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SG Bitcoin Entre Economie Dangereuse Et Nouveaux Ideaux

SG Bitcoin Entre Economie Dangereuse Et Nouveaux Ideaux

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07/23/2013

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Bitcoin : entre économie dangereuse et nouveaux « idéaux »Par Stéphane Mortier 
Résumé
« Bitcoin » est une monnaie virtuelle, électronique, cryptographiquedisponible en « peer to peer », créée en 2009. Au vu de sa popularité grandissante, letaux de convertibilité de cette monnaie augmente et baisse de façon incontrôléedepuis quelques mois. « Bitcoin », échappant par sa nature à tout contrôle desautorités financières, pourrait devenir un objet de spéculation, un outil utile aux « systèmes
’ 
économie dangereuse » mais aussi constituer le ferment dechangements sociétaux d 
’ 
ampleur. Controversée, elle a fait l 
’ 
objet de plusieurstentatives de déstabilisation.
 Abstract 
« Bitcoin » is a virtual electronic and cryptographic currency created in 2009and available in peer to peer. The growing popularity of 
“ 
Bitcoin
” 
makes itsexchange rate increase and decrease irregularly.
“ 
Bitcoin
” 
is out of control of  financial institutions and become an object of speculation, useful to
“ 
systems of dangerous economy 
” 
. This kind of currency can contribute to genuine social changes.
“ 
Bitcoin
” 
is controversial and has been the victim of several attempt of destabilization.
Liminaire
Le bitcoin est une monnaie virtuelle. Aborder ici un sujet tel que celui d’une
monnaie virtuelle peut sembler anecdotique. Il apparaît pourtant que ce type dem
onnaie fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années, essentiellement
dans le monde anglo-saxon. Ce sont les communautés de passionnés decryptographie, de hackers et parfois même de cette nouvelle génération de férus denouvelles technologies communément appelés les « geeks » qui véhiculent nombre
de réflexions, d’avis et de commentaires relatifs à ces monnaies sur la blogosphère.Il s’agit donc d’informations de première main. En effet, il existe très peu de
littérature scientifique sur le sujet, excepté sur des éléments très techniques telsque les algorithmes régissant ces monnaies.Le spectre des aspects sociologiques, psychologiques, politiques, sécuritaires,
etc., reste à explorer. Pour cette raison, les quelques lignes qui suivent n’ont aucune
 
prétention quant au sujet abordé. Elles ne s’apparentent pas non plus à du journalisme d’investigation, mais plutôt à une tentative de mise en lumière d’un
phénomène qui reste peu connu et peu abordé en langue française, une réflexionsur les enjeux et conséquences hypothétiques que peut entrainer une monnaievirtuelle telle que Bitcoin.
Introduction
«
C’est surtout sur Internet que se déploient des tentatives intéressantes,
dont la plus aboutie techniquement est sans doute le projet Open Source Bitcoin quipropose de gérer un système monétaire Peer to Peer (P2P), où la monnaie peut sedévelopper de façon totalement décentralisée, via les liens de personne à personne
et où l’ensemble des transactions est stocké sur l’ensemble du réseau dans un mode
crypté.
» En d’autres termes, le monde virtuel a engendré une monnaiecryptographique garantissant l’anonymat de ses utilisateurs.Mais qu’en est
-il exactement ? « Bitcoin » est bien une monnaie virtuelle,
mais d’un type nouveau. Bien que sur la voie de la ma
turité, ce système monétairedécentralisé est relativement instable et fragile, il a plusieurs fois été attaqué
violemment. Un système attractif pour tout un panel d’utilisateurs aux objectifs
douteux, voire malveillants, peut-être au détriment et au grand dam des créateurset utilisateurs « classiques
». Une imbrication de Bitcoin et des systèmes d’économie
dangereuse défraie la chronique, notamment aux États-Unis où deux sénateurs sesont saisis de la problématique. Deux types de dérives, endogènes et exogènes, sedistinguent et démontrent le manque de maturité du système Bitcoin.Quant au profil des utilisateurs, il est difficile à établir. La tendance serait de
voir deux types d’utilisateurs. D’une part, les passionnés d’informatique et, d’autre
part,
des individus ou groupe d’individus liés aux systèmes d’économie dangereuse
.
La réalité est que la frontière entre ces deux types d’utilisateurs est plus floue qu’iln’y paraît. Quoi qu’il en soit, une génération de jeunes en quête de libertés
nouvelles e
st très associée à l’utilisation de Bitcoin.Avec l’avènement et l’utilisation croissante de ce type de monnaie, c’est le
système actuel de fonctionnement des États qui est remis en cause. Mais dans unpremier temps, il importe de présenter le monde des monnaies virtuelles.
Les monnaies virtuelles
Déjà
en 2000, Robert Guttmann, économiste à l’École française de la
Régulation et spécialiste des monnaies, interrogé par Solveig Godeluck (cf. sitehttp://www.transfert.net),donnait les caractéristiques que devrait avoir unemonnaie virtuelle pour être efficace. Une monnaie virtuelle doit, pour lui, être :-
 
