RÉSUMÉ et CONCLUSIONS
Le Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’emploi a requis le 30 juillet 2008 unemission de réflexion et de propositions quant à l’organisation et au fonctionnement de la supervisiondes activités financières en France, avec comme objectifs l’efficacité et la compétitivité de notresystème de supervision et de contrôle, son insertion dans l’organisation européenne et son adéquationaux impératifs de stabilité financière ainsi qu’aux évolutions réglementaires et de marché.Menée au cours des quatre derniers mois de l’année 2008, en pleine crise financière, lamission n’a pas procédé à une évaluation de notre dispositif de supervision. Tel n’était pas son objet.Se concentrant sur le mandat précis qui lui avait été donné, elle n’a pas non plus cherché à examiner les évolutions souhaitables en matière de champ couvert par la régulation financière, de contenu decette dernière ou de supervision européenne. De nombreuses questions fondamentales sont également posées dans ces domaines, mais elles n’entraient pas dans le mandat confié à la mission.Les multiples auditions menées en France, au sein du dispositif de supervision et auprèsdes professionnels concernés, ainsi que des déplacements effectués dans cinq pays étrangers ont nourrila réflexion de la mission. Elles lui permettent de formuler des propositions opérationnellesd’amélioration de notre dispositif de supervision des activités financières.La plupart de nos partenaires étrangers réfléchissent actuellement aux mêmes questions, àla faveur des enseignements qui peuvent être tirés de la crise aigüe que traversent l’économie mondialeet leur propre secteur financier.Parmi les quatre principaux types de modèles d’architecture des systèmes de supervisionque l’on peut observer dans le monde, le dispositif français se rattache aujourd’hui clairement aumodèle « sectoriel ». En effet, les autorités de supervision sont en charge de la supervision dedifférents secteurs : la banque, l’assurance (entendue au sens large c’est-à-dire incluant les institutionsde prévoyance et les mutuelles régies par le code de la mutualité), les services d’investissement etmarchés financiers. Dans chacun de ces secteurs, le superviseur poursuit deux objectifs majeurs : lecontrôle prudentiel d’une part, le contrôle du respect des obligations professionnelles à l’égard de laclientèle d’autre part.Deux éléments principaux distinguent le système français des autres systèmes sectoriels.Chaque autorité est organisée sous forme duale, avec un Collège délibérant et des services quiinstruisent les dossiers et préparent les décisions soumises au Collège. Par ailleurs, pour les secteurs dela banque et de l’assurance, ce sont deux autorités distinctes qui accordent l’agrément aux entreprisesd’une part et qui exercent la supervision sur les entreprises agréées d’autre part.La lettre du Ministre soulignait les atouts apparents que constituaient l’adossement dusuperviseur bancaire à la Banque Centrale et la distinction opérée entre contrôle prudentiel etsupervision des marchés financiers. La mission s’est attachée à examiner ces deux points en détail.Elle parvient à la même conclusion et constate que ceci fait l’objet d’un consensus large dans notre pays aujourd’hui. Certains pays disposant d’organisations différentes à cet égard ont été confrontés àdes difficultés dans la crise récente qui pourraient les amener à faire évoluer leur système.L’analyse des différents thèmes soumis à sa réflexion a conduit la mission à formuler 29 propositions d’amélioration qui pourraient être mises en œuvre sans apporter de bouleversement àl’architecture de notre dispositif de supervision.
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