Beretta. Il se retourna et, aussitôt, se jeta à plat ventre : un sifflement annonçait l’arrivée d’une nouvelleflèche.Le projectile mortel ne fit pas d’autre victime, il alla se ficher dans la porte d’un placard.Suko ne put ajuster son agresseur qui, déjà, avait pris la fuite.Un sourire carnassier éclaira le visage du Chinois : l’homme n’irait pas loin... Le tueur avait pris ladirection des bassins; il ne trouverait aucune issue pour s’échapper.
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L’eau chaude m’arrivait au ras du menton. Je distinguais vaguement, dans les vapeurs aux odeurs balsamiques, les cloisons de droite et de gauche qui permettaient une relative intimité dans ma baignoire.Suko m’avait longuement vanté les mérites de cet établissement de bains chinois; j’avais fini pas accepter de l’y accompagner.Pourtant je m’y retrouvais seul; mon ami n’était pas au rendez-vous. Un type aux allures decatcheur m’avait conduit avec un large sourire au bassin qui m’était destiné; il m’avait proposé des sels etdes essences destinés, selon lui, à multiplier les vertus bénéfiques de l’eau. Je m’étais décidé pour un produit vert-jaune capable de nettoyer la peau à fond et de la rendre aussi douce qu’un derrière de bébé :-Vous vous en servez également? avais-je voulu savoir.-Bien entendu!-Alors, n’oubliez pas d’en prendre une triple dose, avec la peau que vous avez!Le garçon de bain s’en était allé, piqué au vif. J’avais saupoudré mon bain avec le contenu d’unsachet dont la publicité, imprimée sur l’une des faces, me promettait le septième ciel.À chacun son idée du septième ciel! Tout ce que je pus remarquer était que la forte teneur en sel del’eau me permettait de flotter...Autour de moi régnait l’atmosphère normale des établissements de bains. Des volutes de vapeur s’élevaient de mon bassin comme des autres, mêlant diverses senteurs, un peu étourdissantes.J’essayai, malgré le brouillard environnant, d’observer les nouveaux arrivants.Ils m’apparaissaient tels des fantômes glissant presque immatériellement sur le carrelage. Leursvoix me parvenaient estompées, incompréhensibles.Un certain bien-être me gagnait dans cette eau dont la température restait constante. Pourtant,l’engouement de Suko pour cet établissement me dépassait; si je voulais m’endormir dans une baignoire, je pouvais le faire tout aussi bien chez moi.D’ailleurs, mes yeux commençaient à se fermer; une sorte de lassitude s’emparait de moi, venaitdes pieds, me semblait-il, et remontant lentement.L’absence de Suko m’irritait peu à peu. Le bassin à côté du bien lui avait été réservé et jel’attendais depuis un bon bout de temps.Il ne me restait qu’à m’armer de patience et à trouver la formule idéale pour l’accueillir vertementà son arrivée.Je continuai à barboter dans l’eau, souriant à l’idée qu’il ne me manquait qu’un petit canard ou un bateau en plastique. Béatement, je me laissais aller à une douce somnolence; j’étendis les bras pour lesreposer sur les bords du bassin où étaient pliées les deux grandes serviettes de bain.C’est alors qu’il apparut.Je n’avais pas remarqué son approche dans mon demi-sommeil. C’était comme un rêve qui setransformait en cauchemar.Une silhouette massive - ç’aurait pu être Suko si l’homme n’avait pas été habillé - se découpaitdans les nuages de vapeur et son attitude semblait menaçante.Son ombre me recouvrait entièrement. Je voulais crier «Vous êtes fou!» mais, déjà, son pied se posait sur mon crâne et enfonçait ma tête sous l’eau où mes protestations se transformèrent en gargouillis.Les yeux grands ouverts, je ne voyais rien dans les flots verdâtres qui m’entouraient. J’attendisquelques secondes, puis tentait de me dégager afin de remonter à la surface et de reprendre mon souffle.Mon agresseur réagit immédiatement : il me saisit par les cheveux et me tira à moitié hors de l’eau. Boucheouverte, j’emplis avidement mes poumons, alors que l’homme, sans me lâcher, appuyait un objet froidcontre ma gorge : le canon d’une arme.-Si tu bouges, tu es mort!
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Je rêvais! Je dormais! J’avais des hallucinations! Je devenais fou!2
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