sûre (protégées des hackers et de la contrefaçon) ;-
 
anonyme (protection de la vie privée) ;-
 
transférable sur les réseaux informatiques ;-
 
pérenne (elle ne peut expirer ou être détruite selon le bonvouloir de chacun) ;-
 
acceptée par une masse critique d’utilisateurs (confiance).
 Plusieurs expériences de monnaies virtuelles ont été tentées depuis la fin dela décennie quatre-vingt-dix. Dans un premier temps, des monnaies à logique
lucrative telles que les Miles, les S’Miles et autres points de fidélité cumulable et
convertibles en biens et services de différentes enseignes commerciales(compagnies aériennes, grande dis
tribution, etc.). Bien qu’il s’agisse effectivement
de monnaies virtuelles, qui plus est entraînant des changements de comportementdes consommateurs, même si ce type de monnaie ne constitue pas un danger en soi.Deuxième type de monnaie virtuelle, que l
’on peut considérer comme
précurseur à Bitcoin : les monnaies relatives aux mondes virtuels. Jeunes et moins jeunes, « geeks » ou non, passent de plus en plus de temps sur les mondes virtuelstels que
Second Life
,
The Sims
,
World of Warcraft 
, etc. Des mondes virtuels danslesquels tout un chacun vit « son autre vie » : on y construit ses personnages, on y
acquiert des biens, on y entretient une vie sociale, le tout en réseau avec d’autres
individus éparpillés partout dans le monde. Ces mondes se sont tous d
otés d’une
monnaie, devenue indispensable pour vivre et évoluer dans la virtualité.Conformément aux législations et règles financières en vigueur, ces
différentes monnaies virtuelles et non officielles ne sont acceptées ou tolérées qu’à
condition de ne
pas entrer en concurrence avec les monnaies dites réelles, c’est
-à-dire officielles. « La non-convertibilité en devises nationales, condition
sine qua non
 pour éviter une rivalité entre monnaies officielles » et non officielles, est la premièrecondition
d’existence de ces dernières. La deuxième condition, dite règled’affectation, est qu’une monnaie complémentaire est destinée à fonctionner àl’intérieur d’une communauté fermée
».Affectation et non convertibilité sont donc les deux règles à ne pasenfreindre. Or, force est de constater que ce sont deux règles très vulnérables. La
règle de l’affectation était très certainement la plus pérenne avant l’apparition de
Bitcoin. En effet, selon Valérie Peugeot, «
rien n’interdit d’imaginer un système de
chan
ge entre ces différentes monnaies, un joueur passant d’un univers à l’autre en
emportant avec lui ses richesses, créant ainsi un vaste territoire monétaire virtuelunique
». Avec l’augmentation du nombre de participants à ces mondes virtuels et
une population jeune au fait des nouvelles technologies et évoluant au sein decelles-
ci, l’évolution vers une telle situation est de l’ordre du raisonnable. Quant à la
non-
convertibilité, elle est aujourd’hui devenue une anecdote. Il suffit de surfer sur
des sites de ventes aux enchères ou de petites annonces en ligne pour trouvernombre de biens virtuels en vente. Ces biens virtuels sont bien entendu vendus enmonnaies officielles. De plus, certains mondes virtuels, comme Second Life, vendentdirectement des biens en dollars américains et affichent ouvertement le taux dechange flottant avec le dollar américain.
Si les règles existent bel et bien, elles sont aujourd’hui désuètes et surtoutlargement et facilement contournées. Les monnaies virtuelles sont aujourd’h
uigangrenées par des activités liées aux économies dangereuses (définies supra) etdes règles nouvelles sont parfois prises pour y remédier, bien que cela soit loin
d’être généralisé.
De plus amples digressions sur ces situations et réactions nouvelles serontdéveloppées infra, de façon globale pour les monnaies virtuelles en général et plusparticulièrement pour Bitcoin.
Bitcoin
 Le commerce sur Internet repose sur des institutions financières qui serventde tierces parties pour traiter les paiements électroniques. Bien que le systèmefonctionne assez bien pour la plupart des transactions, il souffre encore defaiblesses inhérentes à la confiance dans le système. En effet, un certain
pourcentage de fraude est considéré comme inévitable. Ce type d’incer
titude peutêtre évité par les individus en utilisant une monnaie physique. Cependant, aucun
mécanisme ne permet les paiements en ligne sans l’intervention d’une tierce parti
e.Une alternative aux paiements classiques en ligne est peut-être née avecBitcoin. Créé en 2009 par Satoshi Nakamoto, ce système monétaire cryptographique
est totalement fabriqué virtuellement, sans création de valeur réelle. L’émission debitcoins est répartie sur tous les nœuds du réseau, de façon à ce qu’elle ne dépende
pas de la confiance envers un tiers particulier, mais plutôt envers la robustesse des
procédés cryptographiques employés. Bitcoin se dégage alors totalement de l’utilité
 
