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Augustin Cochin

Augustin Cochin

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11/23/2013

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Les Francs-maçons et la Révolution (autour de la "Machine" deCochin)
In: Annales historiques de la Révolution française. N°279, 1990. pp. 14-31.
Résumé Après avoir rappelé l'importance de l'héritage du mythe du « complot maçonnique», forà l'époque révolutionnaireprincipalement par l'abbé Barruel, l'auteur analyse l'originalité de l'apport d'Augustin Cochin à la fin du siècle dernier à travers sesouvrages sur les sociétés de pensée, substituant au « complot » vidé de son contenu volontariste, en s'inspirant des travauxd'Ostro- gorsky, le thème de la « Machine », instrument pour manipuler l'opinion en créant du consensus et dont les sociétés depensée et loges maçonniques auraient été le laboratoire. Il rappelle le débat engagé à l'époque, l'accueil favorable de la droitecléricale et la contre-argumentation développée d'Aulard à Mathiez, puis Egret, à partir d'une analyse de la réalité des faits. Maisil reste que Cochin a fourni des arguments à toute une tradition conservatrice, voire d'extrême droite durant la première moitié duXXe siècle. AbstractThe author first underlines the importance of the heritage of the myth of a masonic plot which was forged during the revolutionaryera mainly by Abbé Barruel and he analyzes the originality of Augustin Cochin's contribution in his works about the « Sociétés depensée » : using the ideas of Ostrogorsky's works, Cochin substitued for the « plot » emptied of its intentional contents, thetheme of the « machine », invented to manipulate opinion by creating a consensus and experimented within the « sociétés depensée » used as a laboratory. The author evokes the debate of the time : its favorable reception by the clerical right-wing andthe counter arguments developed by Aulard, Mathiez and then Egret based on an analysis of the real events. Moreover, Cochinprovided arguments for a whole conservative tradition and even for the extreme right-wing during the first half of the twentiethcentury.Citer ce document / Cite this document :Porset Charles. Les Francs-maçons et la Révolution (autour de la "Machine" de Cochin). In: Annales historiques de laRévolution française. N°279, 1990. pp. 14-31.
 
LES
FRANCS-MAÇONS
ET
LA
RÉVOLUTION
(autour
de
la
«
Machine
»
de
Cochin) (1)
Chacun
sait
que
très
t
(2)
certains
témoins
ou
victimes
du
bouleversement
révolutionnaire
l'ont imputé
aux
francs-maçons
asso
ciés
ou
non
aux
protestants,
aux
jansénistes
et
aux
jésuites.
La
thèse
du
«
complot
»
(3),
développée
d'abord
dans
des pamphlets
anonymes,
fut
reprise
et
étayée
par l'eudiste
Lefranc
(4)
puis,
finalement,
codifiée
par
l'abbé
Barruel
(5)
dans
ses
fameux
Mémoires pour
servir
à
l'his
toire
du jacobinisme
dont
les
multiples
rééditions
confirment
la
fortune.
L'œuvre
d'Augustin
Cochin
(6),
quoi qu'on
ait
dit,
s'inscrit
tout
à
fait
dans
cette
tradition
historiographique,
même
si
une
«
machine
»
remplace
maintenant
le
«
complot
»,
car
toujours,
à
travers
elle,
ce
sont
les
francs-maçons
qui
sont
visés. Mon
objet
est
de
montrer
que
le
révisionnisme de Cochin rejoint
l'antimaçonnisme
le
plus
vulgaire
(1)
Cet article est
lareprise
d'une communication
présentée
au
Colloque
de
Ségovie
en
avril
1988,
dont
le thème était
:
Perspectivas
actuates
de
la
investigation
historica.(2)
Les
premières brochuresparurent
en
1791.
(3)
II
existe
de
nombreux
travaux
sur
le
sujet.
Pour
une
vue
d'ensemble
on
se
reportera
à
l'ouvrage
classique
de
John
M.
Roberts,
La
mythologie
des
sociétés
secrètes, trad.
Paris,
1979.
Nombreuses
informations
aussi
dans
le
livre
de
Johannes
Rogalla
von
Biberstein,
Die
These
von
der Verschwôrung
1776-1945
:
Freimaurer,
Juden,
Libérale
und
Sozialisten
als
Verschwôrer
gegen
dieSozialordnung,
Frankfurt
am
Main,
1976.
Voir également
Louis
de
Cardenal,
«Sur
le
'complot
maçonnique'
de
1789»,
La
Révolution
française,
86
(1933),
pp.
289-310
;
Marcellin
Defourneaux,
«
Complot
maçonnique
et
complot
jésuitique
»,
Annales
Historiques
de
la
Révolution
Française,
37
(1965),
pp.
170-190.
Enfin,
sur la
genèse
decet
anti-
maçonnisme,
voir
Jacques
Lemaire,
Les
origines
françaises
de
l'antimaçonnisme
(1744-1797),
Bruxelles
[1985].
(4)
François
Lefranc,
Le
voile
levé
pour
tes
curieux
ou
le secret
de
la Révolution
de
France
révélé
à
l'aide
de
la
franc-maçonnerie,
Paris,
1791
;
Conjuration
contre
la
religion
catholique
et
les
souverains,
dont
leprojet,
conçu
en
France,
doit
s'exécuter
dans
l'univers
entier,
ouvrage
utile
à
tous
les Français, Paris,
1792.
(5)
Sur
cet
auteur
il
n'existe
pas
de
travail satisfaisant.On
trouveradesrenseignementsutiles
dans
Sylva Schaeper-Wimmer, Augustin
Barruel,
s.j.
(1740-1820),
Frankfurt
am
Main
[1985].
Les
Mémoires
paraîtront
de
1797
à
1799.
Leur
dernière
réédition
date
de
1973.
(6)On
trouvera
un
aperçu biographique
sur
Cochin
dans
François
Furet,
Penser
la
Révolution,
Paris
[1978],
pp.
212
et
sq. Inutile
de
préciser
que
c'est
à
Furet
qu'on
doit
la
tentative
de
réhabilitation
de cet
historien
que
tout
le
monde
avait
oublié.
 
