3de titres publiés
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. Bien que la Catalogne concentre toujours la majeure partie de la production devantMadrid, on remarque une plus grande diversité géographique. Les anarchistes luttent désormais pourque les historiens de la démocratie retrouvée leur accordent une place moins caricaturale. Après ledéni franquiste, l’Espagne est entrée dans l’ère de la concurrence mémorielle. Les différents courantsidéologiques tentent d’imposer leurs interprétations de l’histoire, certains depuis les positionsdominantes qu’offrent les institutions du savoir ou du gouvernement et d’autres depuis leur situationmarginale. Les anarchistes s’opposent alors à une historiographie qui tend à légitimer le systèmeconsensuel et réformiste en stigmatisant les positions extrêmes, rendues responsables de l’échec de laRépublique. Tous les courants, des conservateurs aux marxistes, sont accusés de disqualifier la cultureanarchiste et le mouvement social anarcho-syndicaliste
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. Mais il faut attendre la dernière décennie dusiècle pour que l’on ose véritablement parler du passé sans plus risquer de déstabiliser le régime.C’est, à notre avis, ce dernier espoir de retrouver leur dignité dans la mémoire collective qui motive lesautobiographes libertaires. Depuis 2000, le mouvement se poursuit à un rythme moins soutenu etdevrait logiquement s’interrompre pour une raison générationnelle, bien qu’une dizaine detémoignages ait encore été offerte au public et qu’on ne puisse exclure l’exhumation d’inédits.On l’aura compris, si le nombre de militants engagés dans l’épopée tragique des années trentepermet d’expliquer l’ampleur du phénomène éditorial, il ne rend pas compte des variationspériodiques. L’analyse que nous esquissons en articulant un espoir social à une opportunité politique,autrement dit une approche en termes d’intentionnalité historique, doit être approfondie. Elle postuleque ces mémoires peuvent être appréhendés comme une forme micro-historique de l’écriturepopulaire, aspirant à modifier les représentations sociales dominantes et liée à des conditions deproduction spécifiques. Celles-ci incluent aussi bien les déterminations nationales que les fracturesinternes au groupe considéré, dès lors qu’elles mettent en jeu les identités. En effet, il ne faut pasnégliger ce que le mémorialisme doit au besoin de justification et de règlement de comptes. Dans lesdeux cas, il s’agit pour l’auteur d’établir une vérité historique qui aurait été falsifiée. La spécificitéespagnole tient peut-être à une confluence extraordinaire des dynamiques individuelle et collective derésistance à l’oubli.
Subordination de l’identité individuelle et sauvegarde de la mémoire collective
L’examen des titres met en évidence l’entrecroisement du parcours singulier et du destincommun. Cependant, la présence du Je (pronom personnel, adjectif possessif ou nom de l’auteur) estmarginale, puisqu’elle se limite à une trentaine d’occurrences sur près de cent quatre-vingts titres(16 %)
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. L’identité individuelle renvoie généralement au groupe par le biais d’une catégorie sociale oud’un processus historique et n’a plus qu’une valeur exemplaire. Celui qui s’exprime n’est qu’unmilitant, un paysan, un combattant, un réfugié parmi tant d’autres, un homme commun ou une femme,un Espagnol en somme, dont la petite histoire dit aussi la grande
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. L’intitulé impersonnel concerne trèssouvent un événement de la mémoire commune et s’apparente parfois même au rapport administratif,c’est-à-dire à la pratique syndicale d’enregistrement des actes
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. Sans entrer dans une véritabletypologie, cinq grands thèmes peuvent être distingués : l’organisation, les moments révolutionnaires,les répressions, la guerre et l’exil
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. Le titre peut aussi évoquer des personnalités marquantes que
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En procédant à un découpage chronologique prenant pour axe la mort de Franco, on constate une stabilisation à partir de 1985 : unevingtaine de publications de 1966 à 1975 ; près du double de 1975 à 1984 ; une trentaine de 1985 à 1994 et de 1995 à 2005. Cette variationn’est pas de nature à invalider l’analyse.
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Voir José Luis GUTIÉRREZ MOLINA, « Introducción »,
in
Abel PAZ,
Durruti en la Revolución española
, Madrid, Fundación de EstudiosLibertarios Anselmo Lorenzo, 1996, 2
a
ed., pp. 29-43 et Manuel AISA PÀMPOLS, « Prefacio »,
in
George ORWELL,
Homenaje aCataluña
, Barcelona, Virus, 2000, pp. 6-7.
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En voici un exemple : Federica MONTSENY,
Seis años de mi vida (1939-1945)
, Barcelona, Galba, 1978, 237 p.
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À titre d’illustration : Albert PÉREZ BARÓ,
Els « feliços » anys vint. Memòries d’un militant obrer, 1918-1926,
Palma de Mallorca, Ed.Moll, 1974, 208 p. ; Luciano SUERO SERRANO,
Memorias de un campesino andaluz en la revolución española
, Madrid, Queimada, 1982,163 p. ; Sebastián MENDÍVIL URQUIJO,
Miliciano, militar y fugitivo,
Bilbao, Ed. Beta III Milenio, 1992, 154 p. ; Fernando SOLANOPALACIO,
El éxodo. Por un refugiado español,
Valparaíso, 1939 ; José IGLESIAS SADA,
Historia de un hombre común
, Barcelona ?,1981 ?, 79 p. ; Federica MONTSENY,
Cien días de la vida de una mujer
, Toulouse, Universo, 1949-1950, 2 vol. de 48 p. ; NemesioRAPOSO,
Memorias de un español en el exilio,
Barcelona, 1968.
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Parmi d’autres : Aquilino GAINZARAIN,
Federación Nacional de Industria Fabril, Textil, Vestir y Anexo: Taller colectivo de zapateros.CNT-FAI de Lérida,
France, 1946.
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Par exemple, pour chacun des thèmes : Adolfo BUESO,
Cómo fundamos la CNT
, Barcelona, Avance, 1976, 138 p. ; Manuel CHIAPUSO,
Los anarquistas y la guerra en Euskadi. La Comuna de San Sebastián
, San Sebastián, Txertoa, 1977, 281 p. ; Francisco SIMANCAS,
Presosde la República
, Madrid, Queimada, 1983, 141 p. ; Pedro TORRALBA,
De Ayerbe a la “Roja y Negra”, 127 Brigada Mixta de la 28
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