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éditorial,
par
Pierre Hunout
Point de répétition, seule une réitération : nous ne sommes maison qu’encommun, un fragile édice polyglotte et polémique. Politique donc. Publier,rendre le parole à, non pour occuper le terrain, mais bien parce qu’il y a nécessitéà faire entendre, urgence à se faire entendre. Certes, il ne s’agit pas d’atteindreà l’effacement de ce bruit ambiant ; certes, c’est par l’opulence que ce derniertend à masquer la perspective aveugle, le poids de l’aphasie. Toutefois, il fautamener au jour ces tentatives de le détourner, de le dévier et de rendre audiblece qui jusqu’ici n’était que sous-jacent. Travailler l’acouphène. C’est donc icile rôle de
 dixit 
, du collectif 
 dixit 
, que d’ouvrir une porte plurielle, uneproposition aux bras tentaculaires, une po[li/é]tique.En somme, il s’agit d’éclaircir le poème, ou l’arithmétique du désaccord.Mais soyons vigilants, le consensus n’est pas de notre temps, si tant est quejamais ce ne fut le cas. Et si nous nous enorgueillons encore à défricher,creuser de la liberté dans le soleil sera toujours le plus sûr moyen de voirsurgir notre seuil, où gravir ; aujourd’hui et demain, comme hier, la poésies’exprime dans la dissidence, à la marge des littératures ; précaire, cen’est qu’ensuite que les pouvoirs l’utilisent à desseins. Et pourtant,de combien l’indispensable mise en marche se doit d’installer un
Daniel Biga
par
Matthieu Marie-Céline
Né en 1940 à Nice, Daniel Biga exerce divers métiers, sans doute pour vivre,mais certainement pour se sentir vivant. Poète-explorateur de l’être passantpar la pratique de la peinture, l’enseignement, il compose une poésie éclatée à vaisseaux multiples, qui a souvent l’air d’une fuite en avant.Parce qu’il faut passer par tant d’états pour faire naître le poème, quitte à secasser les dents, les os… – taisons tôt la liste longue des organes à briser – ilfaudrait aussi le lire comme on respire.Ma première lecture de sa poésie remonte à 2003, et un certain
Dits d’elle 
 où Biga, avec une justesse aiguisée – si tant est qu’elle le soit – de l’hommequ’il est et de son corps, avec son regard amusé, nous engouffre dansdes plaisirs charnels au féminin. Des plaisirs partagés et digérés jaillitun long poème ré-jouissant. Et puis les dessins du non moins fameuxErnest Pignon-Ernest, qui l’accompagnent, augmentent le bonheur dela découverte, et les relectures qui suivent assurément.Quelques 30 ans avant le Biga décomplexé, l’homme s’armed’impertinence, de force insolente dans
Oiseaux Mohicans 
, publiéla première fois en 1966, ainsi que dans
Kilroy Was Here 
 lieu de contre-jour. Quand bien même se serait-elle estompée, éblouie d’unelumière rasante, il y a une bouche qui dit le levant de la parole hors de soi. Ilse hisse, ce poème, notre étendard. Qu’il parcoure le trou noir de son propresecret, à contre-courant de l’entendement général. Peu importe. Ailleurs, toutela langue ferait défaut. Vous, vous êtes venus, vous avez vu, vous avez lu tandis que 2009 s’avançait.Un siècle qui s’amorce, un nouveau berceau fait à [ 
sic 
 ], le mensuel de
 dixit 
,et, au nom du collectif, je vous en remercie sans oublier de vous souhaiter boncourage. C’est que ce siècle, nous, sera courageux ou ne sera pas.
avis aux auteurs
 dixit 
est actuellement à la recherche de manuscrits inédits, ainsin’hésitez pas à nous faire parvenir vos textes à :
collectifdixit@gmail.com
ou à l’adresse suivante :
association
 
 dixit 
,
6/8
 
Place du Pont-Neuf,
31000
 Toulouse, France.
 Votre envoivousseraréexpédié s’ilest accompagné d’une enveloppe sufsamment affranchie pourleretour. Nousn’assumonsaucune responsabilité siunmanuscrit est égaré.
avis aux jeunes poètes,
par
 