de la tierce partie et devient- donc une monnaie totalement libre, échangée en P2P.Ses instig
ateurs en ont toutefois limité la création à 21 millions d’unités suivant une
progression temporelle décrite par la courbe ci-dessous [note du copieur : pas decourbe ci-dessous].
Générer des bitcoins est l’affaire d’un algorithme complexe nécessitant de
sordinateurs relativement puissants. Mais la démarche est simple, il suffit detélécharger un logiciel sur le site Internet de Bitcoin. Une fois installés, des bitcoins
peuvent être générés (c’est la phase de
mining
).
En d’autres termes, «
Bitcoin seprésente comme un logiciel multiplateforme qui une fois lancé se connecte auxautres logiciels connectés, et commence à générer des blocs cryptés assurant parleur nombre et leur dissémination dans le réseau, la sécurité du système ». Enfin,ces bitcoins peuv
ent être utilisés, à l’instar d’une monnaie virtuelle classique, mais
aux caractéristiques propres. Cependant, il se dit sur les forums spécialisés que« depuis quelques temps, il est extrêmement difficile de générer des bitcoins quelleque soit la méthode
. Avec l’augmentation des cours, la spéculation va bon train etde nombreuses ‘‘fermes’’ de serveurs se font concurrence. Les petits particuliersn’ont plus la moindre chance
». Un attrait grandissant pour cette monnaie sembledonc établi : un attrait proche de la professionnalisation. Bref, «
la monnaie n’est
donc pas émise par une autorité centrale et les transactions ne sont pas gérées etrépertoriées par une unique entité. Au lieu de cela, ces tâches sont gérées de façon
collective par l’ensemble des nœuds du réseau
».
Avant d’en venir aux caractéristiques des transactions en bitcoins, il convient
de se pencher quelque peu sur les algorithmes utilisés, sans prétentions techniquesmais à des fins de compréhension du phénomène. Loin du chiffre des Templiers oudu
Traité des chiffres ou Secrètes manières d’écrire
(1586) de Blaise de Vigenère, la
monnaie s’appuie sur la fonction mathématique issue de résolutions d’équations de
la fonction SHA256.
Cette fonction n’est autre qu’une fonction de hachage
cryptographique conçue par la National Security Agency (NSA) aux États-Unis. Autre
élément d’
importance
: la signature numérique utilisée par Bitcoin. Il s’agit del’ECDSA
, algorithme proposé en 1992 par le mathématicien et cryptographeaméricain Scott Vanstone (University of Waterloo, Ontario) à la demande du
National Institute of Standards and Telecoms (NIST), agence de l’US Department of 
commerce. Le fait que les algorithmes utilisés par Bitcoin soient des algorithmescréés aux États-Unis et dans un cadre public est-il le fruit du hasard ? Ou est-ce lahaute valeur cryptographique de ceux-ci qui en font les outils de Bitcoins ? Seuls lesprotagonistes sont en mesure de répondre à ces questions. Mais il est toutefoissurprenant de voir circuler une monnaie virtuelle utilisant des algorithmescomplexes, mis en place à la demande du gouvernement des États-Unis.Les bitcoins peuvent bien entendu, en tant que monnaie virtuelle à part
entière, s’échanger. Encore faut
-il en fixer la valeur, le cours. Des bourses virtuellesont donc vu le jour et déterminent la valeur du bitcoin en argent réel. Ils peuventainsi être échangés contre des marchandises ou des services via le site internet deBitcoin par exemple ou même être convertis en une monnaie officielle ayant cours
sur le site internet de Mtgox. Pour qu’une transaction soit valide, il faut qu’elle aittraversé au moins six nœuds du réseau, c’est
-à-dire que chaque bitcoin échangé
devient une liste de personnes par lesquelles le bitcoin a transité. Il s’agit donc d’
un
système traçable mais… anonyme
! Un système de transactions avantageux, puisquecelles-
ci sont instantanées et sans barrières géographiques, que l’anonymat estgaranti (en effet, chaque bénéficiaire dispose d’un nombre illimité d’adresses de
réception
via les six nœuds), et qu’en plus, le bitcoin est sécable sans limite de
décimale et autorise donc les micro-transactions. En effet, huis décimales ont déjàpris position dans le système. «
Il est donc possible d’utiliser des milli
- ou micro-bitcoins, ce qui permet à Bitcoin de continuer à évoluer et à croître ». Cet élan
d’optimisme est le propos de Richard Falkvinge, fondateur du Parti pirate suédois,
mais aussi ancien chef de projet de chez Microsoft et professionnel des technologies
de l’information
et de la communication. Pour les créateurs de Bitcoins et ses
partisans, l’initiative semble particulièrement bonne et «
change la finance de lamême manière que le web a changé les publications ».Pour entrer un peu plus en profondeur dans les arguments fréquemmentapportés en faveur des transactions en bitcoins, les partisans en avancent neuf principaux :-
 
