TRI :
Vous êtes concerné par la suppres-sion annoncée des quotas laitiers, qu’enpensez-vous ?
Fabrice Bouin :
C’est une fausse bonneidée. Si on prend comme exemple lacampagne de production qui vient dese terminer, les indus-triels nous ont incité àproduire plus, et les agri-culteurs ont réagi très vite (10 à 15% de lait enplus). Au bout ducompte, on a reçu unelettre qui disait qu’il fal-lait arrêter, car ils ne savaient plus quoifaire du lait…Sans quotas, ce sera la désorganisationdu marché et on aboutira à une ré-intensification des systèmes de produc-tion avec des conséquences environne-mentales néfastes, à une surproductionqui conduira à une chute du prix du laitdans un contexte où les charges aug-mentent. Ce sera donc au final unenouvelle baisse de revenu pour les pro-ducteurs. Les charges augmentent plus vite que le prix du lait. Cette année celas’est traduit par une nouvelle baisse durevenu et ce, au profit,comme toujours, desfournisseurs d’intrants.
TRI :
Comment analysez- vous la PAC actuelle et lesperspectives de réforme ?
F.B. :
Plus de modula-tion et de subventions au sein du pilierII [
développementrural, ndlr
] est plu-tôt une bonne idée, car pour nos sys-tèmes orientés vers l’agriculturedurable et la valorisation des produc-tions à l’herbe, c’est ce qu’on demandedepuis des années. Mais il faut faireattention avant tout au maintien dubudget global de la PAC, car s’il baissela question ne se posera même plus.Ce sera une baisse générale des sub- ventions.Il faut également être attentif aux typesde transfert qui seront proposés, car il y a des gens qui ont tout intérêt àmaintenir les choses telles qu’ellessont. Il faut absolument faire pressionpour que la répartition des aides évo-lue vers plus d’équité. Peut-êtrequ’avec l’appui des environnementa-listes et des consommateurs on peutconstituer un lobby efficace.Propos recueillis par Michael Chariot.
III
•
TRANSRURAL
Initiatives
•
15 juillet 2008
D o s s i e r
1. Centres d’ini- tiatives pour valoriser l’agri-culture et lemilieu naturel.
«
Les industriels nous ont incité à produire plus,mais au bout du compteils ne savaient plusquoi faire du lait
»
TRI :
Comment jugez-vous la PAC?
Xavier Uzu :
Nous, les producteurs engrandes cultures, sommes les grandsbénéficiaires de la PAC actuelle.D’ailleurs cette année avec les prix éle- vés, je me demande dans quellemesure la PAC actuelle est légitime.Certaines productions ne sont pasaidées et il n’est pas normal que ceux qui vendent leurs produits à un bonprix touchent la majeure partie desprimes. Il faut revenir à plus d’équité.Il faut cibler les aides par rapport à desobjectifs environnementaux forts. Jesuis le cahier des charges «GrandesCultures Economes» des CIVAM
1
quiprouve qu’il est possible de produireen quantité tout en respectant les équi-libres naturels. Il n’est quand mêmepas normal que les gens qui impactentle plus sur l’environnement touchentl’essentiel des primes ! Il faut absolu-ment orienter celles-ci en fonction despratiques agricoles.
TRI :
Que pensez vous des propositionsd’évolution de la PAC ?
X. U. :
Rien à redire sur le fait qu’il failleplus de modulation [
prélèvement d’un faible pourcentage des aides directes pour abonder d’autres fonds, notam-ment le développement rural, ndlr
],mais c’est plutôt le système d’assurancerécolte qui me choque. Le métierd’agriculteur exige qu’il faille compo-ser avec la météo, on n’a pas besoind’assistanat supplémentaire. La PAC estdéjà un système d’assurance en soi.Pour ce qui est de la conditionnalitédes aides (pilier I), il faut aller beau-coup plus loin que le simple respect dela réglementation. Là aussi, il fautconditionner l’octroi des aides à deréelles pratiques en faveur de l’envi-ronnement. Par exemple, pour les pro-duits phytosanitaires, on peut large-ment diminuer leur utilisation en reve-nant vers plus d’agronomie, en diversi-fiant les assolements, en réalisant desmélanges de variétés… Chez nous, parexemple, on pratique des mélanges de variétés ce qui se traduit par plus derusticité et plus de résistance aux mala-dies, aux ravageurs.Revenir à plus d’agronomie c’est ça labase du métier et c’est ça que doit pro-mouvoir la PAC.Propos recueillis par Michael Chariot(FNCivam)
La PAC, un système d’assurance ?
Les céréaliers, qui ont vu en France leur revenu augmenter de 104% en 2007, sont souvent pointés commeles principaux bénéficiaires de la PAC. Interview de Xavier Uzu, agriculteur (grandes cultures) dans la Sarthe.
La production laitière en proie au chaos du marché
Interview de Fabrice Bouin, éleveur bovin lait en production biologique(Manche).
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1957 :
le 25 mars, signature du traité de Romequi instaure la CEE (France, Allemagne, Bene-lux et Italie) et la Politique agricole commune
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Années 1970 :
des excédents apparaissent dansles secteurs laitiers et céréaliers
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1984 :
Instauration des quotas laitiers
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1988 :
Instauration des «régulateurs» (ex : inci-tation au gel des terres, à l’extensification…)
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1992 :
Réforme de la PAC (Système basé sur lesprix garantis avec mesures de soutien des prix et aides directes au revenu)
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1999:
Réforme dite «Agenda 2000» (cetteréforme prolonge celle de 1992 avec la baissedes niveaux d’intervention sur les céréales, la viande bovine…), apparition de la conditionna-lité environnementales des aides, du secondpilier (développement rural)
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2003 :
accords de Luxembourg : découplagedes aides de la production, DPU et référenceshistoriques, conditionnalité
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2007-2008 :
« Bilan de santé »
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2013 :
nouvelle PAC
La PAC : repèreschronologiques
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