que le poème n’est pas une forme mais une force ! qu’il se che deceux qui habitent un bel esprit loué entièrement meublé et qu’unpoème soit jugé trop scolaire, trop hermétique ou post-avanringardiste.
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soutient les poèmes bancroches, et les poètes à retardement.Frénétiquement, [
sic
] mettra en pages le poème, en forme, et rituellement l’enarrachera, lui rendra sa force, sa liberté, celle de s’isoler ou de se jeter sur saproie.L’éditer, en domestiquer l’oralité. Avec tout mon dévouement et tout mon penchant.
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la poésie d’action
par
Serge Pey
à vous,
Je vais te vouvoyer. Je vais te parler, non dans la majuscule du « vous », maisdans celle du « plusieurs », car nous sommes des milliers au sein de notrepersonne et la poésie si elle reste un jeu est celui de la réunication et de ladestruction permanente de cette humanité qui vit en nous. Chaque poème estun morceau du puzzle schizophrénique sacré qui nous constitue. Je t’écriscette lettre, je vous écris cette lèpre. Je vous écris sur un bâton que je viensde couper pour marcher. Ce morceau de bois déguré par le couteau etl’encre. Je te dis vous toi qui es plusieurs. Entre Rilke et Artaud, de la lettreà la peste. Ce livre a porté longtemps le nom dans son secret de
Lèpre à un jeune poète
. Il est devenu
Principes élémentaires de philosophie directe
, car peut-être, ma poésie est aussi cela. Lèpre à un jeune poète n’est pas un jeu demot effectué sur le dos de l’ouvrage de Rilke. C’est un jeu de sens surle sang spirituel de Rilke. Chaque poète écrit sa « Lettre » , Max Jacob, Verheggen, Virginia Wolf. Chaque poème vomit sa lettrecomme un conseil à la poésie. Je fais la mienne en vouvoyanttoute la poésie comme un Tu.Chaque génération doit inventer son terrorisme littéraire,son histoire d’amour, son passé et le rythme
il a dit,
René Char,
par la voix de
Pierre Hunout
Parce qu’il y eut Rimbaud, et qu’après Rimbaud il y eut toi, parce que tul’avais lu, et qu’entre les lignes, tu y avais soustrait l’espoir pour le portersur tes épaules, la nuit, parce qu’à bout de bras tu soutenais la voûte dé-sertée du poème, parce que tu étais la rivière où commence la maison etle mouvement où s’achève le désir de maison, parce qu’avec la lumière, tuleur as fait parcourir l’en-dehors de la page, qu’ils débordent le contour de laparole, parce que déjà tu savais que parler, c’est surmonter notre rage et notredégoût, parce que dans la ténèbre du nazisme, tu avais coupé chacun de tespoèmes avec un couteau pour les partager avec tes amis maquisards, parce quetoujours tu as refusé de t’asseoir, pour préférer regarder vers le fond du puits,c’est qu’en toi l’ombre couvait sans que tu ne t’y abandonnes, sans omettre d’y consentir et de t’y vérier, parce qu’être poète, c’est habiter l’éclair, et tournerautour des abscisses, où distraire un lieu en place du silence, parce que tu avaisinventé une géométrie du ciel pour la reverser dans la terre, un été dans l’étoileet la loge de la soif hasardeuse, que le sol y pourvoie, parce qu’avec tes mains,tu n’écrivaispas, avec tesmains, tu étais le bonheur etl’as-tre brûlant de la colère, parce qu’au feu tu avaisjeté le langage, qu’advienne une arme plus féroce et plusamoureuse, parce que très tôt tu avais compris qu’il ne pouvaiten être autrement, c’est que tu avais vu l’épouvantable soufebrun de ton siècle, et ses exhalaisons nauséabondes dans le nôtrecommençant, toi qui t’acharnais à rester insulaire au sein du continent,tu as bien fait de partir, René Char ! Nous sommes, malgré tout, quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.
Lisbonne, le 14 juin 2007, parce qu’aujourd’hui René Char aurait vaincu son siècle.
les lieux de notre lutte où désigner des lieux de liberté, où éclaircir la poésiecontemporaine sont multiples. Retrouvez [
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] et toute l’actualité de
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collectif et revuede poésie, est une association à but non-lucratif régie par la loi du
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2008
i s s n e n c o u r s
donc le suspect parfait dans la mort de la poésiepoétisante. La poésie d’action est une poésie publique. Lèpreà un jeune poète c’est aussi une lettre à la jeunesse de toutela poésie sans cesse renouvelée. En disant que le passé peut-être plus moderne parfois que ce que nous désignons commecontemporain, qu’il faut regarder surgir la poésie là où on l’attendle moins, que l’inconnu n’existe que lorsqu’il se fait langue et quela langue n’existe que lorsqu’elle rencontre cet inconnu. Quand jepelle une branche d’arbre et que je la polis pour le bâton où je vais écriremon poème, je laisse parfois un peu d’écorce, une peau plus brune quele blanc de la branche de noisetier, une tache, une lèpre, une putréfactionque j’entoure, dont je fais le support d’une nouvelle écriture. C’est de cettelèpre dont je parle. C’est de cette lettre. Un morceau de bâton qui nous aide àmarcher et dont l’empreinte au fer rouge creuse des trous sur le chemin.
propos recueillis par Laurence Barrère, autour de la « Lèpre à un jeune poète », àparaître dans l’ensemble
Principes élémentaires de philosophie directe
, éditions Dumerchez.
éditorial,
par
Anthony Clément
lettre à un jeune mensuel,acculer dans une page, ferrer comme un cheval, pousser dans une cage lepoème comme un animal, sera chaque mois la mission première de [
sic
]. Après cinq années de lectures et performances, il ne s’agissait pas depoursuivre textuellement le mouvement, le collectif publiant depuistrois ans déjà une revue semestrielle (numéro 7 de
dixit
en mars 2009).Il s’agit de continuer à provoquer ces moments, à désigner ces lieux derencontres où éclaircir la poésie contemporaine, avec [
sic
] commesupport mensuel de l’actualité poétique, à demeurer créatifs, àstimuler auteurs, lecteurs et public proche ce dernier, à ce qu’ils’en dit, de la catalepsie, à interroger, à rendre hommage, àproposer.
dixit
, collectif de poètes avant d’être comité derédaction, revue puis mensuel rappellede son utopie. La jeune poésie ne doit pas se masquer qu’elle vit dans uneléproserie et qu’avec sa maladie, elle doit apprendre à se battre. La poésie estle jeu de mot de la peau.Inventer une autre langue. Unique et mystérieuse, comme quand vous parlezd’amour. Vous que je tutoie. Chaque jour je t’offre ma destruction et toi latienne. Notre langage de vision et de mains se construit ainsi. Mes tomates,mes seaux d’eau et mes éponges sont les « mots-mains » des nouveauxpoèmes que nous écrivons. Toucher la vie, c’est toucher la bouche qui dit lepoème. C’est inventer l’oralité, c’est voyager dans l’invisible qui sépare leschoses et les unissent avec les mots. Un poème c’est découvrir une autrebouche du dire, un autre ange dans l’angle de nos dents. Toute forme esthétique a une action mentale et physique : les formesnous modient et nous devons contrôler la modication des formes.Nous devons placer des systèmes à retardement, des logiciels etdes pièges d’imaginaire pour faire croître l’homme vers son devenirhumain. La poésie d’action déshabille l’homme de ses gestes. La poésiedoit opérer avec la main directe de la parole. Dénitivement excludu corps social et littéraire de la poésie, le poète d’actioncontinue parfois d’être perçu comme une menacecontre la poésie etconstitue
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