personne n’est enregistré dans une banque quelle qu’elle soit
:-
 
aucune complication n’a été prévue pour les transactions avecl’étranger
;-
 
aucun frais de transfert, ni pour un échange local, ni pour un
échange à l’international
;-
 
l’immédiateté du transfert
;-
 
les transactions sont possibles en tout temps et en tout lieu ;-
 
personne n’est «
blacklisté », ni par une banque, ni par un État ;-
 
aucune possib
ilité de saisir l’argent en cours de transaction
;-
 
l’alternative (payante) au transfert traditionnel par l’utilisationde cartes de crédit telles que Visa ou Mastercard, n’est plus en
soi une alternative ;-
 
aucune autorité fiscale ou financière n’a la possi
bilité de voir latransaction.Effectivement, tout cela diffère de ce que tout un chacun connait, au
quotidien, en matière de transaction et de transfert d’argent dans les circuits
traditionnels. Cela semble bien entendu attractif, voire révolutionnaire. La réalité etles enjeux, les risques et les dérives, sont autant de facettes qui donnent à penser
que l’élan de liberté tant attendu, que peuvent voir certains dans les monnaiesvirtuelles et plus particulièrement dans les bitcoins, revêt d’autres habits
moinsfastueux.
Bitcoin, un type de monnaie virtuelle aux dérives apparentes
 
