
possession
de leur pays par une
puissance ex-
térieure,
leur
refus
massif d'adhérer
à des valeurs, à des
lois, à des usages très éloignés des leurs, leur nombresurtout, devaient conduire
à faire de l'Algérie, cas
uni-que dans l'empire
 français,
 une terre de peuplement.
Or,
la
présence
européenne
demeura
à
un
étiage -14%
au
maximum
de
19 2
6
-
qui
empêchait
à la fois que
lacolonie
se sépare de la métropole et qu'elle réalise
unevéritable intégration
des deux populations. Le
mieux,alors, était
que
rien
ne bouge,
en dépit
des
bonnes vo-lontés qui ne manquèrent pas de part et d'autre. Ce
temps
apparemment
immobile, mais lourd de fermen-
tations,
qui
laissait
la
plupart
des
Algériens
de
souche
à leur misère et les
Européens
à leur
sentiment d'éter-
nité, les guerres
mondiales
se
chargèrent
de le rompre :
entre les deux, la célébration du centenaire de laconquête
sonne comme
un
ultime coup de clairon. Les
frères Tharaud peuvent bien écrire
:
«
Quand je
débar-
quai à Alger,
j'arrivais dans un des
rares
coins du
monde où
nous pouvons nous présenter avec orgueil
»
;
dix ans plustard, les Algériens découvrent que leur puissance tu-télaire
est un état vaincu et une
nation
humiliée. LA1-
gérie
rançaise
 est
morte, mais
il faudra vingt
ans
encorepour
en tirer les
conséquences.C'est que la France, du début jusqu'à la fin, ne seconçoit
pas sans l'Algérie dont elle n'a
pourtant jamaissu vraiment ce qu'elle était. Tocqueville, de retourd'Alger, écrivait en 1841 : «
Tout peuple qui lâche aisé-
ment
ce qu'il a pris
et
se retire de lui-même
dans
ses ancien-nes limites
proclame que
les
beaux
temps
de
son histoiresont passés.
»
Dans le quotidien « Combat », en no-vembre 1954, on
ne
lit
pas
autre chose
:
«L'Algérie estun prolongement
de la France sans
lequel notre
pays neserait pas
une
grande
nation.
»
Mais de plus en plusd'Algériens musulmans,
depuis
vingt
ans,
aspiraienteux aussi, comme d'autres peuples autour d'eux, àdevenir une nation, avec la France s'il se pouvait,contre elle s'il le fallait. Ce fut contre, et le déchire-ment fut d'autant plus tragique que l'attachementavait
été plus profond,
noué
par
cent trente
ans
d'unehistoire réputée commune
et
par l'emprise
d'un pays
fascinant que chacun pensait être le sien
L'Algérie, une passion française
la maison France42 Mourir pour
le
bled
Le
Caravage, l'œuvre
au
noir
Le Point
|
Grand-Angle
|
3

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