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la description fidèle du fait religieux ; par le second, la lectureet l'interprétation des textes philosophiques et religieux, revécus
de l'intérieur. En fait ces deux ternies correspondaient pleinement
à une méthode "intuitive" au sens bergsonien du mot : ressaisir lefoyer caché qui donne tout son sens à un texte, retrouver l'expériencequi illumine de sa présence les mots qui composent le discours
écrit, Sans quoi les textes sont des mécaniques vides et mortes.
Ayant appris à démonter pesamment les lourdes machines philosophi-ques sous la direction d'un grand maître aujourd'hui disparu, j'airessenti moi-m
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me intensément ce qui manquait à cette méthodes enrevivant avec Henry Corbin les écrits des platoniciens de Perse,Sa carrière fut un long pélerinage vers l'Orient, Ellecommenca à la Bibliothèque Nationale ; déjà il était à la foisgermaniste et orientaliste. Il traduisit d'abord deux traités persansde Sohravardl, dont le magnifique "Bruissement des ailes de Gabriel"
(1933-1935).
Ceci passa inaperçu du fait de la sclérose des découpa.ges en spécialités universitaires. Mais Henry Corbin était déjà etd'emblée au-dessus des "spécialistes" au sens étroit du terme.C'est précisément cette rupture de ton avec la philosophie sorbo-narde d'un rationalisme exigu et mourant qui l'attira versHeidegger, Il eut l'audace révolutionnaire de traduire en françaisce langage allemand original, rénové, décapé ; c'est en quoi il estconnu comme le premier traducteur français de Heidegger, JulienCain, directeur de la B.N., mit alors fin à l'exil occidentald'Henry Corbin en l'envoyant en Turquie. C'était le commencementd'une aventure spirituelle hors du commun : il eut la patiencede fréquenter longuement les dignitaires musulmans pour avoiraccès aux trésors de leurs bibliothèques entièrement manuscrites.En Iran, il était mieux placé que personne pour percevoir toutes
les richesses et toute la diversité des gt.43$aac traditions
spirituelles, Il était seul capable de les faire connaître aumonde. Sans lui, le grand philosophe de l'Azerâb
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dg2n (nom arabiséen Azerbaidj
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m), Shihtboddln Yahaê Sohravardî (XII°siècle) seraitencore aujourd'hui totalement inconnu, mime des Iraniens. En mêmetemps, Henry Corbin enseignait à l'Ecole Pratique des Hautes-Etudes de la Sorbonne, où il succéda à Louis Massignon et restaactif jusqu'à sa mort, C'est aussitôt après la guerre qu'il futinvité par le grand maître de la psychanalyse Cari Gustav Jungaux rencontres d'Eranos à Ascona, et il fut fidèle à ce cercle