Comme le disait Antoine Duvauchelle sur le site d’informations
technologiques Clubic en mai 2009, «
les monnaies virtuelles sont souvent l’outild’enjeux plus grands
». Encore faut-
il déterminer ces enjeux. Il s’agit donc ici de
démontrer en quoi une monnaie virtuelle telle que Bitcoin peut amener à desdérives, peut-être même plus importantes que les attentes dues à ce type demonnaie. Deux types ou plutôt deux familles de dérives sont à prendre en compte.Premièrement, les dérives propres à la monnaie en question, à son système. Ce sontles dérives internes ou « endodérives ». Deuxièmement,
d’autres dérives sontpropres à l’usage fait de la monnaie virtuelle, elles sont le fai
t des utilisateurs ou
groupes d’utilisateurs. Ce sont les dérives externes ou exodérives. L’usage des
préfixes endo
 –
et exo-
est plus précis que l’usage des termes interne et externe pour
aborder ce sujet des dérives relatives aux monnaies virtuelles. En effet, lacryptographie, les mathématiques, etc. sont du domaine des sciences exactes ouplus précisément empirico-analytiques. Quant aux usages que les groupes humains
font des monnaies virtuelles, ils se rapprochent plus d’une perspective sociologique,
vo
ire même politique. C’est alors le champ des sciences humaines qui prime, champ
que la précision amène à considérer comme historico-herméneutique. Bitcoin est
aux confins de ces deux champs scientifiques. C’est la raison pour laquelle il estimpératif d’ut
iliser les préfixes endo
 –
et exo-, eux-mêmes aux confins des deuxtypes de sciences.
Les endodérives
 
Bitcoin représente quelque chose de tout à fait particulier. Il s’agitbien d’une monnaie, mais d’une monnaie aux caractéristiques propres (voir supra)
.Ce qui en fait la véritable spécificité
, c’est que «
 
la symétrie n’est pas basée sur les
individus adoptant le système, mais sur la capacité machine à générer du calculinformatique
». C’est à un produit purement technologique que l’utilisateur est
confr
onté. Or, un produit technologique n’acquiert une totale maturité qu’après unprocessus plus ou moins qu’après un processus plus ou moins long. Cecheminement d’une technologie vers la maturité a été théorisé par Gideon Gartner,
éminent informaticien américain. Il détermine cinq phases de développement :-
 
‘’Technology Trigger’’
: phase de lancement ;-
 
‘’Peak of Inflated Expectations’’
: phase de croissance intense ;-
 
‘’Trough of Dissilusionment’’ : régression de la
croissance/désenchantement ;-
 
‘’Slope of Enlightenment’’
: reprise de la croissance ;-
 
‘’Plateau of Productivity’’
: seuil de productivité/maturité de latechnologie.Ces cinq phrases sont autant de moments que Gartner place sur unecourbe qui représente le « Cycle de Hype
», c’est
-à-dire le cycle d
e vie d’un produit,d’un service ou d’une technologie et sa notion de tendance.
Au fil des évènements et des endodérives relartifs à Bitcoin, il serapossible de déterminer, avec plus ou moins de précision, où le placer sur le cycle deHype. La phrase de lancement est acquise, puisque Satoshi Nakamoto a lancé lespremiers bitcoins sur le réseau en 2009. Pour la suite, les choses se compliquent
quelque peu mais des tendances indiquent la pertinence de la courbe de Hype. C’estbien de tendances qu’il faut parler ici parque que, aujourd’hui, l’analyse des
tendances peut en dire long et, de plus, elle est facilitée par des outils simplesofferts par Internet.
Voici deux graphes tirés de l’application «
Google Trends » le 1
er
 novembre 2011. Le premier sur le mot-clé « Bitcoin » et le second sur le mot-clé« bitcoins ». Cette application de Google est un outil intéressant à deux points devue. Avant tout, il permet de mesurer le « bruit
» qu’engendre une problématique
sur le Web. Ensuite, pour les veilleurs pro
fessionnels, c’est un outil de détection des
signaux faibles. Aucune exhaustivité cependant, mais un simple constat au moment
T, intéressant à pus d’un titre et surtout non dénue de pertinence. L’analyse de ces
deux graphes amène plusieurs constats et pistes de réflexion. Premier point, lesdeux graphes indiquent les mêmes tendances, à peu de choses près. La monnaieBitcoin et les bitcoins échangés revêtent donc la même problématique. En mai/juin
 