Laurent Jarfer
Un éditeur m’écrivait récemment : « Que vous dire d’autre, sinon que plusnous aurons de lecteurs, plus nous pourrons éditer... ». Inversement des valeurs ; en effet, ne conviendrait-il pas mieux de dire : « plus nous éditeronsde véritables poètes, plus nous aurons de lecteurs ». Mais ce constatapparemment légitime ne semble en aucune manière inquiéter le petit cercled’élus que plus personne ne lit.Serge Pey que l’on interrogea l’année dernière lors du Marché de la Poésie deParis sur le sentiment qui est le sien quant à la pertinence des actions menéespar le réseau des Maisons de la Poésie répondit la chose suivante, à savoir qu’ilfallait en l’occurrence nous méer que ces Maisons de la Poésie ne deviennentpas en réalité « des maisons closes, avec leurs prostituées et leur proxénètes ».Le domaine de la création artistique, et c’est un truisme que de le dire, traversecomme bien d’autres une crise majeure : la poésie n’échappe évidemment pasà ce constat afigeant.Foucault écrivait déjà, reprenant Artaud, que « notre culture avait perduson foyer tragique »
1
; j’afrme qu’en la matière une part majeure de laresponsabilité de cet échec, je l’espère provisoire, incombeà tous les faussaires de la poésie dite contemporaine.« La poésie veut quelque chose d’énorme, de barbare et desauvage »
2
, elle n’offre aujourd’hui bien souvent que du bruit, dubricolage sonore ou encore de l’auto-psychanalyse de comptoir.Mais rassurez-vous...Il existe ici comme ailleurs un travail du négatif, et cela je le dis à tousceux pour qui la poésie doit rester une œuvre de salubrité publique :Chers amis, le champs est libre. Vous n’aurez que rarement, sauf exception bienheureuse, à vous sentirquelque peu intimidés par un Antonin Artaud ou un Ghérasim Luca pourne citer qu’eux.Etudiez-les, comparez votre travail au leur, interrogez-vous quant à lamodernité et la pertinence de votre propos – ce que ne font plus à l’évidencela majorité de nos « poètes » car ils seraient sinon bien inspirés de se taire – etoccupez cet immense espace qui s’offre à vous.Car, comme le disait Dalì, les autres étant tellement mauvais, pompiers, quandon a un peu de talent ça se remarque...
1
Michel Foucault,
Histoire de la folie à l’âge classique 
, Paris, Gallimard, coll. Tel, 2007, p. 48.
2
Denis Diderot,
De la Poésie Dramatique 
,
 § XVIII.
 
Des Mœurs.
agenda
théâtre / lecture / rencontre
19
 JANVIER 
:
 Walter Benjamin par Christian Le Bars,
21h00
-
Cave Poésie(Toulouse)
DU
20
 AU
31
 JANVIER 
:
Les Beautés Inutiles d’après Guy de Maupassant (Eric Vanelle),
21h00
-
 Théâtre du Grand-Rond (Toulouse)
26
 JANVIER 
:
Poèmes, Jean Portante/ Vocalité du loup, Bernard Combi,
21h00
 -
Cave Poésie
DU
20
 JANVIER 
 
 AU
7
FÉVRIER 
:
Le Journal de Nijinski (Cie Jean Séraphin) -
Cave Poésie
DU
28
 JANVIER 
 
 AU
7
FÉVRIER 
:
Émilie Piqueboeuf ou la Vie en plein dedans (Cie duPetit Matin),
21h00 (sauf le 1
er
février à 17h00)
-
 Théâtre du Pont-Neuf (Toulouse)
exposition
 JUSQU
 AU
1
ER 
 
FÉVRIER 
:
Nonobstant, la couleur, Willy Ronis / Fred Herzog, Expositionde photographies -
Le Château d’Eau (Toulouse)
 dixit 
vous propose
23
 JANVIER 
:
soyons surréalistes, exigeons l’indicible, lecture préparée par
 dixit 
-
Librairie L’Autre Rive (Toulouse)
-
19h30
N
OTEZ
:
Pour des raisons indépendantes de notre volonté la lecture-hommage à Bernard Manciet quidevait avoir lieu à Sarrant (32) le 10 janvier a été annulée et reportée à une date ultérieure dont nous vous tiendrons informés, veuillez nous en excuser.
où la pensée du poète est si riche si foisonnante qu’elle refuse de xer plusses moments d’angoisse que ses souvenirs d’enfance ou encore sa relation àla femme. À noter que le récent Prix Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio a dit de lui dans
Le Monde 
, à propos de
 Né nu 
, qu’ « une grâce lui est venue, une luminosité ». Jeme permettrais d’ajouter qu’elle embrasse sans doute l’ensemble de son œuvreque je vous invite à entamer par une anthologie de choix,
Le Poète ne cotise pas à la sécurité sociale 
. Sans commentaire.Daniel Biga a dirigé la revue
Chorus 
entre 1962 et 1974 et a été directeur de laMaison de la Poésie à Nantes où il vit aujourd’hui.
quelques ouvrages :
Oiseaux Mohicans 
(auto-édition en 1966, puis Editions Saint-Germain-des-Prés, 1969)
Kylroy Was Here 
(Editions Saint-Germain-des-Prés, 1972)
 Né nu 
(Le Cherche-Midi, 1984)
Eloges des joies ordinaires 
(Wigwam, 1999)
Dits d’elle 
(Cadex Editions, 2000)
L’Afrique est en nous 
(L’Amourier, 2002)
Le Poète ne cotise pas à la sécurité sociale 
(Le Castor Astral, 2003)
janvier_2009_n°01
sic 
 ] c’est gratuit,et ce mois-ci, c’est avec :
laurence barrèrebenoît legemblematthieu marie-célinedimitri zerahlaurent jarferpierre hunoutet ismaëldirection de publication :
matthieu marie-célinepierre hunoutassociation
 dixit 
,
 
6/8
place du pont-neuf,
31000
toulouse, france. tél :
05 61 14 27 01
fax :
05 34 32 05 81
.
 dixit 
,
 
collectif et revuede poésie, est une association à but non-lucratif régie par la loi du
1
er juillet
1901
.président : anthony clément / vice-président :benjamin alexandre / secrétaire : matthieumarie-céline
- ©
 dixit 
 
tous droitsréservés aux auteurs - toulouse - janvier
2009
 
   i  s  s  n   e  n   c  o  u  r  s
of 00

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