LES
FRANCS-MAÇONS
ET
LA
RÉVOLUTION
15
et
le
plus
dangereux
;
que
c'est
bien
ainsi
que
sonœuvre
fut
comprise,
et
par ses
amis,
et
par
les
historiens
républicains.
Ce
n'est
pas
un
hasard
si
l'idée
d'une responsabilité
maçonnique
dans
la
préparationpuisle développement
du
phénomène
révolution
naire
ait
sa
réapparition
quand
la
République,
longtemps
incertaine,
s'impose
comme
uneincontournable
nécessité
dans
le
dernier
tiers
du
XIXe
siècle
(7)
;
Barruel
n'avait
pas
été
oublié
et,
par
un
curieux
paradoxe,
l'historien
républicain
Louis
Blanc
(8)
lui
avait
prêté
la
main
en
imputant
la
Révolution
à
l'actionconcertée
des
sociétés
secrètes
principalement
maçonniques. Aussi
on
ne
s'étonnera
pas
qu'à
l'occasion
de
la
célébration
du
premier
centenaire,
toute
une
littérature
soit
apparue
qui
dans
le
droit
fil
des
travaux
de
Taine,mais
avec
le
génie
en
moins,
a
cherché
à
instruire
une nouvelle
fois
le
procès
des lumières,
de
la
philosophie
et
des
francs-maçons.
L'œuvre
de
Cochin
s'éclaire
parce
contexte
:
il
n'aime
pas
la
Répub
lique,
il
déteste les
jacobins,
il
méprise
les
philosophes
et
enfin
il
a
horreur
desfrancs-maçons.
Quand
Cochin
sortit
de
l'École
des
Chartes,
une
honnête
aisance
le
lui
permettant,il
se
détourna
bien
vite
des
occupations
acadé
miques
pour
se
lancer
dans
des
recherches
d'actualité.
Son
premier
travail,
publié
en
1904,
devait
porter
sur
La
campagne
électorale
de
1789 en
Bourgogne.
Dans
sonesprit il
s'agissait
de
comprendre
comment
le
«
peuple
»,
tout
inorganisé
qu'il
était,
avait
pu
se
lever
comme
un
seul
homme
à
la
veille de
la
Révolution.
Une telle
spontan
éité,
n
tel
unanimisme
lui
paraissaient
suspects.
S'il
n'y
a
pas
eu
de
campagneélectorale en
1789,
tout
cependant
paraît
se passer
comme
si
le
«
comme
si
»
est
un
des
réquisits de
l'argumentation
de
Cochin
tout
avait
été organisé, préparé,
concerté.
«
[...]
cette
armée sans
officiers
écrit-il
manœuvre
avec
un
ensemble
étonnant
:
on
voit
les
mêmes
démarches
se
faire
au
même moment
dans
lesprovinces
que
séparent
mœurs,
intérêts,
régime,
dialectes
mêmes,
sansparlerdes
douanes
et
des
mauvais
chemins.
En
novembre
1788,
toute
la
France
demande
le
doublement
du
Tiers
aux
États
;
en
janvier
le
vote
par
tête
;
en
mars,
toute
la
Franceenvoie
aux
États
des
doléances
si
semblables
qu'on
les
croirait
rédigées
sur
le
même
canevas, par
le
même pamphlétaire
philosophe
:
car
les
paysans
eux
aussi
parlent
philosophie
dans
leurs
cahiers
pour
rester
à
l'unisson
»
(9)
(7)J'étudie
cette
renaissance
de
l'antimaçonnisme dans
lecommentaire
critique
que
j'ai
associé
à la
réédition
du
livre de
Louis
Amiable,
Une
Loge
maçonnique à la
veille
de
la
Révol
ution
:
ta
R.%
L:.
des
Neuf Sœurs, Paris,
1989.
Voir
aussi
l'ouvrage
de
Claude
Nicolet,
L'idée
républicaine
en
France.
Essai
d'histoire
critique,
Paris
[1982],
pp.
96-101.
(8)
Histoire
de
la
Révolution
française,
Paris,
1847.
Sur
cet
auteurqui
sera
initié
franc-
maçon sous
le
Second
Empire,
on
se
reportera
au
livre de
Jacques
Godechot,
Un
jury
pour
la
Révolution, Paris,
1974.
(9)
Les
sociétés
de
pensée
et
ladémocratie.
Études
d'histoirerévolutionnaire,
Paris
[1921],
pp.
235-236.

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