2011, un pic très conséquent apparaît ; Celui-
ci n’est autre qu’un «
buzz » relatif auxmots-clés « Bitcoin » et « bitcoins » sur la toile. Pourquoi
? Si l’on se réfère au cycle
de phases de croissance et de désenchantement. Cela est possible mais deuxévènements ont fortement marqué cette période.Les 14 et 20 juin 2011, Bitcoin est victime de deux attaques : lapremière concerne le détournement de 25000 bitcoins, la deuxième le piratage de la
bourse du Bitcoin, Mtgox. L’attaque du 14 mai 2011 s’est déroulée comme suit
: uncheval de Troie, diffusé par mail à des utilisateurs de la monnaie virtuelle, a infectéleurs ordinateurs. « A la fin du mois de juin, des experts ont détecté un programme
malveillant, composé d’un programme légitime de création de pièces (bcm) et d’un
module de type cheval de Troie (Trojan.NSI
S.Miner.a) pour l’administration. Une foisexécuté sur l’ordinateur infecté, le cheval de Troie commence à produire des pièces
pour les individus malintentionnés
». D’après les
lignes de code utilisées, les auteursde cette attaque étaient très probablement russophones (présence de caractères enalphabet cyrillique).
Quant au 20 juin 2001, l’attaque, d’un autre type, a porté sur le sited’échange Mtgox. Comme explicité supra, il est possible, sur ce site, d’échanger des
bitcoins contre une devise réelle, ayant cours. Le dimanche 19 juin 2011 dans lasoirée, «
l’un des comptes de MtGox qui possédait de nombreux bitcoins a été
infiltré frauduleusement. Les pirates ont tenté de vende en quelques minutes
l’intégralité des réserves de ce compte et de les échan
ger contre des dollars. Devant
l’afflux massif d’ordres de vente, les cours ont plongé de 17 $ par bitcoin à quelques
centimes
». Selon les spécialistes des virus, s’exprimant sur le site Viruslist, c’est
« une vulnérabilité de type Cross Site Request Forgery permettant aux individus
malintentionnés d’utiliser des requêtes spéciales pour amener les utilisateurs à
réaliser des transactions en bitcoin qui avait été détectée ». Un graphique qui a
beaucoup circulé sur le Web montre l’ampleur de cette deuxième a
ttaque : [note ducopieur : pas de graphique].La courbe indique le cours du bitcoin en dollars et les cercles indiquent
les volumes échangés. L’image parle d’elle
-
même. N’ayant pas d’instance et de
système de régulation, Bitcoin est très vulnérable à ce
type d’attaque. Latraditionnelle loi de l’offre et de la demande constitue la règle et dans ce cas précis,
la règle a entraîné la chute du cours.En dehors de la chute du cours du bitcoin, plusieurs enseignementssont à tirer de ces deux attaques. Il s
emble que, à l’instar des monnaies réelles,
les
monnaies virtuelles ont besoin d’un système de transactions boursières (puisque
Mtgox est une bourse à part entière) efficace et sécurisé. Comme le souligne YuryNametsnikov, «
ce n’est pas un hasard si les i
nstitutions financières accordent
autant d’attention à leur protection
 
» et d’ajouter «
 
le monde de l’argent
électronique ne doit pas constituer une exception ». Ce qui indique par conséquentle manque de maturité de « Bitcoin » et de fait, précise quelque
peu la place qu’il
occupe sur la courbe de Hype. Autre constat, et celui-
ci n’est pas propre
uniquement aux utilisateurs
de bitcoins mais à une majorité d’utilisateurs de
systèmes informatiques
quels qu’ils soient
: « Beaucoup de personnes sont attiréespar le projet Bitcoin pour des raisons financières mais peu sont sensibilisées sur lesproblèmes liées à la sécurité informatique ». En effet, générer des « bitcoins », les
échanger, les utiliser, etc. est l’affaire de personnes averties en nouvelles
technologies. Cependant, les problématiques de sécurité des systèmes semblentêtre une de leurs failles. « Si les bitcoins sont sécurisés par la cryptographiedécentralisée, la place de marché MtGox était un site web, comme les autres,centralisé et vulnérable à des attaques ». À nouveau, on dénote un manque dematurité du système. De plus, les utilisateurs ne sont ni des financiers ni des
cybercriminels. Ils manquent simplement d’expertise financière pour gérer un tel
système et constituent une cible facile pour la cybercriminalité organisée. Mener à
bien le projet Bitcoin demande donc de l’expertise et une attention toute
particulière aux principes de sécurité informatique. Conscient des ces
problématiques, de nouveaux acteurs tentent d’exploiter ce créneau et de s’yimposer, à l’instar de Chad Pankewitz, ancien directeur du E
-Business chez CitygroupPrivate Bank. Suite aux attaques de juin 2011, il a décidé de créer sa propre bourde
du Bitcoin, à laquelle il désire appliquer le niveau de sécurité d’une bourse cl
assique.Cette nouvelle bourse du Bitcoin est dénommée Ruxum et est consultable sur le site
internet du même nom. La partie Bitcoin n’est donc pas terminée.
Autre problématique, celle de la concurrence du Bitcoin avec lesautres monnaies, réelles. Bitcoin générerait-il une bulle financière supplémentaire ?
Il s’agit toujours d’une endodérive possible, bien qu’elle se rapproche ouvertement
des exodérives dont il sera question infra. En effet, évoquer une bulle financière
pose des questions d’ordre politiq
ue. «
Rien n’interdit par exemple d’imaginer qu’un
mouvement de panique dans un monde virtuel amène une conversion massive en
dollars ou en euros. Ce risque n’est pas théorique puisque certains gouvernementss’en sont émus
». Effectivement, deux gouvernements asiatiques (coréens et chinois)se sont posé la question. Le législateur coréen a tout simplement interdit toutetransaction de monnaie virtuelle issue des jeux en ligne, les transactions internes au jeu restant toutefois licites. Cette décision a été prise suite au constat suivant : des
bandes organises volaient les identités des tuilisateurs pour s’octroyer de l’argent
virtuel qui était
de facto
 
échangé en argent réel, en l’occurrence en Won. Cette
législation est toutefois peu efficace puisque la plupart de ces bandes organisées sesont établies hors de Corée et échappent ainsi aux poursuites. Dans le cas de la
Chine, il s’agit également d’une problématique liée aux jeux en ligne. En décembre
2006, les autorités chinoises ont lancé de sérieux avertissements à Tencent, leleader chinois de la messagerie instantanée (équivalent chinois de MSN), « dont lamonnaie virtuelle le Q Coin menacerait la souveraineté de la monnaie chinoise etferait peser sur cette dernière un risque déflationniste ». En mars 2007, Pékin ainterdit « les monnaies virtuelles à taux de change variable, bloquant ainsi les
logiques spéculatives, et n’autorise les monnaies virtuelles que pour l’achat deproduits et services virtuels de l’émetteur
». Tout manquement à cette règle de2007 constitue, en Chine, une infraction financière. Ces deux exemples illustrent lefait que plusieurs États se sont posés la question des monnaies virtuelles. Le risque
d’une incidence inflationniste ou déflationniste sur une monnaie réelle est toutefois
dér
isoire. Mais dérisoire aujourd’hui n’implique pas dérisoire sur le long terme.
Visiblement, certains États ont pris en compte les monnaies virtuelles dans leursétudes prospectives. Au vu des caractéristiques de Bitcoin, sa prise en compteprospective ne serait pas dénuée de sens, que ce soit dans nos pays occidentaux ouautres.
A titre plus anecdotique mais évocateur d’un nouveau type de
délinquance, et en totale transition entre les endodérives et les exodérives, un
employé de l’Australian Broadcasting
Corporation utilisait les serveurs de latélévision australienne pour générer des bitcoins. Voilà qui ouvre la porte auxexodérives.
Les exodérives
 Il est évident que Bitcoin n
intéresse pas tout le monde. Une grandemajorité de la population n
en a d
ailleurs jamais entendu parler et quand bienmême, ne s
y serait pas intéressée. Le profil des utilisateurs de ce type de monnaiesera traité plus loin. Ce qui importe ici, dans une analyse des exodérives liées àBitcoin, ce sont les catégories d
utilisateurs. Sans vouloir revenir sur lescaractéristiques de Bitcoin, il faut toutefois rappeler l
anonymat contenu dansl
usage de cette monnaie et l
absence d
une tierce partie dans les transactions. Cesdeux critères sont plus qu
intéressants pour « les groupes qui opèrent en marge dela société
 –
les activistes (cyber-ou autres), les libertaires et, bien entendu, lescriminels ». Mais, comme développé supra, une traçabilité est cependant possible,mais permet néanmoins l
anonymat. L
idée selon laquelle ce système devraitpermettre aux autorités de traquer les organisations ou les individus qui participentau « marché noir » des transactions en bitcoins s
avère totalement dénuée de sens.À l
exception d
utilisateurs qui laissent apparaître des adresses mail sur lesdifférentes bourses du Bitcoin. Encore que l
utilisation d
un logiciel libre tel que Tor(The Onion Router) permet l
anonymat des utilisateurs. Plusieurs élémentscombinés amènent à l
anonymat presque parfait. Quoi qu
il en soit, les bitcoinss
échangent et se convertissent en monnaies réelles. Le système est simple.Les individus peuvent opérer une transaction en bitcoins au profit d
undestinataire en obtenant la clé publique de celui-ci. C
est le système de transactionclassique : en quelque sorte, il faut le numéro de compte du destinataire pour luiverser une somme d
argent. Les individus qui seraient tentés d
utiliser des bitcoinspour réaliser des transactions illégales ont simplement le loisir de changer de clé àchaque transaction. Ainsi, chaque transaction est associée à une adresse différente,c
est-à-dire une clé différente. Pour les autorités publiques, financières ou autres,cela rajoute à une difficulté supplémentaire : relier la clé à un individu, l
utilisationde Tor permettant l
anonymat de l
adresse IP. Permettre de masquer son identitéest le point fort de la technologie Bitcoin !Malgré ce constat, certains continuent d
arguer que les bitcoins nesont rien d
autre qu
une monnaie fiduciaire comme les autres. Il est vrai quequiconque peut acheter, par exemple en liquide, un bien, quel qu
il soit, sansaucune traçabilité. À l
exception près que Bitcoin a été conçu pour ne pas êtrebloqué par des autorités nationales ou internationales. Il faut insister sur le fait qu
ils
agit bien d
une monnaie libre de tout contrôle officiel. Et le développement ci-dessus indique clairement la possibilité d
anonymiser totalement les transactions.Entre le 7 février 2011 et le 25 mai 2011, le cours du bitcoin a étémultiplié par 10 (de 0,80 US$ à 8 US$). Le 5 juillet 2011, le cours a fortement chuté.En cause, le piratage de Mtgox décrit supra. Cette attaque prouve donc que cettemonnaie virtuelle attire les convoitises. Le cours est cependant revenu rapidement à8 US£. Cette hausse globale est due à un attrait grandissant des internautes.Cependant, le cours du Bitcoin tournait aux alentours d
1 US$ le 1
er
novembre 2011.La maturité n
est visiblement pas atteinte et une stabilisation du cours par undispositif de régulation n
est aujourd
hui pas encore possible. La stabilisation nepourra être possible que lorsque les risques de malveillance seront réduits aumaximum.

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